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INCONTINENCE NOCTURNE D'URINE

ment suivant le mode ci-dessiis décrit ; on a môme aussi essayé ici (Duchenne, Petrequin, Erdmann), d'introduire simultanément nne électrode cathétérienne dans le canal de l'urèthre ou dans la vessie et d'exciter de la sorte les muscles vésicaux. Comme alors tout moyen de mesurer la force du courant employé fait défaut et que l'on n'excite en outre que les parties de muscles placées en arrière ce procédé ne présente ancun avantage particulier.

Dans tous les cas graves et rebelles de paralysie de la vessie, j'ajoute encore, en principe, une galvanisation directe et énergique de la moelle lombaire, afin d'y exciter directement les centres d'innervation vésicale ; suivant les circonstances, j'y rattache même encore un traitement énergique et labile par la Ka de la queue de cheval jusqu'au coccj'x et au périnée, ou un traitement de la moelle épinière jusqu'à la colonne cervicale.

Vous effectuerez tout naturellement un choix parmi ces méthodes d'application, suivant les cas existants et leur diagnostic ; en général il est bon de passer graduellement des procédés les plus légers et les plus doux aux plus énergiques et aux plus actifs.

Les résultats de ce traitement sont très variés dans les cas particuliers ; dans la myélite transverse, la compression ou l'épanchement sanguin, etc. , ils sont d'ordinaires très précaires ; ils sont bien meilleurs dans lelabes où le traitement électrique constitue souvent un adjuvant e.\cellent; ils sont très favorables, maintes fois brillants, dans les affections hystériques, ainsi que dans la paralysie cérébro-vésicale ; très favorables aussi dans maintes formes d'intoxication ou dans les paralysies dont la nature est inconnue ; toutefois même ici, toutes les méthodes de traitement vous font défaut.

Une forme toute spéciale de faiblesse vésicale, est X incontinence nocturne d'urine, dite enuresis nocturna ; elle est, pour l'électrothérapie, un objet des plus favorables.

Les hypothèses émises sur la nature intime de cette affection fréquente ne sont nullement démontrées et il y a place encore pour des hypothèses de tout genre sur le siège exact et la pathogénèse de la maladie en question. 11 me semble que cette cause intime se trouve, pour la grande majorité des cas, dans un défaut d'harmonie entre le sommeil qui est profond, et l'énergie de l'excitation sensible reliée à la plénitude de la vessie, par conséquent au besoin d'évacuer l'urine. L'explication est tout au moins valable pour tous les cas dans lesquels, durant le jour, il n'existe absolument aucun trouble d'écoulement urinaire. Mais il n'est pas toujours facile de discerner dans un cas particulier, quelle part il faut attribuer a la profondeur anormale du sommeil et à l'excitabilité sensible quelque peu amoindrie de la vessie et de son col ; il y a certainement des cas dans lesquels ce som-

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iTic'il profond dont certains individus peuvent être très difficilement lires par doHfippel.s, des secousses, etc., est la cause unique de la pénible an'oclion dont il s'agit ; chez d'autres personnes, il parait y avoir en lait une obtusion de l'excitabilité sensible de la vessie. — En outre on pourrait peut-être aussi incriminer une augmentation d'excitabilité des centres vésicaux dans la moelle lombaire, qui, lors d'une excitation périphérique plus faible que la normale, détermine aussitôt une évacuation réflexe irrésistible delà vessie. — Enfin pour les cas dans lesquels il existe ime incontinence d'urine à un degré plus ou moins accentué, par suite de laquelle les enfants mouillent leurs vêlements môme durant le jour, ne peuvent pas durant l'école sortir assez vite, il faut admettre une certaine faibless^e du s|jhincter vésical. Il faut donc accepter des causes diverses pour les cas particuliers, et la localisation du trouble peut-être recherchée à des hauteurs très diverses dans les voies nerveuses qui régissent le dégorgement de la vessie, périphériquement dans la moelle lombaire, plus haut encore dans la moelle dorsale, peut-être même dans le cerveau. Gomme tous les autres phénomènes d"une lésion matérielle manquent habituellement nous devons admettre un trouble fonctionnel limité sur ces voies et reposant vraisemblablement en bien des cas sur une disposition névropathique persistante.

Le traitement s'applique tout d'abord et le plus souvent à la vessie elle-même et la méthde indiquée par Seeligmiiller a ici la prééminence, vu sa grande simplicité et son efficacité qui n'en est pas moins parfaite. Seeligmiiller introduit une lame de laiton (ou lil métallique) d'environ 1 centimètre de longueur dans l'orifice du canal de l'urèthre (chez les jeunes filles aussi), le relie à la Ka d'un courant faradique secondaire et applique l'An avec l'électrode éponge sur la symphyse ; on fait passer durant quelques minutes un courant d'une force nettement sensible ; il en résulte d'ordinaire une amélioration immédiate dont Seeligmiiller cite quelques exemples tout à fait frappants ; entre autres le suivant :

171" 06s. de Seeligmûller. — Enuresis nocturne (et diurne). Jeune fille de 22 ans, a été afTectée, dès sa plus tendre enfance, d'une incontinence d'urine, qui persiste le jour et la nuit. Tous les remèdes possibles ont été inutilement mis en usage. Maints intervalles de rémission d'une durée d'un ou de plusieurs mois, pendant lesquels l'enuresis nocturne disparaissait ; le jour toute fois, la patiente était incommodée au plus haut point par son affection. Durant les derniers six mois, la malade a été régulièrement 2 ou 3 fois pendant la nuit, réveillée de son très profond sommeil et cependant il n'était pas rare qu'il y eut évacuation involontaire d'urine. Les conséquences de l'alfection sur l'état général sont très fâcheuses ; la maladie empêche tout travail et tout plaisir ; amaigrissement, aspect cachectique, mauvaise

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hiuneur. — Traitement faradique comme ci-dessous, durant îi minutes ^ après la première séance, amélioration immédiale ; durant le jour, évacuation d'urine à deux reprises seulement (le jour précédent, tous les quarts d'heure!) la nuit, pas du tout ; sommeil excellent. — Après la troisième séance déjà l'état est tout à fait normal ; la patiente a maintenant, d'une manière caractéristique, nn sommeil très léger, elle s'éveille au moindre bruit, tandis qu'auparavant elle dormait très profondément. Àprès la huitième séance, la patiente fut congédiée complètement guérie ; la guérison se maintient ; l'étal général était excellent.

