‹ Traité d'électrothérapie [electronic resource]Chapitre 62 sur 210 · C. Modifications de l'excitabilité électrique des nerfs du · texte numérisé non relu

C. Modifications de l'excitabilité électrique des nerfs du

cerveau.

1. A mon grand regrel,,je dois vous avouer ici qu'en ce qui concerne les conditions paliiologiques de l'excitabilité électrique de l'œil on n'a l'ait jusqu'ici sur la rétine et le nerf optique qu'excessivement peu d'explorations et de découvertes bien que peut-être l'œil, mieux que tout autre organe, paraisse par son accessibilité, par la fréquence et l'importance de ses affections nerveuses et par ses rapports intimes avec beaucoup de maladies graves du système nerveux central, et d'autres organes du corps, paraisse, dis-je, mériter d'être l'objet de semblables recherches et pouvoir donner aussi des résultats précieux. On se rend aisément compte qu'ily a là des faits variés, intéressants et importants à découvrir. Rencontre-t-on des modifications qualitatives de la loi optique d'excitation (changements des couleur.s, des réactions d'ouverture et de fermeture, etc.) dans des maladies de la rétine ou de l'optique ? Jusqu'à quel point se manifestent des anomalies quantitatives, dans les différentes formes et phases de i'amblyopie?

Il serait intéressant d'établir, si, dans les maladies des milieux transparents de l'œil, l'excitabilité de la rétine et de l'optique est restée intacte ; comment se comportent les sensations lumineuses dans l'hémianopie, dans les scotomes centraux, elc. ? enfin si dans les maladies périphériques de la rétine et de l'optique, il y a encore des sensations lumineuses et galvaniques provoquées par l'excitation des fibres centrales dans le tronc de l'optique ou du tractus optique ou peutêtre du cerveau (certaines parties de l'écorce)? C'est là une question delà plus haute importance physiologique et qui n'est certainement pas sans importance pratique.

De tout cela, on ne connaît malheureusement rien ou du moins très peu de chose. On savait, il est vrai, depuis assez longtemps, que la réaction galvanique de l'appareil optique diminue et disparaît, dans l'amaurose, dans l'atrophie des nerfs optiques, etc., mais Neftel, le premier, donna quelques indications détaillées, basées sur la méthode d'exploration de Brcnner. 11 trouva, dans un cas d'hémianopie un

ANOMALIES DE LA RÉACTION GALVANIQUE DE l'OPTIQUE 209

défaut, parfaitement caractéristique de celle-ci, dans le disque coloré o-alvanique et l'on prétend que pareille chose arrive dans le décollement % la membrane rétinienne; il trouve que généralement la réaction o-alvanique des yeux se comporte comme la faculté visuelle et il admet en outre une hyperesthésie pathologique (excitabiUté facile) et une torpeur (excitabilité difficile) du nerf optique ; mais les deux cas cités comme preuve, ne prouvent rien, l'exploration ayant été faite sans galvanomètre. Dans la paralysie hystérique hémilatérale, Neflel prétend n'avoir souvent pas trouvé la réaction galvano-optique et même sur le côté opposé à la paralysie et à l'anesthésie; M. Rosenthal trouva au contraire cette réaction diminuée sur le côté de l'anesthésie hystérique, conformément àlamblyopie intense qui existait.

Moi-même j'ai fait souvent, avec un matériel que je rencontrais par occasion, des recherches, qui, comme je dois l'avouer sincèrement étaient insuffisantes. Ces recherches présentent assurément de grandes difficultés ; c'est surtout quand la maladie est unilatérale, qu'un résultat est jDresque impossible, parce que l'œil conservé, vu sa grande excitabilité, est aisément atteint par des traînées de courant et qu'alors ses réactions troublent assez notablement l'observation.

Voici en résumé quelques-uns de ces cas :

1° Névrite optique bilatérale, suivie d'une atrophie du nerf de la vue, amblyopie (doigts à 6 ou 2 pieds). Des deux côtés, faible sensation galvanique de lumière blanchâtre sans aucune sensation de couleur, sans différences entre les deux pûtes, soit à la fermeture soit à l'ouverture.

2o Fracture du d'âne, œil gauche tout à fait amaurotique ; œil droit, amblyopie et hémianopie temporale. Pas de réaction galvanique à l'œil gauche ; à l'œil droit sensations galvaniques de lumière qui tombent presque exclusivement sur la moitié médiane (gauche) du champ visuel et qui ne s'étendent presque pas vers la droite.

3° Tumeur cérébrale. (?) Amaurose bilatérale complète. D'abord épaississement de la pupille, plus tard atrophie blanche du nerf visuel. Avec l'électrode B sur la nuque, quand A est placée sur la tempe droite, sur l'œil droit ou gauche fernié, la sensation lumineuse ne se produit qu'à droite, avec la Ka F et l'An F mais, si A est placée sur la tempe gauche alors se manifeste à côté delà sensation lumineuse de droite une autre sensation faible à gauche. (Ici l'explication est très difficile. Excitation de l'un ou l'autre tractus ??)

