DE LÀ SECOUSSE MUSCULAIRE
. avec ménagement, lorsqu'il y a des troubles vasculaires, * car la circulation étant nécessaire pour apporter les produits utiles à la contraction et pour enlever ceux qui ont servi et qui ne peuvent être que nuisibles, il peut être dange- reux de déterminer aussi énergiquement l’activité des muscles, lorsqu'on ne peut les mettre dans les conditons nécessitaires pour que cette activité se produise normalement. - En résumé, si dans certains états pathologiques les cou-
rants induits doivent être employés avec ménagement, ils
sont dans l’état normal les excitants les plus énergiques des . nerfs moteurs et. de la fibre musculaire, non-seulement à . cause de leur tension, mais encore parce que leur produc- - tion et leur disparition sont très-rapides, et que, d’après la + loi formulée par M. Du Bois-Reymond, « le nerf moteur . ne répond pas dans chaque moment par une contraction à . la valeur absolue de la tension du courant, mais à la mo- : dification de cette valeur d’un moment à l’autre. »
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De la secousse musculaire.
« Lasecousse musculaire déterminée par les courants élec- * triques est rarement simple, car, sauf les cas où l'on ne fait . passer qu'un courant d'ouverture ou de fermeture en : employant des dispositions particulières des appareils élecse on fait toujours arriver sur les nerfs et sur les . muscles deux excitations ; car pour les courants de la pile, - on à forcément la contraction produite par la fermeture du courant et celle produite par l'ouverture. Pour les courants - induits il en est de même, car chaque fois qu’un courant esl - lancé dans le fil inducteur, il se forme un courant induit ne fermeture et un courant induit d'ouverture. Dans les tracés de contraction musculaire qui ont été
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donnés jusqu’à présent, la plupart ont été obtenus avec des appareils électriques, où double excitation avait lieu. IL se forme alors dans le tracé une déformation plus ou moins visible, selon la durée du courant et la fatigue du muscle.
Cette déformation est sensible dans quelques-uns des tracés obtenus par M. Marey, et elle est très-marquée dans les graphiques musculaires donnés par Helmholtz. M. Marey attribue toutes ces déformations à l'influence du levier qui, dans ses mouvements rapides, exécute des vibra-" tions qui se combinent avec la courbe réelle.
Helmholtz ne s'est point servi d’un levier, et admet que ces ondulations sont produites par des variations rhythmées dans le raccourcissement du muscle. Pour nous, elles sont. dues à la double excitation du courant électrique, condition. dont on a fort peu tenu compte.
FiG,. 73.
Le tracé figure 73 a été obtenu avec un courant induit” assez rapide. On y remarque cependant les deux sommets
FiG. 74.
déterminés par les deux contractions successives produiles; l’une par le courant induit de fermeture, et l’autre par, le courant induit d'ouverture. On distingue ces deux mêmes,
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contractions dans la figure 74, qui a été obtenue en employant un courant de la pile et en faisant une interruption très-rapide.
Dans la figure 75, le tracé représente la contraction musculaire produite sous l'influence d’un extra-courant. On distingue parfaitement, dans la ligne supérieure, les ondulations dues, la première au courant de la pile, et la deuxième à l'extra-courant et au courant d'ouverture de la pile. La ligne inférieure de cette figure représente les deux contrac-
tionsséparées, c’est-à-dire que nous avons prolongé la durée . pendant laquelle le courant passe dans la bobine inductrice. La première contraction de la ligne inférieure correspond
done à la première ondulation de la ligne supérieure, et la
… deuxième contraction à la deuxième ondulation.
On remarquera en même temps que les contractions de … laligne inférieure, où l'excitation est simple, ne présentent + aucune ondulation, et cependant le mouvement du levier a l' été le même.
n… Sila durée du courant est infiniment courte, les deux : courants formés se succèdent si rapidement, que leur exci- | {ation arrive presque en même temps sur le muscle, et alors | | Ja deuxième ondulation se confond presque avec la première ; 1" le tracé n'offre plus, danscecas, d'irrégularité. La fatigue du
| muscle influe également sur la présence de ces ondula- ONIMUS ET LEGROS. 30
tions, car elles tendent à disparaître à mesure que le muscle se fatigue. Ce phénomène se voit très-bien dans les deux figures 76 et 77, où l’on voit les dernières lignes ne plus présenter d’ondulations.
Dans ces deux figures, le tracé de la ligne inférieure a été obtenu en employant un courant dont la durée a été un peu plus longue que pour les lignes supérieures. C'est pour cela
Fi: 77:
qu'on y remarque d’une manière si nette les deux contractions. Les autres lignes représentent les tracés que l'on obtient successivement en fatiguant le muscle. Le tracé de la deuxième ligne a été obtenu après trois secousses, celui de la troisième ligne après quinze secousses, enfin celui de
3 DE LA SECOUSSE MUSCULAIRE. 917 Ja ligne supérieure après vingt-deux secousses. On voit par- . faitement qu’à mesure que le muscle se fatigue, l’ondula- 4 tion tend à disparaître, et cela nous confirme encore dans l'opinion que, dans les tracés donnés par d’autres auteurs, par Helmholtz surtout, ces ondulations sont produites par . les excitations électriques successives. En effet, dans ces
graphiques, les vibrations, fortes au commencement de la secousse, s'éleignent peu à peu, et elles diminuent lorsque . le muscle se raccourcit avec plus de lenteur. J Les tracés de la figure 76 représentent les contractions “ que l'on obtient en faisant passer rapidement un courant de la pile dans les muscles. La première ondulation est done : due à la contraction de fermeture, et la seconde à la con- | traction produite par l'ouverture du courant.
- Dans la figure 77, le courant dela pile passe au contraire . d'une manière continue et est interrompu à chaque tour du cylindre enregistreur ; la première ondulation est donc produite par la contraction d'ouverture, et la seconde par la … contraction de fermeture.
— Les positions respectives de ces ondulations varient éga- É host selon la fatigue du muscle, comme on peut le voir
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a sur la figure 78.
… La deuxième ondulation, qui d’abord est moins forte et
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importance pratique. En effet, avec tous les appareils induits employés en médecine, on détermine à chaque secousse une double excitation du muscle.
Pour l’extra-courant, le courant de la pile pouvant être
Fic, 78.
négligé, on ne produit à vrai dire qu’une seule excitation, mais il n’en est plus de même avec le courant induit de la seconde hélice. C’est là une différence importante qui influe évidemment sur les actions physiologiques et thérapeutiques de ces courants, et qui jusqu’à présent n’a guère été signalée.
Dans le premier chapitre de cet ouvrage, nous avons rap= porté tout au long la discussion si importante, qui s'est élevée à ce sujet entre M. Becquerel et M. Duchenne ; mais nos recherches ne nous avaient pas encore conduit à pouvoir faire entrer dans cette discussion, cet élément si important