ATROPHIE MUSCULAIRE PROGRESSIVE
tenu strié disparaît. En même temps les stries deviennent de moins en moins évidentes et il se dépose des granulations dans les faisceaux. Les stries n’ont tout à fait disparu et le. faisceau n’a complétement l'aspect granuleux qu’à l’époque à peu près où ce cylindre a perdu environ la moitié de son diamètre. Il n'est pas rare pourtant de voir des faisceaux qui n'ont plus de stries, et ne sont pas encore devenus moitié plus petits, tandis que d’autres, réduits au tiers de leur diamètre, ont encore des stries longitudinales et transversales évidentes (1).
Benedikt (2) a observé que dans l’atrophie musculaire progressive l'épuisement de Ja contractilité est plus rapide qu'à l'état normal, et, comme Remak, il dit que les contractions réflexes sont bien plus prononcées. Enfin l'excitabilité des troncs moteurs est tantôt normale, tantôt augmentée et tantôt diminuée.
Elle est quelquefois diminuée pour des muscles qui n'ont encore aucune altération apparente, tandis qu'elle est augmentée lorsque l’atrophie et la paralysie sont très-manifestes.
Comme nous le verrons dans le chapitre consacré à l'étude du système musculaire, lorsque les nerfs périphériques ou les cellules nerveuses dont 1l$ proviennent sont altérés, les muscles perdent toujours leur contractilité farado-musculaire (3), mais il n’en est pas de même
(4) Robin, Note sur l’atrophie des éléments anatomiques. (Soc. de biologie. 1854.)
(2) Loc. cit., p. 384.
(3) Nous désignons par contractilité farado-musculaire celle qui à lieu sous l'influence des courants induits ou faradisation ; et par contractilité galvano-musculaire, celle qui a lieu sous l'influence des
courants continus ou galvanisation. Cette distinction est nécessaire dans beaucoup de cas.
pour la contractilité galvano-musculaire. Celle-ci peut: augmenter, diminuer ou être abolie selon les cas. En général, elle est abolie ou diminuée lorsque la lésion nerveuse est rapide, et qu’elle entraîne promptement des altérations trophiques. Elle est au contraire augmentée lorsque la fibre musculaire est privée de linflux nerveux, et qu'elle ne subit que de lentes altérations trophiques.
Voici ce que nous avons observé dans les cas d’atrophie musculaire, et cette observation vient confirmer d’une manière très-nette que l’altération de la moelle est primitive el non consécutive.
La contractilité persiste pour les courants induits, mais. elle est un peu affaiblie et se soutient moins longtemps. |
Pour les courants continus appliqués directement sur less muscles, nous avons constaté à plusieurs reprises que ces contractions étaient aussi fortes et même plus énergiques que lorsqu'on électrise les nerfs moteurs. Ce phénomène imdiques d’une manière certaine que l’altération des muscles n'est pas primitive, et que les nerfs périphériques ont été altérés avant les muscles (1). On peut, en effet, d’après la seule inspection des phénomènes que présente la contractilité farado- et galvano-musculaire, indiquer d’avance le genre de lésions qu'a subies le muscle, et nous verrons également dans d’autres affections combien cet examen est utile pour” le diagnostic et le pronostic.
Le courant ascendant donne des contractions plus fortes que le courant descendant, ce qui indique que les actions réflexes sont très-évidentes et même augmentées.
Dans quelques cas, l’électrisation des nerfs moteurs avec"
(4) Voyez le chapitre : Des différences d'action des courants induits el des courants continus dans certains cas pathologiques des muscles striés.
PARALYSIE INFANTILE. h61
les courants continus détermine des contractions plus facilement que sur des membres sains, ce qui semble démontrer qu à une certaine période de la maladie les nerfs périphériques ont plus d’excitabilité qu’à l’état normal.
Quant au traitement électrique, nous l’étudierons en même temps que celui des autres affections chroniques de la moelle.
.De la paralysie infantile. Paraliysie spinale des enfants (1).
