DEGRÉS DE LA LOI DES SECOUSSES
plètement, en une formule clans laquelle les secousses plus ou moins fortes, sont marquons par des traits ou par des S redoublés (S', SS', ou SS, SSS, etc.). Vous devrez, durant ces expériences, vous imposer la plus grande uniformité et régularité de méthode, parce que c'est le seul moyen d'aboutir à des résultats que l'on pourra comparer entre eux et d'éviter jusqu'à un certain point les nombreuses sources d'erreurs que présentent ces recherches sur le corps d'un homme vivant.
Avec cette méthode vous pourrez donc, sur la plupart des nerfs moteurs de l'homme vivant et en étant absolument d'accord avec les faits physiologiques constater la thèse émise et démontrée par Brenner : que la kathode détermine principalement l'excitation de fermeture et l'anode principalement l excitation d' ouverture ; que par conséquent, ici encore, le processus d'excitation a lieu à la kathode lors de la fermeture et à l'anode lors de l'ouverture de la chaîne ; vous trouverez en outre, que l'action excitante de la kathode est bien plus grande que celle de l'anode. Avec cela, les secousses sont courtes, énergiques, rapides comme l'éclair, tant qu'elles ne se convertissent pas en contractions • toniques.
Il résulte déjà de ces deux théorèmes que la première secousse qui se produira lors de l'excitation d'un nerf moteur sera KaPS et que les secousses, provoquées par les autres agents d'excitation, ne s'ajouteront aux premières que quand les forces des courants auront augmenté. On peut de ces données déduire aisément les différents degrés dans la loi de secousse. Prenons, par exemple, le nerf cubital facile à exciter. Si vous le soumettez à cette épreuve, vous trouverez que peut-être avec huit éléments il ne se produit d'abord que KaFS ; par contre, il n'y aura encore eu aucune secousse à KaO, AnF et AuO. Avec dix éléments, cette KaFS deviendra déjà plus forte et il se produit maintenant une faible AnFS peut-être aussi déjà une non moins faible AnOS ; avec douze éléments, la KaFS devient déjà très vive. Peut-être prend-elle déjà un caractère légèrement tonique (un faible KaFTe) ; AnFS et AnOS deviennent plus fortes, surtout la dernière ; la KaO est encore inerte ; enfin avec 14, 16 et 18 éléments, vous obtiendrez une forte KaFTe, AnFS, AnOS, enfin une KaOS sensible, mais toujours faible.
Nous pouvons donc distinguer très commodément et très utilement trois degrés dans la loi des secousses. Je ne suis pas d'avis qu'il faille établir un plus grand nombre de degrés (on en a admis 6 et plus encore). Ce n'est, à mon avis, ni nécessaire ni pratique, parce qu'ils ne se confondent que trop facilement les uns avec les autres, et qu'ils se comportent autrement presque envers chaque nerf, ce qui n'est pas le cas de mes trois degrés.
J^egré (faible courant), seulement'KâFS et rien de plus.
KLKCTHOI'UySIOLOGIE
^° degré (coiiranl d'une jbrc^ moyonne) : KaFS' plus forte; à elle viennent se joindre maintenant AnPS et înOS; toutes deux sont à peu près d'égale force ; mais tantôt c'est l'une, tantôt c'est l'autre qui se manifeste la première. Ainsi, par exemple, sur le nerf facial et sur le nerf cnbilal, AnFS paraît la première, sur le nerf radial, c'est AnOS. Ce sont là de petites différences, fondées certainement sur la situation anatoniiipie dos nerfs et sur la densité, qui en dépend, des traînées de courants déterminant l'action secondaire du pôle.
3" deffré (fort courant) : RaFS devient tonique, KaFTe ; AriFS et partiriilièremçiit AnOS deviennent plus fortes et en môme temps apparaît la faible KaOS sans doute dans bien des cas à cause du KaFTe, qui dure jusqu'à l'ouverture de la chaîne, et qui n'est pas ou très difficilement représentable.
D'autres degrés ne se produisent pas chez l'homme vivant bien portant ; il y aurait un degré plus élevé si le tétanos de l'ouverture de l'anode se manifestait; mais jamais encore, que je sache, ce tétanos n'a été observé chez l'homme dans le nerf moteursain et hienportanl. On réussit plutôt, avec des forces de courants très élevées, à obtenir un faible prolongement, et la constitution tonique de la AnFS.
