DEUXIÈME PARTIE
Préambule de Physique
Bibliographie : J. Rosentlial, Elektncitalslelire fQr Mediciner. Berlin, 1862 2»>o édition, 18G9. — A. Picli, Die mcdicinische Physik. 2"6 édition. Braunschweig, 1866. — P. Zech, Die Pliysik in d. Eleklrotherapie. TQbingen, ISliy. — W. V. Beetz, Grundziige der Eleklricilalslcbre. Stuttgart, 1878. — de Watte ville, A praciical introduction to niedical electricity. London, (878. — Consulter en outre les dlfférenls manuels de physique et d'électricité, ainsi que les traités d'électrothérapie qui renferment presque tous un préambule de physique.
V. Hesse,Ueb. ein absolûtes elektr. Maassystem. Erlenm. Centralbl. f. Nervenheilk, etc. 1879. No 23. — Bernhardt, Zur Galvanometerfrage, ibid. 1880. No 9u. 12. — E. Rem ak, Zur Galvanometerfrage, ibid. 1880. No 12 u. 20. — Pr. Millier, Zur Messung und Dosirung des galvan. Stroms in d. Eleklrodiagnostik und Elektrotherapie. — Betz' Memorabil, 1380. P. 289. — de Wattevillc, Cen tralbl. f. Nervenheilk, 1880. No. 15. —
Brenner, Unlersuch. u. Beobachtungen etc. Leipzig, 1868/69. — Runge, Ein Rhéostat fur die Elektrotherapie. Deutsch. Arch. f. klin, Med. VII. P: 603. 1870. — Holst, Ueber die in der Elektrotherapie gebrauchlichen Rheostaten. ibid. XII. P. 202. 1874. — Hitzig, Ueber die Anwendung unpolarisirbarer Elektroden in der Elektrother. Berl. klin. Woch, 1867. No. 39. —
Ed.Weberin Wagner's Handworterb. d. Physiol. To. III. 2. P. 64, 1846. — Eckhard, Beitr. z. Anat. u. Physiologie, I. P. 5o. 1858. — Harless, Abhandlungen d. bayr. Akad. d. Wissensch. VIII. P. 363. 1858. — J, Banke, Der galvanische Leitungswiaerstand des leb. Muskels. Ansbach, 1862,— Der Telanus. Leipzig, 1865. — Hclmholtz, Ueber die physiol. Wirkungen kurz dauernder elektrischer SchlUge ira Innern von ausgedehnten leitenden Massen. Verh. des naturhist. med. Vercins zu Ileidelberg, To. V. P. 14. 1869. (Heidelb. Jahrbiicher). — L. Hermann, Handbuch d. Physiol. I. P. 87. 11. 1. P. 28. 1879. — Drosdoff, De la mensuration de l'épidcrme dans les différenles parties du corps humain et de ses rapports, elc. Archives de Physiol. norm. et path. 1879, p. 117. — Munk, Ueber d. kataphorischen Verilnderungen d. fcuchten , porosen Korper. — Reichert u. Dubois-R.'s Archiv f. Anatom. Physiol. etc. 1873. P. 241.
thS DIVEHS GENRES DE COURANTS
DEUXIÈME LEGON
Sommaire : Les divers genres de courants. — Electricité de contact : courant quimnique. — Chaînes galvaniques. — Électricité d'induction : courant faradique, — Appareils les plus usités et appareils auxiliairea : appareils d'induction et batteries galvaniques.
Je puis sans doute supposer, Messieurs, que tous les points principaux de l'étude de réleclricité physique, vous sont familiers ; cette science constitue, en tout cas, laseule base sur laquelle on puisse s'appuyer en électrothérapie, et fournit les principes qui permettent le maniement de ce mode de traitement, que ce soit pour établir un diagnostic ou un traitement. Je ne puis donc vous recommander avec assez d'insistance de vous mettre à l'étude de cette matière et de la repasser fréquemment. Vous devez, si vous voulez devenir de bons électrothérapeutes, la posséder à fond, autant qu'elle se rapporte à notre but spécial. Cette tâche vous sera considérablement facihtée par les excellents petits ouvrages de G. Rosenthal, Pick, Zech, V. Beetz et de Wattevillc.