Amblyopie de l'œil droit par une névrite rétrobulbaire ; à l'œil gauche vive réaction galvanique; à l'œil droit avec 6 et 8 éléments, aucune espèce de sensation lumineuse. Quelques mois plus tard, quand s'est produite une amélioration indubitable delà faculté visuelle, l'œil droit réagit aussi distinctement, mais plus faiblement que l'œil gauche.

0° Cas de Tabès dorsale avec amaurose complète par atrophie des nerfs; a eu précédemment une sensation galvanique nette de lumière, laquelle fait maintenant tout à fait défaut même avec une direction transversale du Erb. — Électi'olhérapie. J4

^10 ÉLECTIIOblAGNOSTIC

courant à travers les apophyses mastoïdes et aussi avec l'excitation de la réffion du gyrus suf)ran)|U'ginal au moyen d'une grande électrode (pour exciter les centres cùrli<'a'iix.,optii|ues !) et avec un com'ant tellement fort qu'il se proliuitune rt^ctioii de l'acoustique avec hypereslliésie nnidiocre de l'acoustique.

(5° Ani(i.urose bilalcralc par suite d'une bulle de pistolet ayant pénétré par la tempb gauche ; à gauche ti ace de vision ; à droite, cécité absolue ; perte (le l'odorat. A droite, avec 4 ou 6 éléments el, une excitation galvanique aussi directe que possible, sensation évidente de lumière. A gauche, avec 2 éléments, faible, et avec 4 ou 0 éléments, forte sensation de lumière. (Plus tard, notable amélioration, de la faculté visuelle.)

J'évite à dessein de tirer des conclusions quelconques de ce petit nombre d'observations; mais je crois, en tout cas, qu'il y aurait ici à e.Kploiter un terrain qui ne serait nullement ingrat et qui reste encore presque inculle. Je le recommande à l'attention des oculistes.

2. Nous sommes beaucoup piu^ heureux en ce qui concerne les -■réactions électropathologiques de l appareil neri^PMx de l'ouïe, du nerf acoustique, peut-on dire, pour parler plus vile. Ici, grâce surtout aux efTorts de Brenner, on a mis au jour une grande abondance de faits très intéressants et c'est précisément aux cas pathologiques que nous nous sommes redevables d'avoir pu présenter avec tant de précision, la réaction galvanique normale de l'acoustique. C'est en efl'et surtout i^vûhez les personnes malades des oreilles dont l'appareil auditif nerveux ' réagit souvent avec une promptitude et une facilité presque merveilleuse contre le courant galvanique que l'on peut faire des explorations sans aucun inconvénient pour le malade et obtenir les résultats les plus frappants. Et ces résultats se sont déjà montrés utiles et pratiques sur une large échelle ; car il iut démontré que, dans une série déterminée de cas, les résultats de l'exploration électrique indiquèrent directement le traitement électrique et la méthode spéciale à suivre pour arriver au but. Il s'agissait le plus souvent de cas, où les bourdonnements d'oreilles étaient opiniâtres et ne pouvaient être combatlas par aucun autre moyen ; ces bourdonnements étaient souvent guéris d'une manière brillante, comme vous l'apprendrez plus en détail.

En tout cas, il faut instamment recommander à tous les médecins aurisles, l'exploration galvanique de tous les cas graves et chroniques d'afl'ections de l'oreille ; dans un nombre très considérable de cas, on obtient des résultats intéressants, bien que naturellement ils ne puissent pas toujours amener les conséquences thérapeutiques désirées.

Brenner a trouvé, dans ses recherches, un grand nombre d'anomalies de la réaction galvanique de l'acoustique, qui ont été confirmées et auraient pu être c(jmplétées encore par de nombreux observateurs postérieurs (Hagen, IVloos, Erb, Hedinger, Erdmann, Eulcnburg, etc.). La plus fréquente de loules ces anomalies est de beaucoup :

ACOUSTIQUE : SIMPLE uyi'ERESTUÉSIE GALVANIQUE 211

a. La simple hypei^esthésie galvanique de l'acoustique.

Elle se caractérise par une facilité plus ou moins grande d'excitabilité du nerf auditif, sans aucune modificalion de la formule normale. W souvent en efl'et très étonnant de voir avec quelle .facilité le nerf auditif réagit dans de pareils cas : avec des courants à peine sensibles, ne touchant presque pas l'aiguille galvanométriqiie, on obtient la formule complète des réactions de l'acoustique. Même quand l'électrode est placée dans la fosse sus-claviculaire ou sur la nuque, les malades de cette catégorie accusent souvent à l'improviste et sans y être invités, qu'ils entendent sonner dans l'oreille, quand cette électrode est le pôle négatif. Tels sont les cas à l'aide desquels on peut prouver à l'œil le plus faible et au sceptique le plus opiniâtre, l'existence, la précision et la régularité de la réaction galvanique de l'acoustique.

