‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 152 sur 161 · I. — Matières colorantes · texte numérisé non relu

I. — Matières colorantes

Appliquées à certains aliments pour leur donner un aspect plus agréable et comme pour inviter les yeux, ces substances que l'on pourrait appeler les condiments de la vue, ne sont pas toujours sans danger. Il en est dont l'usage n'offre aucun inconvénient : tels sont les étamines de lis, le safran, le souci et les carottes pour colorer en jaune; les épinards, la poirée et le blé vert pour la couleur verte ; les fleurs de carotte sauvage et les baies du sureau pour obtenir le pourpre ; le tournesol pour le violet, etc. Au reste, une ordonnance de police (1) a déterminé les substances qui peuvent servir à colorer les liqueurs, bonbons, dragées, pastillages, etc. : 1° couleur bleue, indigo, bleu de Prusse ou de Berlin, outremer pur ; 2° rouge, cochenille, carmin, laque carminée, laque du Brésil, orseille ; 3° jaune, safran, graine d'Avignon, graine de Perse, quer citron, curcuma, fustet, laques alumineuses de ces substances ; k° vert, la plus belle nuance de vert s'obtient par le mélange de graine de Perse et de bleu de Prusse, il a plus de brillant que le vert de Schweinfurt, qui est un poison très-énergique; 5° violet, bois d'Inde, bleu de Prusse ; 6° couleur pensée, mélange de carmin, bleu de Prusse ou de Berlin. La même ordonnance accorde en outre aux liquoristes les ressources colorantes du bois de Campêche pour le curaçao, l'indigo dissous dans l'alcool pour les liqueurs bleues, le safran mêlé avec du bleu d'indigo soluble pour l'absinthe. Naguère une foule de substances toxiques ou médicinales étaient employées par les confiseurs, les pâtissiers, etc., et peut-être le sont encore dans les villes où la surveillance est moins active ou moins éclairée qu'à Paris : ainsi on colorait les amandes, pistaches, fruits, etc. , enveloppés au préalable d'une couche de sucre durci : 1° en jaune, avec la gomme-gutte, le chlorate de plomb, le sulfure jaune d'arsenic, le jaune de iNaples, contenant des oxydes de plomb et d'antimoine ; 2° en pourpre ou violet, avec l'orseille que Ton prépare avec de l'urine putréfiée, et quelquefois avec de l'oxyde d'arsenic ou du bioxyde de mercure ; 3° en bleu, avec le carbonate de cuivre; h° en vert, avec de l'arsénite de cuivre, dit vert de Schweinfurt; 5° en rouge, avec du sulfure rouge de mercure (vermillon), avec l'oxyde rouge de plomb (minium); 6° en blanc, avec le carbonate de plomb (blanc de céruse). Dans un rapport fait au nom du conseil de salubrité de Paris (2), Andral signale l'existence de ces mêmes principes dans les petites capsules de papier colorié

(1) Voyez l'ordonnance du 28 février 1853, et l'instruction du Conseil de salubrité de Paris, en date du lx février 1853.

(2) Afldral,. Annales d'Àygiène, lrc série. Paris, 1830, t. IV, p. 48. — Uoussin,

Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratique*, art. Bonbon.

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où l'on coule quelques préparations de sucre (sucres soufflés); l'un de ces papiers, arraché à ia bouche d'un enfant, a fourni une certaine quantité d'arsénite de cuivre. Nous renvoyons aux ouvrages de médecine légale pou: les symptômes d'empoisonnement auxquels peuvent donner lieu ces fâcheuses routines de l'industrie, ainsi que pour les moyens qu'il convient de leur opposer. Des accidents graves ont été occasionnés par l'emploi des papiers peints dont usent quelquefois les charcutiers, les fruitiers, les épiciers, etc., pour envelopper les comestibles qu'ils débitent. Les papiers les plus dangereux sont ceux qui sont coloriés en vert et en bleu clair avec des préparations métalliques; viennent ensuite les papiers lissés blancs (carbonate de plomb, céruse), ceux colorés avec le minium (oxyde de plomb), etc. Il est prescrit aux liquoristes et aux confiseurs de ne mettre dans leurs liqueurs, de n'ajouter à leurs bonbons en guise d'ornements, que les feuilles d'or ou d'argent fins. On bat actuellement du chrysochalque presque au môme degré de ténuité que l'or, et cette substance contient du cuivre et du zinc : elle doit donc être prohibée.

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