FIBRES MUSCULAIRES DE LA MATRICE
l'enfant, tandis que celles déterminées par le seigle ergoté sont moins naturelles et souvent amènent une contracture qui met la vie de l'enfant en danger ; 5° d’après Ramsbothan, Wright et Barnes, le seigle ergoté peut, aprèsson absorption par la mère, pénétrer également dans la cireulaton du fœtus, et ces auteurs citent quatre observations où, après l'admimistration du seigle ergoté à la mère, les enfants périrent par contracture musculaire, quelques heures après leur naissance ; 6° l'électricité peut encore être employée, alors que la faiblesse de la mère ou les vomissements empêchent l'absorption de tout médicament ; 7° l'électricité peut être employée conjointement avec d’autres moyens thérapeutiques.
Voici également quelques-unes des conclusions de M. le docteur Saint-Germain :
«Toutes les fois que, le travail étant commencé et les douleurs se succédant régulièrement et périodiquement (tous les quarts d'heure environ), nous avons appliqué sur les régions lombaires les deux rhéophores, nous avons remarqué, au bout d’un temps très-courl, une activité nouvelle se manifester dans les contractions utérines et les douleurs se rapprocher rapidement.
» Nous avons également constaté que chacune des contractions produites ou provoquées par l'électricité était beaucoup plus longue que les autres et beaucoup plus douloureuse aussi.
» La dilatation du col nous à paru marcher constamment avec rapidité sous l'influence de l'excitation galvanique.
» Dans tous les cas observés par nous jusqu'ici, l’expulsion dû placenta a suivi immédiatement celle de l'enfant, soit que cette expulsion se fit spontanément au dehors de la
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vulve, soit qu'on sentit aussitôt après l'expulsion de l’enfant le placenta dans le vagin et qu'on püt l’extraire sans aucune violence,
» Dans aucun cas l'enfant n’a paru souffrir de l’action de l'électricité, et bien que presque à chaque application il ait accusé, par des mouvements actifs manifestes, sa sensibilité au courant, dans aucun cas, dis-je, 1l n’a paru se trouver lésé dans ses diverses fonctions.
» Nous en dirons autant de la mère. Toutes les femmes sur lesquelles nous avons expérimenté la méthode de la gaivanotocie ont parfaitement supporté les séances de vingt minutes avec une demi-heure de repos. Leurs accouchementstrès-rapides n’ont donné lieu à aucun accident fâcheux, et les suites en ont été trèes-heureuses. »
Les expériences physiologiques que nous avons rapportées ci-dessus indiquent bien l'influence des courants induits sur les contractions utérines, et certainement, sans partager l'enthousiasme de Bornes et de Radfort, nous croyons que les accoucheurs ont là un moyen précieux dont ils ne se servent pas assez en France.
Nous avons observé, dans nos recherches physiologiques sur la contraction des fibres lisses, que le chloroforme diminuait l'énergie des contractions, et par conséquent, c’est surtout dans les cas où l’on chloroforme les femmes en travail, que l'emploi de l'électricité pourrait offrir une grande utilité.
Nous avons également vu que les courants continus provoquaient} des ;différences d'action selon la direction des courants, et que l'application directe des courants sur la matrice n'avait qu’une action très-faible. Ici, comme pour les intestins, l’électrisation des centres nerveux est plus
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FIBRES MUSCULAIRES DE LA MATRICE. 105 importante, et Mackenzie a également observé que le courant continu, un pôle appliqué sur la partie inférieure de la moelle, et l’autre sur la matrice, déterminait des contractions plus énergiques qu’en les plaçant tous les deux directement sur la matrice.
Les courants électriques ont également été employés dans les accouchements prématurés. Dempsey, Benjamin Frank et Golding-Bing citent plusieurs observations où ils se sont servis de ce procédé. Ils recommandent leur emploi, surtout au moment où le col de la matrice est entr’ouvert soit par le moyen d’une sonde, soit par l'éponge préparée. Leur application provoque les contractions et leur donne de suite une marche normale.
Dans certains cas de tumeurs utérines, les courants électriques peuvent également rendre de grands services.
Tyler Smith rapporte un cas dans lequel un polype de l'utérus, qui ne pouvait être saisi d'aucune maniere par l’opérateur, fut suffisamment expulsé hors de l'utérus par | les contractions provoquées par l'électricité, pour permettre d'y faire une ligature et d’extirper ainsi la tumeur.
Il cite également l’observation d’une femme de quarante deux ans, qui avait eu huit enfants et trois fausses couches, chez laquelle l'utérus venant à augmenter et à attendre
l’ombilic, on crut à une grossesse.
Le manque de battements de cœur et l'ouverture du col
de la matrice firent croire à un fœtus mort. L'emploi des courants électriques provoqua des contractions utérines, qui amenérent l'écoulement d’une grande quantité d'hydatides.
Enfin, Beauvain, Fauo et Tripier ont employé l’électricité pour redresser les flexions utérines. Selon M. Tripier, .
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l'électrisation remplirait les deux indications suivantes : l° elle ferait cesser la déformation primitive, en rendant aux fibres musculaires de la face postérieure dans l’antéflexion, de la face antérieure dans la rétroflexion, une tomicité qui mettrait obstacle à la tension passive de cette face et contribuerait au redressement de la face opposée ; % elle rappellerait les conditions normales de la nutrition en agissant sur le tissu musculaire.
Nous avons déjà étudié les engorgements de la matrice dans le chapitre consacré aux phénomènes vasculaires de la matrice, page 209 et suivantes.