MALADIES DES PAUPIÈRES, DE LA CORNÉE
trailemenl des maladies du système nerveux central et poîriphérique. Ici encore il faudra utiliser les actions excitantes et modifiantes, mais tout particulièrement les actions directes et indirectes, vaso-motrices et catalytiques, suivant les circonstances et les formes morbides. Les rapports indubitables qui existent entre le sympathique du cou et la moelle cervicale, d'une part, et les organes de l'orbite ainsi que le bulbe d'autre part, enfin l'influence que le trijumeau i^araît exercer sur les conditions de la circulation et de la nutrition dans l'œil, nous font immédiatement un devoir de tenir compte de ces relations ■dans la méthode électrothérapeutique. Nous donnerons des détails plus précis à propos de chacune des affections particulières.
Nous ne nous en occuperons ultérieurement, qu'en tant qu'elles sont accessibles à l'action thérapeutique des courants électriques. Naturellement je n'esquisserai qu'en très peu de mots l'électro thérapie des maladies moins importantes et je ne m'arrêterai un peu plus longtemps ■que pour les formes d'affections nerveuses, auxquelles se rapportent presque exclusivement mes propres expériences.
Je n'ai que peu de choses à dire des maladies des paupières et de celles de Ja conjonctive. Dutrait voudrait voir traiter certaines formes d'en et d'ecWopion, qu'il ramène à l'atonie et à l'atrophie de quelques petits faisceaux de l'orbiculaire des paupières, il voudrait, dis-je, les voir traiter par lafaradisation prudente de ces mê»ies faisceaux musculaires. On les recherche à l'aide d'une fine électrode et l'on traite plus longtemps et avec persévérance, précisément les faisceaux, dont la contraction a pour conséquence le redressement de la fausse position des paupières. Cela rentre donc dans le domaine ■de la paralysie et de l'atrophie des muscles.
Contre le trachome, Rodolfi a trouvé utiles les effets dynamico-chimiques ■du courant galvanique ; il applique la Ka sous forme d'une sonde à bouton de cuivre, sur les granulations des paupières retournées, tandis que l'An (électrode à éponge humide) repose sous la branche de la mâchoire inférieure • le courant ne se compose que de deux éléments Bunsen. Le résultat fut très satisfaisant dans une série de cas ; les granulations disparurent après un petit nombre de séances, sans toutefois que l'on pût éviter les rechutes. Rodolfi attribue les insuccès, provenant de celte maladie à la méthode défectueuse suivie par Arcoleo. Smith aussi a recommandé un traitement semblable électro-catalytique du trachome ; il applicfue les deux électrodes sous la forme de fds métalliques convenablement courbés et fixés à 5 milHm. de •distance l'un de l'autre, avec deux éléments, également en ligne droite sur ia conjonctive pendant \ min. ou une minute, pour chaque paupière.
Les affections de la cornée ont été, ce nous semble, traitées électriquement, surtout par Arcoleo, qui s'est servi presque exclusivement du courant faradique. Le courant positif était placé sur la nuque ou sur la main; le pôle négatif, sous forme d'une petite éponge ou d'un pinceau à poils, directement sur la conjonctive et sur la cornée, ou bien aussi, au moyen d'une éponge plus large, sur les paupières fermées et ce procédé se modifie un peu sui-
AFFECTIONS DES OHGANES DES SENS
va ni les formes morbides à Irailer. Arcoleo a employé très rarement le courant galvanique. Les séances durent de cinq à huit minutes par jour. De celte manière, Arcoleo a obtenu de très bons résultats dans la kératite parenchymateuse (application du pinceau sur la conjonctive, souvent instillations d'atropine). U('jà au bout d'un petit nombre de séances, la cornée s'éclaircit pour continuer peu à peu et aboutir à une guérison plus ou moins complète. Un brillant résultat fut, paraît-il, obtenu dans un cas de kératite épithéliale. Il prétend aussi avoir traité avec succès des abcès de la cornée, de la même manière, sous la réserve que deux ou trois fois dans chaque séance, le fond des abcès fut touché rapidement avec le pinceau à poils. Moi-même, j"ai une fois traité fort longtemps, d'après cette méthode, un cas de taie blanchâtre ancienne de toute la cornée, sans obtenir de succès notable; il est vrai que cet état résiste à tous les autres traitements. Dans un cas de kératite commençante et de conjonctîvile névro-paralytique (voir 1320 obs.) avec parésie du trijumeau gauche, j'ai obtenu un très bon résultat du traitement galvanique de l'œil (P. N. stable et labile sur les paupières fermées). Brière (cité par Boucheron, p. 80) prétend avoir guéri, en peu de semaines, une kératite parenchymateuse, par l'application du courant galvanique (de 4 à 6 élém.; et Chvostek a traité avec un grand succès une kératite panneuse, par une galvanisation continue du sympathique.
