AFFECTIONS RESPIRATOIRES
ment obtenu un succés rapide dans un cas de paralysie hystérique des muscles du larynx et dans deux cas de parésie de ces muscles, à. la suite de fatigue et probablement en même temps d'inflammation chronique légère de la muqueuse.
Pour électriser les muscles du larynx par les courants continus , 1l est imutile d'introduire les rhéophores dans l'arrière-gorge , et 1l suffit d'agir extérieurement. Nous avons déjà vu, en parlant des contractions galvano-toniques, combien ce procédé avait d'influence sur les muscles du larynx. Avec les courants induits, on emploie soit la faradisation électro-cutanée, soit l'excitation directe des muscles du larynx, au moyen d’un rhéophore introduit sur la face postérieure du larynx, l’autre rhéophore étant placé à l'extérieur au niveau du muscle crico-thyroïdien.
Asthme. Angine de poitrine. — M. Duchenne dit avoir réussi à guérir l'asthme nerveux par l’électrisation cutanée, ou, du moins, il a vu ce moyen, employé pendant la crise, triompher, alors qu’on avait épuisé tous les autres moyens. M. Duchenne a également relaté un cas d'angine de poitrine, qu'il considérait comme une névralgie, et dont le malade pouvait reproduire l'accès à volonté, en faisant des mouvements brusques ou en montant un escalier. Il appliqua, pendant l'accès, sur le mamelon, l'extrémité de deux fils métalliques excitateurs qui communiquaient avec Îles conducteurs de son appareil d'induction, gradué au naximum. La douleur fut atroce mais instantanée, et, avec cette douleur artificielle, la douleur de l’angine et les autres phénomènes de l’accès avaient disparu complétement.
Quelques électrisations cutanées, pratiquées à des intervalles assez éloignés sur les points douloureux, enlevèrent le reste de l’angine.
Paralysie des muscles de la respiration. — M, Duchenne a étudié d’une manière toute particulière les paralysies du diaphragme. Les signes principaux de celte paralysie sont les suivants :
Les hypochondres et l’épigastre sont déprimés pendant l’'inspiradon, tandis que la poitrine se dilate. Pendant l'expiration, les mouvements de la poitrine se font dans un sens opposé, c'est-à-dire que l'abdomen se soulève, tandis que la poitrine se resserre. L’inertie du diaphragme amène une inspiration courte, une voix plus faible et de l’essoufflement. Le traitement recommandé par M. Duchenne est la faradisation localisée du diaphragme par lintermédiaire des nerfs phréniques. Pour cela, on place un des conducteurs en. devant du scalène antérieur d’un côté de la poitrine, et l’autre au-devant du scalène antérieur du côté opposé, en ayant soin de déprimer la peau et de faire agir l'extrémité du conducteur dans cette dépression. On fait agir le courant par intermittences.
La paralysie du diaphragme est une affection très-rare, mais ilest plus fréquent de trouver de l’atonie dans la plupart des muscles de la respiration, et, dans ces cas, nous croyons qu’il est avantageux d’électriser le grand sympathique au moyen des courants continus, comme le prouve l'observation suivante que nous empruntons à Remak (1) :
M..., âgé de soixante-neuf ans, sans maladie antérieure, se refroïdit au mois de novembre 1863 et fut atteint presque aussitôt de diplopie. Puis peu à peu il eut du gonflement de la paupière gauche, de la faiblesse dans les muscles de la face, et une grande difficulté à faire mouvoir d’une manière normale la langue et les muscles de la bouche. Enfin il fut atteint d’un catarrhe assez violent, Dans l’espace de quelques mois, le
(4) Berliner klin. Woschenschrift. 1864.
ptosis fit de tels progrès que le malade alla à Berlin consulter le docteur Graefe qui l’adressa à Remak.
