‹ Traité d'électricité médicale [electronic resource]Chapitre 28 sur 173 · AE ES · texte numérisé non relu

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sont utiles à connaître en médecine, car ils trouvent de nombreuses applications. On sait que l’on admet que le courant va du pôle positif au pôle négatif. Ce qu'il ya de certain, c’est que des particules matérielles sont transportées du pôle positif au pôle négatif, comme cela est, par exemple, très-manifeste dans les charbons que l'on Ha dans la lumière électrique.

Nous ne voulons pas mentionner dans ce paragraphe l'emploi de l'électricité pour l'extraction des métaux proposé par M. Pœy; ui d’autres transports de substances à l'un ou l’autre pôle d’une pile, car ces phénomènes dépendent surtout d'actions chimiques. Mais nous Imsisterons avec quelques détails sur les faits suivants, que nous avons vérifiés plusieurs fois, et qui nous semblent importants en médecine.

Dutrochet avait déjà parfaitement vu que les courants électriques augmentaient les phénomènes d'endosmose. Voilà l'expérience la plus simple : on prépare l'endosmomètre comme d'ordinaire, c’est-à-dire, que l’on plonge dans un vase rempli d’eau un tube rempli d'eau gommée et fermé à une de ses extrémités par une membrane animale, ou par du papier-parchemin.

Dans les conditions ordinaires, on voit le niveau de l'eau gommée s'élever peu à peu par l'introduction de l’eau dans

le tube. Si l'on place le pôle positif dans l'eau pure el le

pôle négatif dans l’eau gommée, les phénomènes d’endosmose se font plus vite, et le niveau dans le tube s’élève rapidement. Celle expérience a été faite la première fois

par Porret.

Mais au contraire, si l’on met se pôle positif dans l’eau gommée et le pôle négatif dans l eau pure, le niveau, loin

de s'élever dans le tube, baisse dans une assez forte propor- . tion. Les lois de l’endosmose sont donc complétement renversées par l'influence du courant électrique.

Pour bien constater ces phénomènes, nous avons fait les expériences suivantes :

Nous avons pris trois vases remplis d'eau pure, et dans chacun d'eux nous avons plongé un tube rempli d’eau gommée et fermé à sa partie inférieure par une membrane formée par du papier-parchemin. Dans le premier tube nous mettions un des pôles, et le vase dans lequel il plongeait était mis en communication avec le second vase par un fil métallique. Ce second vase communiquait par un autre fil métallique avec le troisième vase dans l’endosmomètre duquel se trouvait l’autre pôle. Le courant électrique passait ainsi par les trois vases et par les endosmomètres. Un quatrième vase, muni d’un endosmomètre identique, était placé à côté, mais sans qu’on y fit passer de courants électriques, afin que l’on pât bien constater l’action normale et les différences dues au passage des courants. |

Toujours et cela proportionnellement à l'intensité du courant et au temps d'application, le niveau s'élevait du côté du pôle négatif et descendait du côté du pôle positif.

Donc, contrairement aux lois de l’endosmose, le niveau baissait dans le liquide plus dense, ce qui est une preuve bien évidente de cette action de transport des courants électriques du pôle positif au pôle négatif.

Le vase intermédiaire ne présentait aucune différence et le niveau s'élevait dans cet endosmomètre dans les mêmes proportions que dans l’endosmomètre normal. Peut-être, cependant, existait-il une légère différence eu faveur de l’endosmomètre parcouru par les courants.

En renversant la position des liquides, l'effet inverse se produisait, c'est-à-dire qu’en mettant le liquide le plus dense dans le vase, et l’autre dans le tube endosmotique, on obtenait dans l’endosmomètre normal et dans celui qui unissait les deux extrèmes une descente, plus ou moins prononcée. Dans le tube au contraire où plongeait le pôle positif, la descente était le double, le triple et plus, de celle qui avait lieu dans les conditions ordinaires. Dans le tube, où se trouvait le pôle négatif, le niveau, au lieu de baisser, s'élevait de plusieurs millimètres.