Cependant, je ne puis ni ne veux éviter de vous entretenir ici des connaissances absolument indispensables à Fintelligence de ce qui suivra ; ce ne saurait être, d'ailleurs, qu'un rapide aperçu, que vous compléterez à l'aide de vos études personnelles.
L'électricité se manifeste habituellement avec diverses modifications, qui dépendent de son mode de production et de la disposition accidentelle des instruments qui dégagent le courant.
Nous utilisons aujourd'hui presque exclusivement rélectricité des courants ou ce qu'on appelle le courant électrique. On a bien aussi tenté depuis longtemps et encore aujourd'hui diverses expérience thérapeutiques, avec l'électricité de frottement dite électricitéde tension ou statique et qu'on obtient au moyen des machines électriques à frottoirs et des machines dites par influence; mais ces essais, même les plus récents, entrepris à Paris, n'ont donné aucun résultat bien encourageant et l'électricité statique en est encore à conquérir une place assurée dans l'électrothérapie. Pour ce motif, nous laisserons de côté, dans l'exposition ci-dessous, cette forme d'électricité, qui du reste, en substance, obéit aux mêmes lois que les courants.
Les courants électriques peuvent, comme Vous savez, être engendrés par des objets très différents; en électrothérapie, on emploie de nos jours presque exclusivement : 1° /es courants galvaniques développés par contact (constants, continus, de batteries), et 2° les courants engendrés par induction (induits, interrompus, C. d'induction) dits farndiques. Los courants produits par les nouvelles et puissantes machines électriques employées surtout dans l'iidustrie et qui sont peut-être destinés à
2U l'HÉAMUULh DE l'Il YSlyLK
jouer un grand rôle dans l'éleclrolbérapie peuvent élre acluellemenl laissés de cùlés.
JiUeclricilé de conlacl. Le schéma, le plus simple pour la démonsli alion de courants de contact, sans tenir compte de la théorie physique
encore toujours contestée du galvanisme, sur laquelle nous n'avons pas besoin d'insister ici, est le suivant: si vous placez deux métaux différents (soit du cuivre et du xinc ou du charbon et du zinc), sous la forme de deux plaques parallèles mais ne se touchant pas, dans un liquide, une solution saline ou acide (comme dans la fig. 1), par suite du contact de ces métaux avec le liquide, il s'effectuera dans lesdits métaux une séparation de l'électricité, dételle sorte que toute l'électricité positive s'accumulera sur un métal et toute l'électricité négative sur lautre, .ia™sïinpiè\"io"ziu(rcL' le suivre avec Une Certaine tcnsïon.
bont plonné» iliins un liquide
aci.ie ou solution snline). Ccttc tcnsion cst d'unc valeur très différente,
suivant la nature du métal et des liquides employés.
En outre on peut ranger les différents métaux en une rangée de tension ; dans ce cas, le métal en contact, à une extrémité, avec
un liquide déterminé possédera le maximum d'électricité positive ; le métal placé à l'autre extrémité, le maximum d'électricité négative.
On appelle celte disposition simple, — deux métaux placés dans un liquide, — ime chaîne' ouverte ou un élément ouvert simple. Mais si vous rattachez les extrémités libres des métaux, l'une à l'autre par un corps conducteur, soit un fil métallique (fig. 2), les tensions électriques produites sur les deux métaux se contrebalancent, par le moyen de ce fil que l'on nomme arc de fermeture et l'électricité court d'un métal à l'autre. Nous avons alors une chaîne fermée, dans la- Splièma d'un éli;inent {;filvn- quelle se meut un courant électrique.
niciue sini|)li! feiiiii'! \\;\r l'an' -, o . i , i » i'-
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par dcK nécfies. quilibratlou de la tension ne cesse pas, mais il se
produit justement par le contact des métaux avec le liquide, c'est-àdire, par leur action chimique réciproque, une incessante séparation nouvelle de l'électricité, une tension toujours renouvelée, par suite de laquelle, aussi longtemps qu'il subsiste des métaux et du liquide, il se produit un courant continuel d éleclricité dans l'arc de fermeture et au travers de la chaîne entière.
