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INFLUENCE DES COURANTS ÉLECTRIQUES SUR LA PEAU

ces aux pôles sont de nature qualitative ou, comme le pense Von Ziemssen, seulement quantitative. J'admettrais plutôt cette dernière, ne fût-ce que pour le rôle c{u'y jouent indubitablement les actions électrolj'tiques.

Ces dernières sont aussi, incontestablement, la cause de l'action caustique, bien connue de la kalhode. Si l'on met sur la peau une petite kathode métallique (pendant que l'anode, sous la forme d'une grande électrode spongieuse, ferme le courant), et que le courant soit fort, il se produit bientôt, avec les plus vives brûlures, une vésicule remplie d'un liquide trouble, dont le contenu présente une réaction fortement alcaline. Après l'éloignement de l'électrode, cette vésicule se change bientôt en une petite escharre brune, qui tombe, après un temps assez long, en laissant une perte de substance et une cicatrice durable, assez souvent colorée. A l'anode, on trouve, en suivant le même mode d'expérience, des résultats comparativement moindres, l'électrode métallique brillant se ternit et se noircit par l'oxydation ; la phlyclène qui peut se trouver sur la peau, émet, quand on la pique, un liquide d'une réaction acide.

Quand les électrodes sont humides et bien recouvertes, vous ne remarquerez jamais rien de semblable ; mais si la couverture a été endommagée et si un coin ou rebord métallique louche directement la peau, l'action caustique se produit et il naît de petites phlyctènes. Bien des patients sont recouverts de plaies et de cicatrices, sur les parties de la peau qui ont été traitées par des thérapeulistes négligents et maladroits, et ils ont ainsi éprouvé bien des souffrances inutiles ; c'est là un inconvénient qu'il est facile d'éviter.

En tout cas, il est certain qu'on peut produire sur la peau des modifications très sensibles de circulation, d'irrigation et de nutrition par l'action, principalement, du courant galvanique et il n'existe, je pense, pas de fait aussi péremptoire que ces manifestations, pour démontrer que le courant surtout, peut en général produire de semblables effets sur les tissus du corps, et par là, modifier aussi d'une façon favorable, les troubles pathologiques de la circulation et de la nutrition. Il est vrai que nous ne pourrons jamais agir sur des parties internes et profondément cachées, avec autant d'énergie, avec un courant d'une aussi grande densité que sur la peau extérieure; mais, en fin de cause, ce n'est pas toujours nécessaire pour déterminer des effets thérapeutiques.

On a étudié, sous bien des faces, l'action physiologique des courants électriques sur le cerveau ; mais il n'y a guère plus de dix ans que les résultats des travaux relatifs à cette question n'étaient rien moins que satisfaisants ; on n'avait même fait aucune découverte en ayant parfois à sa disposition un cerveau mis entièrement à nu. On

MO ÉLKCTHOI'JIYSIOLOGIIÎ

se demandail môniii si lo cerveau ou du moins les hémisphères cérébraux, pouvaient être excités par les courants électriques.

Les recherches de Hilzig (en rollahoration avec Pritsch) ont fait époque, sous ce point de vue ; l'ignorance, à cet égard, disparut comme par un coup de baguette. On venait de réussir à démontrer que certaines parties de l'écorce cérébrale, prudemment excitées, pouvaient subir riniluonco du courant laradique comme celle du courant galvanique et que leur excitation produisait des commotions musculaires sur la moitié opposée du corps. Je n'ai naturellement pas à insister sur ce point : vous connaissez, tous, les résultats de ces expériences physiologiques, elle grand débat qui s'y rattache, débat qui dure encore aujourd'hui, sur l'importance de ces « (zones motrices), comme on les appelle et généralement sur la localisation des fonctions cérébrales. Je n'ai qu'une mention spéciale à faire ici, c'est que, contrairement à l'action des nerfs périphériques moteurs, AnF produit une excitation plus forte sur l'écorce grise du cerveau, que KaP; peut-être faut-il attribuer cet état de choses remarquable à la différence de réaction chimique qui existe entre la substance nerveuse grise et la substance nerveuse blanche ; les fibres nerveuses périphériques et vivantes ont une réaction alcaline (Punke) ; par contre, la substance grise du cerveau est toujours acide. La substance blanche est neutre ou faiblement alcaline (Gscheidlen). Une fermeture de la chaîne, quelque courte qu'elle soit, au milieu de forces de courant faibles et moyennes, diminue l'excitabilité à l'égard du même pôle et l'augmente à l'égard de l'autre. Ce sont les changements de courants qui sont les excitants les plus puissants. Le courant faradique aussi est efficace et Ferrier, dans ses recherches, l'a utilisé d'une manière presque exclusive.

On sait en outre depuis plus longtemps que les corps striés et une partie de la couronne rayonnante ont, lors de l'excitation électrique, des actions motrices — quant aux autres choses, sensations cérébrales, sensibilité, vertige, effets psychiques, l'expérience, faite sur un animal, ne pouvait naturellement pas les élucider.

Hitzig, dans ses recherches, avait pris, pour point de départ, des expériences faites sur des lapins en parfaite santé, sur la tête desquels il dirigea des courants intenses ; il remarqua, durant ce temps, d'étranges mouvements dans les yeux et il les retrouva chez l'homme.

Ces expériences forment la transition aux recherches, d'ailleurs bien antérieures à celles de Hitzig, sw Vkomme vivant. On avait longtemps affirmé et cru que le cerveau, enchâssé, comme il l'est, dans une solide charpente osseuse, n'était pas accessible au courant électrique et que, par conséquent, tous les effets seraient superflus, pour atteindre électriquement le cerveau de l'homme vivant. Cette opi-

EFFETS Di; LA GALVANISATION m LA TÛTE IH

nioii est complètement réfutée par mes expériences, approuvées de toutes parts. Déjà Remak et Beneclikt l'avaient combattue par des ar"-uments empruntés à la clinique ; dailleurs elle n'a plus de raison d'être en face des phénomènes qui se manifestent lors de la galvanisation de la tête. Aujourd'hui personne ne prétend plus que la boîte du crâne soit inaccessible aux courants électriques et moins encore le cerveau lui-même.

