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DC

TÉTANOS. h17

De 11 heures à midi, il a été repris de contracture tétanique.

Le courant électrique ayant été appliqué pendant une heure, les muscles sont redevenus souples.

À 5 heures, le malade dit qu’il a un peu souffert de la plaie du doigt; on retire le diachylon qui avait été appliqué sur le doigt et on le panse avec un pelit linge cératé.

Le trismus est encore très-accentué, les muscles de la poitrine et de l'abdomen sont légèrement contracturés. Pouls 76.

Le courant continu est appliqué de nouveau sur la colonne vertébrale et presque immédiatement les muscles redeviennent souples.

Le malade éprouve une sensation de bien-être et de détente chaque

fois que le courant est appliqué.

- Samedi 49 mars, à 8 heures 4/2 du maün. Hier soir, vers 10 heures et demie, le malade à éprouvé de nouveau des secousses tétaniques ; ces secousses ont eu lieu de cinq en cinq minutes et continuent encore à ce moment; tous les muscles de la région antérieure du corps sont très-contracturés ; les muscles des jambes sont également pris ainsi que ceux des bras, le malade est complétement roide. Le pouls est remonté à 110. Sueurs abondantes et douleurs légères dans les jambes.

Une potion avec 8 grammes de chloral, qui doit être prise en trois heures de temps. L'électricité est appliquée pendant une heure sur la colonne vertébrale.

À 2 heures, le malade, qui a pris 6 grammes de chloral, est somnolent, le pouls est tombé à 80.

Il n’éprouve plus de secousses tétañiques, la résolution musculaire —. a été obtenue et le trismus a diminué, la respiration se fait par ies - muscles de la poitrine,

L'administration des 6 grammes de chloral a occasionné quelques nausées qui n'ont pas été suivies de vomissement.

Le malade à uriné dans son lit au moment des contractions musculaires. Get accident s’était déjà produit dans les mêmes circonstances. Mn Nouvelle potion avec 8 grammes de chloral à prendre de 2 heures … après midi à 8 heures du rain.

lé A partir du 20 mars l'amélioration est progressive, elle 2 avril la plaie est complétement cicatrisée ; le 13 avril, le malade vient à piea | LA à lhôpital Lariboisière, où M. le docteur Lavaux fait constater sa … guérison à M. le professeur Verneuil.

Ln Cette observation indique bien les différents avantages ne ONIMUS ET LEGROS. 27

h1S RECHERCHES PHYSIOLOGIQUES ET CLINIQUES.

qu’on peut attendre de l'emploi des courants continus dans le tétanos. Elle nous indique d’abord que pendant les ap-

plications du courant les muscles contracturés se relâchent, et que pendant tout ce temps le malade éprouve un grand bien-être. Le chloral calme le malade, l’endort, mais n'empêche pas les contractures. Presque tous les auteurs, d’ailleurs, sont d'accord sur cette influence du chloral. à

Les courants doivent surtout être appliqués 4 direction 5 descendante sur la colonne vertébrale. Leur intensité doit | être moyenne, et plutôt faible que trop énergique. Leur durée d'application doit être longue (une heure, deux heures . même). Il ne faut pas souvent changer de place et avoir une pile à courant très-constant.

Sous aucun prétexte, 1l ne faut donc employer d'appareils à éléments énergiques. Non-seulement ces éléments ne peuvent rester appliqués au même endroit pendant long- « temps, car 1ls désorganisent la peau, mais de plus, ils exeitent vivement les nerfs périphériques. Il n’y a donc que la « pile Daniell, la pile Remak et celle au proto-sulfate de mercure qui puissent être employées.

Enfin, dans les syncopes qui ont été si fréquentes dans M l'observation ci-dessus, et dont une avait mis le malade dans. un état de mort apparente, l'application des courants con=. tinus à immédiatement ramené les mouvements du cœur et ceux de la respiration. Il est inutile d’insister sur la diffé" rence d'action qu’exercent, dans ce cas, les courants conti= nus et les courants induits. Ces derniers seraient évidemment plus dangereux qu'utiles. 30

L'influence des courants continus dans les contractures, peut également les, rendre avantageux dans le traitement de l’hydrophohie. Jusqu'à présent, il n’existe dans la science |

cr: ED. DU PEAR F - ut ol

PARALYSIES TRAUMATIQUES. RAS . qu'un seul cas où cet emploi ait été fait par le D' Schivardi. Ce cas fut traité également et probablement grâce aux - idées théoriques que nous avons indiquées plus haut, par » un courant dirigé des pieds à la tête. Le courant fut appliqué pendant quatre-vingts heures, mais malgré la disparition de la plupart des symptômes, le malade mourut. Dans cette affection, nous croyons qu'il eût été également plus utile d'employer un courant descendant,

MALADIES DE LA MOELLE ÉPINIÈRE Paralysies consécutives à des lésions traumatiques.