ÉLKCTRICITl!! m CONTACT. CnAINE GALVANIQUE 21
Cette propriété de conserver une certaine différence de tension élec. trique et de la renouveler toujours, s'appelle la /orcc éleclromotrice de cette combinaison. Sa puissance dépend seulement de la qualité des métaux et des fluides employés pour la combinaison. Plus est grande, dans chaque cas, la différence des tensions entre les deux métaux plus aussi eft considérable la quantité d'électricité dégagée par la combinaison et en même temps la force du courant produit in céleris partibus.
Si maintenant vous disposez l'une près de l'autre plusieurs chaînes simples semblables, un métal de l'une étant toujours joint par un con-
Figure 3.
Chaîne raceordép. Trois élémonls disposé? à la suite l'un <Io l'autre — La direction du courant répond
aux floches.
ducteur au métal hétéronyme de l'autre (fig. 3), les tensions produites dans tous les éléments isolés s'accumulent et aux deux points terminaux d'une telle chaîne de raccordement apparaît la somme de ces tensions ; elle développe, dans l'arc de fermeture qui relie le métal libre du dernier élément devenu positif avec celui du premier devenu négatif, un accroissement proportionnel de la force du courant.
Ce mode de raccordement des éléments sera désigné sous le nom de « piles à couronne». Dans l'électrnthérapie des maladies internes, nous nous servons exclusivement de tels éléments rangés l'un derrière l'autre, qui, en vertu de principes que nous démontrerons ultérieurement, peuvent être rassemblés en nombre illimité sous forme de batteries ; il est bien entendu, une fois pour toutes, que nous ne parlerons que de tels éléments ou batteries.
Dans une chaîne ainsi raccordée, l'arc de fermetures^, donc du premier au dernier élément; le courant qui s'y meut circulairement possède une force et une direction déterminée et suit naturellement dans la chaîne elle-môme une roule opposée à celle qu'il suit dans
22 l'ni^AMni LK uk i'iivsiol'i-:
l'arc de fermeture ; ainsi, dans l'arc de lennelure, il va du charbon au zinc, il l'intérieur de la chaîne elle-même, du zinc au charbon. On est convenu d'appeler l'extrémité de la chaîne, dont s'écoule le courant positif dans l'arc-de-fermelure, pôle positif ou anode, l'extrémité opposée, oii le courant positif rentre de nouveau dans la cljaîne, et quitle par conséquent l'arc de fermeture, pôle néfjalif ou kalhode.
Vous pouvez maintenant diviscj' l'arc de fermeture considéré dans sa forme la plus simple comme un simple )il conducteur, et introduire
entie ses deux extrémités un autre corps conducteur quelconque (fig. 4). Le courant traversera aussi ce corps conducteur d'après les lois qui le régissent. Tel est précisément le cas, lorsque nous introduirons le corps humain ou quelques-unes de ses parties dans cet arc de fermeture. Le point d'entrée et de sortie du courant et sa répartition dans le corps dépendent alors des endroits où nous appliquons les deux moitiés de l'arc de fermeture, de la résistance du corps etc. Tout cela est réglé par des lois que je vais vous expliquer. Ici encore nous appelons la partie de l'arc de fermeture, qui amène au corps humain le courant positif, le pôle positif on l'anode (an) ; improprement aussi le pôle du cuivre ou le pôle du charbon ; l'autre partie par laquelle le pôle positif s'écoule hors du corps, le pôle négatif ou la kalhode (ka), mais improprement, pôle du zinc. Vous m'entendrez employer exclusivement ces expressions, anode et kathode.
Les parties de l'arc de fermeture, qui, dans un but pratique et pour pouvoir se mettre en contact avec le corps humain, ont reçu des formes diverses s'appellent électrodes.
L'essence de l'électrothérapie consiste simplement à intercaler le corps humain en entier ou ordinairement quelques-unes de ses parties, d'une façon ou d'une autre dans l'arc de fermeture d'un courant galvanique (ou d'un autre courant électrique quelconque), en d'autres termes à amener dans le corps ou dans une de ses parties, le courant à l'aide des électrodes et à le faire fonctionner avec une certaine force,
Figure 4.