Effectivement, nous voyons, quand o?z galvanise la tête, se produire une série de phénomènes très féconds et que nous ne pouvons expHquer que par l'action de l'électricité sur le cerveau. A ce propos, il a importe de déclarer que la faradisation de la tête ne produit pas le ■j^^^ même effet. Le courant faradique paraît, quand on dirige sur l'homme les courants électriques disponibles, être aussi peu actif sur le cerveau que sur les organes des sens; mais on ne doit pas en conclure qu'il lui soit impossible de pénétrer dans le cerveau.

Quand on applique le courant galvanique au crâne de telle façon que la plus grande partie des traînées du courant passe par le cerveau (c'est-à-dire un peu transversalement par les tempes ou par les apophyses mastoïdes, ou du front à la nuque), le phénomène qui apparaît le premier et qui ne fait presque jamais défaut, est levertige. Ce vertige a été étudié surtout et avec la plus grande attention par Brenner, à propos de ses recherches sur le nerf acoustique et plus tard parHitzig. Il consiste dans un dérangement de l'équilibre qui, à ses degrés les plus bas, n'est que d'une nature subjective, mais, aux degrés les plus élevés, se fait remarquer par sa nature objective, par une oscillation de la téle et de la partie supérieure du corps, au point de faire tomber à la renverse le patient. Ces degrés supérieurs peuvent ensuite être accompagnés de mouvements apparents de rotation des objets extérieurs ou du sentiment de mouvements rolatoires du corps de l'individu.

De nombreuses expériences ont fait admettre une loi, d'après laquelle le vertige galvanique se manifeste d'autant plus aisément que l'angle que forme la ligne de jonction des deux électrodes sur le crâne (par conséquent, la direction des principales traînées des courants), sur la surface sagittale-longitudinale du crâne est plus grand. Ainsi le mouvement est intense principalement quand le courant est dirigé transversalement d'un côté à l'autre ; il est faible et même nul sur la ligne longitudinale, qui s'étend du milieu du front à l'occiput ou à la nuque.

Quant à la direction transversale, Brenner trouva, — et le fait peut-être aisément constaté à tout instant, — qu'avec la fermeture du courant, il se manifeste une sensation visible de vertige, une vacillation' du corps du côté de l'anode et que l'on peut constater ; mais à

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l'oiivertiire du courant, une vacillation bien plus faible se produit vers la kalhode. C'est aussi le cas, quand il ne se trouva qu'une électrode à la tôle cl (|ue l'autre est placée sur la main opposée ou à peu près; à An F cominencfi une vacillation dans la direction de l'électrode; à AnO, une vacillation dans le sens opposé; à KaF, une vacillation vers le c6té opposé au siège de l'électrode (ce côté est celui de l'anode virtuelle), cl à KaO, la vacillation est dirigée du côtédecette électrode. Durant l'opération, la sensation subjective surpasse de beaucoup l'intensité réelle de la vacillation : en fermant les yeux, on croit alors avoir fait un mouvement latéral bien plus considérable que ne l'est le cas en réalité. On éprouve une sensation telle que l'on se figure « que la pesanteur d'une des moitiés du corps est supprimée et que, par suite, on tombe de l'autre côté ». Quand le courant suit strictement la ligne longitudinale, il ne se produit pas de vertige ; il fait pareillement défaut quand on applique de chaque côté sur le crâne une anode ou une kathode partagée, tandis que l'électrode indifférente, reste quelque part sur le tronc.

Mais la sensation du vertige persiste même pendant la durée du courant — surtout quand ce courant est plus fort que d'ordinaire. — Alors s'y joignent nettement des rotations apparentes des objets qui entourent le patient, lequel craint de perdre complètement l'équilibre ; aussi cette expérience l'inquiète-t-elle beaucoup. Ces rotations s'opèrent le plus souvent sur une voie verticale, les objets paraissant tourner dans le sens de l'anode à la kathode, monter du côté de l'anode et tomber du côté de la kathode. Quelquefois aussi la voie du vertige est horizontale dans la même direction, de l'anode à la kathode. Au moment de l'ouverture du courant, les mouvements apparents prennent la direction opposée.

Ils sont complètement indépendants des vacillations latérales du corps que l'on peut démontrer objectivement; Hitzig les regarde comme étant plutôt la conséquence de mouvements déterminés des yeux produits par l'excitation galvanique.

Ces mouvements des yeux eux-mêmes sont vraisemblablement la conséquence d'un violent vertige et d'un trouble de la sensation musculaire, lors de la galvanisation de la tête — mais seulement quand les courants ont une intensité relative. Hitzig les découvrit et les décrivit avec une grande exactitude. Si l'on dirige transversalement un courant énergique à travers les apophyses masto'ides, il se produit dans une direction déterminée, des mouvements d'yeux associés, sous forme de nystagmus, oscillant dans un sens rétrograde et cela toujours dans la direction du courant positif. Si donc l'anode se trouve à droite, les deux yeux sont dirigés vers la gauche, et maintenus, quand les courants sont d'une grande

GALVANISATION DE LA ïÉïE H3

intensité, dans les angles gauches des yeux et animés de mouvements oscillatoires. Il ne s'agit pas ici d'une action directe des centres moteurs ni des voies de conductibilité dans l'intérieur du crâne. Mais ces observations n'onl pas acquis jusque alors une importance pratique digne d'être mentionnée.

