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L'évidence de ces chiffres est indiscutable. Ils prouvent incontestablement l'existence et la possibilité d'effectuer les modifications d'excitabilité électrotonique, même chez l'homme vivant.
D'autres aussi (Samt, Brûckner, Runge, V. Zienassen) ont étudié ces phénomènes ; mais les résultats trouvés par eux, sont très différents, souvent contradictoires et dus à une méthode irrégnlière ; rien de positif n'a été publié par eux et la prétendue exactitude de Samt, revendiquée par lui sur un ton présomptueux, pour la méthode suivie dans les expériences et dans la constatation des résultats, ne peut pas être considérée comme ayant eu des résultats réels, les complications et l'impossibilité de calculer chaque condition d'expérience sont beaucoup trop grandes pour permettre la fixation de rapports délicats. Au reste, Samt en vint à une telle accumulation de résultats contradictoires et se modifiant à chaque minute, qu'elle ne peut s'expliquer que par une méthode d'analyse et d'exécution tout à fait défectueuse. Les méthodes d'expériences de Brûckner et Runge sont si compliquées et si remphes de facteurs inappréciables, que les résultats obtenus par eux ne peuvent pas être considérés comme péremptoires. 11 serait donc encore toujours à désirer que la question fût remaniée et soumise à une étude nouvelle et approfondie '.
En attendant, nous pouvons et devons être satisfaits du résultat obtenu, d'après lequel il est possible de démontrer avec quelque certitude les phénomènes électrotoniques observés sur les nerfs moteurs, dans l'intérieur du corps humain vivant; mais nous reconnaissons aussi, spécialement par suite de mes recherches, ce fait — pouvant
1. Messieurs de Wattcville et Waller, îi Londres, onl entrepris cette étude avec des métliodes plus délicates et sont parvenus ii des résultais très satisfaisants, dont la publication sera prochaine, comme je l'ai appris en corrigeant les épreuves du présent chapitre.
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déjà être déduit théoriqueme/it, — (|ue ces conditions sont ici Ijcaucou]. plus compliquées que pour une préparation nervo-musculaire enlevée parle bistouri, (ju'il nous est impossible de polariser, sur une longue étendue, le nerf d'une manière uniforme et nettement délimitée, mais que nous obtenons toujours, dans cette expérience, une série d'au moins six avec l'excitation unipolaire, ou d'au moins trois étendues de nerfs, polarisées dans un sens alternatif, anélectrotoniques et katélectrotoniques, comme le montre le petit schéma ci-dessous (fig. 19;. Déjà cette étude jette un jour très douteux sur les expériences faites pour rendre les actions électrotoniques responsables, en première ligne, des résultais obtenus parla thérapeutique.
Mais les modifications d'excitabilité survenant pendant l'écoulement du courant polarisant, ne doivent nous intéresser que d'une façon tout à fait secondaire ; les actions persistant après l'ouverture du courant,
Figure 19.
Scliéma <le la polarisation (lilTùiente du nerf, lors do l'applicalion percutanée et bipolaire des électrodes Les espaces anélectrotonisés sont en iiacimres transversales, les katélectrotoniî^és en liaohures rectilignef^ .
qui sont plus ou moins durables, c'est-à-dire la modification — peut-être dwable — après L'ouverture du courant polarisant^ sont toujours plus importantes pour le thérapeutisle. La physiologie nous apprend que. dans ces circonstances, il reste aux deux pôles, c'est-à-dire dans presque toute la longueur du nerf polarisant, une modification po.sitive. d'un degré plus ou moins élevé, une augmentation de l'excitabilité; mais, ici encore, la prompte disparition de celte modification et le retour à l'état normal, ne sont nullement de nature à faire espérer de> modifications durables dans les cas pathologiques.
Toutefois, on s'est efforcé de démontrer cette modification positive sur le nerf intact de l'homme vivant, quoique les difficultés de la méthode et de l'organisation des expériences ne soient pas moins grande? ici que dans les expériences décrites jusque alors. Il ne faut tenir aucun compte des expériences antérieures faites dans ce sens ; car ceux qui y ont procédé ont négligé quelques précautions indispensables, ou n'ont abouti qu'à des résultats inconstants et variables, que l'on ne peut nullement utiliser. J'en dirai autant des expériences d'ailleurs si recommandables de Breiiner, sur ce qu'on appelle l'excitabilité secondaire el tertiaire des nerfs moteurs, c'est-à-dire l'augmentation de l'excitabilité par des fermetures antérieures dans la môme direction, puis par des fermetures antérieures aussi dans une direction opposée (changements de
ÉLIÎCTHOTONUS. MODIFICATION AI'HIJS l'oUVEHTUHH UU COUDANT 87
couranls) ; celle augmentation paraît souvent très considérable. Mais, comme en ceci la force de courant, nécessaire pour chaque excitation, n'a pas été déterminée galvanoniétriquement, il est impossible d'affirmer s'il s'agit ici réellement d'une augmentation de l'excitabilité el non pas plutôt d'une diminution des résistances à la conductibilité, diminution déterminée par l'action du courant; en tout cas, la modification de la*RG prend une part notable à cette augmentation apparente d'excitabilité ; il faudra de nouvelles recherches exactes, pour déterminer la grandeur de cette participation. Les seules expériences de cette nature, faites avec toutes les précautions possibles et avec une grande attention, émanent de E. Remak ; cet auteur s'est inutilement accru les grandes difficultés de ces expériences, par une étude exclusive de la modification strictement polaire de l'excitabilité et par l'exclusion peu justifiée du courant faradique employé comme moyen d'excitabilité. Remak arriva à ce résultat-ci : la durée de la kathode efi'ectue une modification positive de la KaFS. qui, par contre, ne se manifeste après la durée de l'anode qu'à un faible degré et après modification du mode de recherche. Toutefois, les différences de déviation de l'aiguille, qui sont en faveur de cette modification positive, et qui sont notées sur un galvanomètre très sensible sont de faible importance et si insignifiantes, par rapport aux grandes sources d'erreur que, même après ces recherches pénibles, je ne puis pas encore trouver une (Unions Irai ion suffisante de l'existence de la modification positive, après l'ouverture du courant polarisant. Ces expériences aussi ont besoin d'être répétées, bien que, selon moi, elles n'aient pas une grande valeur scientifique ou pratique. En effet, il ne pourra jamais être question d'une démonstration exacte de ces faits, sur le corps vivant d'un homme, avec des conditions d'expériences si défavorables et elle sera infiniment mieux faite sur le corps des animaux ; pour moi I utilité réelle de ces expériences en thérapeutique devient de plus en plus problématique, à mesure que j'avance dans la vie. ^
Sous le nom d'action raff'raîc/iissante du courant galvaniqiue, Heidenbain a, de son temps, décrit les actions modificatrices de ce courant sur"^ Nv' * des muscles fatigués et épuisés par une longue excitation électrique, il trouva que, quand de pareils muscles étaient devenus inexcitables, il pouvait de nouveau les rendre excitables, en agissant sur eux au moyen d'un courant galvanique durable et particulièrement en utilisant le courant ascendant ; mais cette augmentation d'excitabilité, ne se développe qu'après l'ouverture du courant dirigé dans le même sens, et après la fermeture du courant dirigé dans un sens opposé ; ce n'est donc, comme le pensent aujourd'hui la plupart des physiologistes, pas autre chose qu'un phénomène électrotonique que l'on peut comparer à l'action des alternatives voltaïques, dont j'ai parlé précé-
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demmenl. On n'a jusqu'ici, encore rien publir'i sur le rôle qu'il a pu jouer chez l'homme vivanl .