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ATAXIE LOCOMOTRICE. h3l ce rapport, c’est la diathèse syphilitique, quelle que soit l’époque à laquelle remonte cette maladie, et quoiqu'il n°y ait plus aucune mamfestation syphilitique. Dans ces conditions, toute amélioration devient plus difficile ; et comme semblent le prouver les deux observations suivantes, si la sensibilité des jambes reparaît en partie, si certains symptômes du côté de la vessie et du rectum s’amendent, la maladie n’en suit pas moins son cours, et pendant le traitement même les mouvements des membres continuent à devenir de jour en jour plus ataxiques.
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…. — B..., garçon marchand de vins, quarante ans, a eu un chancre “infectant il y a dix-neuf ans; les accidents secondaires de la syphilis ont été très-manifestes : plaques muqueuses à la gorge et éruptions cumtanées. Il à suivi un traitement mercuriel et iodique, et l’on ne constate aujourd’hui aucune manifestation syphilitique. Depuis huit à dix mois, il souffre de douleurs très-vives dans les “jambes ; ces douleurs sont intermittentes, apparaissent sous forme d’élancements et de crampes, et s’exagèrent surtout la nuit. Il y a dix mois, il est tombé trois fois dans la même journée, suite d’étourdissement, mais sans perdre connaissance. Il a eu des vomissements à la même époque. Il n’a jamais vu double, mais sa vue s’est affaiblie au point qu'il ne peut plus lire; pendant que sa vue commençait à s’affaiblir, il souffrait de “violents maux de tête.
Il n’a pas d’incontinence d'urine, mais la plupart du temps, de grandes difficultés à uriner. Il a beaucoup moins d'érections. . Il se plaint en même temps de fourmillements dans les jambes et “dans les bras, et d’une douleur en ceinture à la région lombaire. À . La sensibilité des membres inférieurs est très-diminuée. Il ne sent la piqûre d’une épingle qu’assez faiblement et seulement au bout d’un cer- Hain temps. | ! Il lance les jambes en marchant, trébuche souvent, tombe, dès qu'il $ ferme les veux.
*, a pris, pendant plusieurs mois, des pilules de nitrate d'argent , et | n° accuse comme résultat qu’une diminution dans les sensations de fourmilléments et dans les tremblements des membres supérieurs.
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1 LE VTT.
h 32 RECIHERCHES PHŸSIOLOGiIQUES ET CLINIQUES.
Les courants continus, employés pendant près de cinquante séances, amenèrent une diminution très-marquée des douleurs dans les bras et dans les jambes, mais surtout dans les jambes. Ces douleurs reparaissaient assez promptement lorsqu'on suspendait le traitement pendant quelques jours ou lorsqu'on employait des courants descendants.
La contracture de ia vessie fut également beaucoup améliorée, car tandis que précédemment il s’écoulait toujours un temps assez long avant la miction de l'urine, il pouvait maintenant uriner plus promptement et plus facilement. En même temps, la vue s’améliora assez pour qu'il pât lire les caractères d'impression d’un journal, ce qu'il ne pouvait pas faire auparavant.
Mais du côté des jambes, la marche devint de jour en jour plus dif ficile ; il tombait plus souvent, et en même temps les mouvements des bras devenaient incocrdonnés, et cet état, loin de s'améliorer, augmentait malgré le traitement et l'amélioration des autres symptômes.
— M. D..., âgé de trente-trois ans, rentier, a été atteint, il y a huit ans, d'accidents syphilitiques. Il eut successivement un chancre induré, une roséole très-prononcée, des taches cuivrées sur la peau. 1 suivit un traitement antisyphilitique complet, et n’a plus aucune manifestation syphilitique. Il à fait, avant et après sa maladie vénérienne, de grands excès de femmes et de tabac. ù
Il y a trois ans, étant à cheval, il s’aperçut que ses pieds ne sentaient plus aussi bien l’étrier, et il fut obligé de renoncer à l'exercice du cheval, car il perdait les étriers à chaque moment.
