LOIS DE SECOUSSE DE PPLUGER
les deux directions du courant est plus forte que la secousse d'ouverture. Enfin dans les courants Irès forts, les résistances à la direction qui se manifestent aux. pôles et qui ne disparaissent que lentement, entravent quand le courant est ascendant, la propagation de l'excitation de fermeture et, quand le courant est descendant, la propagation de la secousse d'ouverture vers le muscle, et déterminent ainsi la forme spéciale de ce ti"oisième degré delà loi de secousse.
D'après ces faits, je recommande à toute votre attention la conclusion, d'après laquelle les phénomènes de la loi des secousses ne repo sent à priori que sur les effets différents des deuxpôles, que la secousse de fermeture est la conséquence exclusive de l'effet produit par la kathode, tandis que la secousse d'ouverture est l'effet de l'anode ; de plus que l'excitation de fermeture (par conséquent la kathode), est notablement plus forte que l'excitation d'ouverture (action de l'anode). Nous retrouverons ces faits chez l'homme vivant.
Mais avant de passer à cette question, j'ai encore à mentionner succinctement, quelques points ; et d'abord, le fait que dans les courants très forts, la fermeture du courant n'est pas suivie d'une commotion courte et simple, mais se manifeste souvent sous la forme d'une contraction tonique prolongée ou tétanique, qui diminue ensuite peu à peu ; tonus de fermeture ou tétanos de fermeture (F Te). Les physiologistes se sont donné beaucoup de peine pour expliquer ce phénomène, qui contredit la proposition fondamentale de Dubois-Reymond, et qui nous force presque à admettre que le nerf moteur est excité par le courant galvanique suffisamment fort, même pendant son écoulement constant. En effet, on admettra aussi que précisément de faibles courants, de direction descendante ont une action tétanisante, quand l'espace à parcourir est long ; mais on n'a pas encore trouvé une explication satisfaisante de ce phénomène. J'ai pourtant dû mentionner le fait, parce que nous pouvons aisément produire, à chaque instant, sur un homme vivant, un pareil tétanos de fermeture.
Il existe quelque chose de comparable à l'égard du tétanos d'ouverture dont les physiologistes ont beaucoup parlé ; c'est une secousse d'ouverture ayant la forme d'une forte contraction tonique, d'assez longue durée. Ce phénomène est rare, quand les nerfs sont tout à fait frais et à l'état normal ; il ne se manifeste jamais que sur des nerfs déjà modifiés et dans les zones nerveuses dont l'excitabilité est très augmentée. On peut en trouver aisément l'exphcation dans les lois de Pfliiger, relatives à l'électrotonus. Contrairement au tétanos de fermeture, le tétanos d'ouverture ne se manifeste, chez l'homme vivant, que dans des cas extrêmement rares et, à ce qu'il parait, toujours dans des cas pathologiques.
Les lois de Pfliiger donnent aussi une expUcation satisfaisante d'un
"ÏU iaECTUOI'HYSIOLOGIE
autre phénomène, connu d'abr)i-(l sous le nom (V alterna tives vo l laïques ; si le courant a étc'; loiigtfMiips lermédansla niArrir; direction, son excitabilité (;st augmontéc pour V ouverture du courant dirir/édans le même sem et pour la fermeture du courant dirigé en sens contraire. Des changements rt-itiirés do la direction du courant (désignés généralement, en t'iectrothérapie, sou5 la courte dénomination de commutations) provoquent donc une nolabhi auginenUition de la force de la secousse, en d'auti-es termes, du tétanos de lermeture. Cette augmentation ne s'explique nullement d'une manière satisfaisante par la diminution de la résistance de conductibilité, produite vraisemblablement par les commutations, elle s'explique bien plutôt par l'accumulation des effets de l'excitation de l'anode (disparition de l'anélectrotonus) et de la kathode (naissance du katéieclrotonus) sur un seul et mT^me point des nerfs (variant à chaque commutation).