Beaucoup de sujets, outre les phénomènes du vertige et les mouvement? des yeux, se plaignent en outre, quand on galvanise leur tète d'un certain hébétement, d'une sensation d étourdissement et même d'une menace de syncope, qui peut mener à une syncope réelle les personnes d'une sensibilité extrême. (L'impression psychique des inquiétantes conséquences des expériences ne jouerait-elle pas un grand rôle dans cette occasion?) — Enfin on a aussi remarqué, dans certains cas, un sentiment de malaise et même des vomissements.

Il est certain que tous ces phénomènes proviennent de l'irruption du courant dans le crâne même et de l'action du contenu du crâne. Il est absolument impossible de soutenir la théorie, plus d'une fois énoncée, d'arprès laquelle ces phénomènes ne seraient que l'effet d'une excitation des organes des sens parce que, en cette circonstance il n'y a nullement lieu de faire intervenir une excitation notable des organes des sens et que de plus, une excitation directe et bien plus énergique de ces organes n'amène pas du tout ces résultats. Mais on ne sait pas trop de quelles parties du cerveau émanent ces phénomènes ni quelle explication physiologique on peut en donner. Ce qui intéresse le plus est de savoir comment s'effectue le vertige galvanique, à cet effet, l'on a imaginé différentes hypothèses; la plus plausible me paraît être la suivante: il est certain qu'il existe, dans le cerveau, des organes binaires de réception et de perception pour les impressions centripètes nécessaires au maintien de l'équilibre du corps et que toutes choses égales d'ailleurs, une excitation des organes symétriques de cette espèce nous donne la sensation de l'équilibre et de la stabilité dans l'espace. Si l'on dirige le courant galvanique transversalement â travers la tête, une moitié du cerveau est placée sous l'influence de l'anode, l'autre sous celle de la kathode. Ainsi l'on a d'un côtéanélectrotonus, c'est-à-dire une diminution de l'excitabilité, de l'autre, katélectrotonus, c'està-dire son augmentation. Dès lors avec les mêmes impressions centripètes des deux côtés, il se produit d'inégales intensités d'excitation, l'équilibre entre les deux côtés, paraît supprimé ; on voit naître la sensation du vertige et les oscillations du corps pour contrebalancer ce que l'on appelle l'absence d'équilibre. Pour le moment, nous laisserons de côté la question de savoir si les canaux demi circulaires du labyrinthe de l'oreille, qui sont, comme on le sait, en relations intimes avec l'équilibre du corps, doivent entrer en première ligne, Erb. — Électi'othérapie. 8

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comme le veut Hinze, ou s'il faut arlmetlre la responsabililé immédiate du cervelet, comme le pense Hilzig. D'un autre côté, il me semble évident que ces phénomènes ne naissent pas indirectement de changements de circulation se produisant dans le cerveau à la suite de la galvanisation de la têle, comme le pense Lowenfeld.

Les fructueuses recherches de Hitzig et de ses successeurs ont naturellement dû faire naître le désir de provoquer aussi sur l'homme vivant les mêmes phénomènes — l'excitation des zones motrices des écorces, dont la localisation pour l'homme est suffisamment connue par de nombreux faits pathologiques. J'ai fait, dans ce sens diverses expériences sur le crâne intact et tondu de prés, mais le tout jusqu'ici sans aucun résulat ; mais peut-être ai-je été trop scrupuleux dans le choix de la force du courant.

Par contre, un médecin américain, R. Barlholow, n'a pas craint, dans un cas de mise à découvert du cerveau par un carcinome du crâne, d'enfoncer des aiguilles à travers la dure-mère, dans le cerveau, dans la région de la circonvolution centrale postérieure et de l'aire agir par ce pli le courant faradique sur le cerveau, et cela avec un grand succès.

Moi-même à la clinique chirurgicale de Heidelberg (professeur Czerny), j'eus une fois l'occasion, dans un cas de traumatisme du crâne, avec un prolapsus cérébral de la grosseur d'une pomme (qui concernait précisément la région des circonvolutions centrales), de faire des expériences sur l'excitation électrique de l'écorce du cerveau. Je les ai faites avec toutes les précautions et modifications possibles, mais je n'en ai vu aucun effet, — ce qu'assurément on pouvait prévoir, le côté opposé du corps étant paralysé.

En ce qui concerne la moelle épinière les résultats des expériences physiologiques sont encore bien moindres que pour le cerv^eau. Même sur la moelle épinière mise à nu, les physiologistes n'ont pas encore pu se mettre d'accord complètement sur la question de savoir quelles parties de la moelle sont excitables par Télectricité ou ne le sont pas. En tout cas, nous n'avons rien à en puiser pour notre but. On ne s'est naturellement pas attaqué à la moelle épinière du corps intact d'un animal. Dans quelques expériences pathologiques seulement, on a excité la moelle épinière, par une introduction sous-cutanée des électrodes (ou plutôt le contenu du canal vertébral) avec d'énormes courants faradiques et l'on a ainsi provoqué des crampes tétaniques générales.

Quelques auteurs ont étudié l'action modificatrice des courants galvaniques sur la moelle épinière. F Ranke trouve, en poursuivant les travaux antérieurs de Nobih et Matteucci, que chez la grenouille l'activité réflexe est diminuée ou môme entièrement supprimée par un cou-

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ranl d'intensité déterminée traversant la moelle épinière, dans une direction rectiligrie quelconque. Legros et Onimus ont trouvé que cet effet n'était confirmé que pour le courant descendant, tandis qu'ils ont constaté souvent, lors du courant a^cenda^t^jji^^ des ' ^'

réflexes. Enfin Uspenski veut^qû"ëTon considère la moelle épinière C o^w^ cÔmîné un nerf périphérique, qui est anélectrotonisé et katélectroto- ^u</t, t nisé par le courant galvanique, et trouva des modifications'^e l'activité réflexe et des mouvements respiratoires correspondantes à cela. Toutes ces expériences contradictoires sous le rapport du mode d'expérimentation laissent à désirer et ne tiennent pas compte de l'arrêt des réflexes par de fortes excitations sensibles ; elles n'ont trouvé aucun crédit aux yeux de la physiologie exacte.