La paralysie dela paupière supérieure était presque complète, les mouvements de la langue étaient embarrassés, et il était impossible au malade de la mettre en pointe. Les autres muscles de la face qui étaient paralysés ne se contractaient pas sous l’influence des courants électriques. Les muscles de la respiration étaient également en partie paralysés, le thorax n’était point élargi au moment de l'inspiration, et le malade ne pouvait point expectorer ; la pâleur et le refroidissement du visage était très-prononcés, principalement autour de la bouche et à la pointe du nez.
Remak appliqua les courants continus sur le sympathique, et l’amélioration se produisit au bout de quelques séances. Après quatorze jours, les mouvements du thorax reparaissent presque normaux, et les mouvements des muscles de la face, des yeux et de la langue se font un peu plus facilement. Au bout de quatre semaines, le malade voulut quitter Berlin ; sa guérison n'était pas encore complète, mais son amélioration était tellement notable, que Remak, en le présentant à la Société de médecine de Berlin, montra que tous les muscles de la face avaient repris leurs mouvements volontaires, qu'ils se contractaieut sous l’influence des courants électriques, que l'inspiration, l’expiration et l’expectoration se faisaient normalement, Il ne restait qu’un peu de paralysie pour les muscles de l'œil droit.
Be l’emploi des courants électriques dans les cas d'asphyxie
ou de syncope,
L'emploi de l'électricité pour rappeler à la vie les animaux asphyxiés date du siècle dermer. Volta avait déjà montré combien l’action stimulante du galvanisme peut être prompte et efficace pour dissiper les asphyxies. « Un lapin, asphyxié par la submersion dans l’eau, ne donnait plus aucun signe de vie; en y faisant passer le courant d'une pile de cinquante couples de disques d'argent et de zinc, on obtint d’abord des contractions, puis, après douze secousses, l'animal se mit à crier, se releva, mangea au bout d’une heure et fut aussi gai qu'avant l'expérience. »
Hufeland (1783) et Marschal Hall (1842) conseillérent d'électriser le nerf phrénique dans les cas d’asphyxie, et Leroy d'Étiolles (1825) avait recommandé de placer les rhéophores d’un appareil d'induction, l’un dans la bouche, l’autre dans Panus. Depuis cette époque, un grand nombre de médecins ont employé l'électricité. Duchenne, Friedberg, Hoppe, Seyler, Jobert, Abeille, etc., ont employé l'électricité dans des cas d’asphyxie par le chloroforme ou par des gaz délétères.
Enfin, l'électricité a également été employée dans les cas de mort apparente des nouveaa-nés et presque toujours avec SUCCÈS.
Les procédés employés dans ces différentes circonstances varient beaucoup et principalement selon la nature des courants électriques. Nous croyons donc nécessaire de distinguer les modes opératoires, selon que les courants éleciriques sont induits ou proviennent directement de la pile.
De l'emploi des courants induits dans l'asphyxie. — Le meilleur mode d'emploi des courants induits est la faradisation du nerf phrénique, afin de provoquer une respiration artificielle ; mais M. Duchenne lui-même avoue que ce procédé est dangereux entre des mains inhabiles ou peu familiarisées avec le manuel opératoire. Il préfère la faradisation cutanée de la région précordiale qui réagit sur les points des centres nerveux qui président à linnervation de la respiration et de la circulation cardiaque.
Pour électriser le nerf phrénique, il est important d’employer des appareils bien conditionnés et avec lesquels on puisse facilement graduer l'intensité du courant.
Il faut de plus, comme le recommande Ziemssen, se servir de tampons larges et bien humides, car il faut chercher
à agir et sur le nerf phrénique et sur les muscles inspirateurs du cou. |
Avant d'appliquer le courant, il faut l'essayer sur soimême et s'électriser la main, afin d’avoir une idée exacte de son intensité. Le courant doit être fort, mais supportable. Les deux rhéophores sont placés de chaque côté à la partie inférieure du cou, entre le scalène antérieur et le côté externe du sterno-cléido-mastoïdien.
