DES MODIFICATEURS
C1RCUMFUSA.
[hygiène
Sur 100 blancs créoles (Espagnols)
— Indiens
— mulâtres
— individus de castes mêlées
8 ont dépassé 50 ans.
Et il ajoute : « Ces calculs, en confirmant l'admirable uniformité qui règne dans toutes les lois de la nature, paraissent indiquer que la longévité est un peu plus grande dans les races les mieux nourries et chez lesquelles l'époque de la puberté est plus tardive (1). » Les descendants des Espagnols peuplent aujourd'hui les Canaries ; à Ténériffe les terres sont cultivées par les Espagnols et par des peuplades normandes qui, après trois siècles, se distinguent encore par la blancheur de leur peau (2). La population de Madère se compose en grande partie de Portugais qui cultivent le sol. Catane et Messine, qui ont une moyenne thermométrique annuelle de 19°, 6 et de 18°, 8 voient prospérer la race européenne; nos troupes d'occupation de l'Océanie comptent moins de décès qu'en France, 17,7 (en 1844) et 1,29 (en 1845) sur 1000, au lieu de 20 sur 1000, chiffre de la mortalité militaire de nos garnisons réunies.
Quelles sont donc les causes de la nocuité plus grande de la plupart des résidences du littoral d'Afrique où la température moyenne annuelle ne s'élève guère au-dessus de 17°, 5? Ce sont celles qui s'ajoutent aux conditions météorologiques du climat et dérivent, soit de l'état inculte des terres et des défrichements qu'elles nécessitent, soit de la formation accidentelle des marais par suite des débordements, des dépressions du sol, etc. De là l'insalubrité périodique ou permanente de nombreuses et vastes régions du globe, de là un surcroît de chances et d'épreuves pour le colon. Portés à un haut degré, ces éléments accidentels de la climatologie acquièrent une force de destruction qui brise l'organisation humaine; les autochthones l'éprouvent aussi bien que les immigrants. Sur les bords du Nil, du Sénégal et de la Gambie, les épidémies frappent les indigènes, quoiqu'ils réagissent encore avec succès contre des quantités de toxique qui tuent l'Européen. Moins prononcés, ces éléments spéciaux du climat perdent de leur nocuité, à mesure que l'on s'y habitue; et sans arriver à l'immunité complète, l'économie devient peu à peu réfractaire à des doses de matière miasmatique qui, absorbées par le nouveau venu, lui susciteraient les plus graves accidents. Rien ne prouve mieux la possibilité de l'acclimatement, en dehors de ces conditions spéciales du sol, que la longévité qui, d'après l'observation de Humboldt, est départie à l'espèce humaine dans les pays très-chauds, mais secs à la fois, longévité peutêtre plus grande que dans la zone tempérée. Dans les contrées très-chaudes et humides naissent les foyers d'insalubrité que la culture et la civilisation restreignent, compriment, effacent, mais qui, par l'incurie d'une société demi-barbare, se multiplient, s'étendent et développent une effroyable puis-
(1) Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, grande édition, t. I, p. 40.
(2) Humboldt et lionpland, Relation du voyage dans V Amérique méridionale, t. I, p. 183 et suiv.
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sance de destruction. Les climats affranchis de ces fléaux provoquent seulement l'organisme, qui réussit presque toujours à s'équilibrer avec leurs propriétés; ceux qui présentent la complication de l'insalubrité accidentelle de l'intoxication palustre attaquent directement les sources de la vie qu'ils altèrent ou tarissent; ici l'acclimatement c'est la civilisation.