Scliéina de l'inlBritalnlion dn corps liaïuain (ai dans l'arc de fermeture d'une cbaiue jralvanique -j- = anode, — = kathode.
ÉLECTRICITÉ d'iNDUCTTON. APPAREILS DE ROTATION 23
pendant un lemps plus ou moins long, avec ou sans fluctuations et interruptions. Vous voyez clairement qu'il résultera de là une variété infinie d'applications et que l'art de l'électrothérapeuliste consiste essentiellement à choisir pour tel ou tel cas morbide le mode d'application exact et convenable. On comprend aussi très bien que le fil d'Ariane le plus sûr se trouve dans les théories physiques claires et précises.
La qualité principale à exiger de toutes les chaînes galvaniques, qui s'employent dans un but électrothérapeutique, est donc que ces chaînes fournissent un courant assez fort et continu, correspondant à la conductibilité du corps humain, et puissent être aisément dirigées sur le corps au moyen d'électrodes convenables. Je vous signalerai plus tard, en peu de mots, les autres appareils auxiliaires nécessaires.
Électricité d'induction. Sous ce titre, nous pouvons aussi bien ranger les courants d'induction produits par les courants magnétiques que ceux qui sont développés par des courants galvaniques, leurs effets étant absolument les mêmes.
Onpeut également produire des courants électriques par l'action d'a?'mants, sur des conducteurs fermés ; si vous approchez rapidement une barre magnétique d'un conducteur fermé, par exemple d'un fil métallique enroulé autour d'un rouleau, d'une spirale en fil métallique, dont les extrémités sont réunies l'une à l'autre, il se produit pendant ce rapprochement un courant électrique sur la spirale, mais si vous éloignez rapidement l'aimant, il se manifeste aussi un courant sur la spirale, mais ce courant a une direction opposée à celle du premier.
Ces courants sont d'autant plus énergiques que l'aimant est plus fort, que son rapprochement et son éloignement sont plus rapides, que la spirale en fil métallique est plus riche en révolutions. Si vous intercalez le corps humain entre les deux extrémités de la spirale métallique, ces courants traverseront aussi le corps humain et pourront ainsi être utilisés physiologiquement et thérapeutiquement. C'est sur ce principe que repose la construction des appareils dits magnéto-électriques ou appareils de rotation, au moyen desquels, par des combinaisons appropriées, un aimant est très vit(; et très souvent rapproché puis éloigné d'une spirale en fil métallique, ce qui donne naissance à une grande série de courants, se succédant rapidement et de direction alternativement opposée ; ces courants peuvent exercer sur le corps humain une action très active. Les appareils de rotation ont été fort employés pendant quelque temps ; mais ils ont dû faire place aux appareils d'induction, parce que leur maniement était très incommode. J'éviterai donc la nécessité de vous décrire plus au long ces appareils de rotation.
Des couranis électriques tout à fait analogues peuvent être produits
24 l'HÉAMBULK DE l'IIYSIOUK
avec une grandn facilité, par des coiiranls galvaniques, par induction. Si vous approchez rapidument une spirale en fil mélallique, surlaquelle circule un courant galvauique, d'une autre spirale semblable et fermée, il se produit, pendant ce rapprochement, sur la dernière spirale, un courant électrique, dh'igé en sens opposé au courant qui circule le premier ; si vous éloignez ensuite ce premier rouleau, avec la même rapidité, il se manifeste sur le deuxième rouleau, un courant dirif/é dans le même sens que le premier. Il en est tout à fait de même, quand les deux spirales sontplacées à]une distance déterminée l'une de l'autre et quand il se manifeste dansl'une — la première spirale — un courant galvanique, qui s'approche très promptement, d'une dislance infinie ; alors se produit sur l'autre, la deuxième spirale, un courant d'induction ; et de même, quand le courant galvanique redisparaît sur la première spirale. On peut aisément faire naître et disparaître un pareil courant en fermant ou ouvrant alternativement le premier courant circulaire sur la première spirale. A chaque fermeture de ce courant, naît, sur la deuxième spirale, un courant opposé à celui de la première ; à chaque ouverture, un courant dirigé du môme côté. Ces courants induits sont d'autant plus énergiques que le premier courant est plus fort, que la première spirale, comme la seconde, se replie plus souvent autour du rouleau et que les deux spirales sont plus rapprochées l'une de l'autre ; l'effet le plus intense a donc lieu quand les deux spirales sont parfaitement superposées l'une à l'autre.
