FIBRES MUSCULAIRES DE LA VESSIE
courants induits sont tantôt l'introduction dans la vessie d’une sonde d'argent libre à son extrémité et isolée de la muqueuse de l’urèthre par une sonde en caoutchouc, en même temps que le deuxième excitateur est placé dans la partie de l’intestin qui correspond au bas-fond de la vessie.
D’autres fois on n’agit que sur la vessie. A cet effet, M. Duchenne emploie un excitateur vésical composé de deux conducteurs isolés dans une sonde de caoutchouc. Enfin, lorsqu'on ne peut introduire une sonde dans la vessie, on place un excitateur dans le rectum et le deuxième excitateur humide sur la région hypogastrique.
L'emploi des courants continus est bien préférable dans tous les. cas de paralysie de la muqueuse vésicale, et les expériences physiologiques le démontrent. Nous avons observé, en effet, chez des chiens et des lapins, que l’application des courants électriques, directement sur la vessie, n’amenait que très-difflicilement des contractions de cet organe, et, de plus, ce qui est d’une grande importance, que les courants continus appliqués sur la vessie, comme sur toutes les fibres musculaires, déterminent encore des contractions, alors que les courants induits, même très-énergiques, n’en peuvent plus provoquer. Mais, ce qu'il faut surtout remarquer, c’est que la paralysie de la vessie est rarement une affection purement locale, elle existe presque toujours en même temps que d’autres affections, dont, la plupart du temps, elle est la conséquence. Or, les courants induits ne peuvent agir que lentement, et leur utilité est peu considérable par cela seul que la lésion locale est d’une importance secondaire,
De plus, il est difficile ou douloureux dans beaucoup de vas d'introduire une sonde, et la présence de la sonde devient
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encore souvent une cause d'irritation ; avec les courants continus, on peut presque toujours se dispenser de l’introduclion de la sonde ; car on obtient des résultats très-avantageux, en r’électrisant uniquement que la moelle, en placant un pôle sur la moelle et l’autre sur le périnée ou le pubis. ,
Nous avons déjà dit, dans le traitement des affections chroniques de la moelle, qu’un des premiers résultats du traitement par les courants continus, et quelquefois même le seul, est le retour des contractions de la vessie et une miction normale.
Dans des cas assez rares, où la paralysie de la vessie existe seule, nous avons obtenu très-rapidement un succès complet avec fes courants continus. Chez :un vieillard de soixante-quatorze ans qui souffrait de la vessie depuis bien des années, et qui, depuis plusieurs mois, était constamment obligé de se sonder, M. le professeur Dolbeau nous pria d'essayer l'emploi des courants continus. Au bout de la deuxième séance, le malade put uriner sans sonde. — Nous Jui fimes encore huit séances ; et comme le cathétérisme n’était point douloureux, nous placions un des pôles dans la vessie au moyen d'une sonde contenant un conducteur métallique très-souple, et l’autre excitateur était placé sur la colonne vertébrale. — La guérison fut complète et se mainüint plus d'une année. Au bout de ce temps le malade fut enlevé par une pneumonie.
Chez un autre malade, âgé de cinquante ans, nous eûmes également un succès aussi rapide et aussi durable. Au bout de trois à quatre séances, la miction normale put se faire, et au bout de dix séances, le jet d’urme était devenu vigoureux et normal. (