Le passage du courant doit avoir une durée de deux secondes environ. L’expiration peut être facilitée par une pression large et énergique sur le thorax.
Ce procédé est indiqué chaque fois qu’il s'agit de faire pénétrer mécaniquement l’air dans les poumons, mais, lorsque la respiration est rétablie et que le malade risque de retomber dans le coma par suite de l’empoisonnement du sang par l’oxyde de carbone ou l'acide carbonique, il est nécessaire d'employer l'excitation électro-cutanée sur la région précordiale. Dans ce cas, on applique sur le mamelon gauche l'extrémité métallique de l’un des conducteurs d'un courant induit à intermittences rapides, pendant que l’on promène l’autre conducteur au niveau de la pointe du cœur. | |
Le même procédé peut être employé pour les nouveaunés à l’état de mort apparente, et ilest en même tempsavantageux de les plonger dans un bain très-chaud pendant les intervalles d’électrisation.
Nous reviendrons plus loin sur l'excitation produite en faisant passer des courants d'induction de la bouche à anus.
De l'emploi des courants continus. — Les courants de la pile ont été employés déjà au siècle dernier dans les. cas
d'asphyxie produite par submersion ; ils | ont été con-. seillés déjà en 1847 par le docteur Abeille dans le traitement des accidents produits par des inhalations d'éther et de chloroforme, Il y a trois ans, nous-mêmes avonstété con- … duits, par nos recherches physiologiques sur la respiration: et sux, la circulation, à expérimenter les courants continus dans les cas d'asphyxie par le chloroforme, et nous avons même eu à soutenir une polémique avec Liégeois, qui avait présenté un rapport à la Société de chirurgie sur cette question.
Nous allons écarter tout ce qu'il a pu y avoir d'irritant dans cette discussion et ne traiter que les points principaux.
Nous disons tout d’abord que les courants contmus ont une influence incontestable sur les mouvements respiratoires, et même que celte influence n’est point identiquement la même selon la direction du courant.
Le iracé 115 LE digne la respiration normale d’un lapin.
Fic. 115.
Le tracé 116 représente la respiration de ce même animal, lorsqu'on fait passer par son corps un courant descendant.
Le tracé 117 représente la respiration lorsqu'on emploie un courant ascendant. On voit très-nettement que dans ce dernier cas les mouvements respiratoires sont bien plus amples que dans la respiration normale et que dans le cas où l’on emploie un courant descendant.
Ces tracés montrent donc déjà, d’une manière bien nette, qu'il est important d'employer pour augmenter les mouve-
FC. L06,
ments respiratoires un courant ascendant, c'est-à-dire allant du rectum à la bouche.
LD PME 1
En recommandant, comme méthode opératoire, l’électrisation de tout le corps, en plaçant un des pôles dans le rectum et l’autre dans la bouche, nous ne voulions qu’indiquer le moyen d'agir sur les asphyxies le plus promptement et le plus rapidement possible. L’électrisation près des centres nerveux, en faisant une plaie, ou bien l’acupuncture, donnent certainement des résultats trés-satisfaisants, mais ce sont des moyens moins pratiques et qui présentent des inconvénients qui n'existent pas dans le mode opératoire que nous recommandons.
Nous ne relaterons pas toutes nos expériences, mais, pour montrer la façou dont nous avons procédé, nous supposerons que nous agissons sur un rat, L'animal est placé sous une
cloche, avec une éponge fortement imbibée de chloroforme; au bout d'une minute il est complétement endormi ; : Ben à peu la respiration devient saccadée et ne tarde pas à s’arrêter : nous le laissons encore une demi-nunute sous la cloche, puis nous le retirons, et nous attendons encore une | demi-minute ; nous plaçons alors le pôle négatif de l’appareil dans la bouche et le pôle positif dans le rectum. Pendant quelques secondes on n’observe rien de nouveau, puis on voit reparaître les battements du cœur qui avaient cessé d'être perceptibles ; enfin surviennent des inspirations d’abord incomplètes ; plus tard la respiration devient normale ; on peut dès lors cesser l’électrisation, le rat récupere peu à peu toutes ses fonctions.