On a remarqué que les stations les plus insalubres, les Guyanes, les Antilles, le Sénégal, les côtes Méditerranéennes de l'Afrique, l'Egypte où les Européens ne peuvent faire souche, où les Mamelucks eux-mêmes n'ont duré que par les immigrations d'esclaves circassiens, l'Arabie, l'Inde, la plupart des îles de la Sonde, sont comprises dans l'hémisphère boréal, tandis que le Cap, le Brésil, toute la partie australe de l'Amérique méridionale, les îles de î'Océanie avec l'Australie, Saint-Hélène, Maurice et la Réunion offrent aux Européens des climats salubres. Malgré ses marais salants, ses marécages et une température moyenne de 22 à 23 degrés, et 26 à 27 pour écart des moyennes mensuelles, ce qui la rapproche du Caire et du Rio-Janeiro, la Nouvelle-Calédonie n'a pas engendré de fièvres parmi nos soldats qui ont remué son sol (1). Boudin a voulu conclure de ces oppositions à une sorte de mystérieux privilège d'immunité en faveur de l'hémisphère austral; mais cette hypothèse tombe devant les faits envisagés plus largement : les plages de Madagascar, Mayotte, Sainte-Marie, Nossi-Bé, lacôtede Zanzibar, Pcrt-Natal, la baie de Lagoa, en Afrique, sont d'une insalubrité trop connue, quoique appartenant à l'hémisphère austral; les fièvres, la dysenterie, l'hépatite, se rencontrent sur la côte orientale des Andes, de l'équateur au Chili, à Cobija, à Callao, à Guayaquil (2). Si les marais de la Nouvelle-Calédonie paraissent inoffensifs, il n'en est pas de même de ceux des Nouvelles-Hébrides, de Java, de Victoria. L'hémisphère boréal a d'ailleurs aussi des marais sans nocuité : l'isthme de Suez, d'après les rapports annuels d'Aubert-Roches, les îles Sandwich ou Bavai", avec une température moyenne de 24 degrés, San- Francisco, avec 15 à 20 degrés, des terrains meubles et fangeux, des marais salants, à fièvres rares et bénignes (thèses de Dumas, 1861, et R. Le Roy, 1860, citées par Bertillon).
La question de l'acclimatement est résolue, si on l'envisage avec Bertillon au point cle vue historique, avec les lumières fournies par l'étude moderne des races de leurs migrations et la comparaison de leurs idiomes; la philologie est devenue, en effet, un ingénieux auxiliaire pour l'anthropologie. Rufz avait déjà dit excellemment : « la migration est une fonction de l'humanité », et Bertillon ajoute avec non moins de bonheur « les annales de l'histoire ne sont guère que le récit de ses émigrations, de ses immigrations, de ses acclimatements ». Nous renvoyons nos lecteurs à cette belle page (3), nous en accep-
(1) Thèses de Vinson, 1858; de Rochas, 1860.
(2) Thèses citées par Bertillon.
(3) Bertillon, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales , art. Acclimatement.
tons les données : des plateaux de l'Asie centrale, entre le 34e et le 41e degré de latitude, entre les sources de l'Oxus, de l'Iaxartès et de l'Indus, une race privilégiée, la race indo-européenne, se divise en deux courants : l'un, longeant les rivages, entre en Europe, et, à travers maintes traverses et mélanges, va former les Celtes, les Pélages, les Hellènes, les Slaves, les Goths, les Germains; l'autre, aryen par excellence, se répand sur les rives de l'Indus, dans le pays des sept fleuves, le septa sindfiou (le Pendjab actuel, sous le 30e degré de latitude), et delà par une série de petits acclimatements et avec le secours des siècles, dans l'Inde entière. Ici, nouvelle bifurcation : les uns (Iraniens), gagnent par l'ouest les plaines élevées qui sont aujourd'hui l'Afganistan et li Perse, c'est le peuple zend ou persan; les autres s'étendent au sud et à l'est dans le bas-pays qu'arrose le Gange, lutte avec les aborigènes « à peau trèsfoncée » les Soudras, race conquise; la racé conquérante se constitue en trois castes qui existent encore. Le peuple zend reste, lui, dans sa patrie primitive, tout en développant la supériorité des Aryens par les Zoroastre, les Cyrus, et en absorbant les empires sémitiques de Ninive et de Babylone. Quant au rameau aryen du Nord, il fournit deux émigrations : l'une par l'Asie Mineure, la Thrace, la Macédoine, la Grèce; l'autre au nord donne les Celtes, les Sarmates (Slaves), les Goths, les Germains, etc. D'après Renan, le Lithuanien parle encore aujourd'hui un dialecte sanscrit; d'après Grimm, les mythes primitifs de la race indo-germanique vivent dans les légendes de la Souabe. Dans le midi de l'Europe, comme dans l'Inde, la race envahissante soumet les aborigènes ou les extermine, s'approprie les femmes; Ibères en Espagne, Étrusques et Ligures en Italie, mêlent leur sang au leur. Ainsi commence une longue sélection qui a pour effet lent une adaptation plus complète aux climats nouveaux. Les Grecs colonisent presque tout le littoral de la Méditerranée, moins celui de l'Afrique dévolu aux Syro- Arabes. Rome, héritière de la Grèce, colonise l'Italie, la Sicile, l'Espagne, la Gaule, la Bretagne, les rives du Danube, et telle est l'énergie de l'empreinte latine après un ou deux siècles de durée, qu'après les invasions passagères ou les dominations persistantes des hommes du Nord et des Arabes, ces pays se retrouvent latins. La province d'Afrique seule fait exception : sept siècles d'occupation romaines n'y ont laissé que des ruines.
