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la partie orientale. A Dantzig même, on seul la faible influence de la proximité de la Baltique. L'hiver est relativement très- doux sur la côte occidentale de la Norvège; les mares et les petits lacs des îles de Féroé' ne se couvrent pas de glaces, et, bien qu'elles soient situées par G'2° de latitude* la moyenne de l'hiver y est de + A0, 3, et celle de l'elé n'est pas supérieure à 12" ou 13°. Le voisinage de la mer compense certaines différences de latitude dans !a détermination de la température moyenne, comme on le voit par le tableau cidessous :
Lieux. Température moyenne. Latitude.
Paris 1 ()°,8 48° 50'
Londres 10°,4 51 31
Maastricht 10°, i 50 50
Harlem 10°, 0 52 23
Dublin 9U,5 53 23
Manchester 8°, 7 53 29
Edimbourg 8°,(i 55 57
Franchissez la crête des Alpes Scandinaves, et vous éprouverez toutes les rigueurs de l'hiver. A latitude à peu près égale en Angleterre et en Russie, La température moyenne est très-différente. Dans les régions éloignées de l'Atlantique comme la Russie, un ciel sans nuages active le rayonnement du sol en hiver et le refroidit, tandis qu'il y rend les étés plus chauds qu'en Angleterre. L'influence des continents, l'éloignement des mers, ne se bornent pointa rendre les étés plus ardents, les hivers plus rigoureux. D'après un ensemble d'observations laites en Europe et en Asie, la température moyenne annuelle s'abaisse à mesure que l'on s'enfonce dans l'intérieur des terres vers les régions de l'est. Humboldt impute cet effet à l'action réfrigérante des vents dominants. Voici quelques données qui font ressortir la marche de la diminution de température, depuis le littoral occidental de l'Europe jusqu'au delà du méridien de la mer Caspienne :
Lieux. Température moyeu ne. Latitude.
Amsterdam 9°, 8 52° 22'
Berlin 8U,G 52 31
Copenhague 8°, 2 55 lii
Kaiun 2°, 2 55 48
L'Europe peut se partager en cinq zones climatériques. Dans la première, où les glaces et les neiges subsistent en grande masse à l'ombre, sont compris l'Islande, la Laponie suédoise, danoise, russienne, le pays des Samoïèdes européens. La deuxième, caractérisée par un été très-chaud, par un hiver long et rude, sans saisons intermédiaires marquées, se compose de la Norvège, de ta Suède, du Danemark, du nord de l'Ecosse, de la partie septentrionale de la Pologne, de la Courlande, etc. La troisième, où l'hiver est court et rigoureux, l'automne et le printemps prolongés, et d'une température assez modérée, contient l'Irlande, les Pays-Bas, la Hollande, le nord de l'Allemagne, etc.
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La quatrième zone, située à peu près au milieu de l'hémisphère boréal, à distance égale du pôle et de la ligne, réunit les caractères du climat tempéré, mais les saisons, quoique très-dislinctes, y sont très-versatiles et fréquemment traversées par des intempéries : la France, l'Allemagne du midi, la Hongrie, la Moldavie, la petite ïarlarie, la Russie méridionale, etc. , en font partie. Enfin, la cinquième zone a le plus d'affinités avec les contrées tropicales, sans en reproduire néanmoins la turbulente météorologie : des printemps délicieux, des étés secs et brûlants, des hivers courts et presque toujours exempts de gelées et de neiges durables, tel est le climat de la France méridionale, de l'Espagne, de l'Italie, de la Grèce, du sud de la Crimée, etc. Les sub-climats de la France peuvent être déterminés par quelques lignes principales de culture : de Saint- Jean-Pied-de-Port à Briançon s'étend la ligne au-dessous de laquelle l'olivier croît et se multiplie ; entre la Rochelle et Toul, le sol se prête à la culture du maïs, qui s'arrête au 40e, au 45e degré de latitude; enfin, Grandville et Rocroy sont les deux limites extrêmes de la récolte du vin en France. Cette division des régions agricoles s'applique aussi à l'Europe, et correspond à celle qui, fondée sur l'arboriculture, est indiquée par Schouw (1) : 1° région des arbres à feuillage toujours vert; 2° celle du châtaignier et du chêne; 3° celle du chêne et du hêtre; 4° celle du pin et du bouleau. 11 est entendu que ces divisions, empruntées à la géographie botanique, traduisent les effets complexes du climat suivant la hauteur et suivant la latitude.