Nous avons pu laisser l'animal pendant deux minutes en état de mort apparente, et le ressusciter, pour ainsi dire, ensuite au moyen des courants continus.
Dans un laboratoire situé à côté de celut où était installé notre appareil à courants continus, on cherchait à endormir un Chien par le chloroforme pour pratiquer une opération ; le chloroforme, donné sans ménagement, amena l'arrêt du cœur et de la respiration ; on se hâta de pratiquer la respiration artificielle, qui échoua ; alors on songea à nous apporter le chien. I] fallut détacher l'animal et le transporter dans la chambre où nous étions ; malgré cette perte de temps, les courants continus ranimèrent le chien; nous ajouterons de plus que l'expérience a été faite devant des incrédules qui ont été couvaineus.
Le courant doit passer d’une façon continue jusqu'à ce que la respiration soit complétement rétablie. Jamais nous ne retirons les rhéophores avant que la respiration ne soit complétement revenue et hien rétablie. Si on les enlève
avant l'apparition des mouvements respiratoires, ceux-ci ne réapparaissent pas, et même, lorsqu'on les enlève trop vite, la respiration, qui avait repris, disparaît de nouveau et pour toujours. Dans les tracés que nous avons présentés et dont nous avons laissé une copie à la Société de chirurgie, l’un d'eux, pris sur un cochon d'Inde, indiquait justement la réapparition des mouvements respiratoires sous l'influence d'un courant continu, et leur disparition graduelle parce qu'on avait cessé l’électrisation avant que la respiration n'eût été rélablie complétement.
La figure 118 représente la respiration normale.
Fic. 118.
La figure 119 montre l'arrêt de la resp ration au point À et l'irrégularité des dernières respirations.
La figure 120 montre la réapparition de la respiration sous l'influence des courants continus, On voit que la respiration n'apparaît que quelques temps après l'application de l’électricité au point B. Il n’y a en ce même temps qu'une légère élévation de la ligne. Cette figuré montre encore que les
mouvements respiratoires qui ont lieu sous l'influence des courants continus sont rhythmiques et réguhers.
Fic. 1204 Fig. 121.
La figure 121 montre la disparition graduelle de la respi-
ration, parce qu'on a enlevé les rhéophores aussitôt que la
respiration était réapparue.
Il est donc incontestable que les courants continus agissent d'une manière efficace sur le retour des mouvements respiratoires dans les cas d’asphyxie par le chloroforme. Nous avons observé les mêmes résultats danslescas d'asphyxie par l'éther sulfurique et par le protoxyde d'azote. L'effet est moins remarquable dans les asphyxie et les empoisonnements par certains gaz toxiques, parce que, dans ces cas, il ya une lésion du sang contre laquelle l'électricité est impuissante .
Cette action des courants de la pile, nous le répétons, a été observée des les premières années de la découverte du galvanisme, et 1l est étonnant que les médecins n'aient pas plus souvent profité des expériences faites déjà au siècle dernier.
