‹ Traité d'électrothérapie [electronic resource]Chapitre 42 sur 210 · EXAMEN ÉLECT. DE LA SENSIBILITÉ DE LA PEAU · texte numérisé non relu

EXAMEN ÉLECT. DE LA SENSIBILITÉ DE LA PEAU

résulte que l'excitabilité électrique de la peau ne peut absolument pas être envisagée comme une mesure moyenne de l'ensemble de l'excitabilité sensorielle de la peau, car ces modificatlons^ne sont pas toujours parallèles aux modifications de la sensation de toucher, de la température ou de la douleur. La sensibilité électrique représente une variété de sensibilité de la peau tout à fait spécifique et déterminée, dont l'étude approfondie pourrait certainement être très importante pour nombre de maladies diverses et cela d'autant plus que cette étude est relativement aisée et positive. Alors que sur l'œil, à l'aide de l'exploration électrique, nous ne pouvons affirmer si le patient est aveugle ou clair-voyant, nous pouvons, sur la peau, constater si une sensation, au moins cette sensation spécifique, existe. Je n'ai pas besoin de parler ici des expériences antérieures et grossières, faites pour prouver la sensibilité de la peau surtout au moyen du courant électrique, pour démontrer au public étonné des anesthésies ou des analgésies portées à un haut degré, ou pour démasquer des simulateurs obstinés, ou des hystériques soupçonnées de simulation. On comprend aisément les méthodes, employées en pareil cas, avec des électrodes sèches ou humides, particulièrement avec le pinceau faradique, qui jouit d'une grande vogue et des courants suffisamment intenses.

J'ai dit.'précédemment comment il faut étudier l'excitabilité électrique des nerfs de la peau et de leurs extrémités, faradiquement et galvaniquement, comment la loi galvanique de secousse des nerfs sensibles de la peau, doit être mieux approfondie ; je lai dit dans ma 6« leçon, page 89 : il faut ici employer exactement les mêmes méthodes pour l'exploration des nerfs moteurs.

Mais on s'est aussi efforcé de constater des troubles plus délicats de la sensibilité, principalement à l'aide du courant faradique, pour obtenir ainsi une mesure, pouvant s'exprimer en chiffres, delà sensibilité de la peau et de son degré de perturbation, dans un moment quelconque. Malheureusement ces efforts n'ont pas encore été couronnés de succès.

Leyden a, le premier, tenté une expérience de ce genre et indiqué «n moyen d'apprécier la sensibilité de la peau à l'aide du courant faradique ; à l'aide de deux pointes éinoussées de compas, qui sont fixées à une distance d'un centimètre l'une de l'autre, on introduit dans la peau un courant faradique secondaire ; on fixe ensuite la distance des rouleaux à laquelle il se manifeste, sur différents points de la surface du corps, une sensation électrique minime. Les distances, trouvées, des rouleaux forment une série numérique, de laquelle Leyden tira là conclusion que l'acuité de la sensibilité absolue ne montrait que de faibles difi-érences sur divers points de la surface du corps. On trouva cependant entre le front et la plante des pieds, dans deux séries

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d'expériences, des différences do 70 à 75 millimètrep, d'un appareil à chariot évidemment très énergique. On no trouve pas, dans le compte rendu, de délerniinalion de RC.

Berniuirdt a renouvelé ces expériences et il les a appliquées à trouver la valeur de la sensation douloureuse faradocutanée ; il obtint ainsi des séries numériques analogues à celles de Leyden, qu'il coordonna pour l'usage pratique dans des tableaux d'ensemble. Lui au.ssi oublia de tenir compte de la résistance aux courants.

J'ai, dans le temps, l'ait de nombreux eflorts pour étudier celte méthode, mais j'ai été loin d'aboutir à des séries numériques aussi nettes et aussi comparables que l'étaient celles de Leyden. J'en trouve la cause dans les sources d'erreurs inhérentes à la méthode elle-même ; le courant n'a, aux pointes de compas, que deux entrées dans la peau et celles-ci sont encore, quand elles sont armées avec deux pôles, de vertu excitative différente. On peut, il est vrai, porter remède à cet inconvénient, si l'on adopte l'ingénieuse proposition de Brenner : d'armer les deux pointes de compas de la même élecU^nde et d'utiliser l'autre électrode comme indifférente. 11 est vraiquel'on pourrait alors tout aussi bien ne choisir qu'une pointe émoussée pour l'exploration, si l'on ne doit pas étudier les zones du toucher de Weber. Quand on se rappelle la disposition anatomique de la peau et les voies ordinaires que le courant suit pour la traverser, il est clair qu'avec deux pointsde contact seulement, on est exposé à de trop grandes éventualités, même sur des points symétriques de la peau ; si l'on touche accidentellement, avec une pointe de compas, un petit rameau nerveux de la peau, le résultat sera tout à fait différent de celui qui a lieu tout près. Une légère humectation de la peau, une transpiration facile, rend également les résultats très différents ; enfin en négligeant entièrement la résistance au courant, il reste un terlium dans l'expérience, qui rend impossible la comparaison des différentes parties de la peau chez un seul et môme individu comme celle des mômes parties de la peau chez différents individus. J'ai donc renoncé depuis longtemps à cette méthode — que je crois impraticable et qui d'ailleurs fait perdre beaucoup de temps.