Les lésions traumatiques de la moelle sont presque tou- Jours consécutives à des fractures de la colonne vertébrale. La plupart de ces paralysies se terminent par la mort, el c’est principalement dans ces cas qu’on observe le plus ra-

* pidement les troubles de nutrition consécutive aux lésions * du système nerveux.

—…. On peut, d’après les renseignements fourmis par la con- …tractlité électro-musculaire, diagnostiquer l'étendue, la - gravité et même l’époque de la maladie.

— Dans les cas graves, il y a, dès le début, perte complète mouvement et de la sensibilité, mais la contractilité élec- “tro-musculaire est encore conservée. Ce n'est que quelques “jours après que les muscles perdent leur contractilité “électro-musculaire. Le sixième jour déjà, comme l’a fait

bserver M. Duchenne, cette contractilité est complétement

abolie pour certains muscles.

. Tous les auteurs considèrent comme très-graves les cas

Où, à l’anesthése de la peau, se joint l'absence complète

h20 RECHERCHES PHYSIOLOGIQUES ET CLINIQUES. k de la contractilité et de la sensibilité électro-muscu- » laire. k M. Duchenne à pu, dans quelques cas, distinguer, d’après a contractilité électro-musculaire, l’état anatomique de la moelle chez des malades affectés d’une paraplégie spinale, « avec eschare du sacrum. L’intégrité de la contractilité M électro-musculaire démontrait que la paralysie n'était pas due à une lésion traumatique de la moelle,

Cependant les courants induits ne peuvent pas démontrer que la lésion est due soit à une lésion traumatique, soit à une compression où à une hémorrhagie ; ils indiquent | seulement que la portion de la moelle qui envoie l'innervation dans les muscles paralysés, est intacte et située au- M dessous de la lésion lorsque la contractilité est conservée ; ou bien que cette portion est détruite, ramollie ou située « au-dessus de la lésion de la moelle, lorsque la contractilité est éleinte. |

Ce caractère d’ailleurs n’est pas spécial pour les lésions » traumatiques, mais 1l est général pour toute altération « complète d’une portion de la moelle.

Les fractures ou les luxations de la colonne vertébrale ne « déterminent pas la perte de la contractilité par leur effet . direct, mais parce qu'ils amènent une irritation continue de la moelle, qui a pour conséquence le ramollissement et la. destruction des cellules nerveuses ou des nerfs qui sont dans les régions comprimées. |

La perte de contractilité électro-musculaire indique donc M uniquement, non la cause de la paralysie, mais quelquesuns des états de la lésion anatomique. Si cette perte se fait. rapidement, on peut être certain que la portion de la 1 moelle qui renferme les cellules motrices des muscles para-

PARALYSIES TRAUMATIQUES. h21

lysés, est complétement détruite, et de plus qu'ii y a dans les centres une inflammation aiguë et progressive.

Dans la myélite aiguë et dans l’hémorrhagie spinale on observe les mêmes phénomènes, &’est-à-dire la perte rapide de la contractihité électro-musculaire.

Nous ne faisons qu’indiquer 1e1 ces phénomènes, sur lesquels nous aurons à revenir longuement dans le chapitre consacré au système musculaire.

Lorsque la lésion traumatique n’a pas produit de broiement de la moelle, ni d'inflammation consécutive, on peut espérer de bons résultats de l'emploi des courants continus.

Voici une observation d’un cas de ce genre, faite par Île docteur Hitzig (1).

