‹ Traité de botanique médicale cryptogamique [electronic resource]Chapitre 12 sur 15 · II · texte numérisé non relu

II

C'est le Musais corallinus des officines. Du temps de Dioscoride, la plante était déjà vantée contre la goutte et les congestions sanguines. Mais on l'employait surtout comme anthelminthique. On en préparait àceteffet un sirop qui s'altère facilement. Pulvérisée, elle faisait partie de certaines poudres dentrifices. Le C. mediterranea (fig. 349-351) a les mêmes propriétés,

Les Jania sont 1res voisins des Corallines, et le Coraliina rubens d'EUis est le /. rubens Lamx. Il se trouve dans la Méditerranée et est d'un beau rouge pourpre, mais il blanchit très rapidement au soleil. Il a une odeur marécageuse, fétide; une saveur terreuse, à peine salée; il fait souvent partie de la Mousse de Corse. Le J. corniculata (fig. 352) est également vermifuge. Ce genre se distingue des Corallines par sa ramification dichotomique. Dans le J. rubens. les articles de la fronde sont cylindriques, régulièrement superposés. Dans le J. corniculata, les articles sont en haut renflés en une cupule qui reçoit la base atténuée du segment suivant. Il y a souvent des ramuscules au niveau de la cupule. Les deux espèces possèdent les trois sortes d'oogones reproducteurs des Rhodosporées, très analogues d'ailleurs à ceux des Corallines. Les conceptacles à létraspores, plus grands que ceux à cystocarpes, sont sur des pieds distincts, tandis que les cystocarpes et les anthéridies sont situés sur un même pied. Le sporogone se développe comme celui des Corallines.

Fig. 35-2.

Jania corniculata.

Rameau.

Mousse de Corse.

On admettait jadis théoriquement que ce célèbre médicament vermifuge était constitué par une seule plante, VAlsidium Hclminlliochorton

S9'6 TRAITÉ DE 110TANIQUE MÉDICALE CItYl'TOC.AMIQUE.

Kuetz. (Helminthochorton officinalehiyK.—Sphœrococcus Helmintliochortos Agii. — Gigartina Helminthachortos Lamx) (fig. 353). C'esl une petite Algue de la famille des Rhodomélées, qui a un ou quelques' centimètres de hauteur et qui possède un stipe formant unesorlc de rhizome qui est souvent chargé de parcelles de gravier, et porte inféricurement des rhizoïdes, et en haut des rameaux filiformes, longs de 1 à 4 centimètres. Ces rameaux sont divisés dicholomiquemenl, avec des nœuds au niveau des divisions. Plus on s'élève cl plus les ramuscules deviennent courts, de sorte que leur réunion au sommet des divisions forme des petits pinceaux. Leurs phylocystes constituants sont allongés au centre et plus ou moins cubiques à la périphérie. Au sommet des rameaux se développent les cyslocarpes, disposés en spirale. La Fig. 353. plante croît en Corse et sur un grand nombre de ri- Eelàinthochwton. vaSes méditerranéens. Elle est d'un gris rougeâtre à la surface et plus ou moins blanche à l'intérieur. Sa saveur est salée, et elle aune odeur marine peu agréable. Sèche, elle devient dure et difficile à broyer; mais elle demeure souple et flexible dans un endroit humide. On en prépare des poudres, des infusions, un sirop et une gelée, et on recommande de la choisir légère cl privée autant que possible de graviers. On en possède une analyse déjà ancienne, due à Bouvier, mais qui ne paraît pas avoir été faite avec de YAlsidium pur, car celui-ci ne contient pas, dit-on, de gélatine :

Squelette végétal 11

Gélatine végétale 60.2

Chlorure de sodium 9.2

Sulfate de chaux J1.2

Carbonate de chaux 7.5

Phosphate de chaux, fer, magnésie et silice 1.7

L'usage de cette plante comme vermifuge est des plus anciens : on admet qu'on l'employait déjà du temps de Théophrasle. On croit que c'est elle que Pline désignait vaguement sous le nom de Afuscus marinus. On a aussi écrit que vers le milieu du xviii" siècle, une colonie grecque vint s'établir en Corse et y apporta la tradition des vertus •vermicides de celle Algue. C'est, dit-on, Slephanopoli, médecin grec, qui découvrit en 4778 la précieuse plante sur les rochers maritimes de l'île et en rappela les propriétés à ses compatriotes, La piaule fut décrite en 1780 par Schwendiman dans sa thèse: Helminthochorti historia, natura, vires, et en 4782 par Latourette dans une dissertation spéciale sur la prétendue Mousse de Corse. On savait déjà cependant que le médicament de

CRYPTOGAMES CELLULAIRES; w-!!»"

ce nom était le plus souvent un mélange d'Algues très diverses (on en a compté jusqu'à quatre-vingts), et même que YAlsidium pouvait y faire omplètement défau t. En 1834, Lesson écrivait que : « toutes petites espèces de Fucus capillaires, telles que Céramiécs, Diatomées, Gigarlinées.Gorallinées, jouissent de propriétés vermifuges ; le Fucus le plus en vogue est YHelmintliochorton.Snv 500 parties, M. Fée en a trouvé 1 30 qui appartiennent à Y]Ielminthochortony>. En 1808, Dcbeaux, séjournant à l'hôpital de Baslia, y récolta de nombreuses Algues qu'il employa comme Mousse de Corse avec un succès complet, sans qu'il s'y trouvât un atome d'Alsidium. C'était un mélange de dix-sept Algues, notamment de Corallina officinalis, de Gelidium corneum, des Jania rubens et corniculata et du Grateloupia filicina.

Il nese trouve pas davantage (YAlsidium dans un grand nombre d'échantillons de Mousse de Corse vendus dans des pharmacies de Paris et de Marseille. Au contraire, le médicament récollé aux environs d'Ajaccio est presque entièrement formé a" A Isidium, c'est-à-dire pour lesneuf dixièmes; le reste consistant en Jania, Caulerpa et Bryopsis. Debeaux a aussi récolté des Algues diverses à Tché-Fou, en Chine, pour en préparer un vermifuge qui lui a toujours réussi. Dans ce mélange, Areschoug a constaté la présence des Grateloupia conferla et filicina, Gelidium corneum, Bytiphlœa capensis, Enteromorpha compressa, Bryopsis plumosa et arbuscula. 11 y a longtemps déjà que nous avons dressé pour notre collègue, le professeur J. Regnauld, la liste des Algues qui font le plus souvent partie de la Mousse de Corse. En complétant aujourd'hui cette liste, nous trouvons, outre YAlsidium Helminthochorton et les plantes déjà signalées, les espèces suivantes: Liagora viscida Acii (L. ceramioides Lamx), Sphacelaria cirrhosa Agh, Stypocaulon scoparium Kuetz., Halyseris polypodioides Agh, Dictyota vulgaris Kuetz., D. Fasciola Lamx, Phyllitis Fascia Kuetz., Spermatochnus rhizodes Kuetz., Desmarelia aculeata Lamx, Acrocarpus crinalis Kuetz., CystoseirabarbataAc.il, Wrangelia penicillata Kuetz., Ceramium rubrum Agh, Phlebothamnion versicolor Kuetz., Il or moceras diaphanum Kuetz., H. circinatum Kuetz., Echinoceras ciliatum Kuetz., Gelidium corneum Lamx, Gigartina pistillata Lamx (Fucus gigartinus L.), Laurenciapinnatifida Lamx (Chondria pinnatifida Agh), L. obtusa Lamx (Chondria obtusa Agh), L. papillosa Grev., Eupogonium villosum Kuetz., Polysiphonia Wulfeni Agh (Ceranium Wulfeni Roth), P. roseola Agh (Hutchinsia roseola Agh), P. pycnophlœa Kuetz., Trichothamnion coccineum Kuetz. (Dasya coccinea Agh), Bhodomela subfusca Agh (Lophura gracilis Kuetz.), Halopithys pinastroides Kuetz., Corallina officinalis Ell. et Sol., Jania rubens Kuetz., Hypnea musciformis Lamx (Sphœrococcus musciformis Agh), Gymnogongrus plicalus Kuetz. (Gigartina plicata Lamx), Aglaophyllum laceratum Mtgne.

Ceramium.

Ce genre a donné son nom à une famille des Céramiées dans laquelle la fronde esl filamenteuse est très rameuse. Ordinairement nus. les filaments se recouvrent parfois d'une couche corticale. Au sommet de chacun des articles il se forme d'abord une couronne de petits phytocyslcs qui, s'allongeant sur le filament et se cloisonnant, recouvrent chaque articulation d'une sorte de manchon cortical. Les oogones sont accompagnés d'un phylocysle auxiliaire avec lequel l'œuf s'anastomose directement, au moins dans les Ceramium eux-mêmes. Quand la fécondation a été opérée par la fusion des phyloblastes des deux sexes, le phytocysle auxiliaire bourgeonne pour former un sporogone. Les spores se forment dans tous les phytocystes de ce dernier, sauf dans l'auxiliaire et dans le premier rameau qui en est issu. La seule espèce qui intéresse quelque peu la médecine, le C. ciliatum Agh, se distingue en ce que le milieu des articles de son thalle reste nu. Les segments terminaux sont, dans leur jeune âge, presque toujours régulièrement bifurqués, cl les divisions se recourbent de façon à figurer comme un forceps clos. Dans celte espèce, les cystocarpes forment des verlicilles autour des nœuds qui de la sorte simulent une pelile couronne d'épines. C'est une plante de l'Atlantique et du Pacifique. Elle fournit de la IMiycocolle et fait notamment partie de celle du Japon.

Iridsea.

Ces Algues font partie de la famille des Cryptonémécs qui ont un thalle massif dans la couche périphérique duquel est plongé l'œuf. Il bourgeonne directement et produit un ou plusieurs rameaux grêles qui s'anastomosent de toules parts avec les phytocystes du thalle. Puis, les portions anastomosées se séparent du reste du filament et se rendent en une ampoule sur laquelle ou au voisinage de laquelle le filament produit une branche courte et renflée qu'une cloison sépare bientôt à sa base cl qui devienl l'origine d'un appareil sporilere loul particulier. Elle forme, en bourgeonnant tout autour, une sorte de tubercule arrondi que recouvre une couche gélatineuse. Lès rameaux pressés dont est composé ce tubercule produisent des spores, ou dans tous leurs phytocystes, ou dans la plupart d'enlre eux. ou seulement dans quelques-uns des supérieurs, qui se renflent en chapelets généralememenl courts. Les spores sont finalement mises en liberté par des solutions de continuité du thalle, aux points où il enveloppe les amas de spores. Les Irukva se distinguent dans la famille

CRYl'TOC.AJIES CELLULAIRES. 8W

par un lliallc aplati en feuille simple. L7. edulis Bory (Ulva edulis DC. — Halymenia edulis Acn. — Sarcopliylis edulis) a un stipe très court, qui s'élargit presque aussitôt en une lame membraneuse, ovale, entière, à stries parallèles fines, d'autant plus courtes qu'elles sont plus voisines de bords. C'est aussi une plante à Pbycocolle.

Halymenia.

Ce sont aussi des Cryptouémées, et elles en ont les caractères généraux. Mais leur thalle est diversement découpé. L'H. florida Agh et quelques autres espèces, communes sur nos côtes, sont vermifuges et se trouvent parfois mélangées à la Mousse de Corse. Leur gelée est comestible.

Grateloupia.

Appartenant également à la famille des Cryptouémées, ces Algues sont plus ou moins ramifiées suivant le mode penné. Le G. filicina a un thalle aplati, comprimé, penné, avec un disque rolifère. Les pinnules sont rétrécies au sommet à la base où elles sont plus allongées. Son tissu est recouvert d'une sorte d'épiderme, et les parois de ses phytocystes se gonflent et se gélifient dans l'eau. La plante habile la Méditerranée, l'Océan jusqu'à l'extrémité australe de l'Afrique, et la mer des Indes. C'est un vermifuge qui se trouve souvent mélangé à la Mousse de Corse.

Le G. conferta (fig. 354) a les mêmes propriélés. Il se dislingue de l'espèce pré- Fig. 54 .

cédente par la base renflée de son thalle Grateloupia conferla. dont les pinnules forment un élégant pinceau terminal au lieu d'être disposées lout le long de l'axe central. C'est une espèce de la mer des Indes, et qu'on dit comestible.

