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RÉACTION ÉLECTHIOUE DES NERFS SENSIBLKS DE LA PEAU

sur le nerf cubital au coude, ou sur le nerf médian au-dessus de l'articulalion de la main, pendant la KaF et la KaD, se manifeste une sensation très vive, picotante et excentrique dans les doigts soumis à ce courant ; celte sensation diminue d'intensité peu à peu ; à la AnF et à la AnD, se manifeste une sensation excentrique bien plus faible, mais tout à fait analogue. Griilzner, aussi a constaté dernièrement, de nouveau, l'excitation durable des nerfs de la sensibilil(3 par le courant galvanique.

Les expériences de vivisection ne donnent, comme on le sait, que des explications très incomplètes des phénomènes qui se manifestent dans les nerfs de la sensibilité. Ainsi, sur des animaux, on n'a trouvé une loi dite de secousse des nerfs sensibles^ qu'au moyen d'un détour, en utilisant les actions réflexes qui se manifestent à l'excitation de nerfs sensibles (chez un animal légèrement slrychnisé), comme preuves de l'excitation sensible. Grâce à cette méthode, Pfliiger trouva la loi des secousses des nerfs sensibles en accord complet avec celle des nerfs moteurs, mutatis mutandis, c'est-à-dire avec les différences nécessairement déterminées par la direction de la conductibilité des nerfs sensibles (pour la 3'= classe.)

Il y a longtemps que les physiologistes n'ont plus fait, que je sache, sur l'homme vivant, de larges expériences ayant pour but la fixation de la loi des commotions sensibles. Ces expériences ne conduiraient qu'à des résultats embrouillés et obscurs, avec la méthode « pbysiologique » de recherches, à laquelle on tient avec une opiniâtreté étonnante, et qui ne peut passe séparer de la direction du courant. D'après nos précédents éclaircissements, il est clair que, même pour les nerfs sensibles de l'homme vivant, la méthode de recherche polaire est la seule applicable et que notre tâche consiste à étudier la manière dont se comportent les nerfs sensibles à l'égard des deux pôles, lors de la fermeture et de l'ouverture, et quand la force du courant varie. Quelques expériences en ce sens, auxquelles j'ai procédé récemment, m'ont appris que cela est bien possible et que Ton peut constater une concordance frappante avec la loi polaire et motrice des commotions.

Les excitations sensibles, dégagées par le courant galvanique, se manifestent aussi bien sur l'endroit de la peau, immédiatement recouvert par l'électrode différente que dans la région de distribution du nerf cutané sensible, dont le tronc en quelque partie tombe dans le domaine de cette électrode. Quand la force du courant grandit insensiblement (méthode d'expériences analogue à celle de l'étude de la loi motrice des commotions), se manifeste- d'abord (F) une courte sensation KaF qui, lorsque le courant est plus fort, se convertit en une sensation durable, picotante, excentrique et locale, dont l'intensité diminue peu à peu, durant KaD; suit une sensation analogue, courte et plus faible de

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AnO; un peu plus tard, iino l'aible sensation d'AnF, qui ne se convertit en AriD (\u(t lorsiiue le.s l'orces des courants augmentent ; enfin, quand la l'oroe du courant est relativement intense, quand on a laissé la nensalion KaD s'évanouir peu à peu, se manifeste une sensation de KaO, faible, mais précise (pendant toute l'expérience, on sent, à côté de la sensation picolante, une vive sensation de bri'dure à la peau, exactement bornée à la surface qui est en contact avec l'électrode). Ainsi donc, ici encore, il est évident que la kathode donne, avec prépondérance, une réaction de fermeture, et l'anode, une réaction d'ouverture et que la propriété excitante de la kalhode est de beaucoup la plus intense.

Viennent ici comme exemples les comptes rendus de deux expériences sur le nerf médian au-dessus de l'articulation de la main et à la branche cutanée du nerf radial, au bord radial de l' avant-bras. Méthode d'expérience comme à l'ordinaire, électrode indifférente sur le sternum ou à la nuque ; pour plus de simplicité, on ne mentionne que les déclinaisons de l'aiguille auxquelles les agents d'excitation provoquent pour la première fois une sensation ; ces agents sont classés d'abord dans la série oïl ils appartiennent.

Moments d'excitation

Nerf médian

Nerf radial

KaF

ÀnO

KaD

ÂnF

KaO

AnD

La concordance est étonnante; réunit-on les nombres dans notre formule ordinaire de la loi de secousse, on obtient une série complètement analogue à la Iqi de secousse motrice ; je vais citer, par exemple, la formule donnée plus haut (p. 178) pour le nerf péronier.

Loi des secousses sensibles sur le norf radial à l'avant-bras.

KaF:

KaD:

KaO AnF; AnO ;

Loi des secousses motrices sur le nci ( péronier au creux poplité.

On ne saurait guère désirer une plus grande analogie.

La sensation produite par l'action du courant faradiquc sur les nerfs

LOI DE SKCOUSSE DKS NEHPH SF-NSIliLES DE LA l'EAU 91

de la peau a un caractère étrange : chaque coup d'indiiclion donne naissance à une sensation courte et piquante qui, lorsque le ressort vibre librement, devient continue, picotante, puis brûlante et très douloureuse (surtout avec l'emploi d'électrodes métalliques sèches ou du pinceau métallique). Si l'on excite de la sorte un groupe de nerfs sensibles, on éprouve, dans toute la région de ces nerfs, cette sensation étrange, excentrique, picotante et étreignante ; elle est, quand on excite par la kathode, infiniment plus intense qu'avec l'anode. Les coups d'induction isolés ne sont pas aussi douloureux que ceux qui se succèdent en grand nombre, et l'intensité de la sensation faradique grandit avec la rapidité des interruptions.