Si l'on fait se succéder, d'une manière rapide et continue, cette fermeture et cette ouverture du premier courant circulaire, on obtiendra dans la deuxième spirale une série continue de courants se suivant avec rapidité, suivant des directions semblables ou contraires alternativement ; c'est ce qu'on appelle les courants induits ou d'induction ou fa)'adiques, comme nous autres électrothérapeutes disons presque toujours. Si vous intercalez le corps humain dans la deuxième spirale, ces courants faradiques traverseront le corps et pourront y produire leur action physiologique el thérapeutique.
Tous les courants ainsi produits ont une durée extrêmement courte, une rapidité d'égalisation très grande ; ce sont des courants presque instantanés. Les appareils infiniment variés, construits pour les produire et que l'on emploie généralement, sont les appuj'eils d'd^ d'induction. Leur construction ordinaire est cause que les courants d'induction de la deuxième spirale, produits de par la fermeture ou l'ouverture du premier courant circulaire sont de force inégale ; en effet, le courant produit pendant la fermeture (courant d'induction de fermeture) est retardé et afl'aibli par un extra-courant naissant simultanément sur la première spirale, dont nous parlerons d'ailleurs bientôt, alors que lors de l'ouverture du courant circulaire de la première
COUHANTS FAIUDIQIIKS r'RTMAlHKS ET SECONDAIRES 25
spirale, cet extra-courant ne peut ordinairement pas se produire, et par conséquent ne peut modifier le courant d'induction d'ouverture de la seconde spirale. Au courant plus faible de fermeture, succède donc, sur la seconde spirale, un courant d'ouverture toujours plus fort. La différence entre les deux courants est assez considérable, comme vous pourrez aisément vous en convaincre, si vous saisissez les deux extrémités de la dernière spirale et que vous fassiez naître isolément les fermetures et ouvertures de la première spirale. A chaque ouverture, vous éprouverez une secousse très vive, par contre, à chaque fermeture, une secousse très faible ou même nulle. D'après une modification fort utile, faite sur les appareils, dite disposition Helmholtz, on peut presque égaliser cette différence ; mais d'ordinaire, on ne le fait pas sur les appareils ayant un but thérapeutique.
Dès lors, dans l'emploi de ces courants sur Je corps humain, le courant d'ouverture l'emporte tellement, par ses effets, sur l'autre, que nous avons presque le droit de ne nous occuper que de lui, de déterminer d'après lui la direction du courant et la dénomination des pôles. Nous pouvons donc, dans l'emploi des courants d'induction secondaires, bien parler de leur pôle positif et négatif, en sachant bien qu'il ne s'agit que du courant d'ouverture ; mais nous ne devons pas oublier qu'à vrai dire, chaque électrode devient, alternativement et rapidement, tantôt un pôle positif, tantôt un pôle négatif.
L'action du courant d'induction peut être considérablement augmentée, en y rattachant l'action d'un aimant : si l'on introduit une barre de fer doux ou un faisceau de lils de fer, dans le premier rouleau, ils deviennent magnétiques, lors de la fermeture du courant, mais ils sont démagnétisés, lors de l'ouverture du courant et l'effet d'induction de cet aimant qui s'approche et disparaît pour ainsi dire d'une distance infinie, s'ajoute à celui du premier courant, C'est pourquoi vous voyez, dans la plupart de nos appareils d'induction, sur le premier rouleau, un noyau de barres de fer doux.
