GALVANOMÈTRE
dre que le galvanomèlre est très ulile, pour ne pas dire indispensable, à quiconque veut mesurer la force réelle du coura7il, qui entre en action, aussi bien lors des recherches diagnostiques que lors des applications thérapeutiques.
J'ai, le premier, démontré que le galvanomètre seul pouvait fournir des données incontestables sur la force du courant, dans les expériences d'irritabilité électrique quantitative, alors que la détermination de celte force était totalement insuffisante et défectueuse, par la méthode usitée auparavant, de la numération du nombre d'éléments employés ou des résistances rhéostatiques intercalées dans une fermeture secondaire. Sur mon invitation Hirschmann, à Berlin, construisit un galvanomètre (vertical, d'après le principe du multiplicateur), qui satisfait toutes les exigences raisonnables, possède quatre degrés différents de sensibilité, permet ainsi de mesurer les forces les plus diverses des courants et se montre très utile dans les recherches diagnostiques.
On l'a assez généralement adopté ; il présente cependant quelques inconvénients : les nombres qu'il fait trouver ne sont comparables qu'à ceux de chaque instrument en patticulier ; de plus, suivant la sensibilité plus ou moins grande de chacun de ces instruments, les indications de l'aiguille varient considérablement, même quand les forces des courants sont égales, de telle sorte que les constatations, faites par différents observateurs, avec des galvanomètres divers, ne peuvent nullement être comparées entre elles. Ajoutez-y que, dans de petites déviations, la force du courant est, jusqu'à un certain point, proportionnelle à l'angle de divergence, tandis que, si l'aiguille fait des écarts extraordinaires, les forces des courants grandissent bien plus vite que les angles de divergence.
Voilà pourquoi l'on a cherché, dans ces derniers temps, à faire disparaître ces inconvénients, en confectionnant des galvanomètres qui indiquassent la force réelle des courants. Ces galvanomètres sont gradués empiriquement de telle sorte qu'ils indiquent la force éventuelle du courant en unités déterminées et universellement adoptées. On peut donc déclarer, après avoir consulté l'instrument : il y a ici un courant de 6, 10, 20 ou 25 unités de la force d'un courant. Comme les résistances augmentent à mesure que l'aiguille tourne, il est clair que les degrés de l'échelle doivent de plus en plus se rapprocher les uns des autres. Il est vrai que les inventeurs actuels se disputent pour savoir quelle unité de force d'un courant il conviendrait de fixer: est-ce le milhweber', proposé par les Anglais, ou les unités adoptées en Alle-
I. La mesiu-e anglaise est telle qu'un coui-ant de 'A daniells, traversant le corps humain, équivaudrait à peu près à un milliweber ; un courant de 15 éléments c'est- ?i-dire à peu près 5 milliwebers, un courant de 30 éléments c'est-à-dire environ 10 Erb. — Électrolhérapie. 5
'îi rnÉAMIIULR DIC l'IjySIOb'E
magne, qui difforcnl iiii peu des mesures anglaises. Les assertions jusqu'ici émanées de de Walleville, Van Hessc, Bernhardl, E. Ilemak el V. Millier, permeltonl d'espérer, qu'avant peu, on réussira à fixer l'unilé chercliée eL à construire des galvanomètres, gradués d'après une échelle spéciale, ce qui permettra d'apprendre aisément, à la vue d'un galvanomètre, quelle est la force du courant en question. Ce perfectionnement souhaité et recherché serait précieux : nous serions à même d'indiquer la force d'un courant en nombres simples et entiers (par exemple, courant de o, iO, 20 milliwebers, etc.). Dans les expériences d'irritabilité, on indiquerait exactement la force d'un courant; on comparerait exactement les indications d'autrui aux nôtres. En fait de thérapeutique, on contrôlerait soigneusement les forces des courants utilisés et l'on doserait pour ainsi dire l'électricité, comme les autres médicaments.
Toutefois la question n'est pas aussi simple que beaucoup de personnes se le figurent ; il reste encore bien des difficultés à surmonter et nous ne pourrons pas de sitôt jouir pleinement des avantages précités. Les hommes du métier réussiront, sans doute, à faire disparaître les difficultés de construction encore existantes, en fait de galvanomètres. On pourra spécialement, avec un peu de prudence, éviter la source de fautes dénoncées par F. Millier, pour les galvanomètres absolument horizontaux, à savoir que ces instruments, par l'efl'et du magnétisme terrestre, siiivant les localités et les difi'érents degrés de latitude, montreront des différences dans les déviations de l'aiguille. Bien plus important me paraît, si je puis in'exprimer ainsi, un obstacle physiologique qui s'oppose à l'utilisation générale de mesures absolues, en fait de courant électrique : c'est l'importance delà densité du coiwant, tout à fait indépendante de la force absolue du courant pour l'action physiologique thérapeutique du courant ; tout électricien expérimenté sait que l'action d'un courant de 5 milliwebers, par exemple, quand l'électrode, placée sur le nerf, a une surface de contact d'un centimètre carré, est tout autre quand cette surface de contact a vingt centimètres carrés, avec une force de courant pareillement de 5 milliwebers. Il n'y a donc rien à faire avec les simples indications que peut-être un nerf, avec 2 milliwebers de force de courant, donne la première commotion de fermeture de la kathode ou que la moelle de l'épine dorsale a été traitée par des courants de 10 milliwebers ; il faut absolument y ajouter l'indication la plus précise de la méthode, de la forme et de la grandeur des électrodes et des points exacts de leurs jonctions, sans quoi les indications de la force absolue du courant n'ont aucune va-
millivvcbers, enfin un courant de 60 éléments c'est-ù-dire environ 20 milliwebers cotistituent le plus fort in.strument que l'on puisse ordinairement employer.