De plus, Rumpf a prouvé récemment par une série d'expériences physiologiques que, sur le nerf moteur encore relié à l'organe central, la commotion d'ouverture du courant ascendant ne se manifeste que longtemps après (par une force plus grande et un écoulement plus long du courant) que dans le nerf séparé de l'organe central. Nous retrouverons ce fait, à l'occasion de faits pathologiques. Biedermann s'est déclaré depuis peu l'adversaire de l'expUcaiion donnée par Rumpf de ces résultats d'expériences.
Valentin aussi affirmait, dès l'année 1863, que la seule secousse se manifestant constamment dans le nerf vivant normal, est la secousse de fermeture avec direction quelconque de courant.
Je dois encore ajouter que le nexf moteur est complètement inaccessible à un courant strictement transversal, que ce soit avec des courants galvaniques ou faradiques ; je dirai enfin que ce nerf est aussi inaccessible pour des courants galvaniques de courte durée (de moins de 0,0015 sec), qualité qui appartient toutefois au muscle à un degré bien plus élevé.
Messieurs, pour le médecin praticien, dont le but de la vie est non la constalion de faits physiologiques et la découverte des lois qui les relient, mais l'utilisation pratique de ces lois pour la guérison des malades, s'élève la question de savoir si nous pourrons aussi démontrer dans le nerf moteur d'un homme vivant et parfaitement sain, la loi de la S'ecousse dans ses traits fondamentaux ou du moins sous une forme peu différente et si nous pourrons trouver dans celte démonstration une certitude et une régularité telles que nous puissions l'utiliser dans un intérêt pratique et peut-être pour le diagnostic.
L'expérience nous apprend qu'une pareille démonstration est possible avec toute certitude, malgré les grandes difficultés qui paraissent s'opposer à cette entreprise, si on se borne à la considérer au point de
LOI DE SECOUSSE CHEZ l'hOMME VIVANT 71
vue purement physiologique ; mais ce point de vue n'a nullement besoin d'être examiné par nous.
En réalité, nos essais, ayant pour but d'établir la loi des secousses pour l'homme vivant ne peuvent être comparés, comme exactitude aux essais des physiologistes. Nous ne pouvons mettre à nu les nerfs qu'il s'agit d'examiner, ni les isoler sur de longs espaces m les poser sur les électrodes conductrices ; nous avons au contraire affaire à des nerfs, qui sont entourés de cou(;hes épaisses de tissus plus ou moins bons conducteurs, que suit un grand nombre de traînées de courants ; nous ne pouvons donc, en aucune façon, établir partout, dans la partie du nerf parcourue, une égale densité de codant; toujours, à proximité des électrodes, la densité du courant sera plus grande que dans les sections avoisinan tes du nerf; môme dans l'espace intrapolaire, si les électrodes ne sont pas très rapprochées l'une de l'autre, la densité sera bientôt si faible qu'un fragment du nerf peut être considéré comme non traversé par le courant, et il sera tout à fait impossible d'établir une seule direction déterminée de courant dans le nerf vivant, totalement entouré de parties molles. Si l'on jette un coup d'oeil sur la figure 16 ci-jointe, on verra ce qu'a déjà exprimé une pensée de Helmholtz, et ce que plus tard, Filehne a développé, que, dans les expériences percutanées ordinaires il y a jusqu'à trois, peut-être même quatre directions actives de courants qui existent nécessairement dans ce nerf. On trouve eTisuite, dans le voisinage de l'anode aussi bien que dans celui de la kathode, chaque fois un espace parcouru par un courant ascendant et descendant.
Nous sommes donc entièrement incapables d'établir, chez l'homme vivant, un mode d'expériences strictement « physiologique » ; et spécialement la direction de courant, à laquelle les physiologistes accordent une si grande valeur, à tort, comme je le pense, doit dans nos expériences rester absolument hors de compte ; nous devons tendre à [rouyer line loi des secousses dans le nerf moteur vivant, d'un corps intact, quelle que soù la direction du courantK
I . Stpickor ;i, dans un travail publié lout récemment, cherché îi prouver par des
Figurcî in.
