‹ Traité d'électrothérapie [electronic resource]Chapitre 183 sur 210 · MÉTHODES SPÉCIALES DE TRAITEMENT · texte numérisé non relu

MÉTHODES SPÉCIALES DE TRAITEMENT

provoquera de nouveau des sensations, ou, pour mieux dire, des bourdonnements. LTn affaiblissement combiné, par diminution du nombre des éléments alternant avec la diminution des résistances rhéostatiques (dans la fermeture latérale), un long arrêt dans les degrés inférieurs du courant, avant qu'ils ne soient encore affaiblis davantage, i3arfois même une augmentation passagère de la force du courant, et enfin l'écartement de l'électrode de l'oreille en la faisant glisser sur le cuir chevelu, tels sont les moyens à l'aide desquels, en général, vous pourrez atteindre votre but. Des personnes très sensibles, chez lesquelles les manifestation collatérales sont très développées doivent être d'abord habituées à l'action de courants très faibles, avant qu'on puisse passer laux courants plus forts et, à proprement dire, seuls actifs.

Les séances doivent durer assez longtemps et être fréquentes, si l'on veut confirmer le résultat: 3, 15, 20 minutes: leur répétition se règle chaque fois d'après les circonstances.

Les résullaLs du traitement galvanique, du sifflement des oreilles, sont très différents entre eux, bien des fois très brillants et très prompts, d'autres fois lents et presque insensibles; souvent même ils font complètement défaut. Quelles sont les proportions numériques des succès et des insuccès ? C'est là une question à laquelle on ne peut pas encore donner de réponse décisive, d'autant plus que les cas sont si inégaux entre eux. Dans les formes les plus favorables (simple hyperesthésie avec certitude de calmer le sifflement par l'AnD), le processus s'effectue ordinairement de telle sorte qu'après la séance, le bruissement ait d'abord disparu pour ^ ou ^ heure ou même pour quelques heures, parfois même jusqu'au lendemain. Rarement il disparaît d'une manière durable, après une seule séance ; cependant on en a vu (par exemple voir obs. 157). Généralement il revient au temps indiqué ci-dessus, avec une force croissant peu à peu, pour être de nouveau dissipé par la séance galvanique suivante et cette fois-ci pour un temps plus long. C'est ainsi que peu à peu l'on produit la guérison. Plus le bruissement revient avec vitesse après la première séance, plus il se rapproche de nouveau de sa force antérieure, plus il conserve exactement le caractère qu'il avait auparavant, plus la guérison sera lente et vice versa. Mais je considère comme guérissables, d'après les expériences susmentionnées, toutes les espèces de bruissement qui sont complètement réduites à néant par l'AnD. Dans les cas moins favorables, on est r Tcé souvent d'attendre longtemps jusqu'à ce qu'il se produise un réfc .:tat et, plus d'une fois, vous devrez essayer différentes méthodes de traitement, des modifications variées des procédés à employer, pour arriver au but ; mais ces cas sont d'autant plus intéressants que le résultat extérieur parait moins brillant.

En tout cas, vous pourrez, môme chez des malades qui paraissent

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incurables, après que chez eux tous les autres expédients de la thérapeutique ont été épuisés, ne pas reculer devant une tentative ultérieure avec le courant éloclriiiue, pour provofjuer la guérison.

J'ai vu souvent un bi iiissuinent d'oreilles qui, au début, n'avait pas été modifié par le courant, s'annéliorer et disparaître après une interruption de 0 ou 12 mois, au moyen du Irailemenl galvanique.

Il résulte des observations qui viennent d'être mentionnées que, môme la dureté nerveuse de l'ouïe disparait souvent sous l'influence du courant galvanique et que les mêmes opérations qui amènent la disparition du bourdonnement provoquent souvent aussi une notable amélioration dans le fonctionnement des oreilles (voir les obs. 152, 155 et 160). Mais il y a aussi des cas de semi-surdité, dans lesquels il n'existe pas de bourdonnement, mais où l'origine nerveuse du mal est très vraisemblable, soit par l'absence de toute afleclion palpable de l'oreille elle-même, soit par la présence de formules de réaction galvaniques anormales, soit par suite de l'existence de toute sorte d'autres troubles nerveux concomitants. Je vais donc en citer quelques exemples.

i&i" Observation de Brenner. — Dureté de l'ouïe sans modifications anatomiques palpables. Réaction galvanique. Étudiant âgé de 23 ans, souffrant depuis deux ans d'une dureté de l'ouïe. L'investigation otiatriquc ne décèle pas de modifications anatoraiques. Une montre à droite à b pouces, à gauche à 3 pouces. Parole à 3 pieds^ voix basse à grande proximité seulement. Fomule de réaction galvanique.

KaFT KaDT >

KaOT \

AnFT > [ Sensations de tintement d'un timbre différent.

AnDT )

AnOT

Le traitement a pour but d'éviter, au moyen de l'introduction par traînées, l'ÂnF-réaction, d'augmenter par une longue durée de courant l'ÂnO réaction, d'accroître la KaF-réaction par commutation de l'An à la Ka, d'éluder la KaO-réactioii à l'aide de la sortie par traînées.

Au bout de 2 mois : montre à droite à 12 pouces, à gauche à 7. — Amélioration plus notable pour la voix : voix moyennement forteàT pieds, murmurante à 2 pieds. — Les réactions pathologiques ont besoin, pour être provoquées, de forces de courant plus grandes, les réactions normales sont devenues plus inLoiises.

