‹ Traité d'hygiène publique et privée [electronic resource]Chapitre 80 sur 149 · TOMBÉE · texte numérisé non relu

TOMBÉE

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Sénégal (année 1855).

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Moyenne annuelle.

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Guyane (année 1855).

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Moyenne annuelle

Martinique et Guadeloupe —

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Réunion.

(année 1855).

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Moyenne annuelle . .

Taiti (année 1855).

(1) Nous avons composé ce tableau à l'aide de matériaux empruntés à l'excellent ouvrage de Dutroulau : Traité des maladies des Européens dans les pays chauds (Paris, 2e édit., 1868).

(2) Ré sume de plusieurs années, d'après Gillebert d'Hercourt. La tension de la vapeur n'a pas été. notée.

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En résumé, l'année tropicale se caractérise par la permanence et l'intensité de la chaleur : six mois de sécheresse et de chaleur intense; six mois d'humidité avec un léger abaissement de température qui ne constitue pas un hiver réel; entre la saison des pluies et celle des chaleurs arides, des saisons intermédiaires que signalent des perturbations atmosphériques; l'automne et le printemps de la zone torride, remarquables par les brusques variations de la température et de l'humidité, et ressemblant, par cette versatilité météorologique, aux saisons équinoxiales de tous les climats : mais ces deux saisons sont fort courtes, et les mutations qu'elles déterminent dans la température n'affectent, comme celles de l'hivernage, que les degrés supérieurs de l'échelle thermométrique (1); car le terme extrême de l'abaissement général de la chaleur entre les tropiques ne dépasse pas moyennement 18 degrés. Ainsi, le trait le plus constant, le plus invariable, le plus efhcace, des climats équatoriaux, c'est la chaleur : cette influence souveraine, l'homme, réactif à double face, en témoigne et par sa modalité fonctionnelle, et par ses manifestations pathologiques.

Nous avons étudié plus haut les effets de la chaleur. L'habitant des climats équatoriaux les éprouve dès sa naissance; il les subit sans interruption jusqu'à sa mort : son organisation, composée des éléments d'une hérédité spéciale, est donc l'expression la plus vraie et la plus complète de la puissance de cet agent; elle porte le cachet de l'action solaire comme tous les produits de la nature qui l'environne. Le propre de la chaleur est d'exalter les organes de la périphérie, de déterminer un mouvement centrifuge : exagération habituelle des fonctions extérieures, abaissement des fonctions centrales, tel est le rhythme de l'indigène de la zone torride. La chaleur aride resserre, crispe, irrite sesj tissus cutanés ; la chaleur humide les détend par la sueur, et souvent par les éruptions; dans l'un et l'autre cas, les fluides sont attirés vivement sous lai peau, qui se décolore et acquiert un haut degré de sensibilité; les organes quil sympathisent directement avec la peau reçoivent une égale impulsion, notam-l ment les sens et l'appareil génital. La surexcitation cutanée a pour conséquence! la dépression vitale des muqueuses : aussi les forces digestives languissent,] l'élaboration du chyle est incomplète; le sang, fourni d'ailleurs par une!, alimentation peu substantielle, reste séreux et peu stimulant; porté dans lesl poumons dont l'activité est diminuée, il ne s'artérialise point d'une manière! aussi complète que dans les pays froids où la respiration est plus énergiquej Le docteur Copeland a constaté que, dans les climats chauds, il s'échappe une! moindre proportion d'acide carbonique parles voies respiratoires; aussi le carJ bone prédomine dans les fluides organiques qui manquent de plasticité; il se] fixe dans le pigment, dont la formation augmente. L'économie ne tarderai! point à être surchargée de ce principe contraire à la vie, si elle n'en expulsait

(1) Fuster, Des. maladies de la France dans leurs rapports aveç les saisons. Paris, 1840, p. 446,

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une partie par la peau et par le foie, qui s'animent d'une activité supplémentaire à celle du poumon; le carbone, que ce dernier viscère n'élimine plus sous forme d'acide carbonique, le foie l'évacué dans le tube digestif sous forme cle bile. A toutes les époques de la vie, depuis l'état embryonnaire, on observe cet antagonisme entre le foie et le poumon; liés par un rapport inverse de développement et d'activité, dès que l'un de ces organes se ralentit, l'autre s'exhalte; le climat agit en cela comme l'âge, comme les maladies : il crée des idiosyncrasies spéciales, et amortit celles qui existaient. Ainsi, la transpiration cutanée, la sécrétion de la bile, la déposition plus copieuse du pigment, voilà le triple travail qui domine la physiologie des pays chauds; la peau et le foie sont les organes les plus vivants; sur eux aussi se dirige plus ■ particulièrement l'imminence morbide. Chez les indigènes de ces contrées, la forme la plus ordinaire de la santé ne sera donc point le tempérament sanguin, qui traduit une chlylification et une hématose parfaites; mais ils offriront, comme type général, les caractères de la prédominance bilieuse, les signes d'une véritable saturation de carbone, combinés avec ceux du tempérament lymphatique ou du tempérament nerveux. Leur constitution témoigne des influences énervantes du climat ; tous les observateurs y ont signalé le contraste de la faiblesse radicale, du relâchement des tissus, de l'indolence et de l'apathie avec l'exaltation du système nerveux, la fougue des passions, les saccades d'activité physique et morale. L'affaiblissement général de ces races est favorisé encore par la nature du régime alimentaire, peu réparateur au fond, malgré le pigment et les assaisonnements incendiaires par lesquels elles s'efforcent de réveiller l'inertie de leurs organes digestifs, par les excès vénériens qu'elles commettent sous la stimulation spéciale du climat, par les désordres de tout genre auxquels les entraînent leur luxure naturelle, l'oisiveté et le dévergondage des mœurs.