Parmi les maladies de l'iris, abstraction faite des troubles nerveux, c'est surtout Vhypopion qui paraît avoir été, bien des fois, l'objet des tentatives électrothérapiques. C'est particulièrement Arcoleo qui préconise le traitement faradique d'après sa méthode sus-mentionnée ; il applique sa fine éleclrodeéponge directement sur le bord inférieur de la cornée et il touche, dans le cours d'une séance, trois ou quatre fois la région du foyer purulent luimême ; après la séance, il instille quelques gouttes d'atropine et cela est suivi d'une hypérémie de la conjonctive. Dès le lendemain, il se manifesterait une diminution notable de l'hypopion, et quand l'affection est légère, elle est amenée à disparaître, même (en un jour, et en quatre ou sept jours, quand la maladie est à un degré plus élevé (20 cas). 'SVeisflog aussi a, dans cinq cas d'hypopion, obtenu de sa méthode de faradisation (séances de six à huit demi-heures, en une journée, de grandes électrodes-éponges sur l'œi! fermé), de [^bons résultats ; il parle en outre d'une iritis grave et aiguë, qui fut guérie en très peu de temps, partrois faradisations d'une heure par jour.
Parmi les affections du cristallin, tout récemment la cataracte a été entraînée dans le domaine de l'électrothérapie. Neftel a excité, dans le camp ophtalmologique, une émotion assez grande en annonçant que, dans deux cas indubitables de cataracte commençante, il avait, au moyen d'un traitement galvanique méthodique, fait disparaître tous les symptômes de cette affection et rétabli complètement la faculté visuelle. A la suite d'une critique sévère de ces données par Ilirschberg, Neflel d'ailleurs reconnut que, dans les deux cas, les épaississemenls du cristallin constatés ophtalmoscopiquenient n'avaient pas, à vrai dire, complètement disparu et il chercha à expliquer
MALADIES DE l'iHIS, DU CRISTALLIN, DU CORPS VITRÉ 563
l'amélioration absolument indubitable de la faculté visuelle, dans ces cas, par la suppression d'un obscurcissement purement moléculaire non constatable par l'exploration ophtalmologique. 11 admit également que, dans la cataracte arrivée à maturité, on pouvait influencer l'opacité par le traitement galvanique mais non point à un très haut degré.
Cette question en est donc absolument encore à ses débuts ; mais l'extrême importance du sujet justifierait certainement des expériences ultérieures minutieuses dans cette voie, qu'il faudrait naturellement diriger principalement sur la cataracte commençante d'autant plus que, d'après le dire des ophtalmologues les plus circonspects, l'état stationnaire et même la rétrogradation peuvent positivement se produire (Voyez 0. Becker, affect. du cristallin, in Grafe Sâmisch's, Haudb der Augenheilk, V. P. 308).
La méthode appliquée par Neftel est la suivante : An stable à la nuque, Ka stable labile sur les yeux fermés. Commencer avec cinq éléments: puis faire passer le courant en sens opposé, reprendre à plusieurs reprises ce procédé avec une intensité de courant s'élevant depuis celle d'un élément jusqu'à celle de 13 éléments. Durée de l'ensemble de la séance 10-15 min. , traitement d'abord quotidien, ensuite plus espacé.
