‹ Traité d'électrothérapie [electronic resource]Chapitre 87 sur 210 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

de se remeLlre au travail. — Avril 1878 : de nouveau, violenl vertige, maux de tête, tiraillements dans les jambes ; douleurs lancinantes et bourdonnements dans l'oreille gauche ; pas de perte de connaissance, mais retour du tremblement avec une intensité bien plus grande. Amélioration à l'hospice. Le malade se porte assez bien, l'hiver suivant.

A la fin de mars 1879, par contre, accès de vertige avec de violents maux de tôte, mais sans perte de connaissance; nouveaux tiraillements et nouvelles lourdeurs de jambes ; tremblement de la tôle avec forte recrudescence et maintenant aussi tremblement des bras ; le patient s'énonce avec difficulté, sa mémoire est ingrate ; diminution de la capacité intellectuelle, de temps à autre un peu de faiblesse de la vue. Le sommeil est inquiet ; la vessie et le rectum sont libres. État, le 7 juin -1879 ; au repos, rien d'anormal ; mais à chaque émotion et à chaque mouvement, tremblement vif et vacillations de la tète. Yeux normaux, même à l'ophtalmoscope ; l'examen otologique (des oreilles) donne à gauche une affection invétérée du conduit auditif et de l'oreille moyenne. La langue, le palais, la mastication et la déglutition sont normaux. Le langage est un peu bégayé et quelque peu diffus. Aux extrémités supérieures, à part une certaine incertitude dans les mouvements et de faibles commotions à gauche, pas de perturbation sensible ; spécialement pas de tremblement visible, ni d'ataxie. — Aux extrémités inférieures, incertitude des mouvements un peu plus fortement accentuée, mais pas d'ataxie évidente, du reste, objectivement, absolument rien d'anormal. Traitement galvanique : en travers et longitudinalement à travers la tête, le sympathique du cou. — 16 juin : les tremblements ont visiblement diminué dans ces derniers jours. Aujourd'hui il n'y a plus de trace des mouvements d'oscillation antérieurs. Subjectivement aussi, le malade se sent mieux. Les maux de tête ont entièrement disparu ; par-ci par-là encore un peu de pression à la tête ; disposition d'esprit plus vive, sommeil meilleur. Le 2 juillet 1879, le malade est renvoyé complètement guéri. En octobre 1879, plus de phénomènes fâcheux pour la tête. Le trémor a disparu pour longtemps.

lo" Observation de Uor. Meyer. — Hémiplégie gauche, après une encéphaliLe aiguè. — Enfant mâle, de 8 ans, a eu, en 18G3, une perte de connaissance avec crampes violentes et une paralj-sie totale de la moitié gauche du corps. Mai 1866, amélioration^, de la jambe. Janvier 1867, le bras est encore com" plètement impotent, froid, tiré vers le thorax, contracture légère. Région du deltoïde et du radial paralysée en partie, celle du cubital complètement. Contractilité électro-musculaire intacte. Pas de trouble dans la sensibilité. Traitement : faradisation des muscles paralysés. Amélioration notable dès la fin de la treizième séance. Après quarante-deux séances, la mobilité du bras et des doigts est presque normale.

16» Observation personnelle: parahjsie d'un grand nombre de nerfs biUbaires. — Journalier, âgé de 48 ans, malade, depuis juin 1871 et souffrant aux extrémités supérieures, rigidité des lèvres, violent mal de tête, vue d'étincelles, parfois diplopie. Plus tard, souffrances à la nuque. La tête devient lourde et penche en avant ; difficultés croissantes de la mastication et de la déglutition. Durant l'automne de 1871, fortes douleurs dans les jambes,

MAI.AllIlCS UV CI'UVEAIÎ

on inAine li-iiips, f'aililcsse dans les jambes f;L dans k;s bras. Veilifre long ol violent, bourdonnement d'oreilles. La voix devient faible ol enrouée; la langue, lourde ; salivation abondante, sommeil mauvais, troublé par des douloui's et par îles bourdonnements d'oreilles. — \ilnl au 30 janvier 1872: la diflicuité delà parole s'aceroît légèrement. Voix faible. Pupilles et mouvements des yeux normaux, pas de plosis. — Ouïe éteinte à gauclie, diminuée à droite, bourdonnements d'oreilles continuels des deux côtés. Muscles de la boucbe raides et inertes, impossibilité de siffler. Le patient ne peut pas bien tirer la langue ; elle manifeste de notables contractions (ibrillaires. — Voile du palais et luette rectiligne.s, ne pouvant que difriciiement êti'e excités d'une manière réilexe. — Douleurs dans la nuque et dans le dos. Attitude et mouvement de la téte sans anomalie. La déglutition est pénible ; la mastication l'est encore davantage. .Sensibilité partout normale. Au bras droit, douleurs vives et lancinantes; sa force est lui peu diminuée, les jambes se fatiguent vite, etc. Hyperestliésie galvanique des deux nerfs acoustiques ; polype dans le conduit de l'oreille gauche.