Grossier sohiim i îles lils ilo <'oui'ant acrlits, <lnns rnp|ilioiilioii iici ciilaiiée ordinaire des deux ùlecLrodoj sur un Tierl' (nerf eul)iLal au liras). Los lils inertes du eourani, sont, poncluùs. On ronstiiLe diins le neif V directions dit'féreutes de eourani
72 ÉLECïROl'UySIOLOGIE
Mais n'avons-nous donc pas VU que, pour les naanifeslalions de la loi des secousses, l'influence seule el unique des actions des pôles, est décisive ? lil ne devions-nous pas conclure précisément des fail^ physiologiques que, du moins, pour les deux premiers alinéas de la loi des commotions, qui seuls nous intéressent, la direction du courant est chose tout à fait indifrérenlc, les actions décisives des pôles se manifestant sans aucun obstacle dans chaque direction de courant?
En fait, il n'y a pas de doute que notre tâche puisse se simplifier, tout en tenant compte de la physiologie, au point de ne Boumetlre à l'étude que les actions des deux pôles sur l'homme vivant. Il faut que nous nous assurions si ces actions peuvent se démontrer, si elles peuvent se démontrer régulièrement et si elles se produisent d'une façon normale quand les forces des courants sont différentes. De la sorte notre tâche est considérablement allégée.
Car ce problème n'est en réalité pas difïicile à résoudre ; quand on ne place qu'w?? pôle dans le voisinage immédiat du nerf qu'il s'agit d'examiner el l'autre pôle aussi loin que possible du premier, la densité du courant sera, en tout cas, sous le premier pôle, dans le nerf, si grande que l'action de ce pôle se fera seule presque exclusivement sentir. Qu'est ainsi que l'on peut examiner cette action isolée, lors de la fermeture et de l'ouverture d'un courant et quand ce courant est ascendant.
Cette méthode, en elle-même très simple et très facile à trouver, a été, à ce qu'il paraît, sciemment employée pour la première fois, en électrolhérapie, par Baierlacher. Cet auteur a déjà fixé la loi des commotions polaires sur le nerf péronier et cubital, d'une manière parfaitement exacte et avec des méthodes de recherches contrôlantes ; mais il n'en a pas tiré toutes les conséquences possibles pour le diagnostic et la thérapeutique. C'est assurément le grand mérite dejgifijgt ner d'avoir étudié et développé systématiquement et avec originalité ce procédé et de l'avoir élevé à la hauteur d'un système bien détaillé, bien défini el applicable en premier lieu à l'homme vivant. C'est ce qu'on appelle la méthode de recherche polaire^ au moyen de laquelle Brenner a coordonné, avec logique, 'une méthode polaire de thérapeutique.
Mais celle méthode présente aussi ses diflicultés et ses particularités, qu'il faut connaître et se rappeler continuellement, pour en comprendre les résultats et pour procéder avec sûreté dans son maniement. Grâce à une étude expérimentale, très habilement conduite par Fi-
expériences physiologiques très variées, que la loi des commotions est tout fail indépendante delà direction des couianls; nous sommes forcés de laisser à la crilique expérimentale des pliysiologislcs, le soin de décider si les résullats de recherciies communiqués par lui, conslituenl des preuves convaincanics.
MÉTHODE POLAIRIi: d'EXAMIîN 73
lehne, hi connaissance de celle question a été notablement facilitée et, à ce qu'il me semble, les ditTiciiltés qui paraissaient s'opposera ladoptioa d"un accord complet entre la loi « physiologique » et « polaire » des secousses, ont été complètement surmontées.