Vous voyez de plus, sur tous ces appareils, une petite combinaison qui effectue automatiquement l'interruption (fermeture et ouverture) du premier courant dirigé vers la première spirale, par une source extérieure de courant, ordinairement par un ou deux éléments galvaniques. Grâce à un ressort mis en mouvement par l'action magnétique, le contact qui produit la fermeture du courant, est supprimé, puis rétabli avec une rapidité extraordinaire. Le principe de cette combinaison, qui fait des appareils d'induction desinstruments si commodes, des instruments automatiques, est partout le même, mais les modes de construction et d'exécution peuvent varier beaucoup les uns des autres, on a imaginé des combinaisons, pour faire que les interruptions se succèdent tantôt plus vite tantôt plus lentement; mais vous
2fi PHÉAMIMJl.K !)]• l'HYSlOi n:
verrez et comprendrez cela beaucoup mieux en étudiant les appareils eux-miîmes.
Je (lois ici seulement mentionner un nouveau point : c'est que, même sur la premioro spirale, il se nianifesle des ellets d'induction et par conséquent des courants, et que, par suite, les différents tours de la spirale s'induisent les uns les autres. Les courants qui naissent, lors de la fermeture, n'exercent ordinairement pas d'action ; par contre, le courant d'induction se produisant à l'ouverture du premier courant, peut être facilement observé, à l'aide de dispositions appropriées, détourné et employé dans un but thérapeutique : c'est ce qu'on a appelé ex Ira-courant. C'est donc aussi un courant d'induction, mais un courant naissant dans la première spirale ; aussi, pour abréger, l'appolle-l-on courant primaire faradique, tandis que les courants dérivés de la deuxième spirale, sont appelés courants faradiques secondaires.
Le principe fondamental des appareils d'induction consiste donc dans ce fait que, par de nombreuses interruptions d'un courant galvanique circulant sur le rouleau « primaire », il se produit dans la spirale « secondaire » aussi bien que dans la primaire, dts courants d'induction qui, par des combinaisons appropriées, peuvent être introduits dans le corps humain. La force de ces courants peut être graduée, par le déplacement des deux spirales l'une contre l'autre, ou par celui du noyau de fer doux, etc. Ce que vous devez donc toujours avoir à l'esprit, c'est que, quand il s'agit de courants d'induction, vous avez toujours affaire à un grand nombre de courants qui se succèdent rapidement, n'ont qu'une durée instantanée et s'équilibrent avec une grande promptitude ; vous avez donc affaire à des choses tout à fait différentes des courants galvaniques continus et suivant toujours la même direction.
Si maintenant je m'occupe des appareils les plus usités et des appareils auxiliaires, ce ne sera que pour le faire en peu de mots, pour éclaircir la question. Il me semble superflu de m'engager dans la description et l'énumération de tous les appareils, qui existent aujourd'hui en nombre infini, sous des formes plus ou moins pratiques. Je me bornerai donc à préciser les qualités que l'on doit exiger de ces appareils eux-mêmes, et qui peuvent être obtenues de la façon la plus variée, je décrirai ensuite, avec plus de précision, les appareils auxiliaires indispensables.
Il faut d'abord exiger des appareils d'induction qu'ils aient un nombre suffisant de grandes spirales en fils métalliques, pour fournir la force de courant nécessaire; il faut aussi que la longueur et l'épaisseur des fils de la première et de la deuxième spirale, soient proportionnelles entre elles. (11 m'a toujours semblé que les spirales secondaires, faites de fils très minces, sont moins utiles que les autres, parce
APPAREILS d'induction
qu'elles fournissent des courants bien plus douloureux.) On doit avoir des dispositions commodes pour l'écoulement des courants d'induction secondaires et primaires, et qui pei'mettent de graduer la force des courants, d'une manière suffisante, dans toutes les directions. Enfin, l'interrupteur automatique doit fonctionner d'une manière sûre et fidèle ; il faut choisir avec soin l'élément galvanique nécessaire pour le fonctionnement de l'appareil; cet élément doit être suffisamment fort et solide et répondre au nombre des tours et à l'épaisseur des fils métalliques de la première spirale.
On remplit ces conditions, d'une façon plus ou moins satisfaisante, par d'innombrables procédés de construction. Pour toutes les recherches scientifiques, pour des travaux précis, pour des appareils fixes dans la maison du médecin et du spécialiste, nous recommandons surtout les appareils à cha?not de Dubois Reymond que le laboratoire physiologique vous a fait suffisamment connaître. Us sont construits avec des modifications très diverses ; il sont pourvus d'une échelle dont le point zéro doit être placé de manière à désigner la complète superposition et adéquation des rouleaux.