La chute de l'empire romain fut l'œuvre d'Aryens qu'un séjour de plus de dix siècles et des croisements avaient assimilés aux aborigènes des plus froides contrées de l'Europe. Parmi ces pays barbares, il en est qui ont laissé un nom, une puissance nationale toujours subsistante (Angles, Saxons, Normands, Francs, Bourguignons, Germains, etc.) ; ce sont ceux qui s'établirent au nord des Pyrénées, des Alpes, des plateaux de la Macédoine ; ceux, au contraire, qui s'emparèrent des régions les plus riches et les plus chaudes de l'ancien monde (Goths, Vandales, Longobards), se fondirent en quelques siècles, les Goths en Italie et les Vandales de l'Afrique en moins d'un siècle ; les visigoths n'ont échappé en Espagne à une décadence entière que par leur fusion
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avec la race vaincue sous l'influence de leurs lois qui, inspirées par un clergé romain déjà prépondérant, ne reconnaissaient pas de caste ni de féodalité ; ce sont leurs métis qui, réfugiés pendant un siècle dans les montagnes du nord de la Péninsule, entreprirent contre les Arabes cette lutte de huit siècles dont la patrie reconquise fut le prix.
Reste l'Egypte, disputée à travers les siècles par toutes les races, par toutes les ambitions, par toutes les dominations et ne conservant que ses populations primitives, Coptes, Fellahs, Nubiens, Abyssins, Juifs, Arabes et Berbères.
En appliquant à ce vaste ensemble de faits historiques le critérium de l'influence des climats comme la raison la plus probable du succès ou cle la ruine des établissements et des substitutions des peuples, Bertillon arrive à formuler ces quatre lois ;
1° Tout mouvement migratoire à marche séculaire, résultant plutôt de l'extension des populations de proche en proche, aboutit certainement à l'acclimatement, quelque loin qu'il s'étende (migration indo-européenne).
2° Une migration rapide ne peut aboutir à une colonisation durable et prospère que si elle a lieu sur la même bande isotherme, ou un peu au nord de cette bande ; le succès sera d'autant plus compromis que l'émigration s'éloignera davantage de cette bande pour se porter au sud.
3° Les croisements avec les races aborigènes, s'ils sont féconds, ou pour user de l'expression de l'auteur, eugénésiques, favorisent et accélèrent l'acclimatement; la sélection séculaire les consolide.
4° La race indo-européenne a toujours échoué dans ses tentatives d'acclimatement sur les versants méridionaux de la côte d'Afrique et plus particulièrement en Egypte.
Cette dernière conclusion comporte des réserves, une révision des faits passés, l'achèvement des faits présents ; la troisième est loin d'une démonstration stricte ; bien des migrations au midi ont prospéré et prospèrent encore. Enfin, dans leur ensemble et dans leur résultat final, cette longue série de petits acclimatements, s'opérant de proche en proche et avec le secours des siècles, ne représentent-ils pas une expérience d'acclimatement sur la plus grande échelle, à des distances immenses, depuis les contrées intertropicales jusqu'aux régions circom polaires, et aboutissant à la diffusion de la même race sous toutes les latitudes? Comment, appuyé comme Bertillon sur les enseignements concordants de l'anthropologie et de la philologie, refuser le cosmopolitisme à la race indo-européenne, si ce n'est comme une propriété inhérente, au moins à titre d'aptitude virtuelle?
