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d'induction qui viennent se réunir aux courants induits développés autour de l'aimant en fer à cheval. On augmente ainsi la puissance de l'appareil sans rendre le volume plus considérable.
On gradue l’appareil à l’aide d'une vis micrométrique, ce qui permet de rapprocher plus ou moins le fer doux des faces polaires.
Cet instrument, ainsi que ceux de MM. Bertin et Duchenne, ont une énergie suffisante pour produire des contractions très-forles ; ils donnent à volonté des intermittences lentes ou rapides et se graduent avec la plus grande facilité.
Is sont moins portatifs que les-appareils électro-magnétiques, et nécessitent toujours un aide, mais, par contre, ils s'usent moins promptement et ne risquent pas d’être abîmés par les liquides excitateurs.
Des différences d'action de l’extra-courant et des courants induits.
Nous empruntons tout ce chapitre à l'ouvrage de A. Becquerel, car il nous paraît difficile de mieux traiter cette question. Les expériences sur lesquelles s'appuie A. Becquerel sont concluantes à notre avis; et nous ne saurions, d’un autre côté, concevoir qu’il y ait entre les courants de la première hélice et ceux de la seconde hélice des différences d'effets physiologiques, si ces différences ne proviennent pas des conditions physiques de ces deux espèces de courants (1).
M. Duchenne soutient que, dans les ES magnétoélectriques, le courant de la première hélice et celui de la seconde hélice ont chacun une action spéciale et indépendante de la longueur du fil. A. Becquerel, pour prouver que ces différences ne tiennent qu'à la longueur ou à l'épaisseur des fils de ces deux hélices, a fait enrouler autour de l’aimant en fer à cheval de l'appareil de M. Gaiffe, un premier fil de 110 mètres de long et de 5/10 de millunètre de diamètre.
Autour de ce premier fil, on en roula un deuxième de 095 mètres de long et de 1/4 millimètre de diamètre.
« Ces courants devaient être bien différents l’un de l’autre en direction et en intensité, d’après les idées de M. Duchenne. Or, voici ce qui arriva.
(1) Voyez À. Becquerel, loc. cit., page 104 et suivantes.
Relativement aux déviations :
La déviation, estimée en degrés à la boussole des sinus, a donné comme moyenne de quatre expériences :
Courant du premier fil, 9°,14. — Sinus de 9-11 1596.
Courant du deuxième fil, 2°,5. — Sinus de 2-5 368.
Le fil qui entourait la boussole avait 13 mètres de longueur et 1 millimètre de diamètre ; si l’on cherche, d'après la résistance de chaque fil et celui de la boussole, ainsi que d’après l'intensité du courant, quelle est la quantité d’électricité mise en Jeu, on trouve le rapport de 723 à 346 pour le premier et le second circuit. Aussi, 1l y a plus de deux fois plus d'électricité produite dans le fil le plus gros, mais la tension est moins forte et son action physiologique est par conséquent moindre que celle donnée par le second circuit. |
La différence entre ces rapports ne devrait pas exister, si les deux fils étaient placés tous deux à la même distance de l’aimant et de l’armature et avaient même longueur et même diamètre. Mais le premier fil étant enroulé directement sur ces pièces, son courant doit être plus énergique proportionnellement que celui du deuxième fil qui est superposé au premier.
Voyons maintenant pour les effets PRIS PENTES que nous avons étudiés avec soin.
A la moitié de la force de la machine, le premier fil à donné des contractions musculaires sans douleurs et médiocrement fortes; au maximum de sa force, des contractions musculaires beaucoup plus fortes, mais également sans douleurs. Le deuxième fil, ou plutôt le courant, a donné les résultats suivants : à la moitié de la force de la machine, contractions musculaires énergiques, sans aucunes douleurs, |
beaucoup plus fortes que celles du premier fil correspondant au même degré et sans aucune action spéciale sur la peau.
Avec le maximum de la force de la machine, les contractions sont d’une très-grande énergie, légèrement douloureuses, et aussi sans aucune action spéciale sur la peau. En remplaçant une des éponges par le pinceau métallique, les résultats ont été les mêmes, et l’on n’a jamais eu que des contractions légèrement douloureuses.
Le pinceau métallique, en effet, a donné des résultats analogues; dans les deux cas, on n’a jamais pu obtenir isolément la douleur, elle accompagnait toujours des contractions et elle était en rapport avec leur énergie. |
L'observation nous a démontré que, dans les deux cas, la douleur cutanée, toujours légère, se montrait aussi bien avec le deuxième courant qu'avec le premier.