Porphyra.

Les Porphyra sont des Algues-Rhodospermécs, de la famille des Bangiées qui sont les moins compliquées comme structure de toutes les Floridées, et qui sont caractérisées par un thalle formé de phytocystes dis-

posés en une assise qui a la forme générale d'une lame a contours irrégUr licrs. Tous ces phytocysles grandissent et se cloisonnent simultanément et également, par un développement uniforme, dit intercalaire; et la base se termine par un crampon. Il n'y a de Porphyra que dans la mer, et ils sont annuels, avec des spores qui se forment dans les phytocysles du thalle. Chacun d'eux se divise par deux cloisons perpendiculaires à la surface; et les phylocystes secondaires ainsi formés produisent chacun un phytoblaslc-spore qui est mis en liberté, se recouvre d'un phytocyste et se multiplie de façon à produire un jeune thalle nouveau. Il y a, en outre, dans ce genre des organes sexuels qui sont monoïques ou dioïques. Les organes maies présentent des pollinides dont les cellules-mères résultent de la division d'un phytocyste du thalle, extrêmement divisé par cloisonnement. Chaque logelle renferme un pollinide ; la paroi de la cellulemère se gélifie, se dissout, et le pollinide est de la sorte mis en liberté. L'organe femelle est un oogone, également formé aux dépens d'un phytocyste lhallin, d'abord semblable aux autres. Sur chacune de ses deux faces libres, ce phytocyste développe une éminence papilliforme qui joue probablement un rôle dans l'imprégnation. Une fois fécondé, l'œuf se cloisonne sanschanger de taille ni de forme. Une première cloison se produit parallèlement à la surface; puis deux autres perpendiculairement, et il se forme ainsi huit phylocystes secondaires, disposés quatre à quatre sur deux élages superposés. Le phytohlaste de chacun de ces huit phylocystes est mis en liberté cl constitue d'abord la spore qui est douée de mouvements ambyoïdes ; après quoi elle se recouvre d'un phytocyste de cellulose qui devient épais et se cloisonne en développant à sa surface quelques rhizines. Elle passe la mauvaise saison à l'étal de repos et se développe en un jeune thalle au retour du printemps.

Le Porphyra laciniata Agii varie beaucoup d'apparence avec l'âge. Jeune cl implanté sur les roches de l'Atlantique batlues par le flot, il constitue un gazon serré à languelles étroites et allongées. Quand l'eau est plus profonde, les languettes deviennent des frondes plus amples, entières ou lobées, larges de 20 centimètres et plus, deux fois plus longues. Quand plus lard le tissu de la plante s'est en grande partie transformé en organes mâles ou femelles dispersés, il ne reste plus que la base indurée à laquelle on avait donné le nom de P. umbilicalis Kuktz.

C'est principalement, a-t-on dit, le P. laciniata qui servait jadis à la préparation de V/Elhiops végétal. Mais les Fucus servaient aussi à cet usage.

Rytiphlœa.

Comme les Alsidium, les Rytiphlœa font partie de la famille des fthodomélées Celle-ci est caractérisée par des télraspores ordinairement

groupées sur certaines divisions du thalle qui prennent de là une apparence particulière. Les organes mâles sont des anlhéridies qui sont disposées en couches continues à la surface de lobes aplatis et discoïdes du thalle. C'est sur un court lobe ou rameau latéral que se développent les appareils femelles, aux dépens de l'avant-dernier segment, distingué des autres dès le début par un renflement unilatéral. Un ramuscule à un ou plusieurs phytocystes se forme par des segmentations successives, et son sommet porte l'oogone que surmonte un long triebogyne. L'ensemble est logé dans les segments, et l'enveloppe qu'ils forment a été comparée à une coquille bivalve. La fécondation une fois opérée, l'auxiliaire se partage en cinq phytocystes qui bourgeonnent, forment ainsi un sporogone qu'on a comparé à un buisson. L'article du segment s'ouvre assez largement, et parla s'échappent les spores au dehors.

Le R. tinctoria Agii (Fucus purpureus Clém.) a une fronde plane et légèrement comprimée. Ses rameaux sont assez épais et se divisent eu nombreux ramuscules, assez courts, à sommet terminé par une sorte de forceps à branches arquées. Les anthérozoïdes sont portés à l'extrémité de ces branches, et les cystocarpes globuleux s'insèrent latéralement sur les rameaux. Le tissu de la fronde est un parenchyme lâche que recouvre une couche épidermique. Les branches sont rouges, et les jeunes rameaux roses. La plante est assez abondante dans la Méditerranée, la mer Rouge, l'Océan. Elle est riche en matière colorante. Le R. ridigula Kuetz., des côtes de la Dalmatie, a les mômes propriétés.

Lei?. capensis est arborescent, et ses ramuscules très petits forment une sorte de forceps dont une des branches se transforme en un bouquet de ramuscules stipités, portant les organes de la reproduction. Le stipe est formé d'un parenchyme réti- Laurencia pinnalifida. culé. Celle Algue sert peu par sa matière colorante; mais on en prépare un vernis assez eslimé.

Le Laurencia pinnatifida Lamx. (Fucus pin nalifidus L. — Chondria pinnatifida Agii) (fig. 355) est une Algue de la môme famille. Sa fronde ccspileuse atteint jusqu'à près d'un demi-mètre de long. Elle se compose d'une sorte de lige qui porte des branches distiques, rapprochées, dissemblables. Les petites sont pinnatifides; les grandes bi- ou tripinnatifides, et ce sont les pinnules du dernier ordre qui portent les fructifications. Les cyslocarpes sont situés latéralement sur les pinnules dont le sommet renflé en coupe porte les anlhéridies. Le thalle est de consistance cartilagineuse; et sa couleur varie, suivant l'exposition et la lumière, du jaune pâle au pourpre brun. C'est un médicament vermicide, un aliment, et on en prépare une sorte de salade. Les L. papillosa Gkev.

802 TRAITÉ DE BOTANIQUE MÉDICALE ORYPTO G AMIQU E.

(Chondriapapillosa Agu) et obtusaLwx (Choniria obtusa Agh), vermifuges, se rencontrent aussi, nous l'avons vu, dans la Mousse de Corse.

Gloiopeltis.

Ces Algues appartiennent à une division de la famille des Rhodyméniacées qui a repu le nom d'Areschougiôes. Ce sont des Algues qui se distinguent dans la famille par leurs cyslocarpes, inclus dans le tissu de la fronde ou proéminents très peu au dehors. Les frondes s'y réduisent très facilement en gelée. Elles sont ordinairement cylindriques, pleines, dans les Gloiopeltis, avec des branches les unes dichotomes et les autres alternes. L'ensemble de la fronde peut atteindre un décimètre. Son tissu esl intérieurement formé d'un réseau de trabéculcs, souvent décrits comme des rameaux inlérieurs. On emploie principalement trois espèces de ce genre, les G. coliformis, tenax et capillaris qui se vendent au Japon sous le nom commun de Satsuma-fanori (Suri ngar).

Le G. coliformis (fig. 356) a une fronde dilatée, portant des rameaux qui deviennent creux avec l'âge. Elle esl longue de 1-15 centimètres et épaisse de 1-6 millimétrés. Les cyslocarpes peuvent couvrir la fronde entière, sauf le pied, et ils apparaissent déjà Gloiopeltin coliformis. sur des individus très petits. Au Japon, on récolle cette plante dans les mois d'août el septembre. Elle sert surtout à la préparation de la Phycocolle.

Le G. capillaris a un slipe capillaire, ordinairement court, plein à l'intérieur, au-dessus duquel le thalle devient lubuleux, cylindrique, quelquefois d'une extrême ténuité. Les divisions vont en s'atténuant au sommet. Toute la plante n'a pas plus de 1-3 centimètres de long. Sa couleur est d'un brun pourpré, et sa substance est nettement gélatineuse. On récolte celle espèce à la main sur les roches marines, aux environs de Satsuma. Les Japonais la nomment Siraka-nori (ce qui signifie Algue à cheveux blancs), nom qui esl également donné au Gracilaria conferuoides. On en prépare aussi de la Phycocolle.

Le G. tenax J. Agu (Sphœrococçus tenax C. Aon) esl voisin du G. coliformis et sert aux mômes usages. Les Chinois lui donnent le nom de Lukiotsaï (légume en forme de corne de cert).

Plocamium.

Dans ce genre de Rhodhyméniacées, la fronde est comprimée, plus ou moins élégamment ramifiée en sympode assez compliqué, et les télraspores à division zonée sont reléguées dans des ramuscules particuliers. Lors de la fructification, c'est nn auxiliaire qui envoie à l'œuf une papille d'anastomose. Tout le monde, sur nos côtes, connaît le P. coccineum Kuetz. (P. vulgare Lamx. — Ceramium Plocamium Roth. — D lesseria Plocamium Agii) (fig. 357), dont on prépare tant d'élégants petits bouquets. De sa base parlent en touffe des frondes presque planes, pennées dès l'origine et à ramification alternante. Sa couleur est d'un beau rouge pourpré. Outre qu'on rencontre cette espèce dans la Mousse de Corse, on l'a jadis préconisée contre bien des maux, sous les noms de Thériaque marine et de Mille-

1 r lu. oui. j tutu-

feuille marine. On en tire une sorte de fard rose; mium coccineum. et au Kamtchatka, les habitants se teignent les joues avec cette plante infusée dans de la graisse de poissons. Sur nos côtes, on la croit encore fébrifuge et diurétique.

Rhodhymenia.

Ce genre a donné son nom à la famille des Rhodhyméniacées, à laquelle appartiennent les Plocamium cl dans laquelle le thalle est formé d'un faisceau central de filaments parallèles et d'une couche corticale deph vlocysles plus courts, assez souvent disposés en séries rayonnantes et rameuses. Un court ramule, formé de trois ou quatre phylocystes, est terminé par l'oogone, et il est lui-même porté latéralement sur un des rameaux dont est composée la couche corticale périphérique. Le rôle d'auxiliaire est ordinairement rempli par l'article même auquel s'insère le ramusculc; et ce dernier se courbe vers l'auxiliaire de façon à en rapprocher l'œuf. Le sporogone, qui provient du bourgeonnement de l'auxiliaire, se développe vers l'intérieur, condensant ses rameaux en un buisson ' serré qu'enveloppe un tégument à sommet pourvu d'un orifice. C'est dans plusieurs des phylocystes externes de chaque branche que naissent les spores, disposées en croix ou en chapelet.

Le genre Rhodhymenia, avec ces caractères généraux, présente une

fronde piano et des télraspores à divisions cruciales, répandues sur loute sa surface. Le R. palmata Guev. (llalymenia palmata Aon. — Splurrococcus palmatus Kuetz.) (fig.359) esl une Algue assez grande, de couleur rouge, tirant un peu sur le violet. Sou stipe esl court cl se dilate bientôt en une lame allongée et subpalmée, dont les bords portent de nombreux segments oblongs, obovales parfois, plus ou moins longuement atténués à la base. Les cystocarpes forment, çà et là, des taches sur toute la surface du llialle. C'est une espèce très variable de forme cl qu'on a beaucoup trop divisée. Elle est alimentaire.

Fig. 358.— Rhodhy taenia ciliata. Fig. 3ôt). — Rhodhymenia palmata.

Le U. ciliata (Calliblepharis ciliata) (fig. 358) est annuel cl fructifie d'ordinaire en hiver. Son stipe esl subfililbrme et se dilate en une lame lancéolée, dicholome, pennée ou ciliée sur les bords. Les cils courts se terminent en ailettes. C'est aussi une espèce comestible, qui se trouve dans l'Océan et la Méditerranée.

Les Gracilaria dont il a élé question plus haul (p. 1281) appartiennent à cette famille et à la division des Sphœrococcoïdées, que caractérisent des thalles massifs, parenchymateux. Il esl plan dans les Gracilaria, avec des létraspores crucialemenl divisées.

Cil Y PTOG A M KS CÈLLOLÀIR BB.

Gelidium.

Ce genre a donné son nom à une famille des Gélidiêes, dans laquelle le thalle, de consistance gélatineuse et pins on moins rameux, possède un filament axile qui s'enveloppe de bonne heure d'une couche corticale.