Oui, l'acclimatement collectif est une opération cle longue durée, mais il ne s'effectue pas d'après un seul procédé, celui des petits acclimatements successifs. En Algérie, sur cette terre que l'on croit réfractaire à l'implantation de la race indo-européenne, les colons (population civile) ont eu en moyenne, de 1834 à 1855, une natalité de 0,038 et une mortalité de 0,049, alors qu'en;
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France et durant la même période, la première a été de 0,027 et la seconde de 0,023 à 24.
En partageant avec Bertillon cette période totale en trois partielles, 1835- 40, 1841-50, 1851-55, on a pour chacune :
Natalité. . . . = 0,035 ; — 0,036 ; — 0,041. Mortalité. . . = 0,050; — 0,051; — 0,048.
La mortalité s'est donc atténuée ; de plus, clans une nouvelle période de 1855-62, le même et savant statisticien a trouvé pour la natalité 0,032 et pour la mortalité 0,038 en Afrique, l'une étant pour cette période en France de 0,026, et l'autre de 0,024. Dans la petite période de 1839-62, natalité 0,039, mortalité 0,030. Ainsi, après trente-cinq ans de grande mortalité, voilà l'Algérie entrée dans une voie de mortalité décroissante et de naissances dépassant les décès. Que cette progression se continue, même avec quelques interruptions trop justifiées (choléra, famine, etc.), et Bertillon lui-même reviendra, en présence des faits dont il tient un compte si scrupuleux, à d'autres idées sur l'acclimatement en Afrique ; il admet déjà que quelques unes de ses localités, Médéah, Bougie, Sétif, malgré leur température comprise entre les mois extrêmes -\- 15° et 4- 28°, ont une mortalité le plus souvent très-modérée, les naissances y excédant les décès.
Nous reviendrons (t. II, Hyg. publ.) sur l'acclimatement des races.
Changer de climat, c'est naître à une autre vie : des mutations deviennent nécessaires dans l'exercice alternatif ou simultané des principaux organes, dans le régime, dans les habitudes morales et sociales ; mais, si profondes que doivent être ces mutations, elles peuvent s'accomplir sans entraîner nécessairement la maladie et la mort. Grâce à l'élasticité de notre fibre, grâce à l'amplitude de nos oscillations fonctionnelles, il nous est donné de nous accommoder à tout un ensemble d'influences nouvelles, de nous implanter partout où l'humanité est représentée par quelques-unes de ses nombreuses tribus; mais c'est à la condition de nous conformer aux convenances de la transition et de combattre par les soins modérateurs de l'hygiène les provocations du climat et les irrégularités de la réaction organique. Que la statistique obituaire des Européens dans les pays chauds ne nous soit pas un sujet de terreurs exagérées; nous répétons qu'à part un nombre restreint de localités néfastes, elle proclame moins l'insalubrité radicale de certains climats que les complications délétères, mais non absolument incorrigibles, de leur topographie, telles que l'existence de marais, de vastes amas de détritus organique, etc. ; elle proclame surtout les conséquences de l'oubli funeste des lois de l'hygiène. Le séjour de Batavia n'est plus aussi malsain qu'au siècle dernier. Les phases de notre occupation de la Morée et de l'Afrique viennent à l'appui de ce que nous avançons : lors du débarquement de l'armée dans la plaine de Dyalowa, en face de Navarin, les maladies fondirent sur elles et multiplièrent