En effet, nous ne pouvons d'aucune façon établir une a.clion..p.olaire tout à fait isolée dans aucun nerf ; si le courant pénètre quelque part (sr'par conséquent lanodcse trouve sur un point du nerf), il faut qu'il ressorte à quelque aulre place et peut-être sur plusieurs points (il doil nécessairement avoir une kalhode) et ce seront uniquement les différentes densités de ces fils du courant de sortie qui détermineront l'efficacité et la forme de ce deuxième pôle virtuel. — Bien plus, un examen schématique plus exact et un regard jeté sur la figure 17 ci-jointe, nous apprennent que, vu les conditions de conduclibihté existant dans un corps intact, chaque pôle placé isolément sur le nerf, doit avoir nécessairement non seulement un, mais encore deux pôles opposés dan? son voisinage immédiat. Si le courant traverse l'anode avec une certaine densité, les fils du courant se répandront dans les deux dii'ections du nerf avec une densité décroissante ; là où cette densité est devenue assez faible pour que le courant soit inerte (et tel est assurément le cas à une assez grande proximité de l'anode), nous pouvons y transporter l'espace d'où sortie courant, c'est-à-dire lakathode. Chaque anode est donc entourée de deux kathodes, dont la densité est bien moindre et, tout le contraire arrive, quand nous appliquons sur le nerf la kathode isolée.' Nous devons donc nous attendre, dans toutes les circonstances, à trouver, dans cotte méthode d'application, à côté de l'action du pôle directement appliqué, encore une autre action, — il est vrai très afl'aiblie, — "du pôle opposé et c'est là effectivement ce qui se passe, comme vous allez l'entendre. Nous obtenons toujours^ncore, à côté de l'action de fermeture de la kathode employée pour l'expérimentation, une faible action d'ouverture des anodes virtuelles, et, à côté de l'action d'ouverture de l'anode, chaque fois aussi, une action de fermeture des kathodes virtuelles ; et ce seront uniquement les éventualités de la disposition anatomique et la densité des traînées du courant, dans le nerf en question qui détermineront, si je puis m'exprimer ainsi, l'apparition de cette action secondaire, d'une façon plus ou moins évidente. En fait, nous la voyons surgir aussi dans les nerfs distincts du corps, avec une netteté plus ou moins grande ; mais comme nous n'avons jamais qu'à examiner les mêmes nerfs dans des conditions variables, cela ne présente pas de difficulté insurmontable. / La méthode de recherche polaire consiste donc en ce qu'une électrode, que Ton appelle « différente » soit mise en contact presque immédiat avec le segment des nerfs à examiner (par exemple sur les nerfs facial, cubital ou péronier) et, volontairement ou par nécessité, avec l'anode
ÉLlîCTnOPllYSIOLOGlIÎ
OU la knthodedela ballerie, et l'on constatera ainsi l'action de l'anode ou de la kalliode, à l'oiiverluro et à la lermeture de la cliaiiie et (juand les forces des courants varient.
L'autre électrode, appelée « indifl'érente » ou aussi électrode B, est placée sur une partie quelconque du corps, aussi éloignée que possible et indiiïérenle (sur le sternum, la colonne vertébrale, l'épigastre, la rotule, etc.) ; le mieux serait, pour unifier la technique et faciliter la com()araisoii des résullals, de choisir toujours la même place d'application iiidiirérente ; j'utilise pour cela exclusivement le sternum, où le patient peut lui-même fixer l'électrode avec une grande facilité.
La fermeture et l'ouverture nécessaires du cercle du courant s'efïec-
Figiirc 17.
Représentation seliématiquo de l'action polaire, primaire et secondaire (virtuelle), lors do l'applicalion unipolaire de l'éloetrodc sur un groupe de norl'<.
^uentle mieux avec un commutateur métallique de courant: si la kathode est sur le nerf et si l'on ferme le courant, on appelle cela « faire une fermeture de kalhode », ou « examiner la fermeture des kathodes » ou bien encore « fermer avec la kathode » (KaF) ; si l'on ouvre la chaîne, on fait une ouverture de kathode (KaO) ; c'est dans le même sens que l'on comprend « fermeture des anodes » (AnF) et « ouverture des anodes » (AnO). Les signes abrégés et ci-joints, entre parenthèses sont pratiquement très commodes et presque généralement adoptés.
La meilleure manière de procéder est d'abord, avec une force du I courant déterminée, mais basse, de rechercher KaF avec environ trois fermetures et, en môme temps, de tenir compte de KaO ; on expérimentera ensuite, de la même manière, AnF et .\nO. Pour découvrir les réactions d'ouverture, il est bon de laisser, pendant quelque temps, le courant fermé, parce que, comme vous l'avez déjà entendu, cela augmente l'excitabilité pour l'excitation de l'ouverture. Quand les forces des courants s'accroissent, ou-^xamine alors à quel degré de forces, les différents moments d'excitation sont suivis de secousses iSTe). On peut ensuite noter le tout, pour abréger ol résumer com-