Il n'y a point de nervure clans les Gelidium proprement dits, quoiqu'elle existe dans les autres genres de la famille. Le G. corneum Lamx (Fucus comeus Huns. — Sphœrococcus cormpms AG£i)(fig. 300) est une plante très variable de forme, qui se trouve dans l'océan Atlantique, la Méditerranée, la mer des Indes, etc. Son thalle, de couleur purpurine, est divisé en branches très nombreuses, bi, tri-ou quadripinnécs, avec les plus petites divisions linéaires, rélrécies à la base, plus ou moins renflées au milieu, puis atténuées au sommet où se trouve à certaines époques une légère Kig. :1G0. — Gelidium corneum. dilatation qui est le siège des cysto-

carpes. Le G. corneum fait parlie, nous l'avons vu, de la Colle du Japon; c'est donc une Algue alimentaire, analeptique, propre à nourrir les débilités et les convalescents.

Gigartina.

Ce genre d'Algues a donné son nom à une famille des Gigartinèes. distinguée par un thalle massif et de consistance charnue ou cartilagineuse. Elle renferme entre autres le genre Gigartina et le genre Chondrus dont nous avons donné plus haut les caractères. Les Gigartina se distinguent des Chondrus en ce que les filaments issus de l'œuf demeurent groupés autour d'un phytocysle central et produisent un œuf dans chaque phytocyste. Le sporogone constitue de la sorte un massif sporifère unique. Les C. isiformis([\%. 301) et spinosa sont des Gracilaria et produisent, nous l'avons vu (p. 300). de YAgar-agar. On en a l'ail aussi des Euckltma. Le 6. pistillata Lamx se trouve dans la Mousse de Corse. Le G. speciosa Sond.,

SHti TRAITÉ DE BOTANIQUE MÉDICALE CRYPTOGAMIQUE.

d'Australie, est eomestiblc. Le G. acicularis Lamx (Fucus acicularis WtILF.)j de l'Adriatique, est vanté contre les maladies du poumon et des reins et comme antiscrofuleux. C'est une espèce très riche en matière gélatineuse et mucilagineuse.

L'Endocladia vernicata (Acanthobolus brasiliensis Kuetz.). dont on

i n;. 361.— Gigartina (Euchuma) isiformis.

a aussi fait un Hypnea, esl également très voisin. Ces! une petite piaule (34 cent.) très ramifiée, à stipe court, jpresque immédiatement divisé en quatre ou cinq branches elles-mêmes ramifiées, avec les divisions ultimes chargées de petites aspérités. C'est aussi une plante gélatineuse et alimentaire.

CllYl'TOdAMKS CELLULAIRES.

NÉODIATOMACÉES

C'est avec raison qu'on a substitué le nom de Neodialoma à celui de Diatoma qui avait été appliqué, à la fin du siècle dernier, à un genre de plantes phanérogames de la famille des Rliizophoracées. Les Néodialomacées sont des Algues unicellulaires, partagées en genres très nom-

Kig. 36i. — Frusiulia annonica,'çn conjugaison. A, les deux cellules-mères fusionnant leur protoplasma; 15, les deux auxospores, plus grandes que les quatre valves qu'elles ont quittées, en voie de produire des capuchons au niveau de leurs extrémités; C, les deux auxospores ayant sécrété leurs valves, et leurs capuchons s'étant]écartés (Plitzcr).

Kig. 363. — f'innularia viridis.

A, Individu vu par la face supérieure; B, Individu vu par la tranche ; g, nodule médian ; h A, nodules terminaux ; m, ligne médiane; r, stries ;n, valve externe; t, valve interne de l'individu (Piit/.er).

breux et distribuées en abondance dans les eaux douces et salées de toutes les parties du monde.

Ce sont des Algues très peu volumineuses, le plus souvent microscopiques, qui ont la forme de petites plaques, oblongues, ovales, fusiformes, rectangulaires, etc., libres et mobiles dans les eaux douces ou salées, ou vivant en grand nombre fixées à la surface des végétaux submergés.

Un individu se présente sous forme d'un phytocyslc àphytoblaste plus

ou moins riche en chlorophylle que dissimule ordinairement une autre substance pigmenlairc, longtemps nommée Diatomine. La paroi du phytocyste est de bonne heure incrustée de silice. Elle forme ainsi une sorte de carapace dont la surface présente des lignes, des inégalités diverses, des nodules, etc., qui diffèrent d'un genre à l'autre et d'une espèce à l'autre. Le phytocyste silicifié est formé de deux valves, l'une supérieure et l'autre inférieure. L'une d'elles, plus grande que l'autre, la déborde en formant au-dessus d'elle comme une sorte de couvercle. Ces plantes présentent deux modes de multiplication : sexué et asexué. Le premier consiste en une division dans laquelle le phytoblaste se sépare en deux parties qui s'écartent l'une de l'autre en entraînant avec elles la valve qui les recouvre. Après la disjonction, chaque nouvel individu sécrète sur sa surface nue une valve nouvelle, plus petite que l'ancienne qui la déborde. Lorsque plus tard une nouvelle division se produit, les mêmes phénomènes se reproduisent, et les nouvelles valves se trouvant être toujours plus petites que les anciennes, les individus sont d'autant plus pelils qu'ils ont été précédés par une série plus considérable de générations. Quand ils arrivent à un certain minimum, il se produit une nouvelle série de phénomènes distincts. Deux individus différents se rapprochent l'un de l'autre; leurs valves s'écartent; et leurs phytoblasles sortant de leurs valves, se confondent en un seul corps. C'est un phénomène de conjugaison tout particulier; et cette conjugaison une fois accomplie, la masse du phytoblaste qui en résulte se divise en deux masses secondaires qui s'accroissent isolément et deviennent en peu de temps beaucoup plus volumineuses que les valves des deux individus qui se sont conjugués. C'est de là que leur est venu le nom à'Auxospores. Chacune d'elles prend plus ou moins la forme de fuseau, et ses deux extrémités se recouvrent d'une sorte de capuchon dont l'existence est transitoire. Ses faces sécrètent alors deux valves nouvelles; et deux individus sont formés, plus volumineux que ceux qui se sont conjugués. Entre les deux valves, on admet que le phytoblaste forme une mince couche de substance contractile qui serait l'agent du mouvement de glissement en avant et en arrière suivant lequel la Néodiatomacée progresse dans l'eau, parfois avec une rapidité relativement considérable. En général, ces végétaux se meuvent en portant en avant, tantôt l'une et tantôt l'autre de leurs extrémités. On a expliqué ces mouvements (Schultze) en établissant que la carapace siliceuse est perforée d'orifices qui laissent passer des sortes de pseudopodes du phytoblaste intérieur. On admet aussi que l'auxospore peut se former sans être précédée d'une conjugaison; auquel cas le phytoblaste d'un individu abandonne ses valves, augmente alors rapidement de volume, et sécrète à sa surface deux valves nouvelles.

Sans être directement utiles en médecine, les Néodiatomacées jouent en biologie générale un rôle considérable. La silice dont leur phytocyste est incrusté prend part à la formation de l'écorcc terrestre. Grâce à celle

armure siliceuse, les Néodiatomacées se sont conservées pendant des périodes 1res longues. On les rencontre en nombre infini dans les cendres des houilles de Newcastle, de Saint-Etienne, des bassins belges, etc. On admet que ce sont les premiers végétaux qui aient, avant la formation des continents, peuplé l'immensité des eaux. Le fond de toutes les mers est tapissé de leurs carapaces siliceuses. Le Tripoli est un amas de Néodiatomacées fossiles, rapprochées en bancs parfois gigantesques. On admet que, dans les périodes actuelles, ces végétaux microscopiques purifient les eaux douces et salées, de la môme façon que les Algues plus élevées

Fie. 364. — Desmidiées. I, Xanlliidium armatum; II, III, Arthrodesmus ; IV, Closlerium lineatum, conjugué; Y, une cellule de Cosmarium Botrytis, émettant un tube de conjugaison (De liary).

en organisation et de plus grande taille, en décomposant l'acide carbonique qui s'y trouve libre ou à l'état de combinaisons. Ce sont des agents de transformation des matériaux inorganiques en substances organiques assimilables. Il y a souvent un grand nombre de Néodiatomacées dans la Phycocolle et les Thao. Beaucoup d'auteurs ont rattaché les Néodiatomacées aux Algues-Phéophycées ou Mélanospermées.

On a rangé non loin des Néodiatomacées les Desmidiées (fig. 364) qui sont des Conjuguées unicellulaires et dans lesquelles les zygospores se forment dans le canal de conjugaison. Puis elles se segmentent de bonne heure et donnent ainsi naissance à deux nouveaux individus. Moins qu'autrefois on rapproche aujourd'hui les Desmidiées des Néodiatomacées. Les premières sont vertes et partagées en deux segments symétriques. Il y en a de libres et d'agrégées en séries. On a considéré leur présence comme un indice de la pureté des eaux.

:iki

TRAITÉ DE BOTANIQUE MÉDICALE CRYPT0GAMIQ1 l

CTANOPHYCÉES

Nous ne parlons ici de ces Algues qui n'ont pas d'importance au point de vue médical que parce qu'elles sont les analogues des Schizophytes parmi les Fungacées. Leur nom vient de la matière colorante qu'elles renferment {Phycocyanine, Phycochrome). Les principales familles qui y sont comprises, sont cellesdes Oscillariacées, desRivulariacées(fig. 366), des Nostocacées.

Les Oscillaires sont formées de filaments qui rappellent ceux des Leptothrix,el qui sontcylindriques,conslituésparune foule dephytocystes placés bout à bout et formant comme de longues piles de disques. Ces filaments libres sont doués de mouvements lents et oscillatoires. Leur contenu est le plus souvent d'un vert bleuâtre, et l'on admet que cette teinte est due au mélange de la chlorophylle avec un principe colorant bleu. On nomme articles les pbylocystes qui présentent celle coloration et sont susceplibles de se diviser transversalement. En observant les cloisons des Oscillaires de telle façon qu'elles paraissent sombres, il y a un moment où l'on aperçoit de chaque côté d'elles un espace clair, transversalement allongé où la matière bleuâtre devient très peu abondante. Il y a des Oscillaires de taille relativement grande, souvent recourbées aux extrémités, et à granulations intérieures apparentes. Il est assez facile d'y voir que le déplacement des filaments est lié à une rotation autour de l'axe. Il y a aussi des mouvements de natation ou de flexion, qui sont attribués à des différences dans l'intensité de l'accroissement sur les diverses faces du filament. Ces courbures se produisent lentement ou çà et là brusquement. De plus, le filament se meut en totalité en avançant ou en reculant. Mais il faut pour que ces mouvements se produisent, que l'Oscillaire puisse prendre un point d'appui sur un objet quelconque. On a attribué la cause de ces mouvements (Engelmann) à des filaments proloplasmiques qui traverseraient la membrane d'enveloppe.

Fie. 365. — A, Oscillaria viridis. H, Oscillaria trachiformis (Uabonhorsl).

11 y a beaucoup d'Oscillaria dans nos eaux douces, comme les 0. viridis (fig. 365 A), trachiformis (fig. 365 D), Frœlichii, princeps, etc. On a décrit chez l'homme un 0. (?) intestini Farre qui a été observé en 1844 sur des lambeaux membraneux et rubanés, provenant du tube digestif et

gitsima««tfii»ïïiri. i=tniiiinm>

Fie. 306.

flivularia Pisum (Itabcnliorst).

cltM'TOGA.MKS CELLDLAJRBS. 311

rejetés, après de fortes coliques, par une femme dyspeptique. Dans les eaux minérales sulfureuses, on a assez souvent observé (L. Soubciran) VOscillaria elegnns Agh, espèce à filaments très ténus, articulés, acuminés, cl à endochrome d'un vert foncé.