Le courant électrique a été également appliqué non sans succès, pour les affections du corps vitré, particulièrement lorsqu'il y a production d'opacités. Cet obscurcissement peut, comme on sait, résulter de processus morbides ti'ès divers et, par suite, avoir une importance pathologique très différente. Épanchements sanguins, produits inflammatoires, processus de •dégénérescence, suppurations, formations de cicatrices, etc., peuvent être en cause et cette énumération partielle indique déjà que certaines formes de ces obscurcissements sinon toutes, peuvent être accessibles au traitement électrique ; et que les unes céderont rapidement, les autres seulement avec lenteur à l'influence catalytique du courant.
Giraud-Teulon paraît être celui qui s'est le plus longuement occupé de ces formes d'affection. Tout récemment, dans une communication préliminaire, il a émis l'opinion que le courant galvanique est le remède curatif à la fois le plus efficace et le plus rapide de la plupart des obscurcissements de l'humeur vitrée. Ultérieurement Onimus, dans la thèse de Carnus, a publié une série de documents qui concordent d'une manière très favorable ; pourtant les méthodes de ces deux praticiens ne sont pas identiques. Boucheron signale également quelques observations sur le sujet et Le Fort a recommandé, pour ces troubles, sa méthode de courants galvaniques faibles continus.
D'après les observations communiquées par ces auteurs, il paraît indubitable que le courant galvanique exerce une certaine influence sur les obscurcissements de l'humeur vitrée et que, par le fait de son emploi dans un assez grand nombre de cas, qui avaient déjà été traités infructueusement par d'autres moyens, on peut faire disparaître ces troubles avec une rapidité surprenante et plus ou moins complète. En tout cas lesdites observations nous engagent à des explorations ultérieures, un peu plus exactes, s'il est possible.
Les méthodes employées par chaque savant en particulier sont, à vrai dire,
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très diverses : tandis que Lo l'oil place sur les leiiipes, liilatéraiemeiit, des électrodes reliées seulement à deux faibles éléments et les y laisse, jour et nuit; Giraud-Toiilon applique l'An de 8-10 éléments Daniel sur les paupières fermées, la Ka derrière l'oreille, durant 2-4 minutes ; Onimus, au contraire,, place la Ka sur les paupières fermées, l'An sur le sympatlii([ue du même côté, stable, 8-i2 éléments, durant 2-.") minutes; d'autres enfin ont simplement applifpié les pôles sur le front et la nuque et tous prétendent avoir observé de bons résultais. 11 résulte simplement de là que la direction du courant ou l'application du pôle sur l'œil importent assez peu, et que l'essentiel est de faire baigner l'œil par le courant galvanique le traversant, et cela d'aii- Jeurs concorde avec nos considérations générales relatives aux méthodes ayant pour but les actions catalytiques, — Pour des essais ultérieurs, je recommanderais de conduire le courant depuis les paupières fermées jusqu'à la nuque, à l'aide d'électrodes-ôponges appropriées, avec changement de direction du courant, ou bien de telle façon que, durant chaque séance, d'abord l'An, ensuite la Ka, agisse sur l'œil, ou bien de façon que dans une séance ce soit l'An, dans l'autre rien que la Ka qui entre en jeu. Courants faibles (4-10 éléments Stohr) action stable, 2-o minutes. — Il est à peine possible de dire à priori s'il convient de comprendre aussi le sympathique du cou dans le traitement, par une application du pôle indifférent sur le ganglion supérieur ; c'est là une question que [dès essais directs devraient trancher.
Ence qui concerne les maladies de la choroïde, ^ov rapporte quelques résultats très encourageants. Les cas les plus accessibles au traitement électrique seraient ceux où, dans unechoroïdite disséminée, des modifications atrophiantes avec scotomes se développeraient après des mois ou des années, dans la rétine, des cas avec accumulation de pigments, quelques exsudations plastiques et à plaques d'atrophie. Il les traite avec le courant galvanique transversalement par les tempes ou, si un côté seulement est malade, depuis l'arc supraorbital jusqu'au processus mastoïde, du même côté.