Ainsi une augmentation de la faculté de réactionmême avec des forces de courant très faible^ est le premier et le plus étonnant crilérium de cette hyperesthésie galvanique. Celle-ci ne se manifeste pas seulement en ce que des sensations sont éprouvées de très bonne heure à la KaF, mais encore en ce que la sensation de AnO apparaît déjà avec des forces de courant relativement très faibles et tout près de la KaFF.

Plus loin on trouve aussi : que les sensations de son deviennent extrêmement bruyantes et vives et sont d'un timbre et d'un caractère très accentués (sifflement bruyant, frémissement, bruissement, sonnerie de cloches, etc.); en outre que les sensations de son se prolongent extraordinairemenl longtemps ; qu'elles sont d'une durée bien plus grande qu'à l'ordinaire, de telle sorte que, très promptement, le son de KaF persiste pendant toute la durée de la fermeture delà chaîne, bien qu'avec une intensité un peu décroissante (qu'ainsi la réaction de la durée du pôle négatif x= une durée infinie) et que de môme la réaction de l'ouverture du pôle positif qui d'ailleurs n'est que tout à fait momentanée, se change en un tintement bruyant, durant plus ou moins longtemps (quelquefois de 20 à 40 sec.) puis s'éteignant peu à peu.

La formule pour l'hyperesthésie simple de l'acoustique telle qu'on l'obtient déjà avec des courants bien plus faibles que sur le nerf normal (peut-être avec 12, 8, 4 élem., contre 16 pour le normal), cette formule s'exprime par conséquent ainsi :

IvaFT"' très forts tintements dans l'oi'eille

KaDToo liiUeiueuls prolongés tant que dure la fermeture de la chaîne IvaO — rien AuF — rien AnD — rien

AnOT' > tiiiLenients vifs, s'éteignqnl peu à peu.

Brennera démontré, de plus, pour cette liyperesthésie, qu'en elle,

''1- ÉLECTHODIAG.NOSTIC

l'excitabilité secondaire et tertiaire est essentiellement augmentée et que même dans sa façon de se comporter envers des lluctuations simples, positives et négatives, ou sous différents autres rapports, l'augmentation de l'excitabilité se manifeste.

Gomme un degré particulièrement élevé de cette hyperesthésie, on doit admettre ce que Brenner a désigné et décrit sous le nom de réaction paradoxe. Celle-ci se caractérise brièvement en ce que, quand on n'arme et n'explore qu'une seul oreille et que l'on lient l'autre électrode dans la main, au sternum ou ailleurs, dans une position fixe, l'oreille non armée réagit simultanément, tout à fait dans le sens de l'électrode indifférente, comme si elle était armée de cette dernière. Ce

fait semble paradoxal, seulement parce que Brenner a prouvé que l'oreille ou l'acoustique réagit toujours dans le sens de l'électrode la plus rapprochée ; il faudrait donc dans l'expérience mentionnée s'attendre ii ce que l'oreille non armée réagisse aussi dans le sens de l'électrode de l'oreille armée, celle-ci étant bien plus rapprochée que celle que l'on tient à la main ou que l'on place sur le sternum ; or ceci n'est pas le cas, c'est tout le contraire qui arrive. Mais on peut montrer très facilement, Schéma .le la' msufbulion .In .■ou • commc jc l'ai dit en temps et lieu, que, dans

rant .ians le crâne auand on arme une , ij» i i* •■

oreille ave..- le pôle positif, iiulication 16 mode d exploration, precitc, toutes les

<la pôle négatif virtuel suivant une . , ,

coupe transversale au cou. Iramccs 0.6 courant, qui entrent par une

oreille, sont forcées d'évacuer le crâne en passant par le cou (fig. 23) que l'électrode indifférente soit sur la nuque, sur le sternum, dans la main ou sur une jambe. Mais dans toutes ces circonstances, c'est comme si l'électrode indifférente occupait la section transversale du cou. Mais l'oreille non armée est en tout cas plus rapprochée de la section transversale du cou que l'oreille armée ; elle est donc obligée de réagir dans le sens de l'électrode indifférente qui se trouve au cou. De la sorte, ce phénomène perd toute apparence paradoxale. 11 n'est pas autre chose que l expression (Tune excitabilité galvanique de l'acoustique tellement élevée que même les faibles traînées de courant, arrivant à Coreille non armée sont en état de provoquer dans celle-ci des sensations de son. Il vaudrait peut-être mieux laisser retomber dans le néant l'expression de réaction paradoxe. Pour montrer comment le fait se déroule, citons le cas suivant d'une simple hyperesthésie bilatérale de V acoustique.

Observation. — Electrode .\ à 1 oreille g. électrode B à la main.

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