FIBRES MUSCULAIRES DE LA VESSIF
Chez les enfants qui perdent leur urine pendant le sommeil, l’électrisation de la partie inférieure de la moelle amène une guérison radicale. Nous en avons eu trois exemples bien nets. L'un surtout est remarquable, car le malade, âgé de quatorze ans, fort et vigoureux, avait déjà employé tous les moyens thérapeutiques connus; M. Barth avait essayé successivement les remèdes internes, l’hydrothérapie, la gymnastique, etc. — L'emploi des courants continus seul produisit une guérison complète. La suspension du traitement, au bout d’un certain nombre de séances, avait de nouveau fait reparaître les mêmes accidents, qui disparurent complétement et pour toujours au bout d’une trentaine de séances (trois séances par semaine).
Dans ces cas, nous n’électrisons absolument que la partie inférieure de la moelle, avec un courant descendant d’intensité moyenne. On comprend combien ce procédé est avantageux surtout chez les enfants, où il est important de ne pas faire de cathétérisme et de ne pas exciter les organes génito-urinaires.
Lorsqu'on introduit un des pôles dans la vessie, au moyen d’une sonde, il faut injecter de l’eau pour empêcher toute action électrolytique et pour éleciriser toute la surface interne de la vessie. Il nous a également, dans tous ces cas, paru bien préférable de mettre le pôle positif dans la vessie.
Meyer cite plusieurs cas d’incontinence d'urine chez des enfants (enuresis nocturna) guéris par les courants électriques.
Benedickt rapporte également des cas de guérison chez des personnes ayant cette infirmité depuis dix-neuf ans et même vingt-deux ans.
Il'est donc incontestable que les courants continus ont une action puissante sur la vessie et constituent, dans toutes ces affections, un agent thérapeutique d'autant plus précieux, qu'ils agissent sans provoquer d’excitation et sans nécessiter d'opération douloureuse.
Spasmes de la vessie et de l'urèthre. — V’influence des courants continus dans les spasmes de la vessie et de l’urèthre est des plus remarquable, et il est peu d’affections où l'emploi des courants continus soit aussi utile.
Nous avons soigné plusieurs cas avec succès, dans lesquels les malades se plaignent de pesanteur du côté de la vessie, d’envies fréquentes d’uriner, de ténesme, d’érections douloureuses pendant la nuit, et, après fort peu de séances, tous ces phénomènes disparaissent presque comme par enchantement.
Les influence cérébrales et l’excitabilité du système nerveux ont une grande influence sur les spasmes de la vessie ; aussi la guérison n'était-elle jamais durable, si ces différentes causes ne se modifient pas. Mais, ce qu'il y a de positif, c’est que l’électrisation de la moelle avec un courant descendant amène très-rapidement un grand soulagement dans des douleurs locales, et qu'en même temps il agit sur l’état général et diminue l'excitabilité du système nerveux.
Cette influence des courants continus sur les spasmes de la vessie et de l’urèthre peut également être utiliséé dans les opérations chirurgicales, et avec M. le docteur Reliquet, nous avons eu l'occasion de les expérimenter dans ces cas. Les résultats obtenus sont consignés tout au long dans l’ouvrage de M. Reliquet : Traité des opérations des voies urinaîres. Nous n’en citerons que les faits suivants :