162° Obs. de Brtnner. — Barété de l'oinc avec modifications anatomiques . — Torpeur du nerf acoustique. — Amélioration considérable. — Veuve, oOans, affectée depuis 17 ans d'une dureté de fouie croissante, a.\ec sifflemcnl.s d'oreille violents cl par suite mauvaise humeur. Une montre ordinaire n'est entendue ni au moyen de l'oreille ni par l'intermédiaire des os céphaliques. Mem-

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brane du tympan légèrement ternie, avec cûne lumineux normal ; marteau fortement proéminent; conduits libres, etc. — Un traitement otiatri(pie long et persistant a fait disparaître les sifflements et amélioré le champ d'audition de l'oreille droite de manière que la montre est entendue à 46 pouces à droite, à 2 1/2 pouces seulement à gauche. — Galvaniquement, le nerf acoustique droit indique la formule quasi normale, le gauche en revanche tous les signes de la réaclion torpide (p. 220). L'oreille gauche est traitée galvaniquement et l'on s'efl'orce d'y accroître, par des commutation, de l'An et la Ka, l'excitabilité du nerf acoustique. Le résultat fut:

1'''' séance: Amplitude auditive 2 1/2 pouces

id

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If)

Les indices de l'excitabilité abaissée diminuèrent, KaD et AnO-réaction s'établirent. — Le traitement fut interrompu.

Même dans des cas semblables et analogues, il y a lieu d'essayer le courant galvanique. La méthode de traitement se règle tout d'abord sur la formule que l'on a constatée et ses anomalies, et elle consiste en tentatives appropriées faites pour éliminer ces anomalies et ramener la formule à la normale, éventuellement pour diminuer l'inertie du nerf acoustique et augmenter graduellement, par une excitation répétée et par les actions modifiantes du courant, l'excitabilité du nerf acoustique. S'il n'existe point d'anomalies de la formule de réaction, le traitement doit être conduit et pratiqué strictement d'après les principes généraux.

Les essais tentés pour porter remède par l'électricité à la surdité congénitale et par suite à la surdt-muUlé, n'ont jusqu'ici conduit qu'à des résultats très peu satisfaisants ; pourtant il existe à ce sujet quelques observations particulières. Il ne me semble pas nécessaire de m'occuper spécialement de la méthode à employer.

En revanche il faut encore mentionner ici brièvement la maladie dite de Menière, car on peut aussi la rattacher à une maladie de l'appareil nerveux acoustique : la surdité subite, les sifflements d'oreille qui ne sont pas rares, joints à un vertige violent, la tête semblant se briser, en outre l'absence de tout changement dans l'oreille externe ou moyenne, ainsi que les résultats de l'exploration lors de l examen du nerf acoustique lui-même, le démontrent d'une façon suffisante. S'agil-il ici d'un épanchement sanguin dans le limaçon ou d'une inflammation de cet organe ou des autres, c'est Ici une question qui n'est pas encore bien établie.

En tout cas, on peut aussi essayer le courant galvanique contre cette affection très décourageante, en l'instituant soit sur la base de la formule de réaction qui peut exister, soit d'après les règles généralement

f>02 AFKECTIONS DES ORGANES DES SENS

Cil vigueur |)our U; I liiilement des processus analomiques intracraniens.

11 vous paraîtra inrlubilable, Messieurs, d'après ces données, que l'on peut obtenir du courant électrique appliqué aux affections nerveuses de l'ouïe, des résultats assez nombreux et assez importants. Nous n'en serons que plus surpris de reconnaître que beaucoup de médecins au reste éminents, n'apprécient que médiocrement l'importance diagnostique et thérapeutique de ce moyen curatif, qu'ils se sont efforcés (le l'oublier et qu'ils lui ont à peine accordé une courte mention dans leurs traités et manuels. Ces médecins devraient bien se débarrasser de leurs scrupules et ne pas priver leurs malades, durement éprouvés, de l'emploi d'une médication dont la valeur est mise hors de doute par des observations authentiques nombreuses; mais la science passera à l'ordre du jour sur le vote exprimé par ces savants, vote fondé sur l'ignorance de la question et elle ne se laissera pas enlever la satisfaction de constater des faits dûment acquis et intéressants, ainsi que les résultats pratiques qui en dérivent.

Les névroses des nerfs du goût

Ne sont que très rarement l'objet d'un traitement électrique spécial. L'unique trouble de ces nerfs, dont il soit question de temps à autre, est la paralysie du goût, ageusis. On ne l'a jamais observée isolément ; par contre on la remarque souvent comme symptôme des affections nerveuses les plus diverses, par exemple dans les lésions du trijumeau, de la base du crâne, lors des lésions de la corde du tympan dans l'oreille moyenne, dans les paralysies faciales rhumatismales et traumatiques, dans les lésions tout à fait périphériques du lingual, ou lors des maladies du glosso-pharyngien, de plus dans certaines affections du cerveau, dans l'hémianesthésie avec participation des autres organes des sens ; elle est fréquente surtout dans l'hémianesthésie hystérique.

Toutes ces lésions ou la plupart d'entre elles peuvent aussi être traitées par l'électricité, comme vous le savez déjà ; mais avant tout, il faut instituer le traitement de l'affection fondamentale, d'après les inéthodes de vous connues, lesquelles peuvent être très différentes pour chaque cas en particulier. (Galvanisation transversale et longitudinale à travers le crfxne, le traitement de la paralysie du facial et du Irijumeau, etc. (voir les leçons antérieures).

Avec ce traitement, le trouble du goût disparait d'ordinaire promptement et aisément, comme dans la paralysie faciale rhumatismale, à supposer naturellement qu'il s'agisse précisément d'une lésion curable en soi. En règle générale, vous n'aurez pas lieu d'entreprendre

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