La question était bien jugée : le courant du deuxième fil agissait plus énergiquement sur les muscles, parce qu'il provenait d'un fil plus long et plus fin el qu'il avait une tension plus grande. Leur mode d'action a, du reste, été constamment le même.
Deuxième série d'expériences. — On à appliqué successivement autour de l’aimant en fer à cheval deux fils. Ces deux fils ont tous deux 490 mètres de longueur et le même diamètre, c’est-à-dire 1/4 de millimètre.
La déviation en degrés a été prise à la boussole des sinus dans une moyenne de quatre expériences. |
Le courant du premier fil a donné : 1,54, sinus 332.
Celui du deuxième fil, 4,50, sinus 320,
Le courant est donc un peu plus fort dans le premier fil que dans le deuxième, mais la différence est à peine sensible,
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Les expériences physiologiques ont donné des résultats qui sont venus confirmer les expériences précédentes.
Avec le premier fil et moitié de la force, contractions musculaires d’une certaine énergie, mais sans douleurs.
Avec le deuxième fil et avec moitié de la force de la machine, contractions musculaires analogues, peut-être un peu moins fortes, et sans aucunes douleurs.
Avec le premier fil et la force totale de la machine, contractions musculaires très-énergiques et légèrement douloureuses.
Mêmes résultats avec le deuxième fil, mais un peu moins énergiques peut-être, la différence toutefois est peu sensible. |
Le courant électrique, induit dans un fil très-long et trèsfin, a une tension très-énergique. Cette tension est telle, dans l'appareil de Ruhmkorff, qu’elle produit des étincelles trés-vives. Il en est de même de la puissance stimulante de cette espèce de courant. On explique ainsi les apparences lumineuses plus énergiques que ces courants induits déterminent sur la rétine, et l’espèce d'action spéciale qu'ils paraissent produire sur la sensibilité cutanée. Ces effets sont le résultat de la tension plus grande de l’électricité et se rapprochent beaucoup de ceux produits par la bouteille de Leyde; car ici on a l’exemple d’une très-petite quantité d'électricité se mouvant très-vite, mais ayant une forte tension et donnant des commotions énergiques. En général, on peut dire que l'excitation musculaire est due à la destruction et au rétablissement de l'équilibre électrique des nerfs, et que plus cet équilibre sera troublé rapidement, plus fort sera l'effet physiologique.
ILest certain que ces effets sont produits d’une manière
DES COURANTS D'INDÜCTION. 99
plus nette avec des courants induits, mais on peut les obtenir également avec tout autre appareil, pourvu que l’on se place dans les mêmes conditions d'intensité, de rapidité de transmission électrique et de conductibilité.
Toutes ces idées si simples sont la conséquence des lois physiques bien connues maintenant et si compréhensibles, qu'il était difficile de croire qu'on pût, ou plutôt qu’on voulüt ne pas les comprendre, car on a constamment refusé de porter la question sur son véritable terrain où je vais encore une lois la replacer, et j'espère que tous les médecins de bonne foi voudront bien m'y suivre.
D'après M. Duchenne, les courants induits de la première hélice et ceux de la deuxième hélice jouissent de propriétés physiologiques toutes spéciales et différentes pour chacun d'eux. Ces propriétés sont : pour les courants de la première hélice, une action plus spéciale sur la contractilité musculaire; pour les courants induits de la deuxième hélice, une action plus spéciale sur la sensibilité cutanée et la rétime, ainsi qu’une pénétration plus facile dans l'organisme.
J'ai déjà répondu et Je réponds encore : Vos prétendus courants induits du premier et du deuxième ordre n’existent dans aucun de vos appareils. Vous avez seulement des courants d’une tension plus ou moins forte en raison de la différence de diamètre et de longueur des fils que vous employez; de plus, l’action est toujours la même; seulement, avec des courants de moindre tension (courants de la première hélice circulant dans un fil plus gros et moins long), on n’a qu’une action sur la contraction musculaire, tandis qu'avec un courant d’une tension beaucoup plus grande (courants de la deuxième hélice) circulant dans un fil plus long et plus fin, on a une action semblable sur la contrac-
tion musculaire, une pénétration plus profonde dans l'organisme et une action sur la peau et la rétine que des courants d’une moindre tension ne pouvaient produire.
Il n’y à donc pas spécialité d'action physiologique, et en prétendant que j'avais nié ces actions différentes, M. Duchenne n’a probablement pas lu ou bien n'a pas compris ce que j'avais écrit. Les effets sont vrais, seulement je les explique autrement, et par les lois de la physique et de la physiologie la plus élémentaire.