Les nerfs musculaires sensibles ne peuvent pas facilement être étudiés isolément sous le rapport de leur action électrique, si ce n'est dans les muscles mis à nu par des blessures, des maladies ou des opérations ou dans une anesthésie de la peau complète et, même dans ces circonstances, on n'a jamais jusqu'ici observé et étudié dans les muscles une sensation sensible sans y constater en même temps une contraction. (Un heureux hasard pourrait seul, dans des circonstances pathologiques, fournir une occasion favorable à cette étude. On pourrait espérer ce résultat, dans un cas de réaction de dégénérescence et, en même temps, d'anesthésie complète de la peau, sans anesthésie concomitante des muscles.) Toute contraction vive des muscles est accompagnée d'une sensation nette, qui n'a rien de commun avec les sensations de la peau et qui, lorsque la contraction tétanique est forte, devient une douleur violente ; c'est la sensibilité électro-musculaire, qui a été étudiée principalement par Duchenne, avec l'aide exclusive du courant faradique. C'est une sensation particulière, sourde, tensive, qui a des relations étroites avec l'intensité de la contraction musculaire désirée. Cette sensation devient également apparente dans les courants galvaniques, dès qu'ils déterminent une contraction tétanique des muscles. L'étude de cette sensation peut être utile^ dans maintes circonstances pathologiques, mais elle est loin d'avoir la grande importance que lui prêtait Duchenne. De plus cette étude est extraordinairement difficile ou même impossible dans un très grand nombre de cas, à cause des complications, de l'excitation concomitante des nerfs sensibles, de la peau, du périoste, etc.

L'étude électrique des nerfs du cerveau ou, pour mieux dire, des organes du cerveau a donné des résultats bien plus intéressants (car nous n'avons à faire ici qu'à l'excitation des appareils terminaux, de la rétine, du limaçon, des canaux circulaires, etc.). Naturellement ces résultats n'ont pu être obtenus que sur des hommes vivants ; aussi les physiologistes et les électrothérapeutistes ont-ils souvent soumis leur propre corps à l'expérimentation.

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Pour ce qui concerne l'excitation électrique des organes des sens, on peut dire à priori que tous ne réagissent que très faiblenDCnt ou presque pas contre le courant faradique ; c'est seulement quand les courants faradi(|ueK sont très forts (|ue l'on constate de faibles sensatiojis qui, le plus souvent, sont dissimulées et troublées par la forte excitation des nerfs sensibles de la peau.

Par contre, les organes des sens réagissent presque facilement contre le courant galvanique, certains même avec une facilité extraordinaire par leurs sensations spécifiques ; l'œil par la sensation de lumière, l'oreille par celle de l'ouïe, la langue par celle du goût, le nez par celle des odeurs. Ici encore, il est facile de démontrer que toutes ces sensations se manifestent d'une façon strictement régulière et dépendent de l'influence des deux pùles. Il va de soi et toutes les observations et opérations de contrôle possibles ont prouvé surabondamment, quil s agit toujours ici d'une excitation galvanique directe des appareils cérébraux en question. L'opinion contraire, jadis soutenue avec opiniâtreté par plusieurs savants, opinion qui compte peut-être encore aujourd'hui quelques malheureux partisans et qui voulait faire dériver les sensations cérébrales galvaniques d'une excitation réflexe du nerf trijumeau, me paraît si peu appuyée et si foncièrement réfutée, qu'elle mérite à peine aujourd'hui d'être mentionnée.

C'est l'œil, c'est-à-dire le nerf optique ou la rétine qui réagit le plus aisément contre le courant galvanique. Vous n'avez besoin que de laisser passer, par les tempes ou par les joues, un faible courant, pour voir surgir des éclairs de lumière, à la fermeture ou à l'ouverture du courant, éclairs qui acquièrent une grande intensité, quand on augmente la force du courant; vous pouvez même faire une observation analogue en appliquant des courants un peu plus forts, assez loin de l'œil, sur le cou ou sur la nuque, même sur la poitrine ou sur le dos, preuve de l'extrême sensibilité de la rétine à l'égard des courants galvaniques, car elle est encore excitée par les traînées de courants, qui certes sont très faibles dans ces circonstances.

Les sensations galvaniques de lumière ont été dans des cas infiniment nombreux, l'objet de jeux électrophysiologiques; mais, dans des cas non moins fréquents, elles ont provoqué les recherches les plus approfondies et les plus consciencieuses des savants. Depuis l'époque des anciens galvanistes jusqu'à nos jours, beaucoup de physiologistes éminents se sont occupés de ces phénomènes et les ont expliqués de différentes manières; après les observations de Volta, Rilter, Grapengiesseret lleinhold, Purkinje surtout ont étudié une série d'importants détails et, dans ces derniers temps, Brunner, Funke et surtout Helmholtz ontélaboré cette matière. Ilolmholtz décrit très exactement, dans ses expériences, bien des fois modifiées, les sensations de lumière

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