‹ Traité d'électricité médicale [electronic resource]Chapitre 16 sur 173 · POISSONS ÉLECTRIQUES · texte numérisé non relu

POISSONS ÉLECTRIQUES

dans la grenouille, en mettant en communication les nerfs et les muscles d’une grenouille au moyen d’un are composé de deux métaux. Volta, en montrant que le contact de deux métaux donne un dégagement d'électricité, obligea Galvani à changer les conditions de son expérience et à n’employer qu’un seul métal pour mettre en communication le nerf et le muscle. Volta, attribuant encore dans ce cas l’électricité développée au contact de substances hétérogènes, Galvani et son neveu Aldini firent l'expérience suivante qui est fondamentale : après avoir détaché les nerfs lombaires de la colonne vertébrale, en conservant seulement une portion de celle-ci pour les maintenir à leur partie supérieure, on les soulève légèrement avec une tige isolante, et on les amène en contact avec la surface extérieure d’une des cuisses de la grenouille, et aussitôt la cuisse se contracte.

Ces mêmes faits furent plus tard confirmés et complétés par Humboldt et par Nobili, mais c’est surtout à Matteucci et à M. du Bois-Reymond que l’on doit les expériences les plus délicates sur ce sujet. Ils ont en même temps constaté que le courant propre de la grenouille n’est autre que le courant musculaire, et c'est par conséquent de ce dernier seul que nous devons nous occuper. Voici les conclusions de Matteucci : 1° le courant propre de la grenouille persiste dans sa direction et dans son intensité, sans la moelle épimère, sans les nerfs spinaux et cruraux ; 2° l'élément électro-moteur se réduit par conséquent aux muscles de la jambe et de la cuisse unis organiquement ; 3° quand on laisse à la grenouille préparée à la manière ordinaire sa moelle épinière, ses nerfs et ses ramitications dans les muscles, ces parties nerveuses agissent dans la production

du courant, comme le fait la substance musculaire de la cuisse.

Courant musculaire. — M. du Bois-Reymond, pour constater l'existence du courant musculaire, s’est servi d’un galvanomètre très-sensible et qui porte aujourd'hui son nom. On met ce galvanomètre en communication avec deux vases unis par deux coussinets de papier humide

Fic. 34.— Vases conducteurs avec les coussinets de papier humide.

À il |

(fig. 34). On se servait autrefois de lames de platine aux extrémités de chacun des fils conducteurs du galvanomètre et d’eau légèrement salée. Mais celte disposition peut occasionner plusieurs erreurs, grâce surtout à la polarisation des lames de platine. M. J. Regnauld a eu lingénieuse idée d'employer, pour éviter les courants de polarisation, une dissolution concentrée de sulfate de zinc avec des électrodes en zinc amalgamé. De plus, on protége les parties animales contre l’action nuisible du sulfate de zinc par une couche d'argile humectée avec une dissolution de sel marin (1 de sel pour 100 d’eau). |

QUOESQU on place entre les deux coussinets ainsi disposés un muscle frais, on observe les faits suivants :

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