Martins(2) applique à la France cinq divisions climatologiques : 1° Climat du nord-ouest ou vosgien. Le plus éloigné de la mer, le plus excessif, il s'étend sur le massif des Vosges, en Lorraine, en Suisse et en Savoie jusqu'aux Alpes ; il s'adoucit vers l'ouest, en Champagne par exemple. Il a les hivers les plus rudes de la France ; le thermomètre n'y monte guère au-dessus de 0 degré pendant cette saison. IL y tombe environ 685 millimètres d'eau, la plus grande partie en été; le S. O. et le N. E. sont les vents dominants; les orages sont plus fréquents que dans l'ouest. — 2° Climat du nord-ouest ou séquanien. Il s'étend de la mer à l'ouest jusqu'au plateau de Langres à l'est; au sud il est borné par la Loire depuis son embouchure jusqu'à Tours et Nevers, au nord par le Rhin ; il comprend toute la Belgique ; continental en Champagne, marin dans la Bretagne et le Cotentin. Entre l'hiver et l'été la différence thermométrique, qui est de 18 degrés en Alsace, en Lorraine, et de 14 degrés à Paris et à Bruxelles, n'est que de 12 degrés à Angers, et de 11 degrés à Brest et à Cherbourg. Ce climat est à pluies d'automne ; le S. 0. y domine ; les orages y sont plus rares que dans le reste de la France ; il est si tempéré sur le littoral de la mer, que le chêne-liége croît sur les côtes de la Bretagne jusqu'à Vannes. — 3° Climat du sud-ouest ou girondin. Borné à l'ouest par l'Océan et à l'est par les petites chaînes des montagnes qui s'étendent depuis Dijon
(1) Schouw, Europa, physisch-geographische Schilderung. Kopenhagen, 1833.
(2) Martins, Annuaire météorologique de la France, 1849.
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jusque dans les plaines du Languedoc, il comprend tout le pays situé entre la Loire et le Cher jusqu'aux Pyrénées. Analogue au climat précédent, mais moins égal, il reçoit à peu près la même quantité de pluies qui augmentent vers les Pyrénées; le tiers des pluies tombe en automne, les deux autres tiers se répartissent sur le reste de l'année ; les orages y sont plus rares que dans les bassins du Rhône et du Rhin, plus fréquents que dans la région séquanienne. — ^° Climat du sud-est ou rhodanien. Il embrasse les vallées de la Saône, du Rhône, de l'Isère et de leurs affluents, depuis Dijon jusqu'à Viviers; il est continental, bien qu'il ;iit des étés plus chauds et des hivers moins âpres que le climat vosgien dans les plaines de l'Alsace. Après les deux presqu'îles de la Bretagne et du Cotentin, c'est la région qui a les pluies les plus abondantes et les plus prolongées, souvent suivies des inondations de la Saône, de l'Isère, de l'Ardèche, etc. — 5° Climat méditerranéen ou provençal. Il commence au Pont-Saint-Esprit ; une ceinture de montagnes l'abrite de ce côté contre les vents du nord, formée par les Cévennes et la ligne sinueuse qui, dans les Basses-Alpes, circonscrit la région des oliviers en passant par Orange, Nyons et Sisteron ; au midi, il est limité par la Méditerranée, à l'ouest par les hauteurs qui séparent le bassin de l'Aude de celui de la Garonne. Il a pour moyenne thermométrique annuelle 15° c. , des étés plus chauds et des hivers plus doux que le climat girondin ; la température estivale n'y descend jamais au-dessous de 20 degrés. Sa quantité de pluie n'est pas supérieure à celle du climat séquanien ; la moitié s'en débite en automne, l'autre moyenne en hiver et au printemps ; sans le N. 0. (mistral) qui souffle avec violence dans le bassin du Rhône, le climat de la Provence serait un des plus favorisés.
Nous allons caractériser rapidement les trois grandes zones qui comprennent les climats chauds, les climats tempérés et les climats froids, sous le rapport de leur météorologie et de leur action physiologique et pathogénique sur l'homme, pour en déduire des règles d'acclimatement ; quant aux variétés intermédiaires de climats qui forment la transition d'une zone à l'autre, elles sont l'expression combinée des influences propres à toutes deux, comme les saisons intermédiaires dérivent de l'hiver et de l'été; et de même que l'automne ou le printemps se partagent en plusieurs phases qui réfléchissent l'état météorologique de la saison qui précède ou qui suit immédiatement, ainsi les climats jetés sur la frontière de nos trois divisions empruntent de celle qu'ils avoisinent leur nuance caractère tique.
§ 1. — Mes cSimats chauds.
