FARADISATION ET C4ALVANISAT10N DU SYMPATHIQUE DU COU
pières et de l'orbite, muscle de Millier) ; enfin il dirige des fibres vers le cœur, et Dieu sait quoi encore; ce sont donc là des rapports Irôs compliqués, qui présentent des difficultés toutes spéciales dans , les expériences.
Même en ce qui concerne les expériences de physiologie faites sur le nerf rais à nu, les savants n'ont encore pu s'entendre d'une manière satisfaisante que sur un nombre restreint de points. Voici ce qu'ils enseignent : en faradisant le sympathique du cou, on remarque d'abord un rétrécissement, puis une dilatation des vaisseaux de la moitié correspondante de la tête et du visage, une augmentation de la pression moyenne du cerveau (qui est en grande partie ramenée par G. Fischer à une excitation du pneumogastrique et des nerfs de la sensibilité), une dilatation de la pupille du même côté, une dilatation de la fente palpébrale, une faible exophtalmie, une accélération des battements du cœur.
Qaa.nd on galvanise le sympathique du cou, l'effet est bien moindre et bien moins sûr ; maints physiologistes n'ont constaté aucun effet sur la pupille et sur les vaisseaux de la tête à la suite des courants galvaniques dirigés en divers sens. Cependant Landois et Mosler prétendent avoir vu, à la suite de l'excitation galvanique du nerf mis à nu, une commotion de fermeture et d'ouverture du dilatateur de la pupille (dilatation des pupilles). G. Fischer n'a pas pu constater cela sur la tête d'un homme décapité ; il n'a obtenu par des changements rapides du courant qu'une dilatation durable de la pupille; les résultats qu'il a produits, dans les voies vaso-motrices, sont tout aussi incertains ; ici encore on ne put constater l'existence d'aucune loi de commotion ; mais la durée du courant parut cependant avoir quelque action.
Sur l'homme vivant, on a, depuis que Remak a attribué une grande importance thérapeutique à la galvanisation du sympathique du cou, souvent attaqué et étudié cette question, sans aboutir à des résultats décisifs. Ici la situation est encore bien plus embrouillée que dans les expériences sur les animaux ; parce que, d'une part, la grande profondeur du sympathique du cou et la difficulté de l'atteindre, forment un obstacle presque infranchissable et que, d'autre part, la proximité du pneumogastrique, de la carotide avec ses plexus vaso-moteurs, de la base du cerveau, du faisceau des nerfs cervicaux et brachiaux, de la moelle cervicale, etc., qui tous sont certainement touchés parles traînées de courant, dans le seul mode d'expériences possible, produit une telle suite de complications qu'il ne saurait être question d'une appréciation exacte des résultats fournis par les expériences. Les résultats de toutes ces expériences présentent donc une grande incertitude ; chaque observateur a contredit son prédécesseur; des résultats opposés se sont très
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souvent produits, ot, en les étudiant, on no peut, pour le moment, qu'agir avec la plus grande circoof^pection. Voici à peu prés ce que l'on croit avoir constaté : lors de la /amdisalion du sympati tique du cou, dilatation de la pupille située du même cAté (elle est douteuse, parce qu'elle est peut-être produite par un réflexe de la peau, voir Mrh, Sur la nii/osis épinihe et sur la rigidité réflexe des pupilles. I^eipzig, 1880); contraction des vaisseaux, pâleur et refrodissement d'un côté (abaissement de la température, sur la joue, de 0, o — 1, 7o ». C.) ensuite, secondairement, échaufîement (augmentation de température 0, 5 ». C, Przewoski).
Dans la galuatusalion du sympathique du cou (ou bien, de manière à ce qu'un pôle soit appliqué dans la gorge et l'autre, extérieurement, à l'angle de la mâchoire inférieure ou anode sur la poignée du sternum, kathode à l'angle de la mâchoire inférieure, ou enfin kathode à l'angle de la mâchoire, An à côté de la dernière vertèbre du cou), on prétend avoir observé : des changements de la circulation, démontrés sur la rétine (mais tantôt hypérémie et tantôt anémie), de même dans la moitié du visage correspondante et à l'oreille ; Przewoski prétend avoir remarqué, lors de l'action de la kathode sur la région du ganf'' glion supérieur un refroidissement de la main et de lajoue correspon-
dante, lors de l'action de l'anode une légère augmentation de température dans ces régions.
Modification de la pupille, dilatation. (Gerhardt, Eulenburg et Schmidt, « très souvent minime », Mor, Meyer), quelquefois aussi rétrécissement ultérieur (mais c'est toutefois très incertain, et c'est vraisemblablement, en grande partie, un réflexe de la peau). Influence sur le cœur — diminution de la pression sanguine et de la fréquence du pouls, modification de la courbe sphygmographique du pouls (Eulenburg et Schmidt, Beard), — également très douteuse. — Élévation de la température et atigmentation de la sécrétion sudorale dans la main du même côté. (Mor. Meyer), sensation de somnolence et de vertige (Beard et Rockwell), très douteuse ; peut-être cela s'explique-t-il par une influence directe sur le cerveau.
G. Fischer arriva surtout à ce résultat : c'est que l'efl'et de la galvanisation du sympathique (dite percutanée et perfasciale), ne doit être attribué qu'eu très petite partie au sympathique, mais en très grande partie à l'excitation du pneumogastrique et de ses branches, ainsi , qu'aux filets nerveux sensibles.