Les observations variées faites sur des malades, qui doivent prouver les effets calmants, antispasmodiques de la galvanisation du dos, c'est-à-dire de la moelle épinière, répondent si peu aux exigences de la méthode physiologique, qu'on n'en peut tirer aucune conclusion certaine sur l'acte physiologique de la galvanisation de la moelle épinière.

Quant à l'homme vivant, des théories physiques, mal entendues, avaient aussi fait croire que la moelle épinière était inaccessible aux courants électriques ordinaires, introduits par la' peau, à cause de ses enveloppes osseuses. Cette conception aussi est aujourd'hui devenue un mythe, grâce à mes expériences, confirmées plus tard par V. 'Ziemssen et Burkhardt. La moelle épinière, personne n'en doute plus aujourd'hui, est accessible, tout aussi bien que n'importe quelle autre partie du corps située à la même profondeur, aux courants galvaniques d'une densité suffisante, pourvu toutefois que l'expérience soit bien combinée. C'est ce que démontrent l'expérience physique sur le cadavre et l'expérience physiologique sur l'homme vivant. Chez ce dernier, les grandes électrodes en forme de plaques, sont posées sur le dos; on les fait traverser par des courants très intenses et on pratique des fermetures et des changements. Si la kathode"~est placée sur les vertèbres supérieures de la région lombaire, il se manifeste alîaF ou à une commutation à la kâthode, de vives secousses dans les muscles des jambes innervées par le nerf sciatique, preuve évidente, au moins pour ce fait, que le courant a pénétré j usque dans le canal de la moelle épinière et qu'il a excité les racines de nerfs qui s'y trouvent. D'après Brenner on peut, en posant ainsi les électrodes et au moyen de courants énergiques faradiquesou galvaniques, provoquer dans les jambes des sensations excentriques. En outre, des expériences thérapeutiques nombreuses et indiscutables nous apprennent que le courant galvanique, convenablement appliqué, doit nécessairement arriver jusqu'à la moelle épinière.

Malgré cela, on ne peut pas affirmer que nous ayons des connais-

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sances positives sur l'action phj'siologique du courant électrique sur la moelle épiiiièrc olle-môme ; nos connaissances sur ce point sont donc égales à zéro.

(Jtiaiit aux iuilres oi'ganes du corps, y: puis en parler brièvement.

Les recherches électro-physiologiques n'ont guère encore été dirigées jusqu'ici, chez l'homme vivant, sur les orrjanes de la cavité ihoracique, les poumons et le cœur ; non?, ne savons donc rien à cet égard ou du moins très peu ; les modifications douteuses de l'activité du cœur, lors delà galvanisation du sympathique du cou, ont déjà été mentionnées par moi. Ici je ne veux rappeler qu'un fait, c'est que, par des applications déterminées du courant électrique, on peut déterminer des mouvements de toux (Brenner) ; surtout en partant du dos, quand une électrode Ka est posée sur la nuque et que l'on procède par fermetures ou par changements, lise produit dans la gorge une toux accompagnée d'une sensation de chatouillement ; il en est de même chez beaucoup de personnes, quand l'électrode supérieure a son siège à la colonne dorsale, près de la cavité thoracique. On ne sait rien de plus précis.

Nous en savons un peu plus sur l'excitation des orr/anes de la cavité abdominale par des courants électriques. En effet, la plus grande partie de cette cavité possède des éléments musculaires dont la plupart, il est vrai, sont des fibres lisses, et elle est par conséquent susceptible d'une excitation électrique, dont on peut dans des conditions favorables reconnaître l'effet visible.

Le foie est le moins accessible ; d'ailleurs, jusqu'ici on n'a pas, que je sache, constaté sur lui d'actions électrophysiologiques reconnaissables chez l'homme ; mais on prétend avoir provoqué des contractions de la vésicule biliaire, particulièrement de la vésicule biliaire fortement dilatée lors de l'ictère calarrhal ; ces contractions proviendraient d'une faradisation énergique et percutanée (Gerhardt) ; c'est là une assertion qui provoque le doute.

L^rate aussi, du moins dans les hypertrophies pathologiques, a été souvent l'objet d'excitations électriques. Bien que l'expérimentation animale permette d'altendrequelque chose, decetteentreprisesurl'homme, les résultats obtenus jusqu'ici sur ce dernier sont encore vagues et peu sûrs. Le courant galvanique ne paraît pas avoir exercé une influence considérable sur la rate; dans ces expériences, on s'est servi presque exclusivement du courant faradique. Différents observateurs (Ghvostek, Berger, Bolkin, Skorczewsky, Popow, etc.) prétendent avoir obtenu, en partie directement, en partie par la voie réflexe, de notables diminutions des tumeurs chroniques de la rate ; d'autres (tels que Mosler) n'ont pas eu le môme bonheur. Les uns ont attaqué la rate directement, au moyen d'électrodes humides ; les autres ont atteint

ORGANES TUORACIQUES ET AIJDOMINAUX H7

leur but, en excitant énergiquement la peau, dans le voisinage de la rate, au moyen de deux pinceaux faradiques. Dans Loule cette question, je ne trouve encore rien qui m'autorise à formuler un jugement.

Par contre, nous nous mouvons sur un terrain plus positif, quand il s'agit de l'électrophysiologie de l'appareil digestif, dont les parois musculaires obéissent naturellement, en général, aux lois d'excitation motrice.

La musculature, à raies transversales, du pharynx et du voile du parais peut être facilement excitée faradiquement et galvaniquement à 1 aide d'électrodes convenables, Lors de l'opération, il se manifeste des contractions musculaires locales ou, avec des courants plus intenses, des mouvements énergiques de déglutition et d'étranglement.