Pour d'autres destinations, particulièrement pour la pratique extradomiciliaire, pour le transport facile dans différentes salles de malades, les meilleurs instruments sont les appareils d'induction dits transportables, dans lesquels l'appareil d'induction proprement dit se trouve lui-même avec un ou plusieurs éléments galvaniques qui le meuvent dans un coffre fermant à clef et facile à transporter. Les rouleaux peuvent être posés horizontalement ou verticalement; ils sont aussi pourvus de combinaisons propres à graduer le courant et assez souvent d'échelles permettant de discerner les degrés. Il existe de nombreux appareils de cette espèce, grands et petits et plus ou moins commodes ; les plus connus, ceux qui sont pour ainsi dire typiques, ont longtemps été fabriqués par Stohrer (qui habite maintenant Leipzig). Aujourd'hui ces mômes appareils sont construits par tous les fabricants possibles ( Hirschmann, Krïiger. Prager, etc., à Berlin, Leiter à Vienne, Fein à Stuttgart et beaucoup d'autres) et il sont partout également bien construits.
Enfin l'industrie des fabricants et l'esprit d'invention de maints électrothérapeulisles ont imaginé de nombreuses formes de petits appareils d'induction, dits de poche, qui se distinguent par leur peu de grandeur et de poids, par la facihté avec laquelle on les manie et on les utilise ; ces petits appareils sont aussi très utiles en pratique et dans un grand nombre de cas ; mais ils ne sont pas propres à des recherches plus exactes, comme diagnostic et recherches scientifiques. De plus, quand on les emploie trop souvent et d'une manière presque continuelle, ils refusent bientôt leurs services (témoin les petits appa-
28 mÈAmviK uk i'hysique
reils de fiaifTe, de Trouvé, les appareils, d'ailleurs recominandables soiis bien des ra|)port,s do Spamor-Kriiger, Slohrer, etc. )
Nalurellemonl le prix des appareils se rC'f,He entièreinenl sur leur grandeur el dimension ; on en a qui coûtent 20 marks ; les plus cliers coiMent 2o0 marks. Mais il sera toujours bon de ne pas se régler pour acheter les appareils sur la modicité relative de leur prix; on devra plutôt tenir compte de leur solidité, de leur utilité en divers sens, enfin de leur durée présumable.
Si l'on veut confectionner des balleries galvaniques on pourra utiliser tous les éléments galvaniques, pourvu qu'ils soient en bon élat el bien arrangés, — depuis les anciens éléments de Daniell, Grove, Bunsen, jusqu'aux éléments modernes do Stohrer, Siemcns-Halske, Pincus, Leclanché, Trouvé, Muirhead, Smee, etc. Pratiquement, vous aurez naturellement eu, en faisant votre choix, à tenir compte du bas prix de l'instrument, de son utilité, de la facilité avec laquelle on le manie» du nombre et de la propreté des éléments.
Il y a un point toutefois que je ne voudrais pas omettre : il ne faut pas attacher une trop grande importance à la constance extrême et absolue des éléments pour l'électrothérapie pratique. La prétention d'avoir des éléments réellement constants émise quelquefois par les électrothérapeutistes rigides ou avec ostentation par les fabricants d'éléments est tout simplement naïve en face de l'état réel des choses. Une constance des éléments telle qu'il nous la faut pour nos applications, à des individus isolés, pendant trois, cinq ou au plus dix minutes, est obtenue, môme avec la plus mauvaise construction de ces éléments. D'autre part, même en employant les éléments les plus constants que l'on puisse imaginer, pour les usages thérapeutiques ordinaires sur les corps vivants, on introduit dans le courant circulaire tant de facteurs qui causent des fluctuations dans la force des courants (par exemple, l'humidité et la durée du courant, qui accroissent la conductbilité de l'épiderme et de la peau; la modification des résistances par l'élévation ou l'abaissement de la température, par la quantité plus ou moins grande de liquide qui mouille les électrodes; le changement de la pression sous laquelle on les applique ; la polarisa- 1ir)n des électrodes peut être même dans l'intérieur des tissus, etc.), que la prétendue constance du courant devient purement illusoire. La constance des éléments n'a son utilité que pour la durée et la fidélité de la batterie en tout; mais ce n'est nullement une condition nécessaire pour nos besoins thérapeutiques isolés et cela peut parfaitement être compensé par d'autres avantages que présentent maints éléments inconstants.
