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RECHERCHES CLINIQUES SUR LES FIBRES MUSCULAIRES LISSES

Affections du tube digestif.

Les expériences physiologiques que nous avons rapportées longuement indiquent bien les cas où les courants électriques peuvent être utilisés dans les affections du tube digestif.

Les observations de guérison de gastralgies par l’électricité sont assez rares, car ce moyen thérapeutique n’est guère employé dans ces affections. Cependant, dans deux cas de gastralgie, nous avons obtenu assez promptement des résultats trés-satisfaisants; dans un cas nous avons employé la faradisation, et dans le second cas les courants continus. Cette différence de méthode tient aux causes mêmes de la gastralgie quiétaient différentes chez ces deux personnes. Dans un cas, en effet, il existait des phéno-

(4) Voyez la note de la page 693,

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mènes qui permettaient d'admettre une certaine faiblesse musculaire des parois de l'estomac, et la douleur provenait probablement de la stagnation du bol alimentaire, par suite du manque de mouvements musculaires. En un mot, quelle qu’en fût la cause réelle, il était évident que l’action thérapeutique devait être plutôt excitante, et c’est pour cela que nous crûmes devoir employer la faradisation sur la région épigastrique. Pendant les premières séances, 1l n'y eut qu'une amélioration peu marquée, mais au bout de huit jours, la sensation de pesanteur disparut immédiatement après l’électrisation et les digestions devinrent plus faciles.

Dans le second cas, se rapportant à une jeune femme nerveuse, présentant quelques phénomènes d'hystérie, les douleurs stomacales avaient au contraire pour cause une excitation des nerfs.

Il était permis de supposer que les parois musculaires de l'estomac, sous cette influence, éprouvaient une sorte de contracture permanente, ce qui nécessairement empêchait les mouvements normaux.

De plus, dans toute contracture, la cireulation étant gènée par suite de la compression des vaisseaux, la sécrétion des glandes devient moins abondante. 11 semble donc qu'il y à dans ces conditions deux causes produisant les douleurs stomacales, l’une due à l'absence ou à la faiblesse des mouvements vermiculaires, et l’autre produite par le manque de suc gastrique.

Dans les expériences physiologiques que nous avons faites

sur l'estomac et sur l'intestin, nous avons été frappés de la

persistance de la contracture dans ces organes, el il nous paraît certain que, dans plusieurs affections de ces organes, la contracture joue un rôle important.

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Nous avons vu que l’électrisation du pneumogastrique amenait le relâchement des parois stomacales, une sorte de détente, en même temps qu'il se faisait une sécrétion bien plus abondante de suc gastrique, ce qui a également été observé par Mantegazza.

C'est cette action que nous avons essayé d'obtenir dans ce ca$ de gastralgie ; d’ailleurs, au bout de dix à douze séances nous avons obtenu un soulagement très-notable. Nous appliquons le pôle positif au cou sur le pneumogastrique, et le pôle négatif sur la région épigastrique : courant de vingt éléments, séance de huit à douze minutes. Hiffelshenm cite également une observation de névrose stomacale chez une dame de 27 ans qui fut guérie très-rapidement par l'emploi des courants continus.

Nous n'avons pas encore eu occasion d'employer des courants continus dans les cas de vomissements incoercibles, mais n05 expériences physiologiques, comme nous l'avons déjà dit, nous autorisent à espérer de bons résultats de ce mode de traitement.

— Dans les affections de l'intestin, les courants électriques n’ont été employé que dans les cas de constipation opiniâtre. Althaus et M. Duchenne en citent quelques exemples. A. Becquerel, au contraire, dit n'avoir eu aucun résultat dans quinze cas, où il avait essayé de déterminer des mouvements péristaltiques des intestins. Ses moyens d'application nous paraissent un peu défectueux, car il plaçait un des pôles d’un appareil à imduction dans la bouche et l’autre dans le rectum, ce qui ne permettait évidemment que l'emploi d’un courant très-faible. Il est préférable d’appliquer les pôles sur les parois abdominales, ou du moins l'un sur les parois abdominales et l’autre dans le rectum.

M. Duchenne attribue la constipation, dans les cas de paraplégie, à la paralysie des muscles abdominaux, et il pense pouvoir la vaincre par l'électrisation des muscles de l’abdomen. À. Becquerel fait remarquer avec raison, au sujet de cette opinion, qu'une paralysie des muscles abdominaux suppose toujours un degré assez avancé dela paraplégie, et qu'il est douteux que quelques séances puissent en amener la guérison. Mu

Ce qu'il y a de certain, c’est que les courants d’induction appliqués sur l'abdomen agissent en même temps sur ies intestins et déterminent des contractions. Ces contractions. comme nous l'avons vu dans la partie physiologique, sont localisées et ne se propagent pas d’une façon péristaltique, mais elles font néanmoins progresser les excréments renfermés dans la portion contractée.

Ceux-ci, arrivant dans d’autres portions intestinales, y provoquent alors par leur contact les contractions vermiculaires, car, comme nous l’avons déjà dit, le mouvement et l'impression sur la surface interne de l’intestin des matières qui y sont renfermées sont les meilleurs excitants des confractions normales.

Si la constipation est liée à la paralysie du rectum, M. Duchenne agit directement sur cet intestin avec l'excitateur rectal. Ilemploie également la faradisation du sphincter de l'anus, pratiquée avec un courant à intermittences rapides, dans les cas de chute du rectum, à la suite d’une longue constipation et de la dyssenterie, ou chez les enfants cachectiques. Avant d'employer les moyens chirurgicaux et des opérations sanglantes dans la chute du rectum, il est certain qu’il est toujours préférable d'essayer d’abord l'empioi des courants électriques.