Ponr ma pari, je me comporte habituellement de la façon suivante; j'applique l'An sur la moelle lombaire, la Ka (plus petite) tout d'abord sur la symphyse, puis au périnée, en faisant passer un courant assez fort pendant 1-2 minutes et pour finir, je fais pénétrer dans le canal de l'urèthre une électrode de fil métallique d'environ 2 centimètres (chez les petites filles, je la remplace par une petite électrode éponge que j'introduis entre les grandes lèvres, afin de l'appliquer contre l'orifice du canal de l'urèthre) et dès lors je fais agir ici aussi le courant faradique pendant 1-2 minutes, avec une énergie telle qu'elle fasse naître une impression sensible accentuée, un peu douloureuse.

Dans les cas les plus rebelles, je fais pénétrer aussi une électrode uréthrale jusqu'au col de la vessie où j'applique en outre le courant électrique de la manière ci-dessus décrite ; en tous cas j'adjoins alors toujours un traitement galvanique de la moelle lombaire et éventuellement aussi de toute la moelle épinière jusqu'à la partie cervicale, tout comme dans les cas les plus graves de paralysie de la vessie. Vous n'aurez presque jamais à recourir à un traitement direct du col de la vessie, à partir de l'urèthre et du rectum, tel qu'il a été pratiqué par Duchenne, Erdmann et Desparquets.

Les résultats de ce traitement électrique sont d'ordinaire remarquables, spécialement lorsqu'il s'agit d'enfants quelque peu âgés ou déjà grands; après une seule séance ou un petit nombre de séances, il s'est déjà manifesté une amélioration, le plus souvent, au bout de peu de temps, U y a guérison ; maintes fois aussi cependant, un traitement longtemps prolongé est nécessaire et je ne cacherai pas que le traitement électrique m'a complètement fait défaut dans bien des cas, en dépit d' une application raisonnée et modifiée dans tous les sens.

Maladies des org-anes mâles de la génération

Parmi elles ce sont surtout les troubles fonctionnels qui se prêtent au traitement électrique; des autres je n'ai que très peu de chose à dire.

Les renseignements fournis par Ghéron et Moreau Wolf sur les

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succès obtenus par eux au moyen iJu IraitemenL galvanique de tin- /lammniion, du (jonflemml et (k l' liypartropliia de la prostate n'inspirent pas grande confiance et n'ont été depuis <:onrirmée.s ni par ces auteurs ni par nul autre. Ces opérateurs introduisent une électrode métallique dans le rectum, l'appliquent contre la prostate (le plus souvent la Ka, l'An seulement quand il existe une sensibilité manifeste) et placent l'autre sur le périnée. Les forces de courant sont modérées; durée de 5-10 minutes, au total 18-20 séances. Les résultats sont dépeints comme étonnamment favorables, le procédé vanté comme bien plus efTicacc que les autres moyens curatifs chirugicaux et médicinaux.

Les savants précités prétendent avoir obtenu des résultats tout semblables, dans Vorchitc blennori^harjirjue et Iraumatique ; ils affirment qu'au moyen du traitement galvanique ils abrègent notamment la durée de la maladie et remettent les malades en état de travailler, l^eur méthode consiste à faire passer un fort courant galvanique stable au travers du gonflement, durant 6-8 minutes ; ensuite un courant stable allant du point le plus douloureux du gonflement jusqu'au cordon spermatique (4-6 minutes) et enfin un courant ascendant le long du dit cordon.. Immédiatement après cette application, il se produit un mieux et la guérison est complète, au bout d'un petit nombre de séances. Ces notions méritent encore confirmation. J'ai cru devoir les rapporter, afin d'appeler sur elles l'attention de ceux qui voudraient aussi essayer, sur ce domaine, le courant électrique ; cela d'autant plus que notre connaissance des actions calalytiques du courant ne permet en aucune façon d'exclure la possibilité de semblables résultats.

On a souvent aussi, et non sans succès, employé les courants électriques contre l'onanisme et les excès sexuels entraînant l'atrophie et l'atonie des testicules. La méthode consiste à faire passer des courants faradiques ou galvaniques modérément forts, durant quelque minutes, au travers des testicules, éventuellement aussi à galvaniser simultanément le cordon spermatique, a cause des vaisseaux et nerfs y aboutissants.

Le domaine le plus important et le plus favorable pour l'électrothérapeute, ce sont toutefois les anomalies fonctionnelles si communes, telles qu'elles peuvent se manifester dans les divers degrés d'impuissance, les pollutions pathologiques, la spermatorriiée et l'aspermatisme. Il ne m'a pas été donné d'étudier d'aucune façon la pathologie de ces troubles si multiples, si complexes et si graves, d'autant plus que le procédé électrothérapeutique est presque toujours assez identique pour les diverses afl'eclions dont il s'agit ici. Je vous renverrai donc plutôt, pour tous détails plus amples, à l'excellent travail de Curschman et au chapitre spécial du livre de Bénédikl. Je ne puis ici que faire pressentir qu'une partie des troubles précités doit être rattachée à des

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