Enfin, en employant le même liquide des deux côtés de la membrane endosmotique, afin de n’avoir plus de phénomène d’endosmose, on obtient toujours une élévation de niveau du côté du pôle négatif et un abaissement du côté du pôle positif. Dans ce cas, l'abaissement est plus considérable et l'élévation moins considérable que lorsque l’on agit sur des liquides d’inégale densité, et que les pôles sont plongés dans le liquide le plus dense. |

Nous avons employé pour ces recherches 12 à 14 éléments Remak et des élémentsau sulfate de plomb. La durée d'action était de 20 à 24 heures.

Voici quelques chiffres. En une heure et demie, avec: trente petits éléments sulfate de plomb, le niveau monte du côté du pôle négatif de 18 millimètres. Dans le vase intermédiaire, le niveau monte de 1 millimètre, et dans l’endosmomètre où se trouve le pôle positif, le niveau descend de 4 millimètres. Le tube étant renflé à sa partie inférieure, la partie endosmotique a 30 millimètres de diamètre, et le tube 6 millimètres de diamètre. |

Avec la même disposition d'appareil et en employant dix éléments Remak, pendant 20 heures, le niveau s'élève du

côté de l’électrode négatif de 70 mullimètres, et 1l baisse de 23 millimètres du côté du pôle positif. Dans le vase intermédiaire, le niveau s'élève de 14 millimètres, et dans un quatrième endosmomètre, par lequel ne passe aucun courant, le niveau monte dans le même temps de 42 millimètres.

Il nôus à paru très-important de rechercher, dans ces mêmes conditions, l'influence des courants induits. L'extracourant seul, et cela se comprend, car seul il est orienté, nous à donné des phénomènes un peu analogues. Avec des courants très-forts, et dont nous prolongions l’action au delà de vingt-quatre heures, c’est à peine cependant si nous parvenions à constater une différence entre les deux pôles.

Nous pouvons résumer ces expériences dans le tableau suivant.

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extérieur et dans l'endosmomètre, |

Au lieu d'employer des tubes séparés par du papier à

endosmose, nous avons fait les mêmes expériences avec des œufs dont nous cassions la coque près de la chambre à air, et dont nous maintenions intacte la membrane propre de l'œuf. Nous avons obtenu les mêmes résultats, seulement, dans ce cas, la coagulation de l’albumine présente de grands inconvénients.

Évidemment, dans tous ces faits, il y a plus qu’une simple action physique, 1l y a encore une action chimique énergique, mais, au point de vue médical, il est d’une importance capitale de connaître cette action des courants électriques. Dans ces phénomenes, d’ailleurs, nous voyons déjà une différence très-tranchée entre les courants continus et les courants induits. Les uns ont une action de transport tellement considérable qu’elle s'effectue même contrairement aux lois de l’endosmose. Les autres, au contraire, n’ont, au moins dans les conditions où ils sont employés en thérapeutique, aucune influence de ce genre.

C’est sur ce principe que Remak se fondait lorsqu'il conseillait de mettre le pôle positif sur les parties œdématiées, et le pôle négatif plus haut sur des parties saines. Certes, l’idée est logique, et en effet, ce mode d'application donne de très-bons résultats, mais comme nous l'avons dit plus haut, dans les tissus vivants les phénomènes sont toujours plus compliqués. Nous avons observé, dans des expériences sur la circulation, que les vaisseaux se resserraient près du pôle positif, et qu’au contraire ils se dilataient près du pôle négatif, et cette action purement physiologique contribue . pour une grande partie à faire disparaître le gonflement et à entraîner les humeurs qui rendent les tissus plus ou moins œdémateux.

L'influence dans ces cas serait donc due à deux actions,

l’une purement physique et l’autre vitale, mais toutes deux, loin de se nuire, s'ajoutent au contraire.

Lorsque le sang dans les vaisseaux est complétement soustrait au cœur et à l’action de la contractilité artérielle, on peut y déterminer pendant quelque temps des mouvements de translation qui ont toujours lieu du pôle positif au pôlé négatit. Nous avons observé au microscope, sur des capillaires appartenant à des tissus’ fraîchement séparés de l'animal, des mouvements de ce genre. Le sang, avant sa coagulation, étant immobile dans les vaisseaux, on aperçoit, au moment où l’on applique les pôles, la circulation reprendre quelques instants avec assez d'énergie. et le courant sanguin est toujours dirigé vers le pôle négatif.