«Chez un enfant, dit M. Laborde dans son excellent tra- “ail De la paralysie infantile (Paris, 1864), normalement “conformé, ne présentant aucune atteinte de la motilité, et
dont l’âge varie de quelques jours à quatre ans, plus souvent de un à trois, éclate soudain, sans cause appréciable ét en pleine santé, un état fébrile d’une durée de vingtquatre heures à quelques jours(mais rarement plus de huit, “accompagné quelquefois de symptômes convulsifs et imméiatement suivi de paralysie du mouvement, avec conservation de la sensibilité. Souvent complète et généralisée dès le début, cette paralysie, qui n’atteint que par exception es muscles supérieurs isolément, et qui affecte presque toujours la forme paraplégique, éprouve bientôt une rémission dans son étendue et dans son intensité; elle se retire de certaines parties où elle s’était d’abord montrée et sc fixe en se localisant de plus en plus dans d’autres, lesquelles Se trouvent de la sorte vouées à l’afrophie, aux dé/ormutions, en un mot, aux divers désordres qu'engendrent, d’une part, les altérations de nutrition et l’impuissance motrice
. (1) On observe quelquefois, mais très-rarement, cette affection chez les adultes. M. Duchenne en a vu deux cas.
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prolongée, d’autre part, la prédominance de l'action des muscles sains sur celle des muscles paralysés. »
Au point de vue du traitement et du pronostic, 1l faut distinguer deux périodes : 1° la période aiguë ; 2° la période chronique.
Dans la période aiguë, l'électrothérapie n’a pas à Intervenir, car l'affection est essentiellement inflammatoire, comme le prouvent la présence d’une fièvre plus ou moins intense et le début brusque de la maladie. Souvent même on observe des convulsions ; en même temps plusieurs muscles sont envahis d'emblée, symptômes qui tous indi= quent une affection aiguë de la moelle.
Les moyens thérapeutiques employés à ce moment sont, ceux de toute méningite ou myélite. L’électrisation même à courants continus doit être proscrite pendant cette période:
Mais dès que la fièvre est tombée, et qu’il y a un léger amendement, nous croyons utile d'employer des courants continus modérés et à direction descendante sur la moelle.
Les muscles le plus souvent atteints sont le jambier antérieur, l’extenseur des orteils, le deltoïde, c’est-à-dire les muscles extenseurs (le jambier par rapport au pied et comparativement aux membres supérieurs peut être consi* déré comme extenseur). Nous avons déjà vu, pour les pa= ralysies rhumatismales, cette prédominance de la paralysie des muscles extenseurs. Il en est de même pour les intoxi= cations saturnines et pour la plupart des paralysies, con= sécutives à des affections générales.
Aussi, la plupart des paralysies infantiles produisent le pied bot et surtout le varus équin, par suite de l’atrophie du jambier antérieur et de la rétraction des muscles gastro) cnémiens.
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Nous indiquerons plus loin les points principaux du traitement électrique, en étudiant d’une manière générale le Mmode d'application des courants dans les affections chroniques de la moelle.
Au point de vue du diagnostic, il est important de ne pas “confondre la paralysie spinale infantile avec la paralysie “hémiplégique, que l’on rencontre chez les enfants et qui se produit dans les mêmes conditions que la paralysie mfantile. Dans ces derniers cas, d’ailleurs, l’électricité peut servir de moyen de comparaison.
» Dans la paralysie spinale infantile, les muscles ont perdu “leur contractilité farado-musculaire, mais conservent encore | “en général leur contractilité galvano-musculaire. Il ne fau- (lrait pas croire cependant que la contraction par les courants continus soit très-prononcée et très-facile, au moins plusieurs semaines après le début de l'affection ; elle est au “contraire faible et nécessite un courant assez intense. Mais “dans tous les cas, le fait caractéristique est la perte de la contractilité pour les courants induits, et sa persistance plus ou moins complète pour les courants continus.
Pour l’hémiplégie infantile, la contractilité est au coniraire conservée pour tous les modes d’électrisation, et les “muscles ne s’atrophient qu’à la longue. De plus, les prebmiers mois, on rencontre plutôt de la contracture qu’une
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“paralysie proprement dite.
“ Il est probable que dans l’hémiplégie infantile il se fait “du côté des centres cérébraux une inflammation localisée Qui amène la destruction des cellules cérébrales, de même que dans la paralysie spinale infantile il y à inflammation primitive de certaines régions de la moelle et disparition consécutive des cellules motrices.
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