Autour d’un aimant fixe, en n’enroulant qu’un seul fil très-fin et très-long, vous aurez un courant à forte tension et qui aura toutes les propriétés des prétendus courants du deuxième ordre.
Autour de l’aimant fixe, enroulez par superposition deux fils parfaitement égaux en diamètre et en longueur et faites agir l'armature de fer doux par rotation, il se produira un courant induit de premier ordre dans chaque fil, mais cette fois-ci celui du premier sera plus intense que celui du deuxième, et le deuxième moins intense que le premier, à cause de son éloignement plus grand de l’aimant. Aussi le courant du deuxième fil ne produira-t-il plus les effets spé claux des prétendus courants de deuxième ordre. Cette expérience, faite plusieurs fois par MM. Breton, est capitale pour la démonstration de ce que les lois de la physique indiquaient d'avance. De plus, je l’ai répété avec M. Gaiffe avec un de ses excellents appareils, et les résultats ont toujours été les mêmes.
Je me résume en disant :
Dans l'appareil électro-magnétique, le courant du premier fil est un extra-courant, le courant du second fil un cou-
rant induit du premier ordre. Il est possible que les bobines
étant superposées, les courants induits réagissent sur les . Circuits voisins et donnent lieu à des effets dans le sens opposé, mais les résultantes des effets ont toujours lieu comme nous venons de l'expliquer. La différence d'énergie de leur action est due à la différence de leur tension, conséquence elle-même de la longueur et du diamètre différent des fils employés. Avec l'appareil magnéto-électrique, les courants produits par les deux fils et dont l’action prédomine, sont sans doute des courants induits du premier ordre ; seulement, le deuxième, produit dans un fil plus long et plus fin, a une tension beaucoup plus forte, par conséquent transmet des eflets beaucoup plus énergiques et agit vivement sur la peau et la rétine. Voyons maintenant les différences signalées dans les courantsde la deuxième hélice ; j'espère démontrer qu'elles ne sont nullement dues à une nature d’action différente, mais uniquement à la différence de tension des courants.
1° Un courant de la première hélice et un courant de la seconde hélice, qui paraissent d’une égale intensité en ce qu'ils déterminent des commotions semblables, ne sont pas doués au même degré du pouvoir de traverser les mauvais conducteurs, tels que l’eau distillée, placée dans le circuit. En se servant du tube à eau, on trouve que le courant de la première hélice cesse d’être perçu à travers une épaisseur de liquide beaucoup moindre que celle qui est nécessaire pour arrêter le courant de la deuxième hélice.
Il y a plusieurs objections à adresser aux précédentes assertions. D'abord l'intensité de deux courants produits dans des fils de longueur et de diamètre différents, et sous un même courant initial, ne peut être égale ; ce serait tout à fait contraire aux lois de la physique.
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En deuxième lieu, juger que l'intensité des deux courants est égale par l'égalité des commotions qu'ils produisent, est encore une asserlion Inexacte: d’abord, la commotion dépend non-seulement de la quantité d'électricité, mais encore de sa"tension, et de plus, de la rapidité de son passage, ou si l’on veut, de l’instantanéité de la décharge ; ainsi, deux courants peuvent produire des commotions semblables et être tout à fait inégaux en tension et en quantité ; d'un autre côté, comment]juger que deux commotions sont égales ? Onne peutfaire à cèt égard qu’une approximation bien hypothétique ; du reste, on doit se rappeler que, d’après les recherches d’Henry, les courants induits, de quelque ordre qu'ils soient, produisent les mêmes effets propres par leurs qualités, si l'on peut s'exprimer ainsi, c’est-à-dire par leur intensité, leur tension et leur durée lorsqu'elles sont les mêmes.
Je n'admets donc ici l'égalité ni de l'intensité n1 des commotions, mais je reconnais le fait de la pénétration plus grande du courant de la deuxième hélice. Ce courant est un courant d’une tension beaucoup plus grande que celle du premier fil; par conséquent, elle doit pénétrer plus avant dans l’eau distillée comme dans l'organisme.
2° Les deux espèces de courants appliqués sur la peau au moyen d’excitateurs humides, après qu'on à eu le soin, comme dans le cas précédent, de régler au même degré leur force apparente, pénètrent dans les tissus à des profondeurs inégales, Le courant du premier ordre ne dépasse pas les muscles superficiels, tandis que le courant de la deuxième hélice va exciter des contractions jusque dans le plan opposé du membre, si celui-ci est peu épais, comme à l'avantbras.