A partir de cette époque, il ressent des fourmillements dans les. jambes, de la faiblesse dans les genoux et des crampes dans les muscles du mollet. Ces symptômes vont en augmentant, et aujourd’hui sa marche est impossible sans canne. Il lance les jambes en avant lorsqu'il marche, les tient très-écartées quand il reste debout, tombe dès qu’il ferme les yeux.
La sensibilité des membres inférieurs à presque complétement dis= paru. On peut le pincer très-vivement, lui arracher les poils sans qu'il accuse grande douleur. Entre le moment où se sont produites la piqûre ct j la sensation, il se passe un intervalle de temps de près de deux secondes. Il peut encore apprécier assez exactement les différences de tem pérature. |
Couché, il ne sent pas ses jambes; il ne sait si elles sont croisées, pliées ou étendues. En ployant sa jambe et en la mettant dans diflérentes positions, il ne peut jamais bien définir la position qu’elle occupe.
ATAXIE LOCOMOTRICE. h33
Il a, depuis plus d’un an, de l’incontinence d'urine et des besoins fréquents d’uriner. Du côté du rectum, il se plaint de ténesme qui a lieu surtout dans la matinée. Il y a en même temps relâchement des sphincters, et il lui est arrivé de ne pouvoir retenir les matières fécales.
Il n’a jamais rien eu du côté des yeux ou de l’encéphale. Son appétit est bon et il n’accuse guère de douleurs soit dans les jambes, soit dans les bras. Il a fait plusieurs mois d’hydrothérapie et a été soumis au nitrate d'argent, mais sans succès.
Au bout de vingt séances d’électrisation, la sensibilité des jambes reparaît un peu ; il sent mieux et plus vite la piqûre d’une épingle. L'incontinence d'urine disparaît en partie, mais la marche devient plus pénible et l’usage des bras plus incertain, l'écriture plus difficile et plus illisible. De nouvelles séances d’électrisation ne peuvent améliorer ces symptômes, et la maladie continue à s'étendre.
Nous voyons done combien les résultats sont peu satisfaisants chez ces deux malades, et combien, malgré le traitement, la maladie continue son cours lentement, sourde-
ment. Les phénomènes accessoires s’amendent, mais le travail des éléments nerveux de la moelle continue à Sétendre. Dans aucun cas les malades n'ont eu autant de patience, et dans aucun cas nous n’avons eu aussi peu de résultats. La raison en serait-elle dans la préexistance de la syphilis?
— B..., quarante-cinq ans, ouvrier, sans maladie précédente, ressent depuis dix ans des lassitudes dans les membres inférieurs, sans que ces lassitudes puissent être attribuées à la fatigue ou à des excès d’aucun . genre. Peu à peu à la fatigue ont succédé des douleurs dans les muscles du mollet; il se plaint de crampes, de douleurs fulgurantes. IL y a trois - ans, il a eu un rhumatisme articulaire; mais avant cette maladie, il
avait déjà remarqué qu’il trébuchait dans l’obscurité,
… À partir de cette époque, les phénomènes de lassitude dans les jambes, les douleurs dans les jambes et dans les muscles lombaires ont augmenté.
Il ressent constamment une constriction du ventre et une douleur en ONIMUS ET LEGROS. 28
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L3k4 RECHERGHES PHYSIOLOGIQUES ET CLINIQUES.
ceinture assez violente. Il n’a jamais eu d’incontinence d'urine et n’éprouve pas de difficulté d’uriner. Les érections sont devenues beaucoup plus rares. La vue à un peu faibli; mais il n’accuse aucun phénomène du côté de la vue ou de l’encéphale.
La sensibilité existe encore dans les jambes, mais elle est plus obtuse. Lorsqu'on pince la peau ou qu'on l’irrite avec une épingle, il perçoit la sensation, mais n’éprouve aucune douleur.
Dans la marche, il lance les jambes en avant, trébuche facilement, se plaint surtout d’une grande faiblesse dans l’articulation tibio-tarsienne ; selon son expression, il lui semble marcher sur du coton. Lorsqu'on lui fait fermer les yeux, son corps se porte aussitôt en divers sens, il manque de tomber, mais il sait encore assez facilement prévenir sa chute.