Même chose m'est arrivée, avec la méthode indiquée plus tard par Bernhardt pour l'examen de la sensibililé à la douleur au moyen du courant galvanique. 11 emploie un pinceau métallique armé du pôle négatif (il tient le pôle positif dans la main gauche); avec trente éléments, il met à zéro un rhéostat qui se trouve dans une fermeture parallèle ; puis il augmente les résistances, dans ce rhéostat, jusqu'à ce qu'il se produise, à l'électrode, une évidente sensation de douleur. Les chiffres trouvés des résistances du rhéostat forment une table qui doit indiquer de minimes différences chez diverses personnes. Je n'ai

EXAMliN FAHADOCUTANÉ DE LA SENSIBILITÉ

loi

pas pu me convaincre de cela ; les sensations de douleur, qui se manifestent d'après cette méthode, sont désagréables au plus haut point ; les forces de courant nécessaires sont tout à fait inconstantes et souvent môme très diflerentes à des points symétriques, ce qui dépend sans doute de certaines circonstances de la résistance de l'épiderme qu'on ne peut éliminer. Je n'ai pas pu me convaincre de l'utilité pratique de celte méthode, qui a du reste le défaut d'empêcher de déterminer au galvanomètre la force active du courant ; mais il paiVit qu'il se manifeste une vive sensation de douleur, pour peu que le courant fasse sa traversée (Bernhardt lui-même reconnaît que c'est là le cas, dès que le galvanomètre ne donne qu'une inclinaison de 1 degré à

Après ces expériences peu encourageantes, faites d'après les méthodes actuellement en vigueur, je me suis pareillement efforcé de trouver une méthode plus utile et plus pratique pour explorer la sensibilité farado-culanée, et qui pût éviter les sources d'erreur dénoncées plus haut. Celte méthode vient d'être décrite parDrosdofT; mais elle ne peut pas non plus avoir la prétention d'être parfaite.

Je ne choisis plus comme électrode d'excitation (tandis que l'électrode B, « la grande » électrode humide siège toujours sur le sternum) le pinceau métallique mou, émousséà plat, décrit par Drosdoff, mais je me suis fait confectionner, dans ce but (chez les docteurs Stohrer père et fils, à Leipzig) une électrode particulière, qui partage avec le pinceau l'avantage d'offrir au courant de nombreuses entrées dans la peau et qui du moins élimine l'inconvénient de l'action mécanique éventuelle des différents fils du pinceau.

Un faisceau de plus de 400 fils métalliques fins, revêtus d'un fourreau et vernissés, est fortement enfermé dans g un tuyau en caoutchouc d'environ 2 centimètres de diamètre, solidement relié par soudure à une extrémité, avec la gaîne métallique amenant le courant et attachée à un manche d'électrode (fig. 20 a) ; l'autre extrémité libre est polie autant que possible, si bien que, placée sur la peau, elle fait l'eflet d'une surface métallique tout à faillisse. Cette même électrode, appliquée sur la surface de la peau, couvre, sur cette peau, une surface circulaire d'environ 2 centimètres de diamètre (Qg. 20 b), dans laquelle entre simultanément environ 400

tlectioile pour l'examen l'anuloeulané de la seusibililé. — A. 'Tuyaux de eaoutclioun. B. surface libre de l'électrode.

ÉLECmODIAG.NOSTIC

fils de coiiraiil. Par là, on inler(:ale certainement toutes les sources d'erreur possibles (transpirations, poils follets, petits troncs nerveux, etc.) et l'on n'a plus à tenir compte de petits changements quil'on rencontre en divers points d'excitation. Aulieu de 2 entrées on en a 400 et l'on obtient ainsi une action plus régulière sur de nombreu- ••^cs extrémités de iierl's. Sous cetle l'orme, Télectrode d'excitation m'a paru très pratique et très maniable.

On place cette électrode (reliée avec le pôle négatif du courant d'ouverture) solidement sur une partie quelconque de la peau, puis on détermine par une lente poussée du rouleau, d'abord la distance de rouleau à laquelle se manifeste la première sensation électrique minima, de chatouillement, la sensation de picotement bien connu ; en ouvrant en fermant plusieurs fois la chaîne, sur le commutateur du courant cela peut aisément se contrôler et se faire avec une grande rapidité. Il est bon, dans ce moment, d'humecter modérément la peau, en la frôlant rapidement avec un drap humide.

Ensuite on pousse plus loin le rouleau avec un peu plus de célérité, jusqu'à ce que la personne sur laquelle on opère accuse une sensation douloureuse bien accentuée ; on noie aussi cette dislance des rouleaux. Les différents individus ne se ressemblent guère dans l'idée qu'ils se fontdeladouleur; mais du moins l'expérience prouve que, surcepoinl, il n'y a pas de notables difl'érences sur les différentes personnes saines.

Celte exploration s'effeclue sur un nombre illimité de points du corps et sur les régions quelconques du corps. J"ai choisi à cet effet, pour gagner du temps, un nombre de points relativ'ement petits, auxquels on peut en ajouter d'autres à volonté.

PLACES d'eX':it:ilion.

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