On n'a donc pas obtenu grand résultat ; il paraît toutefois indubitable que le sympathique du cou peut être influencé par le courant ; du moins les observations pathologiques militent d'une façon assez affirmative en faveur de cette opinion ; c'est ainsi qu'Otto vit, chez une femme qui soufl'rait — très vraisemblablement à la suite d'une alTec-
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lion unilatérale du sympathique du cou, — de toutes sortes de troubles cérébraux, d'un érythème intense, avec augmentation de la sueur sur la moitié correspondante du vi-sage, du cou et de la nuque, cette rubéfaction diminuer promptement sous l'action constante de la kathode dans la région du sympathique du cou et disparaître pour longtemps, après quelques applications ultérieures. Moi-même, j'ai vu se produire, dans un cas d'atrophie complète du slerno-cleido-mastoïdien, lors de l'application descendante de la kathode sur la région du sympathique du cou, qui pouvait évidemment ici être plus facilement atteint, j'ai vu, dis-je, se produire une dilatation de la pupille située du même côté et une plus grande rougeur de la joue. Mor. Meyer vit, chez un apoplectique, disparaître la rougeur anormale et la température élevée d'une oreille, par la galvanisation du sympathique située du même côté. Seeligmiiller trouva, dans un cas d'excitation traumatique du sympathique du cou, que la pupille réagissait avec une vivacité extraordinaire, lors de l'excitation galvanique du nerf, et il est probable que d'autres observations du même genre existent aussi.
Mais si nous réunissons tout ce que l'on connaît, d'une manière assez positive, de l'action de l'électricité sur le sympathique du cou, chez un homme vivant, nous sommes forcés de reconnaître que tout cela est bien pauvre et ne peut fournir qu'une base très mouvante à l'édilîcation audacieuse de la galvanisation thérapeutique du sympathique. Je reviendrai plus tard sur celte quetion.
Il y a lieu maintenant de parler de l'action des courants électriques ^ sur /a peau exieneitre, parce que celte action repose sans doute, en grande partie, sur des phénomènes vaso-moteurs. Il s'agit ici, comme pour le sympathique de rapports compliqués; nous avons affaire à un édifice complexe, dans lequel se trouvent le chorion lui-même, les vaisseaux sanguins et lymphatiques, de petits muscles cutanés, sans compter les poils follets, les glandes sudocales et l'épiderme ; il n'est pas facile de déterminer l'action du courant sur ces différentes parties de la peau.
Chacun de vous connaît la rougeur de la peau, qui se manifeste aux points d'application après les différentes applications du courant, et qui provient sans doute de la dilatation des vaisseaux sanguins et de l'augmentation de l'afflux du sang. Mais une observation plus attentive nous apprend qu'en outre, d'autres différences se présentent, suivant le mode, l'intensité et la durée de l'action du courant. Yoici les faits principaux :
Quand on faradise la peau avec des électrodes humides, et que les forces des courants sont médiocres, on ne constate que des modifications insignifiantes ; mais quand les forces des courants sont relativement grandes, on distingue accidentellement une pâleur passagère
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de la peau avec apparition de Ja chair de poule, à laquelle peut ensuite succéder une rougeur qui dure plus longtemps. Par contre, lors de l'apidication du pinceau faradirpie, ces pliônomènes sont bien plus vils ; la pùlour et la contraction de la peau passent ordinairement très vite, tandis qu'il survient une rougeur intense qui dure plus longtemps et dispaiait ensuite sans laisser de trace. Mais l'intensité et la durée de ces plK'nomènes varient toujours et beaucoup d'après les parties de la peau galvanisées et d'après les individus.
Quand on galvanise la peau, il se développe, dans le cas où celle-ci est quelque peu sensible, même avec des courants médiocres, en outre de la sensation picotante et brûlante déjà mentionnée, une rougeur intense aux deux pôles, qui peut durer longtemps. Il se forme assez fréfréquemment des papules et même des ampoules très larges. La rougeur peut durer des heures entières ; après des applications réitérées, on voit se produire la desquamation de l'épiderme.
Quand les courants sont intenses et qu'ils agissent plus longtemps, on peut obtenir ces eiïets avec plus de promptitude et d'intensité et constater en même temps que l'action d'un des pôles difl'ère de celle de l'autre.
A la kathode, vous voyez fréquemment au début, un rétrécissement des vaisseaux et de la pâleur de la peau, puis une rougeur pâle et rosée ; la peau est infiltrée, elle s'épaissit et se recouvre de phlyctènes qui peuvent paraître presque blanches ; au pourtour on distingue un halo d'un rouge foncé ; lors de l'ouverture du courant, une rougeur ongue et intense se montre et reste à la place de l'électrode.
A l'anode se manifeste instantanément (ou bien seulement après la disparition de la pâleur), une rougeur intense, foncée et pareille à l'écarlate ; ici la peau ne paraît ni épaissie ni gonflée, mais seulement recouverte de quelques rugogi^és en forme de grains ; après l'ouverture, la rougeur se maintient très longtemps, puis vient une desquamation abondante de l'épiderme.
Quand l'action du courant est très intense, on peut remarquer que la rougeur se conserve pendant un temps d'une longueur étonnante; moi-même, dans mes expériences, j'ai vu les points d'application rougir de nouveau, même après six ou dix jours, à la suite de certaines excitations faites sur la peau, par exemple après avoir pris un bain de vapeur.
Quelle part prennent à ces phénomènes l'excitation et la paralj'sie vaso-motrices, les vaso-dilatateurs ou les vaso-constricteurs, peut-être aussi les centres nerveux locaux et périphériques récemment signalés, les arreclorcs piloruin, l'irrigation lymphatique et le transport mécanique de liquide, d'un pôle à l'autre? C'est ce qu'il est difficile de déterminer ; on ne peut pas môme dire avec certitude si les différen-