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leur pratique. Mais cette nouvelle difficulté pourra aussi être vaincue, en grande partie, avec un peu de bonne volonté.
La construction des galvanomètres à graduation absolue est encore à l'étude ; on n'est encore parvenu à aucune perfection ; on vante les galvanomètres horizontaux de Gaiffe, à Paris ; plusieurs maisons allemandes s'occupent de fabriquer des galvanomètres verticaux devant être perfectionnés sous tous les rapports ; mais on ne les a pas encore jugés définitivement.
Stohrer a, depuis peu, fait adopter pareillement un galvanomèti^e horizontal, muni d'une graduation absolue ; cet mstrument est assurément utile, mais il partage avec les autres, on le conçoit, l'inconvénient qui affecte tous les appareils de ce genre. J'ai vu à Londres un galvanomètre vertical, absolu, fabriqué par Thistleton sur de grandes proportions, qui me paraissait également très convenable.
Pour graduer avec plus de délicatesse et d'égalité la force d'un courant sur l'arc de fermeture, bien des expérimentateurs se sont efforcés d'introduire dans l'électrothérapie, ce qu'on appelle rhéostats. On s'est efforcé d'atteindre ce but en partie, au moyen de l'intercalation, dans l'arc de fermeture lui-même, de résistances graduelles, de colonnes liquides ordinaires d'eau, de solutions salines, etc. (l'héostats liquides), en partie par l'intercalation, dans une fermeture parallèle au cercle principal du courant, de résistances alternantes dont l'accroissement concorde avec celui de la force du courant, sur l'arc de fermeture, et dont la diminution concorde avec la diminution de la force du courant dans le cercle principal (rhéostat à bouchon, de Brenner). Tous ces instruments ne fonctionnent que d'une manière très défectueuse. Les rhéostats liquides deviennent bientôt incertains, par l'effet de l'électrolyse et de la polarisation ; ils n'opèrent habituellement avec promptitude et précision que sur un nombre restreint d'éléments et l'on peut tout au plus en recommander l'emploi lorsqu'on veut entrer ou sortir très lentement, là où l'on veut éviter le bond de un ou de deux éléments, que le compteur d'éléments rend seul possible. Très utiles sont les rhéostats liquides construits par Slohrer d'après les indications de Runge, remplis d'une solution au 40 de sulfate de zinc, avec des électrodes de zinc amalgamé. Ces rhéostats sont simples, à bon marché et d'une utilité tout à fait pratique.
Le rhéostat à bouchon, surtout dans sa première forme de construction avec trois disques à contact, ne permet d'ailleurs qu'une graduation saccadée et irrégulière de la force d'un courant et n'est nullement utilisable pour mesurer et indiquer la force d'un courant, parce qu'avec chaque changement des résistances dans le rhéostat, l'ensemble de la force du courant se modifie et qu'une fraction inappréciable de cette force revient au cercle principal du courant. En outre
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l'action du rhéostat sur la force du courant, présente quelques ditl'érences dans difTérontcs batteries (dépendant do la grandeur des élé' menls?). De plus, l'instrument est très cher et très difficile à manier. On a tâché d'obvier à cet inconvénient par l'introduction des rhéostats il manivelle ; je trouve surtout pratique la modification du rhéostat proposée par llolst, laquelle permet d'intercaler peu à peu et sans saccade les résistances à des degrés, de chacun 20 unités Siemens.
Je crois au reste qu'il ne faut pas encore vanter outre mesure un rhéostat quelconque et que nos moyens de graduer finement et régulièrement la force d'un courant laissent encore beaucoup à désirer.
Pour diriger le courant, du commulateur de courant aux électrodes, on peut se servir de ce qu'on appelle \e?. co7'dons de condurti'bilùé. Ils doivent être aussi minces et aussi flexibles que possible, ne pas s'enrouler, ne pas se briser facilement et avoir une longueur de 1 mètre cinquante centimètres h 2 mètres. La meilleure manière de les confectionner est de prendre des fils très fins à torsion lâche, d'argent ou de cuivre, ou de coton ou soie recouverts d'un tricot métallique. On doit bien les isoler, principalement à l'aide de minces sachets de caoutchouc, pour éviter l'humectation et par là la possibilité de fermetures parallèles non prévues. Il importe surtout que leur communication avec les crampons qui adhèrent au dévialeur du courant et aux électrodes soit aussi stable, aussi sûre que possible ; ce qu'il y a de mieux est de les fixer à des porte-cordons assez solides par enlacement et soudure.
Pour les besoins du diagnostic et de la thérapeutique, on introduit ensuite le courant dans le corps humain, au moyen des électrodes. Leur grandeur, forme et construction ont une importance extrême ; malgré cela, on rencontre encore des électrodes peu utiles et absolument insuffisantes dans un grand nombre de cas. Le choix doit être purement guidé par le but qu'on se propose et simplement d'après les lois physiques que nous exposerons dans la prochaine leçon.
Je pense que les électrodes les plus utiles sont celles de métal (particulièrement celles de laiton et mieux encore bien nickelées; cependant on peut aussi sa servir de celles de charbon. On a des électrodes en forme de boutons et d'autres en forme de plaques. On fera bien de recouvrir les premières, d'une mince couche d'éponge (ce qui vaut mieux que le cuir assoupli) ; les secondes, d'une flanelle moelleuse, recouverte elle-même d'un fin tissu de toile. Les électrodes-plaques peuvent être carrées ou rondes ; les meilleures sont celles qui sont un peu recourbées aux coins et su ries bords, et présentant surtout les plus grandes, une certaine concavité sur leur surface. Il faut surtout veiller à ceque la couverture ne s'use pas sur les bords, de manière à laisser voir le métal.