Ce qui est plus important que cela, c'est la production systématique de mouvements de déglutition qui, chez la plupart des personnes bien portantes réussit très bien, mais seulement au moyen du courant galvanique. Si vous placez l'anode en haut sur la nuque et si vous frottez avec la kathode, rapidement et brièvement, une des surfaces latérales de la région du larynx, vous verrez et vous entendrez se produire, avec six ou dix éléments, à chaque KaF semblable, et à l'aide d'une excitation courte et mobile, un mouvement régulier de déglutition.

Le sujet de l'expérimentation a la sensation, qu'une bouchée ou une gorgée de liquide le force continuellement à avaler. En posant autrement les électrodes, on peut arriver au même but et Brenrier, avec une excitation unipolaire, trouva que les mouvements de déglutition se produisaient très facilement par la KaF et l'Ano, en vertu de la loi des commotions sensibles.

Il est évidemment question ici d'un phénomène réflexe, produit par les nerfs sensibles du pharynx et du larynx (c'est-à-dire par des ramifications du pneumogastrique, et probablement surtout par le nerf laryngé supérieur). Avec cela concordent aussi les expériences modernes faites par les physiologistes sur le mécanisme de la déglutition (Steiner, Kronecker). La théorie souvent répétée autrefois et d'après laquelle les mouvements de déglutition sont provoqués, dans cette combinaison d'expériences, par le nerf hypoglosse est certainement inexacte, et son manque de solidité se laisse voir très facilement par des expériences modifiées et contrôlantes.

Les muscles de l'œsophage se laissent aussi très facilement raccourcir par des électrodes ayant la forme de sondes ; mais on doit conseiller, à ce propos, de bien choisir la force du courant, à cause de la proximité des deux pneumogastriques ; il pourrait sans cela résulter d'un manque de prudence des effets secondaires pénibles.

Les muscles lisses deVeslomac et du canal intestinal réagissent contre les courants électriques d'une façon perceptible et connue ; les con-

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traclions excitées se prorluisent peu à peu, se transplantent de J'endroit primitivement excité à une distance plus ou moins forte, d'une manière péristaltique et elles survivent à l'excitation pendant un temps plus ou moins long. Au reste, le courant galvanique paraît être moins actif que le courant faradique, sur cette partie du corps humain, tant qu'il ne s'agit que de produire des contractions musculaires et des mouvements péristaltiques.

L'effet d'une forte faradisation sur le ventre, comme il est aisé de le constater, particulièrement sur de grosses hernies inguinales, recouvertes par une peau très mince, ou chez les personnes qui ont la peau du ventre tenue et flasque consiste dans la production de mouvements de l'estomac et de l'inlestin visibles et sensibles, quelquefois aussi péristaltiques, accessibles à l'oreille par le fait d'un gargouillement ; ces mouvements peuvent atteindre une intensité considérable et survivre plus ou moins longtemps à l'action du courant. On a cherché à constater l'effet mécanique de ces contractions en appliquant le manomètre sur l'estomac ; Bauniler est ainsi arrivé à des résultats négatifs, Von Ziemssen, à des résultats positifs. De plus, ce dernier a trouvé, en faisant des expériences sur les animaux que seule la région excitée et non la totalité de l'estomac est mise en contraction et que le pilore réagit contre les deux espèces de courants plus fortement que le cardia ; comme autre effet de la faradisation de l'estomac, Schliep vit disparaître rapidement la quantité d'eau que l'on avait introduite dans l'estomac et, comme résultat palpable de la faradisation de l'intestin, il se manifeste souvent une défécation, qui suit de près l'excitation. En général, les effets thérapeutiques de la faradisation dans la dilatation de l'estomac, la dyspepsie et l'obstruction chronique, constituent les preuves principales de l'action des courants électriques sur les parois de l'estomac. Mais nous n'avons pas encore d'idée nette sur ce qui s'y passe et sur les règles qui y président.

L'action sur le tube digestif que nous avons indiquée, peut être obtenue de différentes manières : ou bien par une application percutanée, l'une des électrodes sur le dos, l'autre fixée ou promenée lentement sur les zones correspondantes abdominable, avec de forts courants, dételle sorte que de vives contractions des muscles du ventre se manifestent, ou par l'introduction d'une électrode dans l'estomac (soit une électrode stomacale spéciale ou une sonde œsophagienne avec introduction d'un fil métallique) ou dans le rectum comme électrode du rectum ou tube intestinal avec introduction de fil métallique), tandis qu'avec l'autre, on traite la partie extérieure du ventre d'une manière stable ou mobile. L'électrode introduite dans l'intérieur ne produit absolument aucune sensation .

Le rectum est naturellement excitable de la même manière que le

ACTIONS ÉLECÏROLYTIQUES ET CATAPHORIQUES SUR L'iIOMME {]9

reste de l'intestin. Le sphincter anal obéit aux lois d'excitation qui agissent en général sur les muscles à stries transversales et à l'aide d'électrodes convenables, on peut aisément le mettre en contraction,

L'excitation électrique de lavessie est d'une grande importance pour la thérapeutique. Cette excitation est très facile ; mais, sous le rapport physiologique, on ne l'a pas encore beaucoup étudiée, du moins sur l'homme vivant. Ici encore Baumler arriva à des résultats négatifs par la faradisation, après avoir introduit un manomètre dans la vessie, et nous sommes le plus souvent forcés de nous contenter des expériences thérapeutiques, quand nous voulons affirmer la possibilité d'une action électrique sur les muscles de lavessie. Si l'on introduit une électrode uréthrale rien que jusqu'au col de la vessie, on peut aisément percevoir lors delà faradisation, les contractions du sphincter de la vessie et des muscles de l'urèthre, qui souvent poussent l'électrode en avant avec une assez grande force.

L'excitation de la vessie s'opère avec deux espèces de courants soit d'une manière percutanée, en plaçant les électrodes indifféremment, soit au moyen de l'introduction dans la vessie, jusqu'au sphincter ou jusqu'à la vessie même, d'électrodes ayant la forme d'un cathéter ou de telle façon qu'une électrode soit introduite dans la vessie et l'autre dans le rectum.