Brenner a introduit, pour la rédaction de la loi des secousses une formide très simple et très pratique, relative aux six moments d'excitation possibles (KaF, KaD = durée delà kathode, c'est-à-dire le temps pendant lequel la chaîne est fermée ; ce que nous appelons tétanos de fermeture est une KaD-Réaction et KaO, AnF, AnD — durée des anodes, AnO) ; on enregistrera facilement à côté des formules la force et la durée des secousses ; cette formule serait ainsi conçue pour les trois degrés de la loi motrice des secousses:
Il est peut-êlre utile et nécessaire à la clarté des faits, que je viens de communiquer, d'introduire ici une reproduction schématique des forces différentes des commotions dans les différents moments d'excitation ; nous la déduisons comme base des opinions émises relativement à l'action polaire et à ses conditions physiques. L'intensité des différentes secousses est évidemment sur un seul et même nerf, toutes choses égales d'ailleurs, le produit de la grandeur d'excitation du pôle agissant (E) et de la densité du courant du point d'excitation (D), par conséquent S = E 1). Admettons pour ces idées les chiffres les pius simples; qu'ainsi la grandeur d'excitation (l'action excitante) de la K a =: 1, celle de la A n = i. Nous admettons de
1er degré
2e degré
K a F S' K a D — K a 0 — A n F s A nD — A n 0 s '
LOI rOLAlKE DE SECOUSSE
Uonsilé = 1/5
luùme que la densité du courant dans l'électrode différente, dans la partie à hachures noires du schéma ci-joint (fig. 18) — 1, et qu'elle soit par con- ^j,g— . I au siège des actions secondaires du pôle (dans la partie à hacliures claires au-dessus de l'électrode d'excitation, les traînées de courant allant par en bas peuvent bien être négligées sans grande erreur, dans le mode ordinaire de nos expériences). Vraisemblablement cette évaluation est encore trop "•rande tout comme l'hypothèse d'une demi-intensité de l'An par rapport à Ka est sans doute trop élevée ; la compensation s'établit, car il ne s'agit ici que d'une représentation schématique approximative.
Si donc l'électrode différente est la Ka, elle agit, lors de la fermeture du courant, avec l'intensité 1 et avec la densité 1 ; la KaFS est donc = 1 X 1 et a par conséquent la force 1.
. Mais, lors de l'ouverture du courant, l'action excitante n'a pas lieu à la Ka réelle; elle a lieu
à 1 An virtuelle (aux ab pole vii-tuel (+), lors de l aiipliraUon unipolaiie <lc la Ka au nerf
points des hachures claires), avec la force d'excitation de l'An = ; et avec la densité \. Ce que nous appelons KaOS est donc 3X3 ou ^ de force.
Mais si l'électrode différente e^t l'anode, l'excitation lors de la fermeture du courant (A nF), n'a pas lieu à l'anode réelle, mais à la kathode virtuelle (au point des hachures claires), avec l'intensité d'excitation de la Ka = 1 et de la densité = i. L'AnFS est donc = 1 X ^ = î de force.
Mais à présent, lors de l'ouverture du courant, l'excitation a lieu à l'anode même (la place des hachures sombres) avec la grandeur d'excitation i et la densité 1 ; 1' AnOS est donc égale à i X I et sa force est par conséquent de i également.
D'après cela, pour une force déterminée du courant, les grandeurs de secousses, vu les différents agents d'excitation, se classent de la manière suivante :
KaFS =1 ou = 4 AuFS = i ou =r 2 AnOS = l ou = 2 KaOS = \ ou = 1
L'homme compétent voit sans difficulté combien cette série répond aux rapports qu'il faut réellement observer, quoique, on le comprendra sans peine, cette simple série de chiffres ne puisse pas correspondre. exactement à la éalité des faits '.
Fig'Ul'O 18.