Les Anabaina ont aussi été attribués aux ^ostocacées. Ce sont des Algues constituées par des chapelets dont les grains ont la forme de sphère ou de barillet et sont placés bout à bout. Ces éléments sont à peu près de môme taille; mais ils sont de temps en temps interrompus par un phytocyste plus grand, sphérique ou ellipsoïde, qu'on nomme Hètérocysle ou Cellule-limite. Les filaments sont contournés de façon diverse ou repliés en lignes brisées. Très souvent l'hétérocyste n'est pas de même couleur que les autres phytocystes; il sera, par exemple d'un vert foncé et noirâtre, quand les autres phytocystes sont d'un vert clair ou grisâtre. Tous ces éléments, dépourvus de noyau, renferment des corpuscules de teinte foncée. Il est très ordinaire de rencontrer des sujets dans lesquels les phytocystes ordinaires sont en voie de division, se dédoublant par la production d'une cloison transversale en évolution. On a constaté la présence dans les eaux minérales sulfureuses de VA. smaragdina L. ^oub., espèce à filaments moniliformes et à articles sphcriques, excepté l'avant-dernier qui est cylindrique, et le dernier qui est plus renflé. L'endochrome y est d'un très beau vert.

Les Nostoc(Rg. 367, 368) sont des Cyanophycées dont l'organisation rappelle beaucoup celle des types précédents, avec cette grande différence que les chapelets sont englobés dans des masses gélatineuses plus ou moins ridées ou ondulées, et qu'on peut comparer à la substance zoogléique que nous avons constatée dans certaines formes des Schizophytes. Tout le monde connaît le N. ciniflonum de Tournefort (C.

commune Vadch. — Tremella Nostoc L. — T. atrovirens Bdll. — Ulva lerrestris tenerrima Datt. — Fucus Tremella Nostoc Gmel. — Linlcia Nostoc Line), qu'on rencontre souvent en abondance sur les terrains humides et qui devient surtout visible, avec sa couleur olivâtre, quand sa substance zoogléique a été gonflée par les pluies. Quand l'eau a bien ramolli cette sorte de gelée, des portions des filaments inclus, comprises entre les celluleslimites, se disjoignent, s'échappent au dehors et s'allongent, pendant que les cellules-limites demeurent incluses dans la gelée. Dans l'eau, les filaments échappés se meuvent comme des Oscillaires, et l'on a môme

lïc. 367

— Nostoc ciniflonum (K.ibenhorst).

supposé que ces mouvements onl provoqué leur sortie de la gelée. Leurs articles s'accroissent eu travers et forment ainsi des disques qui se cloisonnent dans le sens de la longueur du filament. Celui-ci se trouve alors composé d'une série de courts chapelets à direction transversale. Ces chapelets secondaires, une fois arrivés à leur maximum d'élongaliou. s'incurvent et accolent leur phytocyslc terminal à celui des chapelets transversaux qui sont au-dessus ou au-dessous. Il en résulte un seul filament fortement ondulé. Quelques-uns de ses phylocystes prennent les caractères des cellules-limites, et la couche gélatineuse extérieure se développe en môme temps; de sorte que par l'accroissement de la gelée et la division répétée des chapelets, le Nostoc microscopique du début atteint graduellement le volume d'une noix ou même d'un œuf de poule.

KlG. 368. — Nosloc mesenleruidex. a, zoogléc entière; b, portion d'uno coupe de zoogléc; c, chapelets de pliytocystos avec cellules-limites; d, e, j, g, h, i, passage des éléments isolés à la reconstitution de la zooglée (Van Ticghcm).

L'espèce commune que nous avons prise pour exemple a été fort employée comme médicament, sous les noms significatifs de Beurre de terre, B. magique, Crachat de lune, C. de mai, Salive de coucou, Excrément de coucou, Fille du ciel, Purgation des étoiles, Réalgar de l'air, Fleur de soleil, Vitriol végétal, Perce-terre, Thrône de la terre. Les alchimistes lui ont prêté les vertus les plus surprenantes. On l'a préconisée contre les cancers. Dans le nord de l'Europe, on croit qu'elle favorise le développement des cheveux. En Sibérie, on l'emploie lopiquement contre les ophtalmies et l'enflure des pieds. On l'a aussi vantée comme cicatrisant des plaies. Il y a môme des pays où on en fabrique une boisson qu'on prétend tonique, en la faisant infuser dans l'cau-de-vie.

Le N. mesenteroides, dont on a fait un genre spécial (Ascococcus mesenteroides Cienk. — LeuconoslocmesentcroidesV. TiEGii.)(figM8),esl depuis

longtemps connu sous les noms do Gomme de sucrerie, cl en Allemagne, de Froslaich (Frai de grenouilles), comme se développant dans les sucs de Be.fteràV8 où M. Schreibler a étudié sa composition chimique en 1874. La môme année, sa nature végétale fut déterminée en France où l'on prouva (Jubort) qu'il fallait le tuer par un antiseptique pour éviter une grande perle dans la fabrication des sucres. C'est M. Mondes qui, en 1875, le rangea parmi les Nostoc. Ses filaments sont à peu prés incolores. La plante intervertit, dans le suc des Betteraves, le sucre dont elle se nourrit ensuite. On a aussi rapproché celte plante des Sarcines et on en a même l'ait une Mucédinée et une Micrococcacée.

On a nommé Chroococcacées de très petites Algues vertes qui se trouvent dans les milieux humides, dans les eaux douces et même salées. Elles sont représentées par des pliylocystes isolés ou unis en colonies, mais tous semblables. Leur enveloppe, mince d'abord, se gélifie facilement, à peu près comme celle des Nostoc, mais à un degré moindre. Leur multiplication s'opère par division. Comme, dans les Glœocapsa (fig. 309)

et les Chroococcus (fig. 370), la segmentation des pliylocystes se produit suivant trois directions, les colonies peuvent avoir à peu près les mêmes dimensions dans trois sens, entourées d'ailleurs d'une gelée plus ou moins épaisse. Ces végétaux à matière verte se comportent donc ici comme font parmi les Schizophytes les Mérismopédies qu'on a aussi d'ailleurs attribuées, à une certaine époque, aux Chroococaccées. Les Glœothece et Synchococcus, voisins des Chroococcus, ne sedivisent, au contraire, que dans deux directions, ont des colonies en l'orme de plaque, et sont ici, au début du moins, les analogues des Tetragcnus.

Nous arrivons ainsi aux formes les plus simples des Algues, constituées par un seul phytocyste à matière colorante, c'est-à-dire aux Prolococcus qui intéressent la biologie générale par la quantité d'acide carbonique qu'ils doivent réduire quand ils renferment de la chlorophylle, comme il arrive pour l'espèce la plus commune du genre, le P. riridis. Sur les troncs d'arbres, les murs, les roches, les bois exposés à l'humidité, surtout du côté du nord, on voit souvent, en toute saison, des couches vertes énormes formées par celte espèce. Ces couches sont constituées par de nombreux phytocystes spbériques, isolés ou réunis en petits

groupes, souvent disposés par quatre (comme dans ce qu'on a nommé Pleur vcoccus). La paroi mince, que le chlorure de zinc iodé teinte en violet, renferme un phytoblaste qui esl incolore en certains points, mais qui renferme un très grand nombre de chromatophores tangents les uns aux autres. Dans les points seulement où ils ne sont pas en contact immédiat, on aperçoit la substance incolore du phytoblaste. Le phytocyste possède d'ailleurs un noyau qui varie de place et qui contient un nucléole. La multiplication se fait par un cloisonnement du phytocyste en deux éléments secondaires qui se divisent eux-mêmes de la même façon, par des cloisons à peu près perpendiculaires ou parallèles. Peu à peu les nouveaux phylocysles produits se séparent les uns des autres et s'arrondissent. Par l'action de l'iodure de potassium ioduré, on rend les noyaux et leur nucléole bien visibles, et le noyau adhère à la paroi du phytocyste quand celui-ci est encore jeune. Il y a aussi des grains d'amidon dans les chromatophores. Voici donc des végétaux très simples qui ont en eux tout ce qui est nécessaire à leur évolution. Sont-ce des êtres autonomes? Le fait a souvent été mis en doute. Ce sont peut-être seulement des étals transitoires d'autres Algues plus compliquées.

Il y a des Protococcus rouges; tel est le P. nivalis, la plante de la neige sanglante, qui a été observée aux plus grandes altitudes, qui a donné lieu à tant de fables, et qui n'est pas, pour certains auteurs, spécifiquement distincte du P. viridis.

l)RO('.UlElt DE LA FACULTÉ.

Tableau du Drog-uier de la Faculté de médecine de Paris '.

1. Castoréum. — Substance musquée, sécrétée par la paroi d'une paire de sacs glanduleux qui s'ouvrent dans la gaine prépuliale du Castor Fiber L.,le plus grand des Mammifères-Rongeurs, cl dont le C. canadensis est une variété. Le contenu des sacs est résineux, d'un brun un peu rougeàlre, à odeur assez forte, spéciale, peu agréable. Les sacs sont oblongs, pyriformes, pédiculés et ridés, longs de 8-1:2 centimètres. On dislingue, suivant le pays d'origine, le Castoréum du Canada ou d'Amérique, et le C. de Russie, moins commun.

2. Musc. — Produit très odorant, à parfum pénétrant, très diffusible, très persistant, sécrété par la paroi d'une poche abdominale et sousombilicale d'un Chevrotain, le Moschus mosckiferus L., Mammifère- Ruminant, de l'ordre des Ongulés, à canines supérieures très développées, et dépourvu de cornes. La poche à musc, discoïde, subhémisphérique, formée par une invagination partielle de la peau, est recouverte en bas par la couche pilifère de cette dernière, et remplie d'une matière onctueuse, semi-fluide, plus tard desséchée. L'orifice du réservoir est inférieur et entouré d'une couronne de poils obliques. On dislingue, suivant le pays d'origine, le Musc Tonquin, duThibet, le plus estimé, et le M. Kabardin, de Sibérie, de qualité inférieure.

3. Corne de cerf. — Cornes du Cervus Elaphus L., Mammifère-Ruminant-Ongulé, à mâchoire supérieure dépourvue de canines et d'incisives; à mâchoire inférieure portant finalement deux canines et huit incisives. Les cornes n'existent que chez le mâle et sont d'origine dermique, indépendantesd'aborddu frontal avec lequel elles s'unissent ultérieurement et dont elles se séparent vers l'époque du rut. Se présente sous forme de cônes jaunâtres, à section blanche et lisse, dits Cornichons, ou en copeaux blancs (Corne de cerf râpée), sans saveur et à odeur fade, peu agréable ; riche en phosphate de chaux.

i. Sucre de lait (Lactose). — Sucre â saveur faible, ordinairement groupé en cristaux orlhorbombiques, à sommets octaédriques, réunis sur une ficelle ou une baguette; libroïde et d'un blanc jaunâtre terne. Extrait du lait des Mammifères domestiques, surtout de celui de la Vache, femelle du Bos Taurus L., Ruminant-Ongulé, â cornes creuses et persis-

1. Ce tableau qui, pour des raisons indépendantes de notre volonté, n'a pu êtro placé à la fin de noire Botanique médicale phanéroqamiquc, renferme une caractéristique abrégée des drogues simples décrites aussi bien dans le présent ouvrage que dans celui dont nous venons de rappeler le titre. Pour une description plus détaillée de ces substances, la lettre I> renvoie à la page de la partie phanérogainiquc de l'ouvrage; et la lettre C, à celle de la Botanique cryptogamiquo.

lanics; la base osseuse, surmontée d'une couche d'origine épidermique.

5. Blanc de Baleine (Spermaceti). — Substance grasse, d'aspect cireux, blanche ou un pou bleutée, a saillies brillantes et cristallines, à saveur nulle, à odeur stéarique légère, extraite d'un réservoir spécial de la têlc du Catoclon macrocephalus Lac. ou Pkyselev macrocephalus, Mammifôre-Cétacé-Carnivore. Le réservoir à spermnceti renferme une masse huileuse dont se sépare finalement le Blanc de Baleine. Ce réservoir, situé en haut, en avant et adroite de la tète, a pour origine la cavilé dilatée de la narine droite, cavilé double el débouchant aussi dans l'évent.

6. Colle de poisson (Ichtyocolle). — Substance blanchâtre, translucide, provenant de la couche interne décolorée de la vessie natatoire de plusieurs Esturgeons (Accipenser) tels que les A. Sturio, Huso, ruthenus, stellatus. Poissons cartilagincux-Ganoïdes-Sturioniens. Elle esta peu près sans saveur et sans odeur et devient gluante au contact de la salive. Elle se présente sous des formes diverses; en plaques ou feuilles, livres, en cœur, en lyre, etc.