Les climats chauds s'étendent entre les tropiques, et depuis les tropiques jusqu'aux 30e et 35e degrés de latitude australe et boréale; ils comprennent : 1° presque toute l'Afrique et la plupart des îles africaines situées dans l'océan Indien, Madagascar, les Comores, les Sécheîles, Socotora, Bourbon, Maurice, Rodrigue ; 2° en Asie, les régions du sud, la Syrie, l'Arabie, la Perse, l'Inde
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en deçà et au delà du Gange, le Tonquin, la Cochinchine, la partie méridionale de ia Chine, les îles Ceylan, Andaman, Nicobar, les Laquedives et les [Maldives ; 3° la plus grande partie de ia Nouvelle-Hollande et la presque totalité des îles qui, semées sur le grand Océan, composent l'Océanie ; enfin, dans l'Amérique septentrionale, les contrées qui régnent depuis le golfe de Californie jusqu'à l'isthme de Panama ; et dans l'Amérique méridionale, toute la Colombie, les Guyanes, le Paraguay et la partie septentrionale de la Plata; les Antilles, situées dans le golfe du Mexique et appelées autrefois Indes occidentales.
L'irradiation perpendiculaire du soleil accumule sur l'équateur le maximum de calorique; la moyenne annuelle égale 27 degrés à 29°, 6; la moyenne de l'été, 28 degrés à 32°, 5; celle de l'hiver, 27", 6 et au-dessous; celle du printemps, 28°, 7 ; enfin, celle de l'automne, 26°, 8 ; bien entendu que ces résultats sont obtenus à l'ombre. Les régions tropicales de l'ancien monde s'échauffent plus que celles du nouveau continent. D'après Ilumboldt, les maxima de l'air continental oscillent à Pondichéry, à Madras, à Bénarès, dans la haute Égypte, entre liO degrés et Zi6°,8. Dans le voisinage de l'équateur, la chaleur décroît lentement, de 0 à 10 degrés de latitude. Cet abaissement ne s'exprime que par + 1 degré, tandis qu'en France un progrès de 5 degrés de latitude vers le nord donne lieu à une dépression thermométrique de 3 degrés. Sous la zone torride, les transitions de température sont rares et peu considérables pendant le jour; elles ne dépassent guère 8 à 9 degrés; leur fréquence et leur étendue sont moindres dans le nouveau monde que dans l'ancien, près des côtes que dans les terres, dans les régions de l'ouest que dans celles de l'est. On retrouve d'ailleurs ici l'influence de l'élévation et de la nature du terrain, de l'état de sa surface et de son orientation, etc. Ainsi le pays plat de la Guayra, exposé à une réverbération très forte et abrité des vents alizés, éprouve des variations de température moins nombreuses et moins tranchées que Caracas, situé dans la même zone, mais à plusieurs centaines de mètres au-dessus de la mer; au Sénégal, ia différence al teint jusqu'à 26°, 8 pendant la saison sèche (i), ce qui est excessif. En général, la chaleur des plaines équinoxiaies se maintient entre 18 et 39 degrés; mais, du jour à la nuit, eile s'abaisse souvent de 20 degrés thermométriques, tant le rayonnement nocturne de la terre est activé dans ces climats par la pureté du ciel et par la durée même de la nuit. L'évaporation est en proportion de la chaleur; de là les pluies diîuviales qui tombent annuellement et qui occupent toute une saison dite humide ou d'hivernage, par opposition à la saison sèche, pendant laquelle il pleut très -rarement. Le partage de l'année équatoriale en deux saisons n'est pas très-exact. A l'exemple de Johnson, Levacher et d'autres observateurs des pays chauds admettent quatre saisons. La première, de novembre à février, a quelque analogie de température avec les deux derniers mois du printemps en
(1) Thévenot, Traité des maladies des pays chauds. Paris, 1840, in-8.
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Europe ; elle représente l'hiver tropical et conduit à la saison sèche, qui se prolonge jusqu'en mai. Entre celle-ci et la saison des pluies, on observe une période appelée le renouveau dans les Antilles, et qui se caractérise par de brusques oscillations de température, par des ondées petites et rares, mêlées d'éclairs et de tonnerre ; enfin la saison humide se déclare et éclate en averses, précédées de coups de vents qui amoncellent les nuages. Elle atteint son apogée en août et ne finit qu'en novembre : l'atmosphère est alors lourde et accablante, l'horizon s'illumine par de vastes combustions électriques; le tonnerre roule avec fracas, les nuages fondent en torrents; la mer bondit, le sol tremble souvent : on dirait l'imminence du chaos. Cependant la végétation a pris un rapide essor, la vie fermente dans les deux règnes, l'humidité imprègne et gonfle tous les corps; les rivières grossissent et vont féconder par leurs inondations les champs environnants : c'est une époque de rénovation universelle que célèbrent avec des danses et des chants les indigènes des régions desséchées pendant huit mois de l'année par un soleil de feu.