Sur la peau dénudée par deux petits vésicatoires, on place d’un côté le pôle positif de vingt éléments Remak, et sur l'autre le pôle négatif. Dix minutes après l’électrisatiou, la plaie en contact avec le pôle positif était sèche, tandis qu'il s'était formé une nouvelle ampoule assez considérable du côté du pôle négatif.

Une expérience un peu analogue a été faite par Alexandre de Humboldt en 1795, sur lui-même. Il se fit appliquer sur la région des deux omoplates deux vésicatoires. En percant les phlyctènes, le liquide séreux qui s’en écoula était incolore, mais ayant fait recouvrir la plaie droite d’une mince plaque d'argent, dès que le conducteur du pôle zinc fut mis en contact avec cette plaque, il ressentit une cuisson très-douloureuse, qui fut suivie d’un nouvel écoulement de liquide. Au grand étonnement des assistants, ce liquide. présenta au bout de quelques secondes une coloration rougeâtre, et dans les endroits du dos où il s’écoulait, il se formait sous son passage des raies bleues rougeâtres. La plaie

du côté gauche contenait, par contre, un liquide tout à fait incolore,

Cette expérience nous montre en même temps l'influence du courant voltaique sur la circulation, car «les raies bleues rougeâtres » ne sont autre chose que les vaisseaux sanguins tuméfiés. D'ailleurs, de même que dans les phénomènes physiques de transport d’un pôle à un autre, il est difficile de démontrer qu'il existe un effet mécanique particulier différent de l'effet électrolytique chimique; de même, pour les tissus vivants, il est impossible de bien séparer ce qui est dû à la seule action physique du courant, de celle qui résulte de l'augmentation de la circulation aux points d'application des électrodes.

IV. — A côté de ces phénomènes physiques, il en est encore quelques autres dont les propriétés ont été utilisées en médecine.

C’est ainsi que, dans certains cas, on a proposé d'employer les aimants pour attirer au dehors des corps étrangers métalliques fixés dans les tissus. On peut également, au moyen des courants électriques, reconnaître si une balle, par exemple, est restée dans les organes, et tout récemment M. Trouvé a fabriqué un petit appareil spécial pour cet usage.

Cet appareil, destiné à révéler la présence des corps étrangers enfoncés dans les tissus du corps humain, est fondé sur les principes suivants :

1° Sur la bonne conductibilité des métaux ;

2° Sur un fait expérimental, démontrant que tout liquide intercalé dans le circuit d’un courant l’affaiblit assez pour ne pouvoir mettre en mouvement un électro-trembleur.

Il comprend trois parties distinctes :

4° Une sonde exploratrice ;

2° Un appareil révélateur muni d'un ou plusieurs stylets, flexibles ou non ;

9° Une pile. |

4° La sonde (fig. 2 de la fig, 38) est une canule à mandrin mousse, que le trocart remplace quand la plaie est fermée,

G.TROUVE FABCANT À PARIS

Fic, 938.

2° L'appareil révélateur (fig. 1 de la fig. 38), sembiable à une petite montre à doubles glaces transparentes, contient, dans son intérieur, un électro-aimant extrêmement petit,

avec un trembleur d’une construction toute spéciale qui lui permet de résister à tous les chocs; à son extérieur, deux anneaux servant à fixer, à l’aide de deux petits mousquetons créés dans ce but, les cordons de la pile.

Le stylet se compose de deux tiges d'acier très-aiguës et isolées entre elles, qui sont renfermées dans un tube dont les pointes le dépassent de quelques millimètres.

Ce stylet, en s ajustant à frottement au révélateur qu’il complète, communique directement avec le cireuit de la pile et de l’'électro-aimarnt.

Dans ces conditions, 1l suffira qu’un corps métallique soit en contact avec les pointes pour faire entrer le trembleur en mouvement.

3° La pile (fig. 39) est toute semblable à celle qui fait le

+ Le axe 1] à nn ANDRE a)

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