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les "victimes; plus tard, quand les troupes furent mises en possession de tous les avantages d'une bonne hygiène, l'état sanitaire devint excellent. Les premières années du séjour de nos soldats en Algérie réveillent des souvenirs de deuil et de mort : une terre inconnue, la pénurie des objets nécessaires au traitement des malades, le manque de casernes et d'hôpitaux bien organisés, l'infection des ruines, la corruption des citernes, le croupissement des eaux pluviales; la fermentation d'un sol dépourvu de pavage; ces causes, auxquelles il faut en ajouter beaucoup d'autres, et surtout la nostalgie, l'alcoolisme et la démoralisation, font comprendre l'intensité meurtrière des épidémies qui ont sévi dans plusieurs localités du littoral. Depuis, les constructions, la régularité des services administratifs, l'assainissement des villes, le dessèchement partiel des marais, les cultures, une plus grande familarité du pays, et la sécurité que puise le soldat dans la conscience des soins dont il est l'objet, ont amorti les ravages de la maladie et augmenté les chances heureuses de la pratique. En 1840, l'armée y perdait encore 0,143; en 1843, elle n'y perdait plus que 0,074 ; en 1845, 0,050. En 1846, le général Paixhans évaluait encore, pour l'Afrique, la mortalité à 64 pour 1000. En 1862 et 1863, elle était descendue à un peu plus de 12, différence comme 1 à 5. Les données suivantes ne sont pas moins rassurantes : dans nos cinq colonies de la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, le Sénégal, File de la Réunion, la mortalité a été de 132,4 pour 1000 militaires dans une période de 9 ans, de 1819 à 1827; de 7,42 dans une période de 10 ans, de 1827 à 1837; rie 6,05 dans une autre période de 10 ans, de 1837 exclusivement à 1847 inclusivement. Un document peut-être plus significatif encore, c'est la statistique des militaires malades évacués de la province d'Alger sur la France de 1840 à 1847 ; dans cette période de 8 ans, la progression décroissante des évacuations est comprise entre ces deux chiffres : 4,885 à 51. Naguère, on eût désespéré de l'implantation définitive de la race française dans ce pays; aujourd'hui il n'est plus permis de la mettre en doute. C'est l'hygiène qui a fait ce loisir à la mort : sans hygiène, point d'acclimatement. On a avancé, d'après les recherches de Mac-Tulloch (1), que la prolongation du séjour, loin d'aider à l'acclimatement, augmente les chances de mortalité, et la statistique s'est empressée de grouper ses chiffres autour de cette opinion. Les faits sainement observés autorisent au moins ie doute : sur 1220 militaires décèdes à Alger et pris au hasard, les 3/4 n'avaient point dépassé 17 mois cle séjour en Algérie (Martin et Foley.) Nous avons mentionné le décroissement numérique des évacuations : sur 1575 dysenteries observées pendant 10 ans en Afrique, 838 appartiennent à la première année, 235 à la seconde, 150 à la troisième, 86 à la cinquième, 35 à la septième, 17 à la huitième et 2 à la dernière année.
(1) Mac-Tulloch, Statistical Reports on the sickness and mortality among the troops. London, 1839, J840.
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Un ancien gouverneur de Cayenne, Ma sel a vy de Beauvesct, a donné la statistique de ses administrés pendant son séjour de 9 ans (1) :
Durée du séjour \*e année 2e 3e 4e 5e 0e 7e 8e 9e
Décès sur 1000 colons 15 19 42 21 60 75 82 102 125
Ce document, qui remonte à Tannée 1742, concerne une localité tristement célèbre clans l'histoire de nos colonisations ; il n'a pas la signification qu'on y attache, car la station de Cayenne est devenue relativement salubre, et témoigne seulement de la durée nécessaire des efforts d'assainissement qu'elle a exigés, notamment des travaux de canalisation. Pendant les 30 années qui ont précédé l'épidémie de fièvre jaune de 1850, et la transportation des condamnés, les troupes n'y ont pas perdu, en moyenne, plus de 2,72 pour 100. (Bochard.)
De 1819 à 1847 (29 ans), la Guyane française a présenté les mortalités suivantes :
De 1819 à 1827 (9 ans) 2,86 pour 100
De 1828 à 1837 (10 ans) 3,20 — —
De 1838 à 1847 (10 ans) 2,53 — —
29 ans ^2,81" .
Pendant cette période de 29 ans, les moyennes annuelles des pertes subies par l'armée anglaise dans les colonies les plus voisines des nôtres ont été plus considérables :