Traitement galvanique: huit éléments Stohr transversalement par le» tempes les apop. mastoïdes ; dix à douze élém. par le sympatique du cou ; pôle positif stable avec échappées à chaque oreille. Amélioration notable après peu de jours. — Le 3 février, maux de tête faibles ; jambes plus fortes ; la langue peut être plus aisément tirée ; le patient peut de nouveau siffler. La mastication et la déglutition sont décidément meilleures. — Le -12 février, amélioration durable. Tête encore un peu lourde ; presque plus de douleurs aux extrémités ; le malade mâche, avale et siffle très bien. La langue sort facilement. Le cours ultérieur de la maladie, à part quelques Iluctuations, est très satisfaisant. Le patient est renvoyé, le 27 mars (après cinquante-deux séances), guéri (à l'exception des phénomènes auditifs).

17° Obseroaiion personnelle. Ensemble de symptômes bulbaires (Erb.). Homme de ."kj ans, tombé malade en février 1808. Violentes douleurs à la nuque ; mal de tête léger ; plus tard, faiblesse dans les muscles de la nuque, de telle sorte que la tête ne peut plus être portée verticalement. Au commencement de juin, paresie croissante des muscles de la mastication et, en même temps, faiblesse des paupières supérieures, finalement un peu d'embarras dans la langue et quelque difficulté dans la déglutition. Le reste, normal. État à la fin de juin 1868 : Attitude particulière de la tête par l'effet de la parésie dos muscles de la nuque, ptosis des deux côtés. Faiblesse notable des muscles de la mastication ; la bouche reste ordinairement ouverte à cause de cela. Motilité de la langue n'est pas notablement troublée ; elle manifeste des contractions fihriliaires. Aplatissement des muscles de la nuque. — Extrémités normales. — Hypéresthésie galvanique du nerf acoustique gauche.

Traitement Qcilvanique : Dix éléments .Stohr, transversalement par les processus mastoïdes stables; dix éléments, galvanisation du sympathique du cou et pôle négatif labiio à travers les accessoires et les muscles de la nuque. Alors .se manifesta une lente amélioration. .\près soixante séances, le patient va infiniment mieux; il peut mieux tenir sa tête, la déglutition s'effectue sans obstacle. La mastication s'améliore. Renvoyé le 7 septembre,

RÉSULTATS DANS LKS THOUBLES FONCTIONNIÎLS 297

le malade revient le 30 octobre, après avoir fait iisaso d'iodnre de potassium. Après son retour, amélioration visible ; attitude de la tète essentiel! eincnL meilleure et plus ferme, ptosis plus faible, déglutition et mastication très bonnes. La bouche ne reste plus ouverte. Après vingt-trois séances nouvelles, le malade est renvoyé, le 7 décembre 1868, comme à peu près guéri. Tenue normale do la tète ; mastication et déglutition tout à fait normales, etc., etc.

Les observations que l'on vient d'entendre, mettent hors de doute que. dans diiïéreates maladies cérébrablos, on peut obtenir des guérisons à l'aide du courant électrique (en l'appliquant de manières très diverses); les succès peuvent être prompts et éclatants, même dans des cas où d'autres remèdes ont été employés et sont restés plus ou moins efficaces. Ainsi nos espérances conçues à priori, se sont réalisées dans une série de cas.

Mais n'allez pas croire, Messieurs, que ce soit toujours et même systématiquement le cas ; nous ne voulons ni ne pouvons passer sous silence, ce que tout thérapeuliste et névropatliologiste expérimenté attestera avec nous. C'est qu'en face de ces guérisons peu nombreuses, mais positives et éclatantes, on peut dresser une liste bien plus nombreuse de cas, où le résultat a été négatif. Bien des fois, un emploi rationnel, et logique au plus haut point, du traitement par l'électricité reste infructueu.K dans des maladies cérébrales, ce qui ne s'explique que trop souvent par la nature des maladies nerveuses, qui restent incurables, même pour tous les autres genres de médicaments.

