‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 101 sur 161 · DES MODIFICATEURS. — CIRGUMFUSA. [HYGIÈNE · texte numérisé non relu

DES MODIFICATEURS. — CIRGUMFUSA. [HYGIÈNE

variable; 2° céphalalgie, vertiges: 3° nausées, vomissements; l\* trouble des facultés intellectuelles, perte absolue de connaissance ; 5° affaiblissement général, profonde résolution des forces, paralysie partielle, convulsions; 6° phénomènes d'asphyxie apparaissant avec lenteur, mais complets et prédominants dans les derniers moments de la vie. Suivant la proportion et la rapidité du mélange du gaz et de l'air, les accidents se prononceront avec plus ou moins d'intensité, marcheront plus ou moins vite. Les expériences faites par Tourdes sur les animaux prouvent qu'à des doses même très-faibles, le gaz manifeste des effets énergiques : à la dose d'un 30e, ils se déclarent après quatre à neuf minutes; àun 75e, la dose, insuffisante pour tuer des lapins, leur suscite encore de légers accidents. En générai, les animaux soumis à l'action du gaz tombent dans un état convulsif peu durable, remplacé bientôt par un profond affaissement ; puis la respiration s'embarrasse et s'éteint graduellement : si la proportion du gaz a été faible, l'animal, retiré de la cloche après des accidents graves, revient assez promptement à la vie. Quel est le principe auquel sont dus particulièrement les effets du gaz de l'éclairage ? L'acide sulfureux n'est produit que pendant la combustion par la transformation du sulfure de carbone en ce gaz et en acide carbonique ; or, les cas d'asphyxie rapportés ont été occasionnés par la fuite ou l'épanchement de gaz non brûlé; elle n'est pas causée par l'acide carbonique qui agit faiblement à des doses où le gaz de l'éclairage donne la mort. Devergie paraît disposé à attribuer un rôle à l'huile empyreumatique ; mais les recherches de Tourdes, auxquelles nous renvoyons pour cet objet, portent à croire que Je pouvoir délétère du gaz de l'éclairage provient en grande partie de l'oxyde de carbone ; ce que nous dirons plus loin de l'action de ce gaz vient à l'appui de cette opinion.

L'inflammation du gaz produit une quantité considérable de chaleur; pour la déterminer, Briquet (page 35) a opéré sur le gaz de la houille avec le calorimètre de Rumfort, et, le poids de l'eau étant converti en son cube équivalent d'air, il a trouvé, par la moyenne de six expériences, qu'un bec qui consomme par heure 138 litres de gaz de houille fait monter 154 mètres cubes d'air de zéro à 100 degrés centigrades, ce qui est énorme. A 0m,33 de distance d'un bec de gaz à houille, dont la flamme de 0m,029 de diamètre était entourée d'une cheminée de cristal, l'ascension thermométrique a été de 2 degrés; à 0m,162, de 6 degrés.

Page 1