7. Cantharides. — Insecles-Colcoptèrcs-lléléromères-Trachélidicns (Canlharis vesicatoria Geoffu. — Lytta vesicatoria L.), desséchés, entiers, longs de 1 1/2 à 2 centimètres, verdâtres, cuivrés, friables, à odeur pénétrante, félide, à contact irritant.

8. Cire. — Substance constituant les alvéoles des ruches des Abeilles domestiques (Apis mellifica L.), fnsectes-Hyménoptèrcs-Apidés; fabriquée par elles aux dépens de matières sucrées et excrélée au niveau des plaques dites cirières de l'abdomen. Masse jaune ou blanche, décolorée, molle, à toucher gras, adhérente aux doigls qui la pétrissent; insipide, à odeur spéciale, non désagréable.

9. Cochenille du Mexique. — Corps desséchés des Coccus Cacti femelles, [nsectes-Aptères de l'ordre des Hémiptères-Homoptèrès ; irréguliers, grisâtres, plus ou moins chargés de matière pulvérulente blanche ; légers, convexes en dessus, irrégulièrement concaves en dessous, transversalement segmentés, produisant,] quand on les mâche, une coloration rose de la salive el une saveur de moisi.

10. Cochenille de Honduras. — Caractères de la précédente, sans pulvérulence et de couleur noirâtre ; obtenue, dit-on, du Coccus Cacti préventivement lavé cl chauffé.

11. Cocons de Sangsue. — Manchons ovoïdes, spongieux, formés au niveau de l'orifice génital de la Sangsue médicinale (Hirudo médicinales L.) cl de la S. officinale (H. officinalis), Annélides-Hirudinées, au moment de la ponte, pour recueillir les œufs, et formés extérieurement de fils nombreux, soyeux, bouclés, d'un blond terreux, intérieurement d'une laine sèche, gélatiniforme ; incomplètement obturés aux deux pôles.

12. Éponges. — Zoophyles-Spongiaires (Spongia commums et usitatissima Lamk), à squelellc corné, albuminoïde; légers, très poreux, plus ou moins blonds, préparés, soit en cylindres foJKtemenl enroulés d'une

fieelle(E. à la ficelle), soit en plaques minces comprimées el imprégnées de cire jaune fondue {E. à la cire).

13. Racine cl Aconit Napel. — Portion souterraine du Dclphinium Napellus II. \\x(Aconitum Napellus L.), plante vivace, indigène, de la famille des Rcnonculacées, série des Aquilégiées ; â fleurs im'gulièrcs; formée de labase de la lige et de 1-3 racines advenlives épaissies, à pivots napiformcs, coniques, rcctiligues ou arqués, d'un brun plus ou moins grisâtre, à plis longitudinaux et à cicatrices blanchâtres des racines latérales détruites, à cassure pâle, à odeur faible, à saveur finalement irai ante. (P. 481 ').

14. Feuilles d'Aconit Napel. — Feuilles du Dclphinium Napellus H. Bn, alternes, bi-lripinnatiséquées, vertes, à segments bi-lrifides, inégalement incisés-dentés. (P. 486).

15. Staphisaigre. — Graines du Dclphinium Slaphisagria L., lîenonculacie-Aquilégiée, indigène, bisannuelle, à (leur irrégulière. Masses irrégulières, polyédriques, déprimées (larges de4-8 millimètres), rugueusesréliculécs, brunes, à albumen intérieur abondant, huileux; à saveur acre, chaude el irritante. (P. 479).

16. Racine d'Hellébore noir. — Rh'zome chargé de racines advenlives, rarement de YHelleborus niger L., plus souvent de 17/. viridis L., Renonculacéc-Aquilégiée indigène, vivace, à fleurs régulières. Cordons droits ou lortueux, noirâtres, striés ou anfiactueux, avec collerettes transversales plus ou moins saillantes, à moelle centrale piquetée de points résineux. Saveur un peu amère et âcre. (P. 467).

17. Badiane {Anis étoilé). — Fruit multiple de Ylllicium verum H. F., Magnoliacu'c-Illiciée duTonkin; formé de follicules, ordinairement au nombre de huit, disposés en étoile au sommet d'un pédoncule commun, comprimés en car.no. et déhiscents par leur bsrJ supérieur ou interne, contenant chacun une graine lisse. Coques épaisses, brunes, â saveur anisée, brûlante, un peu sucrée, chaude et piquante, â odeur agréable d'anis. (P. 498).

18. Cannelle blanche. — Écorcedu Cannella «Z&aMuRU., Magnoliacée- Cannellée des îles Bahama, en forme de rouleaux, bugs de 10 à 40 centimètres, larges de 2-5 centimètres; blanchâtre ou crevassée en dehors, ou dépouillée de sa couche superficielle et d'un fauve clair, â surface interne lisse, d'un blanc sale ou un peu noirâtre, â cassure nette, à saveur poivrée, aromatique, chaude, piquante, à odeur aromatique ag éable. (P. 505).

19. Rose de Provins. — Pétales du Rosa gallica L., Uosacée-Hosée, â fleurs généralement semi-doubles; obeordés, membraneux, souvent rapprochés et imbriqués, d'un beau rose carminé ou slriédc blanc, souvent plus ou moins noircis; à saveur légèrement astringente, à odeur agréable, caractéristique. (P. 535).

t. D'après ce que nous avons dit plus haut, celle indication rappelle que la plante est étudiée à fond dans le Traité de Botanique médicale plianéroyatiiique, à la page 461.

S18 DROGUIER M3 LA FACULTÉ.

20. Kousso (Kosso). — Inflorescences, le plussouvent mâles, de YHagenia abyssinica Lamk (Brayera anthelminihica K.)5 Rosacée-Agrîmoniée arborescente, d'Abyssinie. Fleurs 1res nombreuses, petites, régulières, rousses, poilues, à réceptacle concave, disposées en vastes grappes ramifiées de cymes. (P. 540).

21. Racine de Fraisier. — Rhizome du Fragaria vesca L., Rosacée- Fragariée indigène; sympode cylindrique, long de 6-15 cent.,' tortueux ou droit, rugueux, portant souvent quelques restes de racines et terminé par un bourgeon à duvet soyeux ; dur, à cassure fibreuse ; brun, plus ou moins rougeâtre intérieurement, à odeur faible, à saveur un peu âpre, astringente. (P. 545).

22. Racine de Tormentille. — Rhizome du Potentilla Tormentilla DC, Rosacée-Fragariée indigène; plus ou moins contourné, parfois ramifié, de la grosseur du petit doigt, d'un brun terreux, à surface parsemée de petites ponctuations spiralées, triangulaires, entourant la cicatrice d'une racine advenlive, à cassure granuleuse, à odeur presque nulle, à saveur très astringente. (P. 547).

23. Amandes douces. — Graines du Prunus Amygdalus, var. dulcis; ovales-aiguës, aplaties, longues de 2 1/2 cent., à enveloppe rouillée. rugueuse, poudreuse, avec un embryon intérieur blanc, charnu, huileux, à saveur douce, presque inodore. (P. 5G5).

24. Amandes arriéres. — Graines du Prunus Amygdalus, var. amara; présentant les mémos caractères extérieurs que les précédentes, avec une saveur amère, et dégageant, quand on les broie avec de l'eau, une odeur cyanhydrique. (P. 506).

25. Queues de Cerises. — Pédoncules fructifères desséchés du Prunus Cerasus L., Kosacée-Prunée indigène; grêles, longs de 2-4 cent., d'un brun jaunâtre ou rougeâtre, un peu renflés aux deux extrémités, un peu astringents et sucrés, à odeur légère, dite de palissandre. (P. 563).

26. Feuilles de Laurier-Cerise. — Feuilles du Prunus Lauro-Ceràsus L., Rosacée-PjRunée ligneuse, cultivée ; elliptiqaes-obovales, courlemenl acuminées, longues de 8-12 cent., rigides, un peu coriaces, cassantes, d'un vert plus ou moins brunâtre, plus claires en dessous, finement dentelées, à pétiole court, un peu tordu, glabres et réliculées-nervées, à saveur un peu âpre, sans odeur quand elles sont intactes et dégageant une odeur cyanhydrique quand on les déchire ou qu'on les broie fraîches. (P. 567).

27. Racine de Benoîte. — Rhizome du Geum urbanum L., Rosacée- Fragariée indigène, vivace; brun, de la grosseur au plus du petit doigt, portant des racines adventives, et, supérieurement, une couronne de bases de pétioles foliaires ; dur, à cassure fibreuse, à saveur légèrement astringente, à odeur le plus souvent faible de girofle. (P. 547).

28. Semences de Coings. — Graines duCi/doiiia vulgaris Pers. (Pyrus Cydonia L.), Rosacéc-Pyrée indigène. Pépins groupés en masses, d'un brun plus ou moins jaunâtre ou violacé; chaque semence ovale, aplatie.

UROGUIEJR J)K LA PACD1/TÉ. 819

longue d'environ. 2 cent., à tégument extérieur brun, glabre, inodore et d'une saveur faible d'amandes ainéres, segonllanteldevenanl mucilagineux au contact de la salive. (P. 550).

29. Gomme arabique. — Suc durci de certains Acacia, Légumineuses- Mimosées-Acaciées, principalement de l'A. arabica L. Ce suc est le résultat d'une transformation morbide des parois des pliytocystcsdcs parenchymes de la lige et des branches. Celle gomme se présente en petites boules d'un jaune très pale, faciles à égrener, se dissolvant facilement dans la salive.

30. Gomme du Sénégal. — Suc durci de l'Acacia Sénégal . \V. (A. Verelc Guill. et Pkrr.), de même origine que la précédente et se présentant en grosses boules très dures, d'un jaune brun ou rougeàtre. (P. 580).

31. Cachou de Pégu. — Suc desséché, extrait des Acacia Catechu et Suma, Légumineuses-Mimosées-Acaciées de l'Asie tropicale. Se présente en masses brunes et légères, à cassure conchoïdale, à saveur âpre, astringente et légèrement sucrée. (P. 583).

32. Cachou terreux. — Môme origine que le précédent. Se présente en pains cubiques, lisses et noirâtres, intérieurement d'un brun roux, friables et faciles â pulvériser. (P. 585).

33. Ecorce de Mouçenna (Besenna). — Écorce de l'Acacia anthelminthica H. Bn (Albizzia anthelminthica Ad. Br.), Légumineuse- MimoséerAcaciéc d'Abyssinie ; épaisse, grisâtre en dehors, à surface intérieure jaune, fibreuse, â cassure fibreuse, à saveur un peu àcre cl acidulé. (P. 585).

34. Bois de Campéche. — Cœur du bois de l'Ilœmatoxylon campechianumL., Légumineusc-Cœsalpiniée-Encapsalpiniée; en blocs lourds, homogènes, fibreux, d'un rouge veiné de brun et de violet, à odeur agréable de rose, à saveur légèrement astringente. (P. 591).

35. Casse en bâton. — Fruit cylindrique, lisse, cloisonné en travers, de la grosseur du doigt, du Cassia fistula L., Légumineuse-Caîsalpinice- Cassiée. Chaque compartiment de la gousse renferme une semence et, autour de celle-ci, la pulpe molle, brune, â saveur sucrée et acidulée qui est la partie utile. ( I'. 603).

36. Séné de la Palle. — Folioles du Cassia acutifolia, Légumincuse- Caîsalpiniée-Cassiée; de forme ovale-aiguë, asymétriques â la base, à saveur faible et un peu âcre, à odeur théiforme, un peu nauséeuse. (P. 605).

37. Séné d'Alep. — Folioles du Cassia obovata, Légumineuse-Cœsalpiniée-Cassiée ; obovalcs, insymétriques, â grosse extrémité supérieure plus ou moins pourvue d'un acumen court. Souvent mélangées d'autres espèces de Cassia de la section Senna. (P. 607).

38. Follicules de Séné. — Gousses aplaties, tardivement déhiscentes des Cassia acutifolia, angustifoiia et obovata, â paroi mince, parcheminée; plus ou moins arquées suivant les bords, arrondies aux extrémités.

avec saillies transversales brunes et quelques graines séparées les unes des autres par d'étroites fausses cloisons. (P. 605-607).