Le Roy d'Etiolles à essayé sans succès d'amener la guérison d’étranglements internes par la galvanisation de l'intestin. M. Duchenne réussit dans un de ces cas, en emplo yant là faradisation.

Les courants continus n'ont guère été employés dans les cas de constipation, et évidemment, avant d’avoir recours à ce traitement, un bon purgatif a presque toujours une action plus sûre et plus prompte. D'ailleurs, l’électrisation des intestins à travers les parois abdominales ne produit que peu d’eftet, et 1l est dangereux d'employer un courant un peu fort, en introduisant un des pôles dans le rectum, car on à toujours à redouter alors les actions électrolytiques, qui pourraient déterminer une cautérisation de la surface interne du rectum.

Nosexpériences physiologiquesnous ontégalement démontré que les courants continus ne provoquaient efficacement et énergiquement des contractions péristaltiques de l’intestin que lorsqu'on électrise la moelle ou les nerfs splanchniques. C'est donc la moelle qu’il faut électriser lorsqu'on veut agir avec les courants continus sur les contractions intestinales. En effet, dans certains cas de paralysie, ou d'autres affections nerveuses amenant un état habituel de constipation, l'électrisation de la moelle par les courants continus amène très-souvent des selles plus faciles et plus fréquentes.

C'est surtout à un point de vue historique que nous rapportons l'observation suivante de Grapengiesser, el que Humbold relate tout au long pour démontrer l'influence de l'électricité sur les fibres lisses.

Un malade de l'hôpital militaire portait, depuis nombre d'années, une hernie scrotale très-considérable qui s’étrangla par accident, forma

abcès, fut suivie &'une suppuration considérable avec ouverture des téguments et issue d’une partie des gros intestins, c’est-à. dire da cæcum, du côlon transverse et d’une partie du côlon droit, qui étaient renversés de manière que leur surface intérieure était devenue extérieure. Quand le malade était assis, l’iléon sortait avec le côlon et ses intestins pendaient jusqu’au genou ; de chaque côté était une ouverture qui donnait issue, l’une aux lavements qu’on faisait prendre au malade, l’autre aux eycréments et à des aliments mal digérés. On apercevait entre le côlon et l'intestin grêle un anneau gros et dur qui les séparait exactement et qui étranglait tout ce paquet. Aussitôt qu’il eut examiné ce malade, Grapengiesser résolut d’essaver sur lui le galvanisme; il se prêta de bonne grâce à ses expériences, Le docteur arma en conséquence une portion des intestins avec de l'argent et l’autre portion avec du zinc. À peine le contact fut-il établi entre les deux armatures, que le mouvement péristaltique se trouva considérablement augmenté et que les ondulations se succédèrent rapidement. Le malade éprouva une cuisson d’une espèce particulière dans les endroits touchés par les métaux. Le galvanisme parut augmenter l’action des glandes muqueuses et celle des vaisseaux exhalants, et rendre leurs secrétions plus abondantes. De grosses gouttes de suc intestinal coulèrent en peu de minutes sur les métaux.

— Un des grands avantages de l'emploi des courants continus est leur action très-rapide dans les coliques de plomb.

Certes, dans ces cas, les courants induits offrent également quelques avantages, mais ils sont beaucoup moins uties que les courants continus. Hiffelsheim et Remak citent des Gas nombreux de guérison rapide des coliques de plomb ; nous-même nous lesavons employés avec succes dans cette affection. Mais il faut, en même temps, donner des purgatifs pour agir sur la constipation, et comme le fait remarquer Hiffelsheim, c’est là un de ces cas où un médicament impuissant avant l'électricité, ou n'agissant que lentement, devient efficace, après que celle-ci à imprimé une modification plus ou moins profonde au système nerveux local ou général.

Dans les coliques de plomb, il faut placer les électrodes des deux côtés sur la partie inférieure de la moelle. On agit ainsi et sur le système nerveux ganglionnaire et en même temps sur les nerfs qui se rendent aux muscles abdominaux, et dont la contracture contribue également à déterminer de la douleur.

influence de l'électricité sur les fibres musculaires de Ia matrice.

L'électricité a été employée par plusieurs médecins pour déterminer et augmenter les contractions de la matrice. Les premiers qui se soient servis de ce procédé sont Bertholon et G. Herder (1803); après eux, Schreiber, Jacoby, Radford, Wilson, Mackenzie, Dempsey, Barnes, Hongthon, etc., ont recommandé l’emploi des courants électriques dans les accouchements.

En France, la plupart des médecins, excepté M. Saint- Germain, considèrent l'électricité appliquée aux accouchements comme un moyen Inutile et qui a de plus l’inconvément d'être douloureux. Par contre, en Angleterre surtout, plusieurs accoucheurs le préférent même à l’emploi du seigle ergoté.

Selon Radfort (1), l'électricité : 4° détermine des contractions plus énergiques que le seigle ergoté; 2° elle provoque les contractions instantanément, tandis que le seigle ergoté n’agit qu'au bout d’un temps plus ou moins long ; 3° on peut mieux limiter l'influence de l'électricité ; h° les contractions déterminées par l’électricité sont normales et agissent plus énergiquement pour l’expulsion de

4) The Lancet, 1853, vol. II, p. 500. — Voy. Meyer, loc. cit., p. 381 CRU

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