On ne sait rien des actions électrophysiologiques sur les réms et retere, sur les testicules, ni sur les vasa deferentia de l'homme vivant.

Nous ne possédons pas plus de faits utilisables sur les résultats de l'excitation électrique de l'utérus normal, non gravide. On peut procéder à cette excitation au moyen de deux courants, avec des électrodes introduites dans le vagin ou dans la cavité de l'utérus elle-même. Ici l'on rencontre pareillement quantité d'expériences thérapeutiques, qui ne manquent pas d'importanceet que vous apprendrez à connaître plus tard.

Je vais encore parler de deux catégories d'actions auxquelles on était toujours tenté d'attribuer une grande importance pour l'interprétation des actions électrothérapeutiques, malgré la somme minime de nos connaissajices positives sur ce point. Je veux parler des actions déjà mentionnées brièvement, électrolyliques et cataphoriques des courants électriques. Il résulte de ce qui a été dit plus haut qu'il s'agira ici, presque exclusivement, des actions du courant galvanique, et que nous ne tiendrons pas compte de celles du courant faradique, bien qu'elles ne fassent pas complètement défaut et qu'elles ne soient inférieures aux premières que sous le rapport de la quantité.

Il y a malheureusement peu à dire en ce qui concerne l'organisme animal vivant. Les phénomènes électrolytiques ne peuvent guère se démontrer clairement que sur la surface du corps où les distributeurs

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métalliques de courants louchent aux tissus et liquides animaux accessibles à lY'leclrolyse ; on peut aussi conslaler aisément sur l'iiomme (voir ci-dess«(us pafje d(^...), qu'en combinant hien l'expérience, on voit apparaître au pôle négatif des ions alcalins et, au pôle positif, des ions acides ; le phénomène en se développant suffisamment, produit môme une action caustique visible.

Mais nous ne pouvons guère faire que des conjectures sur la manière dont les choses se comportent dans l'intérieur d'un conducteur aussi compliqué que l'est l'organisme animal pendant le passage du courant, quels phénomènes électrolytiques peuvent se manifester, quelles impulsions et répartitions moléculaires ont lieu dans les difi'érents tissus, jusqu'à quel point certains déplacements sont favorisés ou gênés. Les physiologistes ont démontré qu'il s'opère une espèce de polarisation interne sur la limite des éléments hétérogènes des tissus, là où divers électrolytes se touchent. Ils utilisent même ces phénomènes dans leur théorie des difl'érentes manifestations physiologiques qui se produisent sur les nerfs et sur les muscles. Mais de quelle nature sont ces processus, quels échanges moléculaires s'effectuent ; quelles solutions et combinaisons chimiques se produisent ? Voilà ce qu'on n'a pas étudié.

Une tentative très remarquable a été faite dans ce sens par Drech.sd, qui est parvenu à produire de l'urée dans des solutions de carbonate d'ammoniaque par l'électrolyse et avec des courants alternants. Il est assez probable que ce fait se produit aussi dans l'intérieur de l'organisme vivant.

En ce qui concerne ces phénomènes chez l'homme vivant, nous marchons encore sur un terrain très incertain, et nous en sommes réduits à des conjectures que l'on a déjà suffisamment énoncées. Il est en effet très séduisant de se représenter l'action des courants en pareil cas, et rien peut-être ne donne à l'imagination et aux rêveries les plus hardies sur la vertu curative du courant électrique, une aussi vaste carrière. Malheureusement on se contente ordinairement d'illusions tandis que la réalité parle un tout autre langage. Je bannis donc volontiers toutes les conceptions théoriques sur les phénomènes électrolytiques possibles du corps humain; j'aurai d'ailleurs à revenir sur cette question, quand nous parlerons des actions thérapeutiques. ^ Nous sommes sur un terrain un peu plus solide, quand il s'agit de ^ce qu'on appelle les effets cataphoriques. Ils ont été, dans une direction du moins, l'objet de recherches expérimentales, et ils ont ainsi obtenu une base saisissable et réelle. Sans doute, cette base est encore insuffisante pour l'application ordinaire percutanée du courant (presque exclusivement pratiquée dans un but thérapeutique) ; on a bien tente de ramener à des effets cataphoriques tels et tels phénomènes comme

INTRODUCTION CATAl'HORIQUE DE MÉDICAMENTS DANS LE COUPS 121

par exemple l'aflaissement, l'anémie, la rudesse et la sécheresse de la peau sous l'anode, la formation de cloches sous le pôle négatif, la disparition de sueurs abondantes sous l'innuence du courant. Remak a été l'initiateur dans cette voie ; mais il est encore permis de se demander si ces phénomènes ne peuvent pas être attribués à d'autres causes. Il est toutefois vraisemblable, au plus haut degré, que ces effets cataphoriques peuvent se produire sur le corps humain vivant comme sur celui de l'animal, bien que les quelques expériences de Bernhardt n'aient eu qu'un résultat négatif *.