140" Observation de Dor. Rétino choroïdite chronique. Un homme âgé de 36 ans, malade depuis 2 ans, traité infructueusement par tous les remèdes possibles (saignées, mercure, iodure de potassium, traitement sudorifique, frictions sèches, bains), ne peut marcher qu'à l'aide d'un guide. Diagnostic, choroïdite disséminée, avec nombreuses accumulations de pigment et altération subséquente de la rétine. La pupille est un peu rougeàtre et strictement limitée. Des deux côtés grands scotomes centraux. D'abord traitement par la méthode Heurteloup ; par là, amélioration jusqu'à 1/XII (dans une fixation excentrique), puis stationnaire, Traitement galvanique : au bout de trois semaines, le patient lisait toutes les lettres alphabétiques de VII, quelques-unes de VI. — S mois d'interruption : lettres de VII. — 8 jours de strychnine sans modification. — Courant galvanique; après 2 jours, lettres de VI ; après 8 jours, de ÎV ; après 3 semaines, toutes les lettres de IV ; après 3 autres semaines de III ; mais l'amélioration ne se manifesta qu'à l'œil droit, principalement parce que le scotome diminuait toujours.
A partir du 29 juin, la vue centrale était aussi possible et il est vrai, au
AFFECTIONS DE LA CnOROÏDE, DE LA HÉTINE
II» XI ; au 8 juillet, a» X ; au 30 juillet n° VI ; au 24 août, n» V. L'œil gauche traité en premier lieu ne manifesta d'amélioration (le 29 mai) qu'après 4o jours de traitement électrique : depuis lors l'amélioration continua. Le 18 juin , à gauche (excentriquement) n" XV ; le 8 juillet, n" X ; le 30 juillet, n° VI ; le 24 août, VI ; le scotome central était considérablement diminué.
Mais ce qui importe le plus aux électrothérapeutes ce sont les maladies de la rétine et du nerf optique lui-même, soit à cause de leur fréquence et de leur importance pathologique, soit aussi à cause des nombreux succès que le courant électrique peut revendiquer dans les maladies purement inflammatoires et leurs étals consécutifs, en outre dans les troubles simplement fonctionnels sans modifications analomiques constalables, moins dans les dégénérescences et atrophies primaires.
Dans la rétinite pigmenleuse, Dor a, dans plusieurs cas, obtenu avec son traitement galvanique indiqué plus haut, une série de succès et il pousse fortement à des expériences ultérieures ; Neftel aussi parle d'un résultat avantageux.
Bans la papillite ei la papi'llo-f'étiîu'te, telles qu'elles se manifestent dans beaucoup d'affections de la cavité crânienne, surtout dans des tumeurs et la méningite, l'on ne peut naturellement pas espérer beaucoup de leur traitement électrique (bien que Driver aussi prétende avoir obtenu de nombreux succès de la galvanisation du sympathique dans celte névro-rétinite symptomatique), tant que le processus est encore dans son activité et que la cause de la maladie n'a pas été supprimée. C'est précisément contre cette cause de l'allection, qu'en règle générale on ne pourra pas obtenir beaucoup du courant électrique. Mais l'on peut espérer, et nous avons pour nous à cet égard quelques expériences, que le courant électrique puisse se montrer très utile dans les états consécutifs à la maladie, après la terminaison, l'arrêt de l'affeclion fondamentale et qu'il amène alors une amélioration considérable de la faculté visuelle. Le traitement est alors le môme que pour chaque névrite optique avec atrophie secondaire.
La névrite optique, sous ses différentes formes et terminaisons, est assurément, parmi les maladies anatomiques du nerf optique, le terrain le plus favorable pour le traitement électrique.
Pfliiger a vu, dans la névrite optique et dans l'atrophie du nerf de la vue, une série de résultats heureux, en partie brillants, dus au Irailement galvanique mais il ne donne pas de détails précis sur a méthode.
