AFFECTIONS DU COEUR
ramenait le premier claquement et le souffle pour un temps, d'autant plus long, que nous avancions dans le nombre des séances.
» Cette femme présentait, suivant nous, un cas de dégénérescence graisseuse du cœur. |
» Dans un autre cas, au contraire, l’électrisatior rendait le pouls plus filiforme qu'il n'était, 1l fallait interrompre l’expérience; le cœur était comme tétanisé. Ici, le plus faible courant produisait des accidents. Dans le premier cas, il fallait employer les plus forts courants de l'appareil de Legendre.
» Dans un troisième cas, où nous notions un étouffement considérable, des irrégularités nombreuses, la faiblesse des battements du cœur et l'absence des claquements, l’électrisalion diminua le volume du cœur d’une manière manifeste, et permit de produire, par la compression, un souffle dans la crurale droite et un double souffle intermittent dans la crurale gauche.
» L’électrisation du cœur, ainsi que nous l'avons pratiquée, ne présente aucun danger ; elle ne peut pas tuer, ainsi que pourrait le faire l'électrisation du pneumogastrique, pratiquée dans le pharynx ; elle peut troubler le cœur, mais le pouls nous fait immédiatement toucher du doigt le danger et nous arrête,
» L’électrisation peut être utile daus la syncope, dans la congestion des cavités cardiaques, dans Pasystolie, enfin dans la dégénérescence graisseuse du cœur, »
En Allemagne, Fliess (1) à employé les courants continus dans des cas d’affections cardiaques ; sur vingt-quatre cas dix-neuf ne présentaient aucune affection organique bien
(4) Berliner klinische Woschenschrift. 1865, n° 26.
caractérisée, tandis qu'elle était évidente dans les cinq autres cas. Il a toujours observé un résultat favorable, mais surtout dans les cas ou l'affection organique manquait, et très-souvent la guérison avait lieu après cinq ou six séances. IL'employait un courant très-faible, qu'il appliquait pendant près de deux minutes sur le nerf pneumogastrique. Les résultats élaient plus avantageux avec un courant descendant qu'avec un courant ascendant. Après l'électrisation, le malade ressentait presque aussitôt une amélioration relative très-notable; cette amélioration dans les premières séances ne durait que quelques heures, mais elle devenait permanente après un plus grand nombre de séances. Dans les cas d’affections organiques, la guérison n’était jamais complète, mais le malade éprouvait un soulagement très-notable, la respiration devenait moins fréquente et moins haletante, et les battements du cœur plus réguliers. Munk rapporte également un cas d'affection cardiaque qui fut grandement amélioré par les courants contivus (4).
Influence dc l'électricité dans les affections des voies respiratoires,
Aphone.— Nous n insisterons pas sur l'emploi de l'élecicité dans les cas d’aphonie, car cette médication est connue depuis bien des années, et son mode d'emploi est des plus facile. Le docteur d’Althaus, qui a employé la galvanisation dans quinze cas d’aphonie due à des causes diverses, a obtenu onze guérisons, et, sur ces onze guérisons, il n'y eut qu'une seule rechute. Becquerel, M. Duchenne, etc., citent également des cas de guérison; nous en avons égale-
(1) Voy. Meyer (de Berlin), Die Electricität in ihrer Anvvendung auf practische Medicin, 1868, p. 301 et suiv.