Le baromètre, dont les variations périodiques sont presque nulles dans nos climats, monte et descend deux fois par jour dans les contrées équatoriales; terme moyen, l'ascension de la colonne mercurielle s'opère de 4 heures 13 minutes du matin à 9 heures 23 minutes; puis elle s'abaisse jusqu'à h heures 8 minutes, pour monter de nouveau à 10 heures 23 minutes et redescendre finalement jusqu'au matin. La différence du maximum du matin au minimum du soir, ou grande période, est de 2, 55 à 3 millim. ; la moyenne correspond à une heure de l'après-midi.
La zone torride a ses vents périodiques qui sont dus aux mouvements diurne et annuel de l'atmosphère; les vents diurnes sont appelés brises, qui soufflent surtout avec régularité au voisinage des mers : celle du malin se lève quelques heures après le soleil, et tombe vers h ou 5 heures du soir; celle du soir commence après le coucher du soleil et dure jusqu'au retour de l'aurore. Les vents annuels, dits moussons, soufflent toujours vers l'hémisphère le plus échauffé, et changent par conséquent de direction avec le soleil; leur durée est donc d'autant plus longue dans une localité donnée que celle-ci est plus voisine de I equatcur. Loin des côtes régnent les vents alizés, qui sont la résultante des moussons et de toutes les brises. En outre, les contrées tropicales ont leurs vents extraordinaires dont les effets varient, et dont les plus ordinaires sont l'harmattan des côtes de Guinée, le simoun de celles de Barbarie, le chamsin d'Égypte, les collas de Manille, etc. L'harmattan (vent d'est) est le vent de la saison sèche; il souffle en décembre, janvier et février. Un peu moins fort que la brise de la mer, il se lève trois ou quatre fois par an, et dure chaque fois de un à quinze jours; sa température est de 29 degrés à l'ombre, et de 40 degrés au soleil; il est précédé, le matin, d'un calme ou d'une petite brise de terre qui est froide; la chaleur sèche qui le caractérise augmente jusqu'à midi, rarement jusqu'à quatre heures ; il produit des tourmentes ou tourbillons sans orages ; il s'accompagne d'un brouillard sablonneux
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très-épais, qui dépose sur tous les objets une poussière blanche ; il consume et flétrit tout ce qu'il touche; sous son influence, les meubles et les boiseries se fendillent, se disjoignent, la peau se raccornit, les orifices muqueux se dessèchent et se gercent ; néanmoins, avec son apparition, on voit coïncider la cessation des fièvres endémiques, et des affections contagieuses, telles que la variole, perdre de leur virulence. Le simoun règne dans le grand désert de Sahara ; il répand une telle chaleur, que dans les lieux abrités le thermomètre peut monter à US degrés ; il soulève en colonne les sables du désert et les accumule en montagnes de vingt pieds d'élévation ; en s'écroulant, celles-ci donnent lieu à des nuages de poussière qui communiquent au soleil une teinte jaune ou bleue uniforme. Ce vent est connu en Italie sous le nom de sirocco; même après avoir roulé sur la mer, il fait sentir encore à Naples et à Païenne l'effet connu de son extrême sécheresse. Le chamsin, en Égypte, souffle cinquante jours, ainsi que son nom l'indique, vingt-cinq avant l'équinoxe du printemps, et vingt-cinq jours après. Pendant les saisons sèches, les côles du Malabar et du Coromandel, l'Arabie, la Perse, la Syrie, etc., sont désolées par des vents analogues aux précédents. Les collas des Philippines soufflent du sud-ouest, et amènent des pluies torrentielles, des inondations, de légers tremblements de terre au milieu d'un brouillard épais. Ces tempêtes furieuses appartiennent à la saison intermédiaire, qui aboutit ou plutôt qui prélude à l'hivernage; sur les côtes d'Afrique, elles sont appelées tornades, typhons dans la mer des Indes, ouragans dans l'archipel des Antilles. C'est aux régions tropicales que semblent réservés ces bouleversements, ces ouragans si justement redoutés : presque inconnus dans les zones tempérées, ces phénomènes y marquent presque inévitablement la transition de l'hivernage à l'été, et de l'été à l'hiver : ils résultent alors du choc des vents contraires du sud et du nord, et de l'est et de l'ouest ; elles sont en même temps le théâtre des manifestations les plus énergiques de l'électricité, dont les fluctuations diurnes y sont faciles à observer, et qui joue un rôle certain, quoique inconnu, dans la production des orages et des catastrophes si fréquentes dans ces latitudes.
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