Mais on a essayé, dans ces derniers temps, d'utiliser ces effets cataphoriques pour introduire des médicaments dans le corps, et l'on a réussi. Déjà Von Bruns avait prouvé, par de consciencieuses recherches, que le courant galvanique peut faire passer par les corps humains, morts ou vivants, l'iodure de potassium ou du moins l'y introduire. Munk, s'appuyant sur ses nombreuses expériences, a imaginé la méthode la plus avantageuse, et il a effectivement introduit, grâce à elle, avec une certitude parfaite, des substances médicamenteuses par l'épiderrae intacte, et il les a retrouvées dans l'urine ou dans la salive, ou bien il les a reconnues par leurs effets toxiques (la strychnine chez les animaux, la quinine et l'iodure de potassium chez les hommes). La méthode est la suivante : il applique deux tubes conducteurs de Dubois avec bouchons en argile sur la partie du corps, qui doit être traversée par le courant ; ces conduits sont tous deux remplis d'une solution concentrée de la substance qu'il s'agit d'introduire, solution avec laquelle on frotte préalablement l'argile. Des courants d'une force moyenne (de 10 à 18 Grove) sont dirigés de manière à traverser le corps; comme la rapidité de la propulsion diminue avec la durée du courant, il est nécessaire, toutes les 5 ou 10 minutes, de changer la direction du courant; il faut aussi adopter aux deux électrodes, la substance à introduire. De cette manière, on parvient aisément, dans l'espace d'un quart d'heure à trois quarts d'heure, à introduire dans le corps une quantité assez notable de substance, de telle sorte que les lapins éprouvent les crampes produites par la strychnine et que, pendant des heures, on trouve chez les hommes des traces de quinine ou d'iode dans l'urine. Pour augmenter l'effet, on fera bien de choisir des électrodes

Ln méthode de Bernh.ipdt ne me paraît pas suffisante poni' prouver ce que railleur déduit de ces résultats. Dans l'action cataplioriquc du courant c'est non seulement l'eau mais encore tous les liquides des tissus avec toutes les substances en solution, qui se mettent en mouvement ; on ne pourra donc, en évaluant au centième le contenu aqueux, porter aucune conclusion certaine sur la propulsion des liquides organiques ; le contenu aqueux du reste des tissus (il s'agit ici du cerveau) ne diffère pas assez de celui des liquides organiques pour obtenir de notables différences par la méthode qui a été suivie.

^22 ÉLECTROPUySIOLOGlIÎ

d'une surface plus considérable et des courants plus intenses surtout quand on enlève l'épiderme des points sur lesquels se fait Texpérience. Dans l'application thérapeutique, il faudra veiller:!* à ce que la substance à inlroduire ne soit emploj'ée qu'en faible quantité, ces expériences ne pouvant avoir lieu (jue sur des substances très fortes et à petite dose; 2" à ce que la substance ne pénètre pas profondément dans le corps et qu'elle ne traverse d'aucune façon des parties entières du corps; elle ne peut donc pas élre dirigée transversalement : c'est là une conséquence de la rapide diminution de la densité du courant ; il faut ensuite que les matières introduites soient promptement absorbées et emportées par le sang, dont la circulation est incessante. On ne pourra donc guère attendre une action locale que sur la peau ou tout au plus sur de petites articulations (comme celles de la main et des doigts) ou sur des tumeurs situées immédiatement sous la peau, et qu'on peut intercaler entre les deux électrodes ; en règle générale, on se contentera d'une action générale, consistant dans l'absorption des matières par le sang.

Remak père observa avec sagacité que les actions principales du courant galvanique dans les maladies doivent être très compliquées ; que ni les actions excitantes ni les actions modifiantes du courant sur les nerfs et les muscles ne suffisent pour expliquer les cures produites par ce courant ; qu'il s'agit plutôt, dans la majorité des cas, de modifications persistantes, dans la nutrition fine ou grossière des parties, (de modifications moléculaires, chimiques, histologiques). Dans ses études sur l'action curative du courant galvanique sur les inflammations, les contussions, les extravasations sanguines, les rhumatismes, les névralgies, etc. il se convainquit que les effets étaient produits peut-être directement, par la modification de la structure moléculaire, de l'osmose, etc., dans les tissus eux-mêmes, en partie aussi indirectement, par deschangements dans lacirculation et dans l'irrigation des tissus ; il a réuni un grand nombre de ces actions, soit virtuellement connues, soit hypothétiquement admises comme étant la conséquence importante essentielle du courant galvanique, sous le nom générique d'aclion calalytique et les a considérées comme les principaux agents de sa thérapeutique, dans la grande majorité des cas.

Il est vrai que, pour le moment, cette conception des effets calalytiques est encore établie avec peu de certitude et peu définissable ; je crois cependant que nous ne pouvons pas nous en passer, d'autant plus que ces effets existent très réellement et que nous obtenons par là une expression brève, concrète, qui d'ailleurs ne cause aucun préjudice, quoique cette idée soit encore très vague; il faut donc que je lui consacre quelques mots.

Remak comprend, sous ce terme, d'abord l'élargissement des vais-

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seaux sanguins et lijmpathiques produit par le courant électrique, la phisgrande facilité de circulation du sang et de la lymphe qui en découle; une augmentation de la faculté d'imbibilion des tissus; un accroissement des phénomènes osmoliques et par suite de ces deux causes une augmentation de volume (particulièrement des muscles) ; ajoutez-y les modifications de l'échange moléculaire et de la nutrition produites par l'excitation ou l'apaisement des nerfs en eux-mêmes et dans les parties qu'ils innervent, de plus la modification de la disposition moléculaire des tissus, leur faculté et activité nutritive, provoqué© par les phénomènes électrolytiques, enfin les conséquences et actions du transport mécanique de liquides d'un pôle à l'autre.

Remak s'est donné beaucoup de peine pour mieux étudier les actions du courant ; non seulement il les a observées en faisant agir directement le courant sur des parties du corps déterminées, mais encore il a trouvé que l'on peut produire des effets semblables en galvanisant les troncs nerveux dans les parties innervées par eux, effets qu'il appelle indirects. Cette catalyse indirecte est ensuite devenue l'objet d'expériences ultérieures et le point de départ de galvanisation thérapeutique, dont on a tant parlé et sur laquelle je reviendrai en détail.