Nous avons déjà relaté plus haut l'expérience de Volta. Aldini avait constaté les mêmes faits, et il dit : « que le galvanisme offre un moyen puissant pour remettre en action la vitalité suspendue dans la plupart des circonstances qui occasionnent cette suspension. »
Anselmi à fait revivre un chien tenu au fond de l’eau et qui paraissait tout à fait mort. «Tiré hors de l’eau, les muscles des jambes étaient sans force, le ventre était gonflé, le cœur ne baïtait point du tout, les yeux étaient fermés, la bouche et les dents serrées, la langue froide. Aux premiers attouchements des conducteurs galvaniques, le chien ne donna pas le moindre signe de vie, malgré qu'on approchât le conducteur positif des différentes parties de la tête ; mais, lorsqu'on le fit pénétrer dans l'oreille et dans ia bouche, l'animal commenca à ouvrir les yeux et à respirer,
quoique avec une anxiété douloureuse de toute la poitrine. 1] lui fallut beaucoup de temps pour se soutenir sur ses jambes, et il ne se rétablit tout à fait qu’au bout de quelques heures. Alors 1l marcha et s'enfuit hors de la maison. »
Crève, Hallé et Sue proposèrent de mettre des appareils galvaniques dans les différents quartiers de Paris, surtout au voisinage de la Seine. Voilà plus d’un demi-siècle que cette proposition si éminemment utile a été faite, mais elle n’est pas encore mise à exécution.
Parallèle entre les courants induits el les courants continus dans les cas d'asphyxie et de syncope. — M. Duchenne et Liégeois ont soutenu que les courants induits sont préférables dans tous les cas d’asphyxies aux courants continus. Nous avons soutenu le contraire, et, comme cela arrive souvent, nous avons eu tous à la fois tort et raison.
Nous avons eu tort d'être trop exclusifs, et de rejeter complétement les courants induits, ou plutôt nous nous sommes mal exprimés, car nous prétendions seulement que, d’après le mode opératoire que nous indiquions, l'emploi des courants induits était dangereux. R
En effet, nous avons soutenu et nous soutenons encore qu'en faisant passer des courants d'induction de la bouche à l'anus, on risque, avec un courant d'intensité même faible, - d'amener l'arrêt du cœur, d'autant plus que dans ces conditions les battements du cœur sont déjà très-affaiblis.
« La faradisalion du pneumogastrique et du laryngé supérieur, dit M. Duchenne, est extrêmement dangereuse, car elle peut produire, à une dose même faible, l'arrêt du cœur et de la respiration (1). »
(1) Examen critique des principales méthodes d’électrisation. 1870, p.95.
nd in cs dd 2 + : he Fa t
Ailleurs (1), M. Duchenne ajoute encore : « La faradisation du pneumogasirique n’est pas toujours sans danger. Voici un accident qui m'est arrivé et qui servira d’enseignement à l'expérimentateur. Promenant un rhéophore sur la parte latérale el supérieure du pharynx, sous l’action d’un courant rapide, bien que très-modéré, le malade tomba subitement en syncope ; revenu à lui, 1l dit qu’il avait éprouvé une sorte d’étouffement et de sensation indéfinissable. »
« Depuis lors, ayant faradisé le pneumogastrique à la même hauteur, avec une intermittence par seconde, et avec. un courant très-modéré, le même accident ne se renouvela plus, mais la sensation précordiale se manmifesta chaque fois. Üne fois j'ai vu négliger ce précepte, pendant que lon faradisait le pharynx, chez une jeune fille. Une syncope grave fut immédiatement provoquée par cette opération. »
Les mêmes accidents peuvent survenir lorsque l'on électrise l'animal de la bouche à l'anus.
Néanmoins, nous reconnaissons que les courants induits excessivement faibles amènent, par action réflexe sur les centres nerveux lorsque les battements du cœur ne sont pas arrêtés, la réapparition des mouvements respiratoires et rendent l’animal à la vie. Seulement, il ne faut pas croire que les appareils électriques médicaux puissent donner un courant suffisamment faible, car un courant presque impercep-: ble sur la langue est encore trop fort. Il faut, avec le minimum d'intensité que donne toute espèce d'appareil, faire encore passer le Courant à travers une colonne d’eau ou à
travers des corps mauvais conducteurs. Pour réussir, il ya une
(1) Electrisation localisée. 1861, p. 92.
limite d'intensité électrique, très-difficile à saisir ; un peu en deçà on n’agit pas, un peu au delàonagittrop,etl’ontuealors sans rémission l'animal, alors même que la vie n’était pas tout à fait éteinte. Les courants interrompus doivent être dosés d’une manière très-délicate, car une force modérée est déjà dangereuse. Quel est le chirurgien qui osera les employer sans crainte, sachant que, selon l'intensité, il peut produire un effet heureux ou malheureux.