Un mois de repos et de séjour sur le bord de la mer avait amélioré son état, il y a un an, et après cette époque il était resté quelque temps ressentant moins de douleurs et de lassitude. Mais depuis plusieurs mois tous les symptômes de la maladie ont reparu, malgré l’électrisation des membres inférieurs par des courants d’induction.
L'application des courants continus fait cesser, après les premières séances, les douleurs fulgurantes des jambes; la marche devient plus facile et plus ferme, surtout immédiatement après l’électrisation. Le malade est venu se faire électriser pendant vingt-sept séances : les lassitudes des jambes n’ont point été dissipées, mais le malade restait debout sans grand balancement du corps, les yeux fermés, et marchait dans l'obscurité avec plus de sûreté. Il pouvait facilement et sans tomber faire plusieurs pas les yeux fermés, et il marchait sans trébucher beaucoup sur la pointe des pieds. En un mot, l'amélioration dans ce cas a élé assez notable, et le malade lui-même l’indiquait et peut-être même l’exagérait dans les premiers moments.
— L..., ouvrier, cinquante-deux ans, a eu des fièvres intermittentes pendant qu'il était soldat ; il est resté pendant six ans en Afrique, et déjà à cette époque il a ressenti, à plusieurs reprises, des douleurs dans les jambes. Il couchait très-souvent en plein air et sur la terre humide. Ces douleurs vagues, intermittentes, ont augmenté peu à peu; mais elles sont surtout très-marquées depuis un an. Elles reviennent principalement la nuit, et elles sont souvent tellement vives qu’elles l’empêchent de dormir et le forcent à se lever et à marcher dans sa chambre; il lui. semble par moment qu’on lui donne dans la peau des coups d’épingles ou qu'on lui arrache la peau.
U à eu depuis un an de l’incontinence d'urine pendant son sommeil ;
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plus généralement il à de la difficulté à uriner. Depuis cette même époque il n’a plus d’érections.
Sa marche est assez facile; son corps balance, les veux fermés : mais il ne tombe pas. 11 ne peut se conduire dans l'obscurité, et, selon son expression, quand la wuit arrive, il est comme un homme ivre.
La sensibilité des jambes est conservée quoiqu’un peu obtuse ; il sent bien le sol et ne se plaint pas de faiblesse dans l'articulation tibiotarsienne.
Depuis cinq ans, la vue a notablement diminué ; l'œil gauche a été le premier à s’affaiblir ; quelques mois après l’œil droit a également commencé à se voiler. Aujourd’hui, il ne voit plus rien de l’œil gauche ; l'œil droit est encore assez bon, en ce sens qu’il lui permet de se conduire.
Dès la première séance, les douleurs des membres inférieurs cessèrent pendant douze jours. Elles reparurent à cette époque pendant une seule nuit, mais bien plus faiblement, et cessèrent de nouveau pendant un intervalle de temps assez bon. Le malade est encore en traitement, n’accuse plus de douleurs, n’a pas eu depuis le commencement du traitement d’incontinence d'urine ; la contracture de la vessie a également été améliorée, car ilurine plus facilement et plus promptement. Il prétend en même temps voir un peu mieux de l’œil droit.
— C..., rentière, soixante-cinq ans, n’a pas eu de maladie antérieure. Depuis quatre ans, elle ressent dans les jambes des fourmillements et des crampes qui arrivent à des intervalles de temps assez irréguliers. Elle accuse en même temps de la faiblesse dans l'articulation tibio-tarsienne et dans les genoux. La force musculaire est conservée dans les jambes ; il n’y a pas eu d’amaigrissement. La marche est devenue difficile ; il fut faut l’appui d’une personne pour pouvoir marcher ; elle ne sent pas bien” le sol, ne peut se tenir les yeux fermés. La sensibilité des membres inférieurs à beaucoup diminué ; elle n’accuse aucune douleur lorsqu’on pince assez fortement les jambes. |
Depuis trois à quatre ans, elle se plaint également de maux d’estomac, de perte d’appétit et de digestions pénibles.