H. Rothbart, sergent d'artillerie, âgé de trente-trois ans, très-fortcement constitué, tombe avec son cheval sur la partie lombaire de la moelle. Cet accident avait eu lieu au mois de mars, et malgré des douleurs assez vives et généralisées, il continua son service jusqu’au mois de mai, époque à laquelle il fat pris d’une pleurésie aiguë qui dura jusqu’au mois de juillet. Après la guérison de cette maladie, les accidents accrus par sa chute augmentèrent graduellement, Il éprouvait des douleurs excentriques aux membres inférieurs, et une forte hyperesthésie de la peau. Il ressentait des fourmillements dans les jambes, des contractions fibrillaires ct des crampes dans le mollet. Les mouvements volontaires devinrent de plus en plus difficiles, et en même temps il cut des pertes séminales très-fréquentes. Au bout de quelque temps, la marche pendant le jour et les yeux ouverts devint excessivement difficile, et impossible dans l'obscurité ou les veux fermés. L’anesthésie des membres inférieurs devint plus prononcée. Le nitrate d’argent ct les préparations 1odées furent employés sans succès.

C'est alors seulement qu’on eut recours aux courants continus. Ils furent appliqués sur la moclle sous forme de courant descendant. Après huit séances, le sommeil est meilleur, et les douleurs ont beaucoup diminué. Le docteur Hitzig, au lieu d’électriser uniquement la

(A) Virchoro's Archiv, 1867, Bd. XL.

moelle, électrisa alors les nerfs cruraux avec des courants continus, et un mois après le malade pouvait se maintenir debout pendant quinze secondes, les veux fermés. La sensibilité reparut en même temps. L'emploi des courants continus avec interruption détermina une aggravation qui fut heureusement bientôt dissipée par l’électrisation constante et continue de la moelle au moyen d’un courant descendant. Au bout de six semaines de traitement, la plupart des symptômes avaient disparu ; il restait toujours une douleur très-violente en déteriminant une pression sur les vertèbres. La guérison se maintient huit mois; mais en hiver, à la suite d’un refroidissement, il fut repris des mêmes phénomènes paralytiques ; le même traitement par les courants continus fut recommencé, et au bout de deux mois le malade fut de nouveau guéri et put exercer le métier de facteur. |

Maladies inflammatoires de la moelle et de ses enveloppes,

Au point de vue de l’électrothérapie, nous avons peu de chose à dire sur les affections inflammatoires de la moelle et de ses enveloppes. Quoiqu'il soit vrai que l'électricité ait une influence certaine sur la circulation et sur les phénomènes inflammatoires, il n’est encore venu à l'esprit de personne d'employer cet agent dans les maladies aiguës du système nerveux central. Ces maladies sont tellement graves et tellement difficiles à soigner, qu'il serait bien imprudent. d'employer des courants électriques au moins dans les premiers jours. |

Cependant si l'affection perd son caractère aigu, nous croyons que dans un certain nombre de cas 1l peut y avoir avantage à employer les courants continus et à électrisen directement la moelle. Seulement il faut toujours, dans ces conditions, agir avec une prudence extrême, et se rappeler que les courants continus, pour pénétrer jusqu’à la moelle

et y agir comme sédaüfs et comme modificateurs de la

nutrition, doivent remplir des conditions toutes spéciales,

MALADIES INFLAMMATOIRES DE LA MOELLE. h23

Il faut que le courant ait une tension assez forte, condition indispensable pour qu'il puisse traverser les tissus profonds et agir Jusque sur la moelle. Il faut, de plus, que leur action soit lente et qu’elle ne détermine pas d’excitation ; donc 1l est nécessaire que le courant soit constant et continu, à tension forte, mais à action chimique très-faible.

Comme dans tous ces cas, malgré un certain degré d’atrophie musculaire, la lésion primitive réside dans la moelle, 1l est important d'agir directement et uniquement sur la moelle. Aussi faut-1] placer les électrodes sur la colonne vertébrale, et presque toujours se servir d’un courant descendant de force moyenne.

Dans les myélites ou les méningites spinales, à forme lente, on peut également utiliser l’action des courants continus. Dans toutes ces affections, où l’on emploie souvent des remèdes très-énergiques et une médication interne stimulante, nous ne concevons pas qu'il puisse être nuisible d'appliquer les courants électriques. Seulement pour comprendre l'utilité de cette méthode thérapeutique, il faut, avant tout, que l'esprit des médecins et du public soit débarrassé de cette idée que l’électrothérapie est toujours une médication excitante. Nous avons cité suffisamment de faits qui indiquent, au contraire, que dans certaines conditions les courants continus ont une action calmante, pour ne pas être obligés d’insister plus longuement sur celte influence des courants continus.