Leber conseille de traiter le sympathique, dans les affections congénitales du nerf optique, décrites par lui, qui sont appelées névrites rétrobulbaires, et il se base sur l'observation déjà publiée antérieure-
AFFECTIONS DES OnGANES DES SENS
ment (voir plus haut ûbf?. 49, p. .'{72). — Il est vrai que, dans plusieurs iuilres casanaiogues, ce succosne se reproduisit pas.
Moi-même, dans un cas de névrite descendante optique, coïncidant avec une nnyclite transverse dorsale, et une amblyopie persistante, et présentant l'image ophlalmoscopique d'une atrophie des nerfs optiques, j'obtins un résultat très satisfaisant par un traitement galvanique plusieurs fois répété.
d4lo Observation 'personnelle. — Névrite optique et myélite dorsale subaigué. Homme de 33 ans, devinl en février 1877, assez subitement aveugle de l'œil gauche puis, quelques semaines après, il avait recouvré la vue ; bientôt après, même cécité de l'œil droit, suivie d'un mieux notable. Au bout de quelques temps, récidive dans les deux yeux, dégénérant en amaurose complète ; à l'ophlalmoscope, image manifeste de la névrite optique avec atrophie commençante . A partir de la mi-Juin, lente oiU'^lioralion. A partir de la fin de juin, symptômes d'une myélite iransverse dorsale, qui, jusqu'à la fin de juillet, amena le malade à une complète paraplégie, accompagnée d'aneslhésie, paralysie de la vessie, augmentation des réflexes tendineux et cutanés, etc. sur lesquels il n'est pas nécessaire d'insister ici. A partir du commencement d'août 1877, amélioration de ces manifestations; à la fin de septembre, le patient peut de nouveau faire quelques pas. L'amélioration continue lentement, même pour les yeux. Dans l'été de 1878, cure des bains à A'auheim avec succès.
Le 12 novembre 1878, alors que les yeux étaient restés longtemps stationnaires, on commença à leur appliquer un traitement galvanique. État du malade ce jour-là (professeur 0. Becker) : pupilles assez étroites, réagissent à la lumière faible, myopie des deux yeux CE. d. V. 6/60. — CE. g : V. un peu plus faible, 6/00. Examen à l'ophtalmoscope : image de l'atrophie du nerf optique, avec faible excavation atrophique, plus accentuée à gauche. Méthode du traitement ; 4-6 éléments Stohr, transversalement par les tempes, 6-8 éléments depuis la nuque jusqu'à l'œil, stable, trois à quatres minutes journellement. (Outre cela, galvanisation du dos, 10-12 éléments en montant et en descendant, stable, deux à trois minutes). — 10 décembre les deux yeux sont indubitablement en meilleur étal. Œ.d: V. 6/36, QE. g: V. 6/60. Le 4 février 1879, ÛE.d. V. 6/18; œ.d. V. 6/18-12; CE. g. 6/24-18. Traitement terminé. Plus tard un autre traitement semblable, plusieurs fois répété, n'amena plus d'amélioration notable ; cependant le patient peut de nouveau écrire et lire une impression ordinaire.
Un cas, rentrant dans la môme catégorie, a été guéri récemment pour Rumpf, en très peu de temps, à l'aide du pinceau faradique.
141° Observation de liumpf. — Névrite optique avec myélite transversale . Jeune femme âgée de 37 aus, malade depuis deux ans environ. Elle présente de la parésie dans les extrémités inférieures. Ellechancèle quand elle a les yeux fermés. Force motrice des jambes considérablement affaiblie. Parestliésies, diminution de la sensibilité des jambes, douleurs constrictives, exagérations des réflexes tendineux, constipation, incontinence d'urine, affaiblissement de la
NÉVRITEOI'ÏIQUE ; OBSERVATIONS 369
faculté visuelle. (La. patiente lit avec difficulLé .1. n" 14.) État oplUalmoscopique (Mooren), qui tient le milieu entre le gonflement de la papille et la névrite: épaississement, obscurcissement, injection intense de la papille, dilatation des artères et veines. Traitement avec le pinceau faradique (avec traînées én(3rgiques et lentes sur la peau de la poitrine, le dos et les extrémités supérieures) ; résultat très hrillanl ; le troisième jour déjà l'engorgement du nerf optique est moindre, le gonflement de la papille est en décroissance ; le sixième jour, lecture avec J. no 7-: — Après 28 séances (ultérieurement le dos fut aussi galvanisé), toutes les manifestations myélitiques disparurent; la patiente put lire leJ. n°3 et les constatations ophlalmoscopiques étaiejït normales.
