NÉVROSES DES NERFS DE L'ODORAT
quelque chose directement contre l'ageusis ; bien des fois cette afTection persiste plus longtemps que l'afTeclion principale ou reste tout à fait permanente.
Si ensuite vous considérez comme indiquée une intervention directe, le plus utile serait d'exciter directement, de préférence au moyen du courant galvanique, les nerfs du goût, en prenant pour point de départ la langue et la cavité buccale ; vous frottez ensuite, avec une petite électrode-éponge (électrode pharyngée, p. 43o) ou avec la paire d'électrodes de Neumann, consistant en sondes nouées ensemble, toute la partie de la membrane muqueuse en question et cela assez énergiquement, pendant quelques minutes, avec une force de courant telle qu'elle ait la propriété de provoquer des sensations de goût précises, ce dont vous vous serez assuré, soit sur la moitié saine de la langue du patient, soit sur vous-mêmes ou que vous déterminerez à l'aide d'un galvanomètre introduit dans le circuit.
Névroses des nerfs de l'odorat
sont encore bien plus rares et moins importantes que les névroses du goût, quoiqu'elles provoquent bien des fois un trouble bien plus notable du goût que ces névroses du goût elles-mêmes.
Ici encore ce n'est que l'affaiblissement de la faculté olfactive, l'anosmie, qui a été jusqu'ici l'objet d'expériences thérapeutiques. L'anosmie apparaît assez fréquemment seule (par affections du nez lui-même, par lésion des nerfs olfactifs à la suite detraumatismes crâniens, par dégénérescence à la suite de processus séniles, etc.) ; mais souvent aussi elle se combine avec toute sorte d'autres troubles nerveux, qui dépendent de l'affection principale (tumeurs au cerveau, blessures par arme à feu traversant l'orbite, méningite, hémorragies du cerveau, hystérie, etc.). En ce qui concerne la localisation des influences thérapeutiques, il faudrait mentionner ici particulièrement le fait que l'anosmie du côté gauche a souvent été observée concurremment avec l'hémiplégie du côté droit et de l'aphasie ; que l'anosmie, lorsqu'elle est accompagnée d'hémianeslhésie et de troubles des autre sens, indique que le siège de la lésion est dans la capsule interne, mais que le siège de l'anosmie corticale doit être d'abord plus nettement fixé (probablement dans les lobes temporaux.)
On trouve dans divers auteurs quelques données sur le traitement efficace de l'anosmie par l'électricité ; ainsi Duchenne a vu des succès dans la faradisalion de la membrane muqueuse du nez, surtout chez des hystériques. Barwinkel traita 3 cas d'anosmie, ayant duré de 1 à 10 ans (causés probablement par des rhumes de cerveau opiniâtres). Il obtint des guérisons dans deux cas, au bout de 6 séances ; dans le troi- Erb. — Èlectrotliérapie. 38
39i MALADIES DES ORGANES DU MOUVEMENT, ETC.
siéme une amélioration au bout de 6 séances aussi. Sa méthode consiste à galvaniser avec un faible courant, de Ja nuque à la membrane muqueuse du nez, de telle sorte que l'éleclrode-sonde passait et repassait lentement sur celle-ci ; particulièrement sur les parties postérieures.
Il se manifesta alors des sensations olfactives et subjectives diversement caractérisées ; il y eut aussi une forte sécrétion. Fieber aussi obtitit un résultat de l'emploi dn courant galvanique (électrodes olivaircs dans les deux narines). Neftel fut témoin du retour de la faculté olfactive après une absence de 20 ans, pendant le cours du traitement galvanique du bourdonnement chez le môme sujet. Beard observa également une amélioration de l'anosmie, par un traitement galvanique du nez, externe et interne, Ferrier guérit, dans l'espace de quelques semaines, une anosmie traumatique, qui durait depuis de longues années, à l'aide du courant galvanique (dirigé transversalement par les fosses zygomatiques ou de la racine du nez à l'une de ces fossesu
Il est donc indubitable que bien des cas d'anosmie peuvent être guéris par l'électricité. Les méthodes à ce nécessaires se dénoncent d'elles-mêmes. Il faut avant tout attaquer le mal dans sa racine, puis, en toutes circonstances traiter galvaniquement les olfactifs euxmêmes, en faisant passer le courant transversalement par les parties antérieures des tempes ou par une direction longitudinale, de la racine du nez à la nuque, avec une direction de courant alternante. On peut y ajouter un traitement direct, à partir de la cavité nasale elle-même au moyen d'une électrode-bouton mince et ayant la forme d'une sonde (isolée jusqu'à la pointe) ; cette électrode est introduite dans la cavité nasale elle-même et, autant que possible, promenée sur de plus grandes parties de la membrane muqueuse, surtout vers le haut, c'est ce que l'on peut effectuer avec le courant faradique comme avec le courant galvanique (Ka). Quant à l'emploi de courants plus forts, vous en serez détournés, ne fût-ce que par la délicatesse que ce procédé exige.
Xf. Maladies des organes du mouvement, des glandes, des organes de la poitrine et de l'appareil de la digestion.
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