Quelle est au juste cette intensité pour l’homme ? Comment la trouver ? Et surtout quelle difficulté imouiïe, même en connaissant au juste l'intensité voulue, de l'obtenir cheque fois d'une manière exacte ?
Enfin, en employant les courants induits, 1l est un autre élément dont il faut également tenir compte, c’est la rapidité des internïittences. Pour bien juger de cette influence sur les mouvements du cœur, nous avons prié M. Trouvé de nous construire l’appareil suivant (fig. 122), qui permet de régler à volonté le nombre d’'intermittences.
Cet appareil à chariot (fig. 122) se compose :
4° D'une bobine inductrice indépendante des bobines induites ;
2 De deux bobines induites (ou d’un plus grand nombre selon le besoin), s’adaptant successivement au chariot, formées de fils de différentes grosseurs ;
3 D'un interrupteur spécial, qui constitue la partie. principal de l'appareil.
Cet interrupteur (F, fig. 122 et 123) se compose d'un cylindre divisé en vingt parties, dont chacune contient des touches, dans la progression suivante, c'est-à-dire de 1 à 20.
Ce cylindre, mû par un mouvement d’horlogerie muni d'un volant à résistance variable, est parcouru, Instantané-
Fig. 122, — Appareil Trouvé et Onimus pour les études physiologiques.
ment, et à volonté, par un stylet qui a pour but d’inter-
PS: fil a, —= = LAN
Pl ER
PI: 193. — Appareil Trouvé et Onimus pour les études physiologiques.
rompre simultanément le courant direct d’une pile à courant
n72 RECHERCHES PHYSIOLOGIQUES ET CLINIQUES.
continu et le courant d'induction, autant de fois qu'il y a de touches à la division qu'il occupe.
En donnant au cylindre une vitesse de 1, 2,3, 4 tours, etc., par seconde, chaque touche est multipliée par ces vitesses correspondantes, c'est-à-dire qu'avec ce seul cylindre on obtient, avec la plus grande précision, depuis une interruption par seconde jusqu’à 80 ; ce qui donne, autrement dit, dans un temps donné, un nombre d’interruptions voulu.
La graduation du courant d'induction, dans cet appareil, s'obtient, à l’aide du chariot, d’une manière plus parfaite qu'avec tout autre système ; puisque l’on va d’un effet nul à un maximum en passant par tous les intermédiaires.
Les courants sont obtenus au moyen d’une pile hermétique dont M. Trouvé est l’auteur, représentée en coupe de grandeur naturelle (fig. 124).
Cette pile est de caoutchouc durei : elle est formée d’une couple zinc et charbon renfermé dans un étui de caoutchouc durci, fermant hermétiquement.
Le zinc et le charbon n'occupent que la moitié de l’étui ; l’autre moitié est occupée par le liquide excitateur (eau ordinaire et du bisulfate de mercure, ou eau et sel marin avec le chlorure d'argent).
Tant que l’étui conserve sa position ordinaire, le sommet en haut, le fond en bas, l'élément ne plonge pas dans le liquide ; il n’y à ni production d'électricité, n1 dépense par conséquent. Mais, dès que l’étui est renversé, le couvercle en bas, le courant naît et se continue tant que le liquide excitateur n'est pas épuisé.
M bobine inductrice et C son tube graduateur; BB’ bobines induites, dont l’une, à gros fil de 100 mètres de long, et l’autre à fil fin de 200 ; D chariot pour graduer
les courants induits ; E cylindre avec mouvement d’horlogerie ; FH stylet interrupteur à mercure (1); K bouton