Les maladies équatoriales ont été observées dans des régions diverses par un grand nombre de médecins parmi lesquels ceux de la marine française occupent un rang distingué. On peut juger de l'importance de leurs travaux et de la sagacité de leurs observations, depuis qu'une heureure fondation, celle des Archives de médecine navale, leur permet d'émerger des cartons poudreux des bibliothèques et de se produire au grand jour à côté des monographies ou des traités spéciaux des écrivains si justement accrédités de la même famille. En écartant de leurs descriptions ce qui dépend des circonstances locales, on arrive à déterminer les traits généraux de la pathologie équatoriale. 1° L'affection dominante de la saison sèche est une fièvre continue rémittente, accompagnée de congestions rapides qui s'opèrent tantôt sur l'encéphale ou les méninges, tantôt sur le tube digestif et ses annexes. Ce n'est pas ici le lieu de retracer la marche de cette fièvre, son invasion bruyante, ces complications phlegmasiques, ses paroxysmes pernicieux, ses formes convulsive, soporeuse, délirante, etc., ses solutions éminemment critiques. L'analyse de ses phénomènes et de son traitement a conduit Fuster à l'assimiler au vrai causes

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d'Hippocrate, à la fièvre ardente bilieuse à son plus haut point. Avec cette 1 affection coïncident des maladies locales, fébriles ou apyrétiqucs : la chaleur I sèche dispose aux hypérémies cérébrales, aux méningites, aux encéphalites, I aux apoplexies; l'éclat de la réverbération solaire provoque des ophthalmies; || la peau, siège d'une incessante stimulation, se couvre d'éruptions diverses, I sudamina, papules, érythèmes, érysipèles, boutons ardents; la rougeole et la 1 variole qui n'épargnent aujourd'hui aucune nation du globe sont originaires 1 des climats chauds. Les appareils .digestif et biliaire s'irritent à leur tour, il soit directement ou par sympathie : les colites, les dysenteries, les hépatites, I se montrent en foule, enveloppés d'une violente fièvre presque toujours del nature paludique; mais celle-ci ne tarde point à imprimer son cachet à ces! phlegmasies; il n'est point jusqu'aux fièvres traumatiques qui n'en revêtent I la nuance spéciale (Pouppé-Desportes, Bajon, Rochoux).

La saison humide vient achever, par son action dissolvante, la prostration de l'économie, épuisée par la surexcitation qu'ont entretenue les chaleurs de la saison précédente. Les premières ondées qui détrempent la terre desséchée font fermenter la couche des débris organiques qui la recouvrent; bientôt la surface du sol n'est plus au loin qu'un limon fétide, et sur toute l'étendue de la zone torride s'opère un dégagement d'émanations délétères, principalement le long des côtes marécageuses, dans les terrains bas et dans les pays boisés : alors apparaissent les endémies de fièvres intermittentes et rémittentes, suivies ou compliquées d'hépatite, de dysenterie, de choléra-morbus; les lésions locales manifestent une plus grande tendance à la suppuration, à la gangrène. Tandis que la fièvre de la saison sèche se fait remarquer par la persévérance de la surexcitation initiale jusqu'au moment delà catastrophe, celle de la saison humide débute par des symptômes d'abattement, et s'accompagne d'une prostration qui va croissant avec la décomposition des fluides organiques; aussi a-tellc été appelée fièvre bilieuse putride par plusieurs observateurs des pays chauds. L'extrême danger de la saison humide, pour les indigènes et pour les acclimatés, est bien connu des naturels de l'Afrique qui, à l'approche des pluies, se retirent dans leurs cases et allument des feux. Ils attribuent une action pernicieuse à la piuie, et surtout aux premières ondées; s'ils en sont mouillés pendant leurs sorties, ils se lavent avec soin et s'empressent de se sécher (1); opinion et pratique populaires, parfaitement motivées par l'effet commun des premières pluies sur un sol desséché, brûlant et chargé de détritus organiques. La mortalité des indigènes atteint son maximum pendant la saison pluvieuse. Les étrangers ne sont pas épargnés : c'est depuis juillet jusqu'au mois d'octobre que la fièvre jaune les moissonne aux Antilles; là oùB ils échappent à ce fléau, ils sont décimés par les dysenteries, les fièvres des! tropiques, le choléra sidérant; c'est pendant les pluies que périssent tant d'Eu-l ropéens à Calcutta, à Chandernagor, à Java, à Batavia, au Sénégal, etc. D'après

(1) Golbéry, cité par Fuster, p. 47.

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