‹ Traité d'électrothérapie [electronic resource]Chapitre 168 sur 210 · ÉPILEPSIE · texte numérisé non relu

ÉPILEPSIE

manifestation et de ses formes. Môme la localisation da mal que, jusque dans ces derniers temps, on croyait, avec une assez grande assurance, pouvoir fixer dans la région de la protubérance et de la moelle allongée, commence à devenir douteuse et nous avons devant nous la perspective d'une révolution de nos idées sur ce point.

Les dernières expériences sur l'épilepsie corticale font supposer en effet que l'origine des spasmes épileptiques doit être cherchée dans les parties motrices de l'écorce cérébrale. Cette pensée a été plusieurs lois défendue avec plus on moins d'énergie. Cependant nous sommes encore loin d'une opinion définitive à cet égard.

Mais ce qui paraît certain, c'est que le véritable siège de l'épilepsie est dans le cerveau et que l'essence de cette affection se trouve, en premier lieu, dans un trouble particulier du tissu cérébral, qui, de temps à autre, se manifeste par une espèce d'explosion, c'est-à-dire, par un accès d'épilepsie. Ce trouble, appelé modification épileptique, ne repose très probablement pas sur des modifications anatomiques grossières, mais seulement sur des phénomènes plus délicats, nutritifs et moléculaires, mais dont nous ne connaissons encore ni l'essence réelle ni le siège précis.

On a fait, en différents points, des expériences électrothérapiques pour combattre l'épilepsie. Déjà R. Remak a déclaré que certaines formes de l'épilepsie qui, d'après lui, proviennent de la partie cervicale de la moelle ou du sympathique, étaient aptes à être traitées galvaniquement. Plus tard Althaus a publié une série de succès et Benedick s'est prononcé en faveur du traitement électrique de l'épilepsie. Mais, à ce qu'il parait, ils n'ont pas trouvé beaucoup d'imitateurs.

Contre les accès eux-mêmes, il n'y a naturellement rien à faire avec le courant électrique. Tous vos efforts devront tendre, en première ligne, à supprimer la modification épileptique du cerveau. Gela peut se faire par la voie directe comme par la voie indirecte (par l'éhmination de ses causes ou par une action réflexe).

Pour l'action directe, on ne peut naturellement utiliser que l'intluence catalytique et vaso-motrice du courant, c'est-à-dire, le traitement direct de la tête, du sympathique du cou et de la moelle cervicale. Althaus recommande la galvanisation transversale par les processus mastoïdes et la galvanisation du sympathique. J'ai employé la méthode suivante dans mes recherches les plus récentes en tenant compte de la possibilité de l'origine corticale de l'épilepsie : d'abord traitement oblique à travers la tête, depuis la région des tempes et la région supérieure du front, d'une part (pôle positif, grande électrode céphalique) jusqu'au côté opposé de la nuque (pôle négatif, grande électrode), courant stable, très faible (5 à 15° de déclinaison de

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l'aiguille, de i à (> éléments), des deux côtés, chaque fois une demiminute, une minute au plus; ensuite longitudinulement du front (An) à à la nuque, égulemenl une demi à une minute ; de la sorte, on agit aussi bien sur les hémisphères ('érébi-aux que sur les régions motrices et la moelle allongiîe d'une manière sudisante. Dans bien des cas, particulièrement quand les phénomènes vaso-moteurs pendant l'accès, comme en dehors de l'accès, sont fort accentués, j'ajoute encore la galvanisalion du sympathique du cou. Il faut absolument des courants très faibles, de la prudence dans i'aoie d'appliquer el de retirer les électrodes, un traitement longtemps prolongé.

Des essais prudents avec le courant faradique à travers la tête, me paraissent aussi justifiables, à peu près comme dans le traitement de la migraine.

Pour l'action indirecte sur le cerveau, on peut essayer une faradisation générale. Althaus recommande vivement le traitement galvanique de la région nerveuse périphérique, qui peut être le siège de l'aura. S'il existe quelque part des points douloureux à la pression ou galvaniques, vous pourrez diriger le traitement sur eux ; vous ferez de même si par hasard une névralgie ou une lésion nerveuse périphérique, une cicatrice, etc., peuvent être soupçonnées d'avoir fait naître l'épilepsie, même quand celle-ci n'est pas le siège d'une aura.

On n'a encore obtenu que peu de succès; cependant Althaus nous fait connaître quelques résultats frappants. J'ai moi-même, dans ces dernières années, traité quelques cas par l'électricité ; il est vrai que j'ai associé d'autres remèdes ; le résultat a été très satisfaisant, ce qui pourrait bien me déterminer à d'autres expériences. Spécialement, deux cas très invétérés et sérieux ont été améliorés d'une manière étonnante par un traitement combiné (électricité et bromure de potassium, plus tard de l'eau froide) si bien que je suis disposé à voir, dans le traitement électrique, un excellent remède auxiliaire du traitement par le brome qui est le remède souverain.

Ce qui est certain, c'est qu'il est excessivement désirable que l'on se dispose à faire, dans ce but, des expériences plus larges, qui pourraient, en première ligne, concerner la galvanisalion du cerveau, en deuxième ligne, celle du sympathique et de la moelle cervicale, en troisième ligne, la faradisation générale. C'est seulement après un grand nombre d'observations isolées que nous serons à même de formuler des indicaliuns plus exactes pour le choix des cas réclamant un traitement électrique et pour celui de la méthode à suivre.

o" Sous le nom de rnivroscs de coordinalion, on a aujourd'hui l'habitude de comprendre toutes les névroses (presque toujours purement

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