L'observation suivante rentre bien dans la même catégorie d'atrophie secondaire déterminée parune névrite optique.
143° Obs. personnelle . — Névrite optique avec atrophie du nerf optique. — Un emplo3'é de banque, âge de 21 ans, vient se faire traiter le 2 décembre 1880 pour une ambhjopie, qui persiste depuis quelques mois et s'est assez rapidement développée. — Il présente à l'ophtalmoscope l'image d'une névrite optique avec transformation atrophique, amblyopie à haut degré; le patient est obligé de se faire conduire, peut à peine compter ses doigts ; champ de la vision notablement rétréci. Les oculistes soupçonnent une tuberculose, mais ce soupçon ne se confirme pas, bien que le patient soit d'ailleurs très délicat. Deux sœurs de sa mère sont, paraît-il, également devenues aveugles durant leur jeunesse. — Traitement avec extrait de noix vomique et galvanisation: 6 éléments transversalement, par les tempes, 6-8 éléments à partir de la nuque, (An) sur les paupières fermées, (Ka stable et labile) ultérieurement aussi au sympathique du cou ; chaque jour 2-3 minutes. — iO janvier 1881 le patient reconnaît qu'il y voit décidément mieux ; sur les tablettes de Snellen, il reconnaît les lettres alphabétiques à gauche de D = 9 fort bien, de D = 6, partiellement ; à droite de D=9, il ne les reconnaît que partiellement aussi. — Couleur ; le vert, très incertain, le rouge assez bien, bleu et jaune clairement mais pas encore très correctement. Ophtalmoscopiquenient aussi, l'image est meilleure, l'hypérémie et le gonflement sont moindres à gauche, la pupille et les vaisseaux plus clairs. — Le 20 janvier ; notable amélioration, surtout à gauche. A g. de D=: 3, pour les lettres alphabétiques, très bien ; à droite, au contraire D = 9, encore avec peine. — Le 30 janvier, il déchiffre à gauche avec quelque difficulté D = l ; à droite, pas encore d'amélioration. Le 2 février, on commence les injections de strychnine. Le 27 février, a gauche D = l tout à fait bien. A droite, de 0 = 4, quelques lettres. Avec l'œil gauche le patient peut déjà lire quelques mots; son champ visuel est encore très petit; il est de nouveau en état de marcher seul dans la rue. Le 24 mars, il part pour la Suisse. II en revient deux mois après, avec une amélioration. Adroite, maintenant, D = l, tout à fait bien, et même à gauche, de D — 0,00 quelques lettres.
Je possède encore, sur beaucoup d'autres cas, des renseignements malheureusement incomplets, dans lesquels le traitement galvanique
AFFECTIONS DES ORGANES DES SENS
a réussi, du moins jusqu'à un certain degré ; d'autre part, à vrai dire, je dois signaler loule une série de ré.sullals négatifs. Benedikt aussi raconte plusieurs succès oblenus dans le traitement de la né vro-rélinile et de la névrite optique.
La méthode de traitement préférable se déduit d'elle-même des indications antérieures; il s'agit cependant surtout des effets catalytiques. 11 faudra donc appliquer de préférence des courants stables, directement sur l'œil et sur le nerf optique. Pans les premières phases, il vaudra mieux appliquer sur l'œil le pùle positif (mais pas d'une manière exclusive). Plus lard, quand le processus se rapprochera de l'atrophie, il vaudra mieux faire agir le pôle négatif. En tout cas) l'expérience et des notions anatomiques et physiologiques veulent aussi que l'on essaie simultanément la galvanisation du sympathique, au moyen de laquelle on agit en même temps sur la moelle cervicale. En général, on doit conseiller de grandes électrodes, de faibles courants, de courtes séances ( pas plus de 2 à 3 minutes) ; mais, généralement, le traitement doit être de longue durée.