39. Tamarins. — Fruits du Tamarindus indica L., Légumineuse- Gœsalpiniée-Cassiée des tropiques; cylindriques, à coque sèche, cassante, recouvrant une pulpe du mésocarpe, noirâtre, sucrée, acidulée, parcourue de faisceaux fibreux cl entourant l'endocarpe qui renferme les graines, aplaties, subquadrangulaires, lisses. (P. 594).

40. Baume de Copaku. — Oléo-résine extraite du tronc des Copaifera, Légumineuses-Gaesalpinées-Cassiées, notamment des C. officinalis, Langsdorffii, pubifera,gui.anensis, Martii, etc. Liquide oléo-résineux, jaunâtre, à odeur spéciale. (P. 613).

41. Semences de Fenu-grec. —Graines du Trigonelta Fœnum grœcum, Légumineusc-Papilionacéc-Trifoliée ; trapézoïdes, comprimées, jaune-brun, avec une encoche marginale prolongée sur les deux faces en sillon oblique, avec embryon conforme, dépourvu d'albumen; avec une saveur de pois secs et une odeur assez agréable du Mélilot. (P. 652).

42. Gomme Adraganthe en plaques. — Rubans aplatis, larges de 2-4 centimètres, arqués et onduleux, d'une matière blanche, inodore, insipide, insoluble et se gonflant dans l'eau et la salive, résultant d'une transformation des parois desphylocystes du parenchyme des tiges incisées en long de divers Astragalus, Légumineuses-Papilionacées-Galégées, notamment des A. gummifer, verus, brachycalyx, adscendens, stromatodes, kurdicus, cylleneus, microcephalus, pycnocladus, etc. (P. 639).

43. Gomme Adraganthe vermiculée. — Môme substance que la précédente, sortie des liges par des orifices étroits et à peu près aussi longs que larges. (P. 639).

44. Racine de Réglisse. — Rhizomes et racines du Glycyrrhiza glabra, Légumineusc-Papilionacée-Galégée; formes de cylindres de la grosseur du doigt, flexibles, à surface brune ou grise, plissée en long, à intérieur jaune clair; d'une odeur légère, agréable, d'une saveur sucrée, un peu acre. (P. 646).

45. Fèves de Calabar. — Graines du Physostigma venenosum, Légumineuse-Papilionacée-Phaséolée del'Afrique tropicale. Semenccsen forme de haricot, longues de 2 1/2 à 3 centimètres, avec un long bile unilatéral, une surface noirâtre, glabre, un peu rougeàtre vers les bords, et un gros embryon intérieur, blanchâtre, à cotylédons plan-convexes; à odeur nulle cl â saveur peu prononcée ou nulle. (P. 620).

46. Baume du Pérou liquide. — Suc balsamique, extrait, à San Salvador cl dans les régions mexicaines voisines, de la tige du Toiitifera Halsamum var. Pcreirœ (Myroxylon Pereirœ Kl.), Légumineusc-Papilionacée-Sophorée. Substance liquide, épaisse, comme huileuse, brune, plus ou moins rougeâlrc, à odeur vanillée, balsamique, très agréable. (P. 666).

47. Baume du Pérou en coque. — Môme substance, renfermée dans des

DROGÙIER DE LA PACOLTÉ! 321 péricarpes peu volumineux de Cucurhilacées, de Calebasses OU de Lecythis. (P. 000).

18. liaume de Toln. — Substance analogue à la précédente, extraite, àTolu et dans les pays voisins, du Toluifcnt llnlsamum var. r/enuinum ; suc liquide ou visqueux, ou solide, à odeur liés forte el tics agréable de vanille et de benjoin. (P. 666).

49. Cannelle de Ceylan. — Ecorce du Cinnamomum zeylanicum, Lauracée-Ciniiamomée; formée de laines épaisses d'environ 1 millimètre, enroulées et introduites les unes dans les autres, d'un brun plus ou moins fauve, rougcâtre en dedans, avec veines plus pâles, ondulées ; à odeur aromatique et sucrée, cbaude el piquante. (P. 680).

50. Cannelle de Chine. — Ecorce du Cinnamomum Cassia, Lauracée- Cinnaniomée; formée de lames en gouttière, de 1,2 centimètres de large, légères, cassantes, coriaces, d'un brun terreux en dehors, plus rougeàtres, ternes et finement granuleuses en dedans ; à saveur plus faible et moins persistante, à odeur moins fine que celles de la C. de Ceylan. (P. 085).

51. Camphre. — C. ordinaire, dit de Chine ou du Japon : essence concrète, extraite par distillation du bois du Cinnamomum Camphora (Laurus Camphora L.), Lauracée-Cinnaniomée. Matière blanche, translucide, craquelée, volatile, à loucher onctueux, rayée par l'ongle, â saveur chaude, brûlante, amère, à odeur spéciale, très forte. Masses courbées en forme de coupe circulaire, perforée au sommet, ou divisées en morceaux inégaux. (P. 687).

52. Fève Pichurim. — Cotylédons plans-convexes, épais, durs, à odeur et saveur aromatiques, chaudes, piquantes, rappelant celles du girofle et de la muscade. Ils proviennent des graines de deux Lauracées du genre Nectandra : le N. Pichury major (Grande Fève Pichurim) et le N. Pichury minor (Petite Fève Pichurim), arbres américains de la série des Ocoléées. (P. G91).

53. Sassafras. — Bois des liges et des racines du Sassafras officinalis (Laurus Sassafras L.), Lauracée-Ocotéée ; d'une teinte jaunâtre pale, un peu rosée; sillonné de stries ténues, longitudinales; à odeur agréable, à saveur aromatique, puis un peu acre. (P. 692).

54. Baies de Laurier. — Fruits charnus, ovoïdes, d'un brun noirâtre, odorants, très sapides, du Laurus nobilis, arbuste cultivé; contenant une seule grosse graine à cotylédons épais, plans-convexes. Réservoirs nombreux d'un mélange d'essences, épais, vert, volatile, odorant. (P. 694).

55. Muscades. — Albumen, ruminé et contenant un petit embryon apical, du Myristica fragrans, Myrislicacée tropicale, arborescente, de l'ancien monde; à saveur aromatique, chaude et piquante. (P. 097).

56. Muscades en coque. — Même albumen, entouré des téguments de la graine, ovoïdes, bruns, lisses en dehors cl portant des sillons inégaux peu profonds (traces du Macis). (P. 099).

57. Macis. — Arille lacinié de la graine du Myrislica fragrans;

jaune orangé, presque corné, odorant, aromatique, très sapide. (p. 701).

58. Beurre de Muscades. — Substance grasse, savonneuse, compacte d'un jaune orangé plus ou moins brunâtre, extraite de la Muscade par expression. (P. 700).

59. Racine de Colombo. — Racine du Chasmanlhera palmala H. Bn Ménispermacée-Chasmanthérée de l'Afrique tropicale orientale; épaisse fusiforme, charnue, et généralement découpée en rondelles contractées par la des-siccation ; d'un jaune pàlc, blanchâtre ou un peu verdàtrc ; déprimées au centre, à zones concentriques inégales, de saveur amère et d'odeur un peu rancede noix. (P. 703).

60. Coques du Levant. — Fruits de l'Anamirta Cocculus W. et Aux. (Menispermum Cocculus L.), Ménispermacée-Chasmanthérée de l'Asie tropicale; formésde trois â sixdiupes globuleuses, un peu arquées, dures, brunes, à cicatrice pédonculaire assez rapprochée du sommet apiculé, à graine intérieure en forme de calotte, moulée sur une saillie interne et ventrale du péricarpe. (P. 709).

61. Racine de Podophylle. — Rhizomes du Podophyllum peltatum L. Berbéridacée-Podophyllée vivace de l'Amérique du Nord ; en forme de cordons cylindriques, un peu comprimés, épais de cinq â huit millimètres, d'un brun grisâtre ou un peu jaunâtre, avec renflements distincts d'où parlent des racines adventives ; de saveur légèrement amère, et d'odeur légèrement nauséeuse. (P. 717).

62. Opium de Smyrne. — Latex concrélé extrait des fruits verts du Papaver somniferum album, Papavéracée-Papavérée annuelle. Pains assez irréguliers, plus ou moins aplatis, longs de huit à dix centimètres, enveloppés souvent d'une feuille de la plante et souvent aussi de fruits de Patience; d'un brun foncé, à section marbrée, d'aspect cireux, d'odeur vircusc, peu agréable, tout à fait spéciale (de Pavot), de saveur amère, persistante. (P. 729).

63. Opium d'Égypte. — Latex du Papaver somniferum; concrélé el rassemblé en gâteaux orbiculaires, d'un centimètre de diamètre environ, d'un brun roux homogène, à surface lisse ; souvent enveloppés de petites feuilles ou portant leur empreinte. Saveur très amère et odeur légèrement vireusc. (P. 731).

64. Opium indigène. — Latex concrélé du Papaver somniferum nigrum ; en masses de forme variable, souvent en grains homogènes, d'un brun foncé, à surface lisse, sans grainsni bulles intérieures; souvent très riche en morphine. (P. 731).

65. Capsules de Pavot. — Fruits mûrs du Papaver somniferum album, arrondis ou déprimés, surmontés du style court et large, rayonnant; indéhiscents et renfermant un grand nombre de petites graines blanchâtres, réniformes, albuminées, mobiles dans le péricarpe. (P. 728).

66. Semences de Pavot blanc. — Graines du Papaver somniferum album; très petites, de couleur blanchâtre; réniformes, àsurface du légu

IHlOGUIIiK DE LA FACULTE. 323

mont extérieur réticulée, à albumen charnu, huileux, très abondant, à petit embryon arqué. (P. 728).

67. Semences de Pavot noir. — Graines de Papaver somniferum nigrum, très petites, rugueuses-réticulées, de couleur noirâtre ou violacée, à albumen abondant, huileux (donnant l'Huile d'Œilletle), et à petit embryon arqué. (P. 729).

68. Fletirs de Coquelicot. — Pétales du Papaver Bhœas L., Papavéracée-Papavérée indigène; obovales, entiers, d'un rouge éclatant, ternis par la dessiccation, souvent tachés de noirâtre vers l'onglet très court; à odeur faible spéciale et un peu vircuse d'Opium, à saveur faible et mucilagineuse. (P. 733).

69. Fumeterre. — Herbe entière du Fumaria officinalis L., Papavéracée-Fumariée indigène, annuelle, haute de 10-20 cent.; à feuilles d'un vert glauque, profondément pinnatilides, à lobes pinnatiûdes, à lobules découpés, les derniers en raquette; à petites fleurs rosées, irrégulières, éperonnées, en grappes; à petits fruits globuleux, drupacés; le sarcocarpe finalement desséché. (P. 739).

70. Graines de Moutarde noire. — Graines du Brassica (Melanosinapis) nigra (Sinapis nigra L.), Grucifère-Cheiranthée-Brassicinée indigène; globuleuses, un peu ovoïdes, longues d'environ 1 1/2 mill., à coque cassante, d'un brun foncé, devenant mucilagineuse en dehors par humectation et contenant un embryon charnu, sans albumen, à cotylédons condupliqués. La graine écrasée dans la bouche est piquante et provoque le larmoiement. (P. 753).

71. Graines de Moutarde blanche. — Graines du Brassica (Leucosinapis) alba (Sinapis alba L..) organisées comme celles du B. nigra, mais d'une grosseur double, à coloration d'un blanc jaunâtre, cireux, à couche superficielle mucilagineuse plus abondante. (P. 75i).

72. Styrax liquide. — Baume opaque, à consistance de miel, et plus tard épais et presque solide, extrait par ébullition des copeaux de l'écorce profonde du Liquidambar orientalis Mill. (L. imberbe Ait. — Platanus orientalis Poe), Saxifragacée-Liquidambarée ou Styracifluée de l'Asie Mineure; d'un gris jaunâtre ou verdàtre, à surface souvent brunâtre, à saveur un peu acre, à odeur suave, balsamique, persistante, rappelant celle du Baume de Tolu. (P. 770).