Depuis huit mois, elle à de l’incontinence d’urine presque constamment, en même temps il y a paralysie des sphincters de l'anus. Elle est presque toujours constipée, et à la suite d’une constipation de quelques jours survient de la diarrhée, et c’est dans ces moments qu’elle ne peut retenir les matières fécales.
h36 RÉCIHERCHES PHYSIOLOGIQUES ET CLINIQUES.
Il y a un an, la vue s’est affaiblie, et l’affaiblissement a marché trèsvite, car aujourd’hui elle ne peut plus lire.”
L'application des courants continus à calmé les douleurs et a fait cesser l’incontinence d'urine et la paralysie des sphincters de l’anus,
— M..., couturière, a senti sa vue s’affaiblir il v a treize ans, habitant alors New&York. En même temps, elle souffrait de forts maux de tête et vit les objets doubles pendant quelques mois. Depuis trois ans, elle ressent des lassitudes dans les jambes et des douleurs dans les muscles des membres inférieurs. Depuis deux ans, elie sent des fourmillements dans les pieds, et surtout dans le pied gauche. Les douleurs musculaires qui avaient paru avant les fourmillements persistent et augmentent même depuis que ces derniers ont paru.
Depuis vingt-deux mois, elle a remarqué qu’elle marchait plus difficilement dans l'obscurité. Il lui est impossible de monter ou de descendre ies marches d’un escalier obscur ; selon son expression, elle perd ses jambes et tombe bientôt. Elle ne sent point le sol et dit avoir les pieds comme des éponges. |
Dans les premiers mois de la maladie, il y a eu affaiblissement de la sensibilité des jambes ; depuis un an, elle prétend que la sensibilité est revenue et qu’elle sent beaucoup mieux.
Elle conserve difficilement ses urines ; lorsqu'elle éprouve de fortes douleurs dans les jambes, l’urine s'écoule de temps en temps involontairement. D’autres fois, voulant uriner, elle ne le peut qu'avec peine, après une attente assez longue.
La moindre émotion ou la sensation du froid lui font éprouver aussitôt des tremblements plus ou moins violents dans les membres et surtout dans le bras. Ces mouvements des bras (mouvements cliniques) durent souvent un temps assez long, et ils se reproduisent chaque fois que l’on refroidit ou que l’on mouille une partie du corps.
Elle prétend que ces tremblements auraient augmenté à la suite d’un traitement par le nitrate d’argent.
Nous appliquâmes tout d’abord des courants continus à direction centripète et les douleurs augmentèrent. Des courants continus à direcuon centrifuge, appliqués après, calmèrent les douleurs, rendirent la marche plus facile et firent cesser l’incontinence d’urine.
— L..., valet de chambre, âgé de cinquante ans, a été militaire (cuirassier) jusqu’à l’âge de trente ans. Depuis cette époque, il est valet de chambre. Il est fortement bâti, n’a pas eu de maladies antérieures et dit n Avoir fait d’excès d'aucun genre.
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Depuis cinq ans, il ressent de violents maux de tête, et dès la même époque, sa vue à commencé à s’affaiblir, Les maux de tête n'étaient point continus et ne restaient pas constamment ‘fixés à la même place ; ils arrivaient par intermittence et voyageaient d’un endroit de la tête à l'autre.
Depuis deux ans, il ressent dans les jambes de la lassitude et une grande faiblesse. En même temps, il éprouve de temps en temps des douleurs très-vives, qui lui font l’effet de fortes crampes. Il accuse également un sentiment de pesanteur dans les reins.
Il éprouve des douleurs lancinantes dans les bras ; ces douleurs ont apparu quelque temps après celles des jambes. En étendant les bras, on remarque un léger tremblement dans la main. Quand il tient un objet dans la main, il craint de le lâcher à chaque instant. La sensibilié du bras ne paraît pas diminuée ; celle des jambes a sensiblement diminué.
Il n’a jamais eu d'incontinence d'urine, mais il a une grande. difficulté à uriner, et met un temps assez long entre le désir d’uriner et l'émission.
