‹ Traité d'électricité médicale [electronic resource]Chapitre 122 sur 173 · MR · texte numérisé non relu

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EXCITANTS APPLIQUÉS SUR LES MUSCLES LISSES. 689 lectricité ; c’est ce que nous avons constaté sur différents organes, et principalement sur l'utérus. Chez une chienne ‘en parturition nous avons pu arrêter les contractions utérines en plaçant le pôle négatif dans le vagin et le pôle positif dans la gueule de l'animal. En changeant l’ordre des pôles, 1! semblait qu’on oblenait une contracture de la matrice ; la parturition était également enrayée, mais il n’y avait pas relâchement. C’est là, du reste, une circonstance remarquable de l’action des courants continus, et 1l est facile de s’en rendre compte en agissant sur les tubes doués de mouvements péristeltiques ; nous avons montré pour

. l'intestin que le courant électrique marchant dans la direction naturelle du mouvement péristaltique amène une dila- {ation de l'intestin ; s’il marche en sens contraire, on a de la contracture. La figure 1 12 montre clairement que l’action des courants continus sur les fibres lisses a beaucoup d’analogie avec ce que l’on observe pour les fibres strices. On voit qu’en électrisant au point À il y a une contraction, puis le repos arrive peu à peu ; et, lorsqu'on interrompt le cou-

. rantenB, il y a une nouvelle contraction, mais elle est plus

. faible. Ce tracé a été donné par la vessie, le pôle positif

> était sur la vessie et le négatif au périnée.

| Les muscles vasculaires, dont le mécanisme présente

| d’ailleurs tant d’analogie avec celui des muscles de l'intes-

| tin, obéissent aux mêmes lois. Nous avons montré que l’on | pouvait augmenter ou diminuer la circulation suivant qu'on employait un courant continu centrifuge ou centri-

pète ; c’est un fait constant que l’on peut vérifier sur l'o-

reille d’un lapin, ou mieux, à l’aide du microscope sur la

patte d’une grenouille. Nous supposions alors que le courant centripète diminuait l’action propre des vaisseaux el

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que le courant centrifuge l’augmentait ; après examen approfondi et en comparant l’action des muscles lisses analogues, nous sommes arrivés à cette conviction que le courant électrique continu agissait sur les vaisseaux comme sur les autres organes tubuleux doués de mouvements péristaltiques, c'est-à-dire qu’il abolissait les mouvements propres, et qu’en outre un courant descendant déterminait le relâchement, et un courant ascendant la contracture de ces vaisseaux. Mais lorsqu'on agit sur les ganglions, les dilatations vasculaires sont dues à une action active; de là, l'avantage d’électriser les centres avec des courants continus. |

Éxcitation des nerfs qui se rendent aux muscles lisses.

On a remarqué que l'excitation des nerfs semblait agir moins énergiquement sur les muscles lisses que l'excitation directe de ces muscles, ce qui est le contraire de ce que l’on voit pour les fibres striées. Il y a là sans doute une raison anatomique qui ne sera complétement résolue que par la connaissance de la terminaison des filets du sympathique. On a prétendu en Allemagne que ces filets aboutissaient aux fibres-cellules mêmes, dans les noyaux. Frankenhauser prétend même les avoir suivis jusqu’à des nucléoles situés dans le noyau. Sans vouloir complétement repousser ces résultats qui, du reste, n'ont pas élé acceptés par Schwalbe (Centralblatt, janvier 1869), nous dirons qu'il ne faut pas trop se hâter d'accepter sans vérification les innombrables conceptions qui nous viennent d'outre-Rhin ; on doit reconnaître qu'en Allemagne on cherche beaucoup et qu'on trouve quelquefois, mais nous accordons peut-être trop d'attention à des faits et à des théories qui s’acclimatent en

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EXCITATION DES NERES. 691

France avant d'avoir été reçus dans leur pays natal ; on s’habitue ainsi à ne vivre que d'emprunts. Nous avouerons donc que la terminaison des nerfs dans les muscles lisses est encore mal connue. (V. Journal d'Anat. et de Phys., année 1864, le mémoire de M. Trinchese sur /a terminaison des nerfs musculaires.)

Il est une particularité sur laquelle on a peu insisté et qui nous explique cette espèce de résistance des muscles lisses à l'excitation portée sur les nerfs, c’est la nature même de ces nerfs; ici, en effet, on ne trouve pas de gaine isolante, les éléments nerveux conducteurs sont directement en rapport avec les tissus voisins ; on pourrait donc croire que dans ce cas la transmission ne se fait pas avec autant de rapidité et qu'il y à une sorte de diffusion de l'agent nerveux. Nous ne savons pas qu’on ait fait des expériences pour constater la différence de la vitesse de transmission entre les tubes nerveux ordinaires et les filets du grand sympathique ; 1l est probable que ceux qui réaliseront cette expérience trouveront une différence notable ; mais pour le moment nous sommes réduits à une simple hypothèse. Il faut également songer que souvent, en excitant un filet nerveux, on n'agit pas directement sur le muscle, mais sur une ou plusieurs cellules nerveuses d’où partent les ramifications terminales,

En électrisant le splanchnique, par exemple, on agit d'aburd sur les ganglions du plexus solaire ; en portant le courant sur les filets nerveux mésentériques, on n'est pas encore à l'abri de cette cause d'erreur, puisqu'on excite ainsi les ganglions intra-pariétaux de l'intestin et non les muscles eux-mêmes. Ce sont là autant de causes qui ralentissent ou modifient l'influence des excitations nerveuses.

Les courants d’induction dirigés sur les nerfs moteurs

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