73. Poivre noir. — Fruits (baies) du Piper nigrum, Pipéracée-Pipérée des régions tropicales de l'ancien monde ; de la forme et de la grosseur d'un pois, sessiles, à surface noirâtre ou brune, irrégulièrement plissée, contenant une seule graine dressée, à double albumen et à très petit embryon; l'albumen extérieur farineux, blanc ; â odeur aromatique quand on les brise; â saveur poivrée, âcre et brûlante. (P. 776).

74. Poivre blanc. — Fruits du Piper nigrum ; dépouillés, après macération et frottement, de la portion extérieure du péricarpe, et devenus de la sorte d'un blanc terne ou jaunâtre. (P. 777).

75. Poivre long, — Fruits composés du Piper longum L. et du Piper officinarum DC, Pipéracées-Pipérées de l'Asie et de l'Océanie tropicales; en forme d'épi cyl in dro- conique, long de 4-5 cent., pédonculé, d'un brun un peu rougeàlre, masqué par une poussière d'un gris terreux. Chaque fruit est une baie, construite comme celle du P. nigrum, à faible odeur aromatique, à saveur brûlante. (P. 779).

76. Cubèbes. — Fruits (baies) du Piper Cubeba L., Pipéracée-Pipércc de l'Océanie tropicale ; sphériques, larges de 5-6 mill., noirâtres, plissés, ridés à la surface, contenant une graine dressée à double albumen, et supportés par un pédoncule de même longueur au moins que le fruit. Saveur âcre, aromatique, un peu amère, camphrée. Odeur aromatique spéciale. (P. 779).

77. Matico. — Feuilles du Piper angustifolium R. et Pav. (Artanthe elongata Miq.), Pipéracée-Pipérée de l'Amérique méridionale tropicale; ovales-oblongues, longues de 10-14 cent., à base arrondie, insymétrique, à bords finement crénelés, à face supérieure rugueuse, à face inférieure plus pâle, grisâtre, finement rugueuse, réticulée-nervée, gaufrée; le réseau des nervures saillant, formé d'aréoles polyédriques. Odeur aromatique; saveur chaude et camphrée. (P. 780).

78. Pariétaire. — Branches feuillées et florifères du Parietaria officinalis, Urlicacée-Pariétariée indigène; couvertes de poils blancs fins; les feuilles alternes, ovales-aiguës, longues de 4, 5 centimètres, à 6-8 nervures pennées; les poils crochus, et les cystolithes formant saillie sur le limbe désséché ; les Heurs polygames en glomérules axillaires contractés. (P. 787).

79. Fleurs de Mauve. — Fleurs du Malva sylvestris et plus rarement du M. rotundifolia. Malvacées-Malvées indigènes, herbacées. Ces fleurs ont un calicule de trois bractées libres, un calice-5-mère, valvaire, une corolle tordue, rose, veinée, dont les pièces sont unies à la base entre elles et avec le tube de l'androcée monadelphe. Ovaire petit, circulaire, déprimé, formant un verlicille de loges uniovulées qui deviennent autant d'achaines dans le fruit. Saveur mucilagineusc. (P. '795).

80. Feuilles de Mauve. — Celles ordinairement du Malva sylvestris; palmatilobées, incisées-cordées à labase, à long pétiole, à limbe 5-7-lobé, 5-7-nerve; les lobes plus ou moins arrondis et finement dentés; à saveur mucilagineusc et fade. (P. 796).

81. Fleurs de Guimauve. — Fleurs de YAlthœa officinalis, Malvacée- Malvée indigène; herbacée; présentant les caractères généraux et les dimensions de celles des Mauves, avec un calicule de 6-9 folioles lancéolées, unies dans un tiers environ de leur hauteur. Calice d'un vert pâle. Corolle d'un blanc terne ou un peu rosé. Odeur faible, assez agréable; saveur mucilagineusc (P. 798).

82. Racine de Guimauve. — Celle de la plante précédente; cylindroconique, avec des divisions à peu près cylindriques; blanche, un peu jaunâtre à la surface, rayée par l'ongle, à cassure courte, granuleuse au centre

DtROGTIlER I>K LA FACULTÉ- :{25 et fibreuse aux bords. Odeur faible et douce. Saveur douceâtre et abondamment mucilagineuse au contact de la salive. (P. 79'.).)

83. Cacao. — Graines du Theobroma Cacao, Malvacéc-Rueltnériée de l'Amérique tropicale; ovoïdes-aplaties, longues de 2-3 centimètres, à téguments fragiles, d'un brun rougeàlrc ; l'embryon contenu avec ou sans traces (l'albumen imiqucux, à cotylédons fortement repliés sur eux-mêmes et corrugués, à replis très anfractueux, de couleur brune, plus ou moins violacée ou noirâtre, à odeur faible, à saveur fraîche, puis légèrement âcre et amère. (P. 792).

84. Fleurs de Tilleul. — Celles des Tilia platyphylla et sylvestris, réunies en grappes de cymes dont l'axe principal porte plusieurs bractées; l'inférieure très développée, allongée et foliacée, adnée à l'axe jusque vers le milieu de sa longueur, enlevée dans les fleurs dites mondées. Androcée formé de nombreuses élamines en faisceaux. Gynécée central, libre, surmonté d'un style capité. Odeur douce et agréable. Saveur faible, un peu sucrée, mucilagineuse au contact prolongé de la salive. (P. 809).

85. Thé vert. — Feuilles desséchées, enroulées, du Thea chinensis, arbuste asiatique, cultivé, de la famille des Ternstrœmiacécs, série des Théées; ovales-oblongues, longues de 2-5 centimètres, finement dentées, à nervure principale saillante en dessous, à parenchyme traversé d'une face à l'autre par des phylocystes scléreux de soutènement, s'étendant plus ou moins d'un épidémie à l'autre, simples ou peu ramifiés. Odeur caractéristique, agréable. Saveur spéciale, un peu astringente. (P. 819).

86. Thé noir. — Mêmes feuilles, de couleur plus brune ou noirâtre; ce qui est dû à ce qu'elles n'ont été chauffées sur des plaques de tôle que longtemps après la récolte et après avoir légèrement fermenté. Leur infusion ne réduit pas les sels d'argent. (P. 821).

87. Ladanum. — Suc résineux concrété, récolté à la surface du Cistus creticus et du C. ladaniferus (Cistacées) ; d'un noir grisâtre, terne, rugueux, se ramollissant et devenant poisseux au contact prolongé de la main; à saveur faible, un peu âpre; à odeur balsamique, comparée à celle de l'Ambre gris et développée par la chaleur. (P. 835).

88. Fleurs de Violette. — Celles du Viola odorata, Violacée-Violée indigène, vivace; irrégulières, pourvues d'un éperon (au pétale antérieur), à élamines inégales (dont deux éperonnées), à ovaire uniloculaire et à placentas pariétaux. Odeur faible, moins agréable que celle de la corolle fraîche. Saveur faible, un peu mucilagineuse ou un peu amère. (P. 839;.

89. Pensée sauvage. — Fleurs du Viola tricolor arvensis, Yiolacée- Violée indigène, annuelle; d'un blanc jaunâtre terne; inodores, ayant d'ailleurs à peu près les caractères de celles de la plante précédente. (P. 840).

90. Rue. — Sommités fleuries du Ruta gravcolens, Rulacée-Rutée indigène, â feuilles alternes, pennées, décomposées, d'un vert glauque, parsemées de ponctuations pcllucides-glanduleuses, cl à fleurs en cymes, 4-5-mères, jaunes, dialypétales, diplostémonées; les ovaires en partie

libres. Toutes les parties de la piaule onl une odeur forte, spéciale s'atlénuant avec le temps, et une saveur un peu amère. (P. 848).

91. Dictamne blanc. — Portion souterraine ou écorce de la portion souterraine du Dictamnus Fraxinella var. alba, Rulacée-Rulée indigène à corolle irrégulière; en Fragments droits, arqués ou tordus, cylindriques ou à peu près, avec bourrelets cicatriciels transversaux; l'écorce jaunâtre, roulée en tubes, blanche en dedans, à odeur agréable, aromatique, à saveur très amère, se développant lentement, mais très persistante. (P.849).

92. Feuilles de Jaborandi. — Feuilles composées-pennées du Pilocarpus pennatifolius Leu. et du P.Selloanus Engl., Rutacées-Zanlhoxylées de l'Amérique du Sud extra-tropicale ; alternes, composées-imparipinnées, à 7-11 folioles à peu près opposées, ovales-oblongues, acuminées ou émarginées, entières, coriaces, cassantes, glabres en dessus, plus ou moins piquetées en dessous, parsemées de ponctuations pellucides, glanduleuses (réservoirs d'huile essentielle), à saveur faible, un peu âpre et nauséeuse, à odeur aromatique. (P. 857).

93. Ecorces d'Oranges amères. — .Quartiers des couches extérieures (mésocarpe et épicarpe) du fruit de l'Oranger amer (Citrus Bigaradia); à surface extérieure d'un vert sale foncé, terne et rugueuse, à surface intérieure d'un blanc jaunâtre, lisse; l'ensemble épais, coriace, à odeur aromatique spéciale, â saveur amère, brûlante et persistante. (P. 864).

94'. Feuilles d'Oranger. — Feuilles du Citrus Bigaradia; corn poséesunifoliolées, ovales-aiguës, acuminées, longues de 4-8 centimètres, à pétiole dilaté en ailes latérales, obovale, séparé du limbe par une articulation transversale ; minces, coriaces, d'un vert pâle, partout ponctuées de réservoirs jaunâtres, translucides, d'huile essentielle, à odeur aromatique laible, à saveur légèrement aromatique et piquanle-amère. (P. 864).

95. Bois de Gaïac. — Cœur du bois, en bûches ou copeaux, du Guaiacum officinale, Rutacée-Zygophyllée de l'Amérique centrale, avec parfois l'aubier, plus mou, d'un jaune terne. Le cœur est d'un brun foncé, très dur et très lourd, verdissant un peu au contact de l'air, pourvu de zones concentriques et de fins rayons médullaires qui les coupent; à odeur aromatique très faible et à saveur légèrement âcre. (P. 882).

96. Quassia amara. — Rois, entier ou en copeaux, du Quassia amara, Rulacée-Quassiée de la Guiane, en bûches droites, ayant généralement au plus un décimètre de largeur, avec ou sans écorce d'un gris jaunâtre; le bois lui-même léger, d'un blanc terne, un peu jaune, parsemé de nombreuses lignes déliées, transversales, qui le rendent comme moiré ; à odeur faible, non désagréable; à saveur extrêmement amère. (P. 870).

97. Quassia de la Jamaïque. — Rois, entier ou en copeaux, du Picrœna excelsa, Rutacée-Quassiée des Antilles ; les bûches beaucoup plus grosses que celles du précédent, le cœur plus léger, le moiré moins régulier, la teinte plus blanche, avec taches d'un jaune clair; la saveur amère plus intense. (P. 876).

08. Ecorce de Simarouba. — Ecorce de la racine du Simaruba amara Aubl. (S. officinalis DC>, Ruiacée-Quassiée de l'Amérique tropicale ; peu épaisse (-2-5 millimètres), enroulée en gouttière, très fibreuse et se rompant très difficilement en travers; d'un gris terne et sale en dehors, d'un brun p;\le et lisse en dedans, sans odeur et à saveur bien amère. (P. 873).

99. Ecorce d'Angusture. — Ecorce du Galipea febrifuga H. Bm (G. Cusparia A. S.-II. — Cusparia febrifuga Humd.), Rutacée-Cuspariée de la région d'Angoslura au Venezuela ; en rouleaux larges de 5-40 centimètres, d'un jaune gris, brunâtre ou verdàtre, pulvérulent et spongieux en dehors, d'un brun terne et lisse en dedans, avec paillettes brillantes d'oxalale de chaux à la surface; à cassure courte, à peine fibreuse; à odeur légèrement aromatique, à saveur amère ne se produisant que lentement. (P. 850).

100. Noix de Cédron. — Cotylédons de l'embryon du Quassia Cedron H. Bn (Simaba Cedron J.-E. Pl.), Rutacée-Quassiée de l'Amérique équinoxiale; plans-convexes, allongés, un peu arqués, durs, lourds, d'un blanc terne, un peu jaunâtre; à saveur très amère, un peu nauséeuse, à faible odeur de Quassia et a odeur plus forte de Cacao au moment où l'on râpe le cotylédon. (P. 872).