Représentation .«chématiq un delà dillérente densité au [ifllo diffeiont (—j
1 . Tout récemment de "Walleville (Brain, volume III, p. 23, 1880) a développé une
Ki.E(n"Hf)i'iiy.sioi.of;iK
Me.ssioiirs, le« |)li(''iK)iur;Mo.s quo jfi vous ai communiqués ici, vous pf)iirroz sur lous les noi'l's moteurs du corps humain, pour peu qu'ils soient accessibles au courant, les constater et les démonti-er avec une rigueur étonnante, malgré l'état défavorable de la science. Vous trouverez que tous les nerfs du corps ne se comportent pas d'une manière identique, mais (jue spécialement, pnr rapport au rAle de AnFS cl AnOS et à la possibilité d'atteindre KaOS, il existe certaines diflerences entre les nerfs pris un à un. Mais vous trouverez aussi que, sur un seul et même nerf, les relalions sfjnt toujours les mômes ; cela provient, comme je l'ai déjà dit, sans aucun doute, de la position anatomique et du courant qui en résulte pour le nerf. Vous n'aurez donc, en face de cet élat de choses, qu'à comparer toujours entre eux les nerfs qui portent le même nom, sans quoi vous pourriez aisément tomber dans des erreurs. Je ne crois pas nécessaire de me répéter à propos de tel ou tel nerf; mais si vous voulez lire un ouvrage détaillé sur ces questions, je vous renverrai aux écrits de Von Ziemssen et de Brenner, oîi-la question a été Iraitée pour une série de nerfs ; mais je crois qu'il vous sera plus utile d'examiner et d'élaborer tous ces détails, en les étudiant sur des personnes qui se prêteront aux expériences.
Les publications antérieurs, relatives à ce sujet se bornent à des expériences, sans intercalation simullanée d'un galvanomètre, de sorte qu'on n'y trouve rien de précis sur la mesure de la force de courant nécessaire pourles différents moments d'excilation. Je vais citer comme exemple le protocole d'une expérience pour l'examen galvanique de plusieurs nerfs d'au jeune homme bien portant où l'on peut reconnaître, d'une manière très nette la façon dont se comportent les différentes forces des moments d'excitation à l'égard des différents nerfs du corps; le mode de recherche est le mode ordinaire ; pour les forces de courants, j'ai signalé seulement les déviations de l'aiguille (près de InO RC au galvanomètre,); j'ai laissé de côté le nombre d'éléments— comme absolument indifférent, et comme un obstacle à une vue d'ensemble (du reste ces éléments fournissent relativement les mêmes indications que les déviations de l'aiguille). Les déviations sont celles oii apparut pour la première fois la secousse correspondante (KaFS, .\nFS, .\nOS, etc) ; KaD indique l'apparition de KaFTe.
Moments d'excitation,
nei'f ïiccessoire,
nerf riibital,
nerf radial,
nerf péronier
KaF
KaD
KaO
AnF
AnO
série de pcns<;cs loiilc semblable pour expliquer ces phénomène -. : je fais donc observer ici que depuis bien des années, j'ai expliqué le schéma ci-dessus dans mes cours d'élcctrothérapie.
r.Ol DE SECOUSSE DES DIFFÉRENTS NERFS 79
On y recouiiaU l'action relative de chacun des moments d'excitation sur chaque nerf en particulier comme sur l'ensemble des nerfs. Spécialement en ce qui regarde l'apparition momentanée de l'ÂnO et de l'AnFS dans les différents nerfs, ce tableau est très instructif; on voit qu'au nerf accessoire FAnOS apparaît bien plus tôt que l'AnFS ; il en est de même du nerf radial ; dans le nerf péronier l'ÂnOS ne se montre qu'un peu plus tôt, au contraire, dans le nerf cubital, bien plus tard que l'AnFS. Les choses se comportent à peu près de même chez tous les individus bien portants. Mais même dans les nerfs où AnFS apparaît relativement de bonne heure, si le courant est plus fort qu'à l'ordinaire, l'AuOS a bientôt gagné une prépondérance
L'excitabilité électrique des muscles de la vie de relation^ a été, pour les physiologistes, l'objet d'une longue querelle et d'un travail infini. La question souvent débattue, les muscles ont-ils une irritabilité propre, indépendante des nerfs moteurs (question que l'on pourrait avec raison formuler ainsi : l'irritabilité incontestable des muscles peut-elle être mise en activité par une autre voie que par le nerf moteur), cette question paraît enfin décidée et l'irritabilité des muscles élevée au-dessus de tous les doutes. A vrai dire, elle n'a pour le physiologiste qu'un intérêt théorique, car l'irritabilité musculaire propre n'est jamais mise à l'étude sur le corps normal, mais, pour nous autres pathologistes, elle présente une importance considérable-; car, abstraction faite des phénomènes d'excitation pathologiques, dans le tissu musculaire lui-même, nous rencontrons souvent des faits morbides, dans lesquels on peut constater une irritaljilité musculaire autonome et indépendante de la participation des nerfs moteurs; cette conslalation est utilisée pour nous dans des questions très importantes de diagnostic et de pronostic.