En détail, voici comment on devra procéder à l'application (abstraction faite du traitement, s'il y a lieu, de l'affection fondamentale) : d'abord db^ection transversale du courant par les tempes, pour atteindre le nerf optique dans l'orbite, en alternant la direction du courant; ensuite dii^eclion longitudinale, de la nuque aux paupières fermées. .Si la névrite prédomine, il faut, de préférence, appliquer le pôle positif sur l'œil ; le pôle négatif restera stable, mais d'une manière tout à fait passagère. Si l'atrophie a déjà commencé, le pôle négatif sera, de préférence, appliqué sur l'œil, après que le pôle positif aura pareillement agi, d'une façon stable et modérément labile. Y.n?m galvanisation du sympathique, conformément à la méthode ordinaire ; dès lors, il faudra par des expériences particulières, décider si chaque fois le pôle négatif doit être posé sur le ganglion supérieur ou bien si, parfois, le pôle positif ne peut pas, lui aussi, rendre d'utiles services.
Cependant de nombreuses expériences nous apprennent déjà maintenant que cette méthode compte d'éclatants succès, qui peuvent rivaliser avec ceux de la strychnine dans le traitement de ces mêmes maladies. On voit que les résultats sont souvent bien meilleurs pour l'acuité visuelle que pour ce qu'on trouve à l'ophtalmoscope. Le miroir peut indiquer l'atrophie blanche la plus prononcée du nerf optique et, malgré cela, la faculté visuelle et la sensation des couleurs peuvent redevenir passables.
Mais, les résultats du traitement électrique, comme de tout autre, sont beaucoup moins satisfaisants dans l'atrophie primaire du nerf optique, qui n'a pas de début inOammatoire, mais où il s'agit a priori
ATROPHIE l'RIMAIRE DU NERF OPTIQUE 571
d'une dégénérescence du nerf optique. Ce sont, là les formes les plus fâcheuses de la maladie du nerf optique, et elles ne présentent de temps d'arrêt et surtout de rétrogradation que dans les cas les plus rares. Toutefois, même ici, le traitement n'est pas entièrement fructueux et différentes expériences nous font un devoir de ne pas nous lasser de nos efTorts thérapeutiques sur ce terrain si désespérant en soi.
C'est particulièrement ce qui existe poav V atrophie du nerf optique dans le tabès. Elle est extraordinairement fréquente et importante, parce qu'elle se manifeste souvent de bonne heure dans le tableau symptomatique de cette maladie et qu'elle paraît pouvoir devancer de beaucoup d'années l'apparition des autres symptômes. Mais cela n'est pas aussi fréquemment le cas et, depuis que l'on a récemment appris à reconnaître les premiers débuts du tabès, on pourra souvent, à l'aide d'un examen attentif, de la présence des douleurs lancinantes, de la rigidité réflexe des pupilles, d'une faible analgésie et notamment de l'absence des réflexes tendineux, attribuer de bonne heure aux affections du nerf optique leur véritable valeur pathologique. — La maladie se décèle par la diminution de l'acuité visuelle et du sens des couleurs, rétrécissement du champ visuel avec strabisme et amblyopie progressive concurremment avec les indications caractéristiques de l'ophtalmoscope.
Il est naturellement important d'avoir à traiter les tout premiers débuts de la maladie, parce que alors seulement, on peut avoir quelque espérance de conserver la faculté visuelle. Mais ici même les résultats sont très précaires ou même complètement négatifs et j'ai vu souvent le mal, pris à son début, aboutir irrésistiblement à l'amaurose, malgré la persistance du traitement.
