PHÉNOMÈNES ÉLECTRO-CAPILLAIRES
s’y Lrouve à l’état d'ozone. Et comment y serait-il sous cette forme, s’il n'avait éprouvé dans les capillaires l'influence de courants électriques ?
= Une autre conséquence des courants électro- capillaires résulte de ce que les parois des tissus qui servent d'électrodes aux couples électro-capillaires, sont elles-mêmes soumises aux actions électro-chimiques; elles éprouvent donc des effets de décomposition et de recomposition, et les principes élémentaires des organes sont ainsi sans cesse renouvelés. | (F7 TN En résumé, les tendons, les artères, les veines, les nerfs (1), les os et tous les tissus donnent des courants dans le même sens et dans les mêmes conditions, et ces cou- ‘rants, comme le prouvent tous les faits que nous venons d'exposer, ont une origine chimique et ne proviennent nullement d'uve organisation électrique des muscles et des nerfs. ng Les courants électro-capillaires sont les seuls dont l'existence soit bien constatée jusqu'ici. Is sont produits dans les corps vivants partout où il y a deux liquides différents séparés par une membrane cellulaire. C’est probablement à des actions de ce genre qu'est due l’électricité développée dans les appareils spéciaux de certains poissons. . Eofin, dans les effets chimiques des courants électriques, on observe un phénomène remarquable qu’on appelle cémentahon, et qui consiste en une action moléculaire en vertu de laquelle des éléments de différente nature sont
. (1) M. Becquerel a également trouvé qu’il existe un courant électrique entre la substance blanche et la substance grise dans la moelle et dans l’encéphale. Le courant est dirigé de la substance blanche à la substance grise.
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introduits dans l’intérieur des corps, tandis que d’autres sont expulsés, et cela sans que le corps perde sa forme. M. Becquerel a réussi à obtenir plusieurs transformations de ce genre, à l’aide de courants voltaiques très-faibles, mais longtemps prolongés. Ce qu'il y a de particulier dans cet ordre de phénomènes, c’est que l'effet ne se produit pas seulement à la surface, mais qu'il y à pénétration inter-moléculaire et substitution d’un métal à l’autre sans altération de forme extérieure.
N'est-ce pas là ce qui a lieu en grande partie pour les corps organiques? Les éléments anatomiques, fibres musculaires, cellules nerveuses, etc., éprouvent constamment des changements moléculaires dans toutes leurs parties; mais la forme extérieure reste toujours la même. Certes, et nous l'avons déjà dit souvent, l’électricité n’est point la cause première de ces transformations moléculaires ; mais d’un autre côté, elle est plus qu’un simple phénomène accessoire, car si les combinaisons chimiques des tissus vivants ne sont pas l'effet des courants électriques il est incontestable qu’ils donnent naissance à des courants électriques et que ceux-ci à leur tour influent sur ces combinaisons chimiques. Que de faits tirés des phénomènes journaliers montrent que, même pour les corps inorganiques, il y a toujours une relation intime entre la production d’un courant et l’action chimique ! Le fer et la fonte s’altérent d’autant plus vite qu’il y a déja quelques points oxydés sur leur surface. Il en est de même pour le plomb, dès qu’il est en contact avec un métal inoxydable. Pour les corps organiques, ces relalions sont encore plus grandes, et même il devient difficile de définir très-exactement ce qui est cause et ce qui effet. La chaleur animale, par exemple, est bien
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le résultat des oxydations qui ont lieu dans les tissus vivants, mais on peut dire tout aussi exactement qu’elle est cause des changements moléculaires qui se font pendant la vie. N'est-ce pas elle qui met en activité les combinaisons qui accompagnent l’éclosion de l’œuf? n'est-ce pas elle encore qui, en maintenant uu certain milieu, permet aux organes de fonctionner et y favorise les modifications moléculaires ?
Il en est de même des phénomènes électriques. Le raisonnement et l'expérience ont démontré que les combinaisons chimiques qui se font dans tous les tissus vivants engendrent des courants électriques, et cela non-seulement dans les muscles et les nerfs, mais dans tous les éléments du corps, partout en un mot où 1l y a échange de matière.
C'est pour cette raison que les courants agissent si éner-giquement sur la nutrition même des parties profondes, et le professeur Niemeyer, quoique peu enthousiaste, les regarde «comme un moyen plus puissant que n'importe quel autre pour modifier les conditions nutritives des parties situées dans la profondeur ». |
Nier que des courants électriques sont formés dans tous les tissus et qu’ils concourent à la nutrition, c’est tomber dans une exagération plus grande peut-être que celle des médecins qui veulent faire dépendre tous les phénomènes vitaux de courants électriques. Les uns auraient tout aussi raison de soutenir que les combinaisons organiques ne donnent lieu à aucun dégagement de chaleur, et les autres que l’influx nerveux, sa propagation, son action sur Îles muscles, etc., ne sont autre chose qu’un phénomène de chaleur.
Cette assimilation, sous certains rapports, de la chaleur et des courants électriques, nous montre comment on peut
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considérer d’une manière générale les effets de l'électricité sur des corps vivants. L'un et l’autre de ces agents sont le résultat de la nutrition des tissus; et tous deux, agissant du dehors, soit par le milieu ambiant pour la chaleur, soit par une introduction directe pour l'électricité, augmentent l'énergie vitale et excitent tous les organes. D'un autre côté, leür action inopportune, trop longtemps prolongée ou trop grande, épuise et tue.
La plupart des médicaments n’ont d’ailleurs d'autre but que de limiter la nutrition, ou de l’exagérer ; de détruire les agents trop actifs de l'oxydation, ou d'introduire dans l’or- . ganisme des substances oxydantes. De même, les courants électriques doivent être appliqués selon les cas, pour aug- . menter ou modérer les actes vitaux. Leur effet est plus rapide et plus énergique que celui produit par n’importe quel autre agent, par cela seulque, sur tous les corps, ils ont une action bien plus puissante. Un couranttrès-faible parvient àfaire ou à défaire des combinaisons sur lesquelles la température la plus élevée n’a aucune influence, et lorsqu'on songe à la quantité mcommensurable de couples électro-capillaires qui existent dans l'organisme, on peut dire sans exagération : que de tous les agents, l'électricité est celui qui agit le plus constamment et le plus énergiquement sur les phénomènes de nutrition. |