Il y a, en outre, toute un série de cas, que Ton ne peut pas regarder comme des preuves péremploires de l'efficacité de l'électricité, car les guérisons s'y font lentement, insensiblement, souvent même grâce à d'autres remèdes employés simultanément avec l'électricité ; toutefois, même dans cette série, l'efficacité de l'électricité n'est nullement contestable ; elle est très probable, mais on ne peut la démontrer AHctorieusement.

Il se présente finalement des cas, assez nombreux (voir plus haut les observations G et 7), où, immédiatement après l'emploi de l'électricité, une amélioration d'une rapidité surprenante se manifeste dans bien des sens, mais cette amélioration après quelques pas en avant, reste ensuite stationnaire et équivaut à une incurabilité. Ainsi, par exemple et notamment dans des cas de paralysies apoplectiques invétérés, on voit, dès la première ou plutôt dès les premières séances, apparaître une amélioration surprenante, presque subite, dans la motilité; on voit reparaître des mouvements qui semblent tout à fait perdus. Les malades peuvent tout à coup mieux marcher, se servir plus facilement de leurs mains et permettent de croire, croient eux-mêmes, que leur guérison totale est imminente ; mais c'est une

-«yo MALADIES DU CEHVEAU

espérance li-ompeuso ; bienlùt après survient un point d'arrêt et le mieux ik; (ait plus (jue des progrès lents pour ne pas dire nuls. On peut aussi voir que les troubles de la sensibilité, concomitants de l'hémiplégie, les paresthésics, les désordres des organes cérébraux, l'aphasie, l'anarthrie, etc., disparaissent promplemcnt, après un traitement électrique, sans que l'amélioration de la molilité fasse les mômes progrès. Dans tous ces cas, on obtient, sans doute, d'une manière tout à fait surprenante, une amélioration partielle ; mais, après cela, plus rien, malgré tous les efforts que l'on peut faire. Il s'agit sans d(Mite ici comme Brenncr l'a déjà très bien dit, simplement de disparition do troubles secondaires, de fonctions rendues difficiles par la pression exercée sur le voisinage d'un foyer apoplectique, par des troubles de circulation collatéraux, l'œdème, des phénomènes de réaction inflammatoire, etc.; peut-être un certain nMe y est-il aussi joué par des troubles périphériques secondaires de la nutrition dans les nerfs et dans les muscles ; mais le rétablissement de l'activité des voies et centres nerveux, tout à fait détruits ou dégénérés est impossible ; il reste donc une limite infranchissable dans ces troubles de fonctionnement. Ici le trouble fonctionnel est ramené par le courant électrique, simplement à la grandeur déterminée par la perturbation pathologico-anatomique ; mais par cela môme il y a souvent pour les malades un grand soulagement de gagné.

La possibilité d'une action favorable du courant électrique, sur de nombreuses maladies du cerveau, existe donc même là où une guérison complète ne peut être espérée, vu la nature du mal.

D'après tout ce que je viens de dire, on pourra avec plus ou moins de certitude espérer des résullaLs heureux du traitement électrique, dans les cas et catégories de maladies cérébrales, qui suivent : tout d'abord, dans ce qu'on appelle les troubles fonctionnels du cerveau, dans les différentes névroses cérébrales, pour lesquelles nous ne connaissons jusqu'ici pas de bases anatomiques; ce sont, en première ligne, les actions catalytiques du courant, son action sur les vaisseaux sanguins, sur les actes les plus délicats de l'échange moléculaire, que nous sommes forcés d'admettre tout d'abord ; mais peut-être qu'un certain rôle est ici joué par les actions excitantes et modifiantes du courant. Parlons aussi de la névrosthénie, des insomnies, des maux de tête, de la migraine, des formes les plus légères des troubles psychiques; de différentes formes cérébrales de crampes, de la chorée, de l'épilepsic, des troubles cérébraux de l'hystérie, etc.

Mentionnons en outre les troubles de la circulalion, où l'on peut utiliser les actions des courants électriques sur les vaisseaux sanguins du cerveau, devenues assez probables depuis les recherches de Lowcnfeld, ainsi que l'action exercée par la galvanisation du sympalhiquc,

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