Voici une observation de myélite chronique dans laquelle nous avons retiré quelques avantages de l'emploi des courants continus.

D..., homme robuste, quarante ans, sans maladies ni excès anté-

h2" RECHERCHES PHYSIOLOGIQUES ET CLINIQUES.

rieurs, est obligé, par son métier (tonnelier), d’aller très-fréquemment dans les caves, où il dit avoir ressenti souvent du froid et de l'humidité. Depuis quelque temps il éprouvait une douleur vague dans les reins et ressentait plus de fatigue en marchant, lorsque, tout à coup, en se baissant, ses reins fléchirent, selon sa propre expression, et il s’affaissa sur lui-même ; néanmoins il put se relever et continuer sa route, mais plus difficilement. A partir de cette époque, sueurs profondes et fourmillements dans la jambe droite, rien à gauche, douleur en ceinture à partir de la dixième vertèbre dorsale et douleurs analogues de chaque côté des vertèbres sacrées. L’urine s'écoule goutte à goutte, ii y a de l’incontinence, garderobes normales.

Le traitement à cette époque consista dans : strychnine, bains de vapeur, frictions avec l’alcool camphré et le baume de Fioraventi, et dura un mois, après quoi l’on appliqua, sur l’épine dorsale et les jambes, l'électricité à courant interrompu pendant cinq mois; après la strychnine, la marche était devenue plus difficile ; après la faradisation, elle devint impossible ; en même temps, constipation opiniâtre. — Quinze jours de repos, puis application de sangsues sur la colonne, la douleur en ceinture augmente, enfin pendant deux mois, pilules d’ergotine qui déterminent quelques alternatives de bien et de mal et diminuent l’incontinence d'urine; quatre cautères sur la colonne et un traitement arsenical ne produisent aucun résultat.

C’est alors qu'il se présente chez nous : ses jambes ne peuvent le soutenir, la jambe gauche est un peu moins paralysée que la droite, et le pied du même côté peut soulever 5 kilogr. quand on fait coucher le malade, tandis que le droit n’en peut soulever que 4; hyperesthésie légère des membres abdominaux, tremblements convulsifs quand il essaye de se lever ou de se coucher. Sil’on pique les jambes avec une épingle, contractions musculaires tellement prononcées que les jambes se replient sur les cuisses, et les cuisses sur le ventre; ces mêmes contractions, dit-il, se produisent au lit quand il change de position ; le frottement des draps est très-douloureux. Incontinence d'urine et des matières fécales. Douleur en ceinture au niveau des dernières vertèbres dorsales; douleur considérable qui augmente au moindre mouvement. Pas de déformation de la colonne, doaleur vive à la pression, surtout à droite, au point qui correspond à la première vertèbre lombaire. Si l'on promène sur la colonne une éponge imbibée d’eau chaude, l’eau paraît bien pius chaude au niveau de la première vertèbre lombaire, sans cependant causer de sensation de brûlure ; la sensation de froid est également bien plus prononcée au même e”droit.

Le malade est soumis à l'électricité, courant continu et descendant ; le pôle positif placé sur la colonne lombaire, le négatif promené sur les membres inférieurs : à la seconde séance, il peut se lever seul et se tenir debout un instant. À la cinquième séance, on essaye le courant ascendant et celui-ci détermine des contractions réflexes tellement considérables que le tronc est soulevé à plusieurs reprises, le courant desccndant n’en a Jamais provoqué. Après vingt séances, toujours avec Île courant descendant, l’incontinence d'urine a cessé, ainsi que la constipation ; la douleur en ceinture ne reparaît plus qu’à de rares intervalles, Phyperesthésie des membres n'existe plus, et les contractions réflexes sont considérablement diminuées, elles n’ont plus lieu quand on emploie le courant ascendant ; le malade peut faire quelques pas, appuyé sur un bâton; dix autres séances d'’électrisation maintiennent l'amélioration, mais sans l’augmenter.

Affections chroniques de ln moclle.

Au point de vue anatomique, comme au point de vue thérapeutique, 11 nous paraît utile de diviser les affections chroniques en deux classes, la première comprenant les lésions de la substance blanche, et la seconde celles de la substance grise. Dans la première classe, 1l n’y a, par conséquent, que des lésions des filets nerveux, tandis que dans la seconde nous trouvons surtout des lésions des cellules nerveuses.