Au point de vue physiologique, on a trouvé maintenant que la loi I générale d'excitation de Dubois-Reymond s'applique aussi aux muscles.
Mais en même temps on a vu que la substance musculaire a, bien moins que le nerf, la faculté de réagir sur des courants d'une très courte durée ; aussi son excitabilité par les courants faradiques est-elle un peu plus difficile que par les courants galvaniques.
Mais, aux courants faradiques, le muscle répond, comme le nerf, par une secousse, à chaque décharge d'induction d'une force déterminée et par une contraction tétanique à. une série rapide de semblables décharges.
La loi galvanique de secousse du muscle, qui, jusque dans ces derniers temps, a été difl'éremment exposée et a toujours fait surgir de nouveaux expérimentateurs, paraît, d'après les recherches de Von Bezold et aussi d'après les travaux les plus récents d'Engelmann, Hering et
80 KI.KCTHOI'II YSIOLOGIE
Bio(l(!i'miiiiii, se compoiicr d'une manière loul à fait analogue à celle iIli nerf nioleiir, eL reposer aussi sur le fait que l'excitation de fermeturc n'a lieu (|u'à la k.iLhode et l'excitation d'ouverture qu'à l anode. Quand la force du courant esl moyenne, il se présente, avec les deux pôles, une secousse de fermeture et d'ouverture ; mais cette dernière est beaucoup plus faible et fait souvent défaut. C'est seulement, quand les forces des courants sont très élevées et quand la durée de la fermeture se prolonge longtemps, qu'il se produit régulièrement une secousse d'ouverture ; cela provient sans doute de ce que l'excitation d'ouverture est de très courte durée et de ce que le muscle réagit mal contre une excitation de courte durée ; alors la secousse d'ouverture est faible ou bien elle fait complètement défaut quand les forces des courants sont minimes. Dans des courants forts, il reste, aussi bien après la secousse de fermeture qu'après celle d'ouverture qui est beaucoup plus difficile, encore un degré plus ou moins grand de raccourcissement du muscle (contraction de la durée de fermeture et d'ouverture).
Mais l'examen de l'irritabilité directe des muscles rencontre des difficultés particulières chez l'homme vivant. Nous sommes absolument incapables d'exciter les muscles eux-mêmes, indépendamment des nerfs moteurs disséminés dans toute leur masse et les cas assez fréquents, dans lesquels, par suite d'états pathologiques, les nerfs moteurs sont complètement détruits et dégénérés jusque dans leurs ramifications les plus fines, et dans lesquels l'irritabilité directe des muscles reste conservée de la plus belle façon (voir plus bas le chapitre concernant la réaction de dégénérescence, leçons 9 et 10) ne peuvent aucunement être utilisés pour porter des conclusions sur l'étal physiologique, car il s'agit évidemment de modifications pathologiques de la substance musculaire elle-même et bien aussi de son irritabilité ; toujours est-il que ces cas démontrent l'existence d'une irritabilité musculaire directe. 1 Mais nous n'avons encore guère de documents positifs sur la façon normale et physiologique dont se comportent les muscles dans le corps intact de l'homme à l'égard du courant électrique.^
Les muscles vivants réagissent par des contractions tétaniques plus ou moins énergiques, suivant la force des courants, contrôle courant faradique dont le ressort oscille librement; à des courants d'induelion isolés, ils répondent par des secousses isolées. Ce résultat sera d'autant plus fréquent que vous vous rapprocherez plus avec l'électrode excitante du lieu d'entrée de ou des ramifications des nerfs moteurs dans le muscle ou que vous toucherez les points moteurs. C'est sur cela que repose la méthode de la faradisation locale des 7nuscles, que Duchcnne a le premier développée, que Hcmak a ramenée à