MOUVEMENTS RÉFLEXES
cent souvent sur les organes isolés de ceux qui ont recu l'impression, ainsi l'iris se dilate dans certaines affections intestinales. Dans bien des cas il n’est pas nécessaire que l'excitation porte sur les ramifications du grand sympathique, l’action réflexe peut s'exercer par l'entremise des. centres cérébro-rachidiens; l'excitation des nerfs et du pénis détermine la contraction des vésicules séminales, et celle du nerf optique resserre la pupille. L'irritation d’un point quelconque du corps amène en ce point une circulation plus aclive grâce aux mouvements particuliers des muscles vasculaires ; la tiüllation de la luette provoque le vomissement.
L'irritation de la muqueuse d’un organe muni de fibres lisses retentira dans les ganglions voisins si elle est faible et de peu de durée; elleatteindra les centres nerveux si elleest intense et prolongée. N’y at-il pas quelque chose d'analogue pour les actions réflexes observées ailleurs? Lorsque, par exemple, on pince légèrement la patte d’une grenouille décapitée, on agit sur un groupe de cellules de la moelle qui fait contracter cette patte ; si l’on pince violemment, il survient des mouvements dans les deux pattes et même dans la totalité du corps; l'impression s’est transmise alors à tout l'axe spinal.
Les mouvements des muscles de la vie organique ne sont
pas entièrement soustraits aux influences psychiques; les
muscles vasculaires exagérent leurs contractions rhythmiques ou se contractent tétaniquement dans la peur, la Colère, ou même par des sensations moins violentes, comme la pudeur. La vessie et les intestins subissent également le contre-coup des passions diverses; la pupille se contracte dans la colère et se dilate par la peur; c’est la peur égale-
ment qui peut amener par l’action des muscles lisses cette rétraction du derme qui produit la chair de poule. Le dégoût provoque le vomissement, l'idée seule que l'on a pris une substance purgative peut faire contracter l'intestin et amener des selles fréquentes, lors même que la substance ingérée n'est point purgative.
Lamitation elle-même n'est pas étrangère à quelques mouvements des muscles organiques ; beaucoup de personnes ont des nausées à l'aspect d’un malade qui vomit; les spasmes de l’hystérie sont contagieux, et il suffit souvent d'entendre le bruit de l’eau qui s'écoule d’un robinet pour ressentir des envies d'uriner.
Des excitants appliqués directement sur les muscles lisses.
Le pincement ou lirritation par les agents chimiques ne provoquent pas immédiatement une contraction; celle-ci ue survient qu'au bout d'un temps fort court, mais parfaitement appréciable ; bien plus, pendant cette courte période qui précède la contraction, il y à diminution de la tonicité et relâchement complet; cette période est presque instanlanée, mais nous avons pu la saisir au moyen des apparéils enregistreurs. C'est par le pincement surtout que l'on obtient ce résultat ; l'application directe des courants interrompus en fournit aussi quelquefois des exemples, comme on peut le voir fig. 110. On électrise la vessie d'un chien ; le pomt A indique le début de l’électrisation ; 1l y à un brusque abaissement de tension, puis la contraction s’opère. Ce relâchement rapide suivi de contraction favorise certainement la marche normale des matières contenues dans les tubes contractiles; prenons pour exemple les ma-