Cette dislinction a une grande inportance au point de vue thérapeutique et même pour l'étude des phénomènes qui accompagnent les affections chroniques de la moelle, car les résultats de la lésion sont complétement différents. Mais pour toutes les régions spinales, le début de Paffection est à peu près le même.

En laissant de côté les inflammations aiguës, les compressions par des tumeurs, les myélites partielles à la Suite du mal de Pott, la plupart des autres altérations com-

mencent par une congestion passive des vaisseaux de la moelle. Il y a, à cette époque, des phénomènes d'irritation et d’excitation. À cette première période, succèdent des troubles de nutrition des éléments nerveux, ils s’altèrent, s'atrophient, se désagrégent, et sont alors remplacés par du tissu connectif qui vient pour ainsi dire remplir les vides qu'ont laissés les éléments nerveux en disparaissant.

L'école histologique qui n’admet qu’un seul tissu fondamental, veut pour une cause ou pour une autre, ou justement à cause de la congestion qui a lieu, que le tissu cellulaire se mette à proliférer et vienne peu à peu étouffer et faire disparaître les éléments nerveux. C'est là conséquence logique et nécessaire de cette hypothèse qui place dans le tissu conjonctif l'origine de tous les tissus. C’est ce seul tissu et toujours lui qui serait la cause de tousles phénomènes et de toutes les modifications ; son développement exagéré servirait aussi bien à la régénération du système nerveux, qu'à sa destruction. Grâce à l'irritabilité formatrice," s'il survient une lésion des nerfs, aussitôt ces cellules, pour tout faire, proliférent et se transforment en fibres nerveuses, tandis qu’un peu plus loin cette même 1rritabité formatrice fait proliférer ces mêmes cellules pour détruire les éléments nerveux et prendre leur place.

Il en est de même, d’ailleurs, pour les autres éléments de l’économie. Le grand régénérateur comme le seul coupable dans toutes les lésions organiques, c’est toujours ce mème üssu conjonctif, le Deus ex machina de toute l'anatomie pathologique moderne.

Nous croyons, au contraire, que dans tous ces cas, c'est. l’élément fondamental de tout tissu qui est toujours altéré en premier lieu ; que les troubles de nutrition survenus |

lans les tissus modifient les conditions normales et font eu à peu disparaître tous les éléments spéciaux qui ont consécutivement remplacés par du tissu conjonctif Ju par de la matière amorphe. Comment admettre d’un autre côté que, dans une congestion ou dans une inlammation, ce soit le tissu intermédiaire, n'ayant qu’un rôle très-hmité, qui soit le premier modifié, tandis que es éléments nerveux si facilement altérés par les moinires troubles de la circulation ne seraient lésés que conséutivement !

Cetie digression a son importance en pratique, car pour nous 1l n’est point utile de chercher à empêcher la prohfération des corpuscules conjonctifs; mais, par contre, ous croyons nécessaire d'employer tous les moyens qui peuvent empêcher les troubles de nutrition des éléments anatomiques Spéciaux.

La sclérose de la moelle, c’est-à-dire la disparition des éléments nerveux, et leur substitution par une substance conjonctive, n’est donc qu'un phénomène consécutif, et qui, en général, apparaît constamment lorsqu’en un point quelconque de la moelle il y a altération des éléments nerveux.

* Mais ii est une autre question importante, c’est de savoir quelle est la conséquence de la disparition de tel ou tel élément nerveux, etsous quelle influence cette disparition a lieu.

Ea dehors des compressions et des inflammations aiguës, on ne trouve que deux causes qui peuvent amener la destuction ou l’atrophie des filets nerveux et des cellules. C'est premièrement un trouble de cireulation locale, et secondement le retentissement plus ou moins éloigné d’une autre lésion du système nerveux en rapport avec ces régions,

1° MM. Charcot et Bouchard ont eu l’occasion de faire l’autopsie d’un cas d’ataxie locomotrice (sclérose des cordons postérieurs) tout à fait au début de la maladie, et ils ont constaté une légère congestion et une multiplication des noyaux qui existent normalement dans la paroi des vaisseaux. Plus tard les vaisseaux s’épaississent et offrent une trame fibrillaire. - Feu

Ces troubles dans la circulation doivent nécessairement amener aussitôt une altération dansla nutrition des éléments nerveux et entraîner leur dégénérescence. On ne peut pas. constater au microscope les changements moléculaires qu'éprouvent les nerfs et surtout les cellules, dans les diverses phases de leur dégénérescence, et l’on ne parvient à constater que leur disparition; mais 1l n'en est pas moins logiquement vrai qu'avant d’être complétement détruits, ces éléments ont dû éprouver des modifications moléculaires qui, au point de vue fonctionnel, sont aussi importantes que les altérations de texiure que l’on peut constater par l'observation directe.