Les conditions indispensables auxquelles doit satisfaire une batterie galvanique destinée à un médecin praticien^ sont : un maniement et
uattL';hies galvaniques 29
une conservation faciles, une certaine durée assurée aux éléments, dont le nombre doit être sulfisant ; possibilité de les intercaler ou de les extraire à tout moment et de les remplacer ; combinaison exacte et commode pour une intercalation à volonté et possibilité d'utiliser n'importe quel nombre d'éléments.
Le talent et l'imagination des mécaniciens ainsi que les études ardentes des physiciens et des électrothérapeutistes ont beaucoup fait, dans ce sens, durant ces dernières dizaines d'années et nous possédons maintenant quantité de batteries composées des éléments les plus divers (de Stohrer, Leclanché, Siemens-Halske, Daniell, Trouvé, etc.), qui ne laissent presque plus rien à désirer. On fonde naturellement son choix sur les motifs les plus variés. Mais il n'existe pas de batterie parfaite ni qu'on puisse recommander de préférence à toutes les autres. Les habitudes et les penchants des différents électrothérapeutistes font aussi naître des différences dans les jugements, mais il reste encore toujours une difficulté à surmonter : il s'agit de construire une batterie aisément et sûrement transportaJile et pouvant ensuite fonctionner sans obstacles ; telle enfin qu'elle pût accompagner le praticien en voiture. On a, il est vrai, déjà fait de très grands progrès dans ce sens et il existe aujourd'hui de nombreuses batteries parfaitement transportables ; cependant, elles présentent encore maints inconvénients. Vous m'entendrez dire dans une des prochaines leçons, pourquoi et comment les éléments, utilisables sur l'homme dans un but thérapeutique, peuvent être aussi petits qu'on le voudra, sans rien perdre de leur force électromotrice; cependant cette exiguïté a aussi ses hmites pratiques : maints de ces instruments durent peu ; on doit craindre une trop prompte évaporation ; il est nécessaire de renouveler souvent le liquide des piles ; il faut souvent changer les métaux contenus dans l'élément, etc. Il y aurait du reste un grand intérêt à rechercher si des éléments de différentes grandeurs, d'une seule et même construction ou si des éléments de constructions diverses (Bunsen et Leclanché, Daniell et Pincus) peuvent avoir des effets différents aux points de vue physiologique et thérapeutique. Suivant la physique pure, cette hypothèse est inadmissible. Cependant les remarques et les expériences de différents électrothérapeutistes prouveraient cette possibilité.
Moi-même je n'ai pas de très nombreuses données sur toutes ces constructions diverses. Et je crois qu'avec chacune d'elles, à laquelle on s'est arrêté et qu'on a bien choisie, on peut arriver à de bons résultats. Mais autant que je puis en juger, je puis affirmer que, pour le praticien ordinaire, les batteries Stohrer, qui sont contrefaites à l'infini, sont préférables à toutes les autres, les plus grandes pour être utilisées à domicile, les plus petites pour être portatives et à l'usage de chaque patient en particulier, sont les meilleures, surtout si l'on
l'HÉAMBLLE DK l'lIVSIOUE
lient à posséder des instruments nouveaux et perfectionnés. Pour le spécialiste et pour les hôpitaux, etc., on pourrait recommander les grandes batteries de Siemens-IIalske ou les éléments de Leclanflié et môme ceux de Mcidinger. Mais ces machines ont besoin, de temps en temps, d'ôlre entièrement renouvelées par un mécanicien, et leur conservation au dépôt est plus diincile et fait perdre plus de temps. Les bonnes maisons allemandes pour les batteries galvaniques sont : Stohrer, à Leipzig (auparavant à Dresde) ; Hirschmann, h Berlin ; Kriiger, à Berlin ; Fein, à Stuttgart ; lleller, à Nuremberg ; Reiniger, à ILrlangen, etc.