La marche n’est pas trop mauvaise, quoique très-lente de temps en temps ; 1l lance les jambes en avant et les laisse retomber fortement sur le sol. Il risque de tomber dans l'obscurité. Lorsqu'on lui fait fermer les yeux, son corps se balance en tous les sens, mais sans tomber. Il lui est difficile de marcher sur la pointe des pieds sans trébucher et sans risquer à chaque instant de faire une chute.
Depuis deux ans, le sens de l’ouie s’est beaucoup affaibli ; il n’entend
que les paroles prononcées tout près de lui et d’un ton très-fort. On n’à-
perçoit aucune altération organique, la membrane du tympan est normale et la trompe d’Eustache parfaitement saine et libre. Il accuse des étourdissements d'oreille. L'examen ophthalmoscopique donne les résultats suivants : atrophie du nerf optique, artérioles diminuées de calibre, pupille très-rétrécie.
Ce malade est encore en traitement, et il a eu jusqu à présent trentecinq séances d’électrisation par les courants continus. Tous les symptômes ont subi une amélioration très-marquée.
Les douleurs des membres ont disparu en grande partie ; celles des
jambes ne se font plus sentir ; elles persistent encore du côté des bras,
mais elles sont moins fortes qu'avant le traitement. La marche est plus ferme, quoiqu’elle conserve encore les caractères typiques des ataxiques ; il ne trébuche que très-rarement. Il se tient
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debout, les veux fermés, sans balancement de corps, pendant un temps très-lorig. Nous l’avons fait rester dans cette position pendant deux minutes, sans qu’il ait risqué de tomber. Il marche etse retourne, les yeux fermés, sans difficulté. Il peut également se tenir sur la pointe des pieds et marche ainsi sans faire de chutes.
Il urine beaucoup plus facilement et l'émission se fait presque aussitôt. Le jet d'urine est plus fort. Les douleurs de tête ont beaucoup diminué ; il affirme entendre mieux et être débarrassé des bourdonnements d'oreilles qu'il avait précédemment.
La vue s’est sensiblement améliorée ; il distingue les objets à une distance plus éloignée; et tandis qu'auparavant il ne pouvait, dit-il, distinguer aucune lettre des affiches murales, il parvient aujourd’hui à lire les mots écrits en grands caractères. |
On voit donc que l’amélioration a été générale; elle a été progressive, lente; mais pendant le cours du traitement il n’y à jamais eu de recrudescence de la maladie. Ge cas est certes le plus favorable que nous ayons observé.
— L'observation suivante est surtout importante, parce qu’elle se rapproche des symptômes que Remak a donnés dans le fabes basilaris, car on sait qu’il divise l’ataxie locomotrice en {abes dorsualis, tabes cervicalis et tabes basilaris, selon la région où se trouve la lésion.
M. M..., marchand de vins, âgé de quarante-six ans, sans maladie antérieure, sans avoir fait d’excès de femmes, mais peut-être quelques excès alcooliques, a été atteint, en 1865, d’étourdissements fréquents. Quelque temps auparavant il avait eu de violents chagrins, et attribuait ses étourdissements à cette cause. Fort peu de temps après, sa vue s’altéra, et il ne fut plus aussi sûr de sa marche. Au bout de quelques mois, ces étourdissements se dissipèrents; mais à partir de cette époque, il vit tous les objets doubles. Pendant quinze mois, sans que la maladie s’aggravât beaucoup, il subit différents traitements : pilules de digitale, pilules mercurielles, iodure potassium, sulfate de quinine, purgatifs, vésicatoires, etc. Depuis un an il souffre de violents maux de tête ; ces douleurs ne restent pas localisées en un point, elles apparaissent tantôt aux tempes, tantôt sur le dessus et ou sur le derrière de la tête. Elles reviennent presque tous les soirs, au milieu de la nuit et l’empêchent de dormir.
A l'inspection ophthalmoscopique, on constate un commencement d’atrophie des nerfs optiques, plus avancée à gauche qu’à droite. Les pupilles sont très-rétrécies.