On comprend amsi que les troubles locaux de la cireulation amènent dans ces mêmes régions la dégénérescence lente ou rapide des éléments nerveux. Si ces régions sont occupées par des cellules nerveuses, celles-ci perdent de leur transparence, deviennent granuleuses et disparaissent. Si, au contraire, 1l n'y a que des filets nerveux, ceux-ci perdent d'abord leur myéline qui se segmente et devient granuleuse ; les cylindres-axes résistent plus longtemps, et on les retrouve souvent encore au milieu des plaques de sclérose. Mais ils finissent également, au moins en grande partie, par s'atrophier et disparaître.

2° On sait que tout nerf qui n’est plus relié à un organe

central, ou dont l'organe central dont il dépend est altéré, subit assez prompiement une destruction complète. Dans les premiéres heures, l'excitabilité du nerf est augmentée, puis elle diminue et s'éteint.

Un repos absolu du nert finit par amener la diminution ou la perte complète de l'excitabilité et, par suite, la dégénérescence graisseuse. Ainsi, lorsqu'un nerf sensilif cest coupé, les deux boutss'altèrent : le bout périphérique, parce qu'il n'est plus en relation avec les centres, et le bout central, parce qu’il est maintenu en maction.

La destruction d’une cellule nerveuse de la moelle, d’une cellule motrice par exemple, amènera donc la destruction des filets moteurs, et la destruction de ceux-ci produira consécutivement l’atrophie des fibres musculaires. Cette influence de la cellule motrice sur les filets nerveux peut être plus ou moins rapide et amener des troubles trophiques plus ou moins considérables.

Nous voyons donc qu'il y à, selon les régions de la moeile, des phénomènes consécutifs complétement différents. Si la substance blanche seule est lésée, la lésion reste plus facilement limitée (1), et comme les filets nerveux peuvent se régénérer plus facilement que les cellules nerveuses, et que leur cylindre-axe persiste assez longtemps malgré les troubles de la circulation, les affections des cordons de la moelle sont moins graves et moins Incurables que celles de la substance grise,

Les affections chroniques de la substance blanche peuvent atteindre les différents cordons de la moelle; on peut donc distinguer la sclérose des cordons antérieurs, celle des

(1) Nous verrons cependant que la lésion des nerfs peut influer sur les cellules nerveuses auxquelles ils aboutissent.

cordons latéraux, et enfin celle des cordons postérieurs. Dans les affections qui ont pour cause ces lésions anatomiques, la sclérose des cordons postérieurs est la plus fréquente. Dans les scléroses antéro-latérales et dans la sclérose en plaques, nous n'avons encore jamais employé les courants continus, et nous ne croyons pas que d’autres médecinsles aient expérimentés dans ces affections ; leur traitement d’ailleurs doit avoir beaucoup d’analogie avec ceux que nous allons décrire pour les autres affections chroniques de la moelle.

Ataxie locomotrice. Tabes dorsualis. Sclérose des cordons postérieurs,

Nous avons eu l’occasion d'employer ce traitement dans un certain nombre de cas, et les résultats que nous AVOS obtenus sont en général favorables.

Les ataxiques que nous avons soumis à ce traitement ont ñ tous continué à suivre le même genre de vie. Ils n’ont pas cessé de travailler, et n’ont pris aucun médicament interne. « Un seul, qui d’ailleurs n’a été électrisé que trois fois, s’est plaint de ressentir une excitation anormale, suivie de lassitude; tous les autres qui ont suivi ce traitement ont éprouvé une amélioration plus ou moins grande. Cette amé- Jlioration ne consiste quelquefois que dans la cessation des douleurs fulgurantes, mais souvent elle porte même sur la. ï marche de la maladie; elle fait reparaître la sensibilité et diminue les troubles Fa la locomotion, ainsi que Ceux qui. î “existent du côté de la vessie. ?

La durée de la maladie, son mode attare les conditions de fortune, ont quelque importance au point de vue Me mais Ce qui nous à paru le plus influer sous

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