Mais, si nous nous demandons maintenant, comme c'est ici notre premier devoir, quelle est la base exacte physiologique ou expérimentale de ces effets catalytiques, nous sommes forcés d'avouer qu'elle est encore très étroite et très défectueuse. La conviction de l'existence réelle de ces effets s'est formellement imposée, depuis Remak, à presque tous les électrothérapeutistes,'par une longue série d'expériences pathologiques et thérapeutiques, que vous apprendrez à connaître plus tard ; mais ces expériences thérapeutiques, ont généralement rapport à des circonstances tellement compliquées qu'on aurait de la peine à obtenir une analyse exacte des différents facteurs qui entrent en œuvre. Aussi ressentons-nous maintenant la nécessité de nous rapprocher de cette analyse par des recherches physiologiques plus approfondies, et d'examiner un à un les divers éléments de ce qu'on appelle l'action catalytique. Sous ce rapport, on a déjà fait quelque petite chose, de très minime importance, et il serait fort à désirer que tout ce domaine fût, une fois pour toutes, soumis à de larges recherches expérimentales.

Remak lui-même avait fait quelques expériences sur ce sujet, et déterminé dans des muscles de grenouilles galvanisés par des courants mobiles un énorme afflux de sang ; il trouva en outre les muscles rebondis et comme gonflés et il prétenditqu'ils absorbent l'eau rapidement que des muscles non galvanisés ; à ce sujet se rattachent aussi les observations faites sur l'homme, concernant le gonQement des muscles sous l'influence du courant, gonflement que Remak décrit souvent.

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De plus les changements décrits par Remak, Bollinger, Von Ziemssen et mol, sur la peau que l'on galvanise, sont si évidents, si accentués que je les ai toujours regardés comme des argument péremploires en laveur d<;s ud'cts catalytiques.

Mais ce qui a une importance particulière, c'est la démonstration des e/fets vaso-moteurs des courants électriques, quelque obscurs qu'ils soient oux-mèmes, sous bien des rapports, en ce qui concerne les vasoconstricteurs et les vaso-dilatateurs ; les expériences de Przewosky seraient surtout très importantes pour la catalyse indirecte, pour la démonstration des modifications de circulation provenant des troncs nerveux, à condition toutefois qu'on les trouve généralement exactes dans les expériences nécessaires de contrôle; plus importantes encore sont les observations déjà mentionnées, faites par Grtilzner et par moi sur l'action vaso-dilatatrice de la durée du courant, lors de l'introduction du courant galvanique dans un tronc nerveux. Enfin les derdernières observations expérimentales de Lowenfeld sur l'élargissement et le rétrécissement des vaisseaux cérébraux, lors d'une galvanisation de la tète avec un courant longitudinal ou transversal, peuvent aussi être utilisées ici.

On peut en outre, invoquer au profit de notre travail les réflexes de î^ameaMa;, tant étudiés de nos jours, les changements de circulation consécutifs à une action sur les nerfs sensibles, L'élargissement démontré des vaisseaux musculaires et la suractivité de la circulation du sang dans les muscles lors de l'excitation des nerfs moteurs. L'augmentation de chaleur constatée par Von Ziemssen dans le muscle faradisé de l'homme vivant prouve l'apparition d'une plus grande intensité dans les échanges moléculaires de matières, mais elle n'est pas en soi l'effet du courant électrique ; elle n'est que celui de la contraction provoquée par lui.

De plus, on peut aussi mentionner la constatation, faite par les physiologistes, de phénomènes électroly tiques plus délicats, dans les tissus eux-mêmes, sur les limites des difiërentes portions organiques histologiques (ce que l'on appelle polarisation interne), comme un fait utilisable en ce moment, fait dont l'importance augmente notablement, grâce à l'expérience précitée de Drechsel, qui constata la formation électrolytique d'urée; citons aussi la non moins importante démonstration faite par Muuk, de l'existence d'e/fels calaphoriques dans l'organisme vivant.

Enfin l'on peut citer aussi, quoique timidement, les nerfs trophiqms, ces voies nerveuses, si souvent mentionnées et traitées d'illusoires, auxquelles finalement, du moins sur un point, on paraît avoir accordé l'autorisation d'exister. La constatation faite par Heidenhain, de l'existence de nerfs trophiques, à côté des nerfs sécréteurs, près des glandes

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salivaires, a certainement une haute portée pour maintes parties de la physiologie. Car de nombreuses expériences, faites par la médecine clinique ainsi que par la physiologie expérimentale établissent nettement l'opinion qu'il existe aussi pour d'autres tissus du corps, peutêtre pour la plupart, des voies et des centres trophiques, bien qu'ils / ne soîéîff^ pas démontrables anatomiquement et que la physiologie ) n'ait pas encore pu les isoler ; cela s'applique tout particulièrement ( aux nerfs moteurs et aux muscles, dont nous nous occupons tant, (/f/^ ainsi qu'à la peau extérieure, aux os et aux articulations. Ces nerfs ^-y^ trophiques peuvent être mus par des excitations électriques comme

l'ont précisément et incontestablement démontré les expériences de

Heidenhain. Ici se produit invinciblement la pensée que l'action électrique, sur ces voies trophiques, peut produire, sur d'autres tissus et organes du corps, des modifications dans les échanges moléculaires, des déplacements organiques, des changements dans la nutrition, le tout faisant partie des effets « cataly tiques ». Contentons-nous ici d'indiquer en peu de mots cette pensée encore absolument hypothétique, quoique très justifiable, que j'ai déjà énoncée antérieurement et attendons le développement ultérieur de la physiologie dans cette direction.

Vous voyez cependant, Messieurs, que, dans le cours des années, depuis le premier et perçant coup d'œil lancé par Remak sur ces questions, on a déjà trouvé et rassemblé quantité de pierres de taille que la postérité utilisera pour construire un édifice complet relativement à l'action des courants électriques, que nous désignons aujourd'hui, tant bien que mal, par le titre, pas très heureusement choisi, mais pourtant adopté, « d'effets catalytiques ». D'innombrables faits thérapeutiques s'ouvriront alors à notre intellect et l'électrothérapie aura une base scientifique bien plus large qu'elle ne l'a en ce moment.

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