Presque tous les observateurs s'accordent à dire que les résultats du traitement électrique dans l'atrophie tabétique du nerf optique, sont presque toujours négatifs. Toutefois il existe des cas qui nous apprennent que, bien des fois, on peut obtenir un temps d'arrêt ou même une amélioration plus ou moins notable, absolument comme cela se passe pour l'aflection simultanée des cordons postérieurs spinaux. Moi-même j'ai traité un cas de ce genre ; malheureusement je n'ai pas conservé de notes exactes à son égard. Il s'agit d'un officier âgé de 46 ans, qui présentait depuis 12 ans les phénomènes initiaux du tabès et, depuis 2 ans et demi de l'atrophie des nerfs optiques, avec un rétrécissement considérable du champ visuel dans les deux yeux (Prof. 0. Becker). Un traitement galvanique, suivi pendant qiiatre semaines,' amena une extension notable du champ visuel ; la faculté visuelle centrale qm avait diminué quelque peu, au début du traitement, était devenue meilleure dans les deux yeux. Par la suite, je n'ai plus rien
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enlcndu sur ce malade. — Voir aussi plus haut l'obRcrvation 20, dans laquelle, il esl vrai, le diagnostic de tabès n'oH'rait pas la même certitude.
La méthode de trailemenl est exactement la même que celle qui a été indiquée plus haut pour l'atrophie névritique. Mais il importe, dans tous les cas de ce genre, de traiter simultanément la moelle dorsale; d'ailleurs les recherches expérimentales de V. Forster et Rieger nous donnent aussi certains points d'appui physiologiques, pour ce procédé ; gardez-vous donc en pareil cas, de négliger le traitement régulier de la moelle épinière.
Je considère comme un peu moins défavorables les résultats obtenus dans Valrophie du nerf optique dite congénitale, qui n'est pas rare, qui, sans connexion évidente avec les maladies spinales ou cérébrales, se développe, par une cause inconnue, chez certains hommes, et qui se comporte dans le trouble fonctionnel et pour l'ophtalmoscope, absolument comme l'atrophie blanche des nerfs optiques. Chez les tabétiques, il existe quelques exemples de résultats très favorables du traitement électrique dans cette forme d'affection ; telle est l'observation déjà mentionnée ci-dessus, de Donald Fraser (V. Obs. 50, p. 372).
144" Ohs. de Driver. Atrophie des nerfs optiques. Instituteur, ayant depuis des années une affection de.s yeux ; amblyopie traitée à plusieurs reprises sans succès (par les médecins les plus éminents). L'exploration indique une atrophie complète des deux nerfs optiques, avec excavation superficielle ; vaisseaux minces comme des cheveux ; mouvements nystagmites des bulbes. Examen visuel droit : les doigts à 4 pieds ; gauche, seulement à 3 pieds. — Rétrécissement du champ visuel: daltonisme. — Traitement de trois semaines par injections de strychnine, pas d'amélioration, mais statu quo . — Alors traitement galvanique; au bout de deux mois, le patient compte les doigts à 20 pieds. Il continue le traitement à domicile ; un an plus tard, il lit avec le n° 8 et distingue toutes les couleurs. Image ophtalmoscopique franchement meilleure ; vaisseaux plus forts.
d45o Obs. de Driver. Atro2yhie commençante du nerf optique. Femme, 43 ans, depuis longtemps amaurolique de l'œil gauche ; depuis peu elle aperçoit aussi un brouillard devant son œil droit. Sans cela, tout à fait bien portante. A l'ophtalmoscope, à gauche: atrophie incomplète du nerf optique ; à droite: papille un peu plus blanche, vaisseaux un peu plus rétrécis qu'à l'état normal. Vue= 20/20, brouillard disparu, l'examen au miroir est de nouveau normal ; gauche i doigts aperçus à 2 pieds, en haut et en dehors. Six mois après, il s'est produit une aggravation. Droite : le brouillard a réapparu, vue ■= 20/30. Au bout de douze jours de traitement galvanique, guérison complète.
t4Go Ois. personnelle. Atrophie commençante des nerfs optiques. Homme, 48 ans, a eu, étant en état d'ivresse, plusieurs refroidissements alcooliques, se plaint, depuis huit mois, d'un affaiblissement de la vue accompagné de fré-