101. Graines de Lin. — Semences du Linum usitatissimum , Linacée- Linée herbacée, cultivée dans presque toute l'Europe; ovales-acuminées, très comprimées, longues d'environ 1/2 centimètre, brunes, à surface lisse, luisante, avec un albumen peu épais et un embryon charnu, huileux; l'un et l'autre, à saveur oléagineuse; le tégument séminal externe devenant, au contact de la salive, plus épais, plus mou, mucilagineux, glissant. (P. 897).

102. Coca du Pérou. — Feuilles de VErythroxylon Coca, Linacée- Erylhroxylée frutescente de l'Amérique tropicale; ellipsoïdes, atténuées aux deux extrémités, minces, membraneuses, un peu flexibles, fragiles, longues de 4-8 centimètres, glabres, nervées-veinées; à face inférieure d'un brun clair, lisse avec une côte assez proéminente, et, de chaque côté d'elle, pourvue d'une aire limitée par une ligne courbe, à peu près parallèle aux bords (et due à une impression des bords pendant la vernation); à odeur faiblement aromatique, à saveur légèrement acre et «engourdissante ». (P. 900).

103. Polygala de Virginie. — Portion souterraine (rhizome et racines) du Polygala Senega, Polygalacée-Polygalée de l'Amérique du Nord; à tronc noueux, tordu, sinueux, de la grosseur d'une plume d'oie, surmonté d'une tète rugueuse, gemmifère et chargée de cicatrices pressées; toute la surface ridée et plisséc, d'un jaune grisâtre terne; à odeur faible, pins ou moins rance et nauséeuse, à saveur âcre et nauséeuse. (P. 906).

104. Racine de Ratanhia. — Racine du Krameria triandra, Polygalacéc-Kramériée du Pérou ; cylindrinque, épaisse de 2-6 centimètres, avec ramifications nombreuses, grêles, très longues, un peu sinueuses, d'un

328 DBGGUIER DE LA FAGULTÊ,

brun rougeâtre, et d'un rouge brique là ou manque la couche superficielle ; à bois compact, d'un jaune orangé plus ou moins rougeâtre; la cassure grossièrement fibreuse; l'odeur spéciale assez agréable; la saveur astringente et un peu amère. (P. 909).

105. Résine d'Euphorbe. — Gomme-résioe extraite des tiges de l'Euphorbia resinifera Behc, Eupborbiacée-Eupborbiée cacliforme du Maroc; formée de larmes jaunâtres et ternes, mamelonnées, un peu translucides, souvent creuses, et traversées d'une épine, d'un fragment de fleur ou de pédoncule du fruit; à odeur faible, à saveur peu accentuée, puis amère et extrêmement âcre, brûlante, prenant à la gorge. (P. 919).

106. Fruits et graines d'Epurge. — Fruits tricoques, déhiscents, et graines ovoïdes de YEuphorbia Lathyris, Euphorbiacée-Euphorbiée indigène, herbacée. Les semences sont un peu comprimées, longues d'un peu plus d'un 1/2 centimètre, à surface jaunâtre, finement rugueuse, avec un arille micropylaire apical (caroncule) charnu, blanc, brunissant par la dessiccation; les téguments cassants; l'albumen abondant, huileux; l'embryon à cotylédons elliptiques, minces; toutes ces parties âcres et irritantes. (P. 921).

107. draines de Ricin. — Semences du Ricinus commuais, Euphorbiacée-Ricinée cultivée en Europe ; ovoïdes, longues de 8-16 millimètres, un peu comprimées, lisses, brillantes, d'un gris plus ou moins rougeâtre, chinées d'une façon variable de brun noirâtre, surmontées d'un arille micropylaire subglobuleux, lisse, charnu, blanc. Albumen huileux abondant. Embryon â cotylédons elliptiques, nervés, de la largeur de l'albumen. Odeur et saveur douceâtres, un peu vircuses, puis ânes. (P. 923).

108. Tapioka. — Fécule de Manioc, extraite des racines des Manihot utilissima et dulcis H. Bn, Euphorbiacécs-Jalrophées d'origine américaine, cultivées dans toutes les régions tropicales. Grains grumeleux, très irréguliers, mamelonnés, d'un blanc un peu grisâtre et terne, à odeur nulle, â saveur un peu laiteuse. Le Tapioka proprement dit est plus anguleux, à facettes presque cristallines et brillantes. Ces fécules se gonflent el se ramollissent au contact de la salive. (P. 930).

109. Pignons d'Inde. — Graines de Jatropha Curcash.(Curcas purgans Med.), Euphorbiacée-Jatrophée gamopétale des -régions tropicales des deux mondes. Semences ovoïdes, un peu comprimées, longues d'environ 1 centimètre 1/2, noirâtres, un peu rugueuses, comme craquelées â la surface. Arille micropylaire charnu, blanc. Albumen abondant el embryon à cotylédons foliacés, huileux. Saveur finalement très âcre. (P. 928).

110. Croton Tiglium. — Graines (Petits Pignons d'Inde) du Croton Tiglium, Euphorbiacée-Crotonée asiatique, cultivée dans beaucoup de pays tropicaux. Semences ovoïdes, à 2-4 côtes longitudinales très mousses; longues d'environ 1 centimètre, d'un brun jaunâtre foncé, souvent revêtues encore d'une couche jaune plus pâle. Arille micropylaire

blanc. Albumen huileux abondant. Embryon à cotylédons foliacés. Saveur finalement très àcre, brûlante et corrpsive. (P. 940).

111. GascatHlle. — Éçorce du Proton Eluleria Bkn.w, Euphorbiacée- Crotonée des îles Bahama; roulée en tubes fins (i/~2 centimètre à 1 centimètre), à surface grisâtre, souvent tachée de Lichens, fendillée en travers, brune, terne et lisse ou striée en dedans; à cassure nette, résineuse ; à odeur légèrement aromatique de girolle, plus prononcée quand on brûle l'écorce; à saveur légèrement àcreetamère. (P. 043).

112. Mercuriale. — Tiges feuillées et souvent fleuries du Mercurialis annua, Euphorbiacée-.Iatrophée indigène, à feuilles opposées, d'un vert foncé, noircissant ou bleuissant plus ou moins par la dessication, ovalesaigues, crénelées, penninerves. Fleurs axillaires, très petites, dioïques, à périanthe simple, 3-mère; les mâles oc-andres; les femelles à gynécée ordinairement 2-carpellé. Fruit dioïque, didyme, à deux petites graines ovoïdes et jaunâtres. Odeur nauséeuse, surtout à l'état frais. Saveur légèrement nauséeuse et âpre. (P. 93G).

413. Encens. — Gomme-résine principalement du Boswellia Carteri, Térébinlhacée-Bursérée des bords de la mer Rouge; en larmes d'un jaune pâle et terne, ou en marrons irréguliers, d'un brun noirâtre, se ramollissant dans la main; à surface souvent enduite d'une poussière grisâtre, à cassure nette, un peu rugueuse. Poudre blanchâtre; saveur àcre et un peu amère; odeur térébenthinée agréable. (P. 954).

114. Myrrhe. — Substance d'aspect résineux, provenant du suc concrélé du Balsamea Opobalsamum H. Bn (Balsamodendron Myrrha Nées) petit arbre de l'Afrique tropicale orientale, de la famille des Térébinthacées, série des Bursérées; en masses irrégulières, inégales, mamelonnées, d'un brun rougeàtre ou orangé; recouvertes d' une poussière jaunâtre, et translucides, fragiles, à cassure irrégulière, s'écrasant sous la dent et s'émulsionnanl dans la salive ; à odeur aromatique agréable et à saveur légèrement amère. (P. 953).

115. Bdellium. — Gomme-résine extraite du Balsamea africana H. Bn (Balsamodendron africanum Arn.), arbuste rameux de l'Afrique tropicale, du groupe des Térébinthacées-Bursérécs. Larmes grasses, sphériques ouovoïdes, â surface couverte d'un enduit jaunâtre, opaque et terne; la masse sous-jacente transparente, rougeàtre, se ramollissant dans la main, s'écrasant sous les dents, leur adhérant et formant avec la salive une émulsion laiteuse. Odeur térébenthinée faible. Saveur légèrement amère et aromatique. (P. 954).

116. Mastic. — Suc du Pistacia Lentiscus, Ïérébinlhacée-Anacardiée de la région méditerranéenne; exsudé du tronc et durci. Larmes régulièrement claviformes, arrondies au sommet, de couleur jaune pâle, transparentes, recouvertes d'une pulvérulence grisâtre, fragiles, s'écrasant sous la dent, très solublcs dans l'alcool, formant avec la salive une pâle laiteuse, non adhérente aux dents. (P. 964).

830 DROGUIER DE I.A FACULTÉ.

117. Elémi (de Manille). — Suc épaissi, pinson moins mou, dnCaruga floribunda (Icica Abilo Blanc), Térébinthacée-Bursérée de l'archipel ■Indien; résineux, granuleux, semblable à du vieux miel, d'une odeur térébenthinée cl citronée agréable, rappelant celle du Fenouil et de la Muscade; incolore s'il est frais et pur, durcissant et jaunissant au contact de l'air. (I>. 952).

118. Tacamaque. — La T . jaune huileuse est attribuée avec doute au Burseraguianensis H. Bn (Icica guianensis àubl.), Térébinthacée-Bursérée arborescente. Elle est formée de bâtons ou de boules à surface lisse, à facettes, chargée d'une efllorescence blanchâtre, avec cassure intérieure nette, ambrée, limpide, à éclat résineux. Odeur térébenlhinée, rappelant celle de la Colophane; saveur un peu amère, puis nulle. (P. 951).

d 19. Baume de la Mecque. — Oléo-résine attribuée avec doute, au Balsamea Opobalsamum H. Bn. Térébinthacée-Bursérée. Matière fluide trouble, d'un blanc jaunâtre, très aromatique. (P. 954).

129. Térébenthine de Chio. — Suc oléo-résineux du Pistacia Terebinthus, Térébinthacée-Anarcardiée de la région méditerranéenne; plus ou moins fluide, trouble ou teinté en jaune verdàlre, parfois en masses molles, aplaties, rarement sèches; faiblement translucide, à odeur térébinthinée, à saveur légèrement amère. S'aplatit entre les dents et se réduit en pâle sans se briser d'abord. (P. 964).

121. Noix d'Acajou. — Fruits de V Anacardium occidentale, Térébinthacée-Anacardiée des tropiques; sec, en forme de haricot, long de 3 à 5 centimètres, à surface à peu près lisse, grisâtre, avec cicatrice basilaire du pédoncule. Mésocarpe rempli de cavités à huile rougeâtre, très acre. Graine conforme au fruit, sans albumen, â embryon épais, avec deux cotylédons plans-convexes, d'un blanc jaunâtre. (P. 958).

122. Guarana. — Pâte préparée avec les graines pilées du Paullinia sorbilis Mart., Sapindacée grimpante du Brésil; façonnée en boules, pains ou en imitation de divers animaux; d'un brun rougeâtre, terne, pesante, dure, à saveur légèrement astringente, sans odeur. (P. 967).

123. Baies de Nerprun. — Fruits (drupes) du Bhamnus catharticus, Rhamnacée-Rhamnée indigène; globuleux, de la grosseur d'un pois, d'un noir verdàlre ou bleuâtre à la surface, avec un petit acumen stylaire et une cupule réceptaculaire â la base. Pulpe â odeur faible, à saveur douce, puis nauséeuse, avec 2-3 noyaux monospermes à l'intérieur. (P. 977).

124. Jujubes. — Fruits (drupes) du Zizyphus vulgaris, Rhamnacée- Rhamnée de la région méditerranéenne; ovoïdes, d'un rouge brun, lisses, puis ridés par la dessiccation. Base excavéeet sommet apiculé. Chair jaunerougeâtre, douce, mucilagincuse. Noyau très épais et très dur, généralemement monosperme. (P. 978).

125. Écorce de Garou. — Écorce de Daphne Gnidium, Thyméléacéeïhymélée du midi de l'Europe ; en lanières flexibles, repliées sur ellesmêmes; la surface intérieure se trouvant en dehors. Suber d'un brun

DHOC.UIKR DE LA FACULTÉ. 331

chocolat, lisse, portant de nombreuses cicatrices. Couche moyenne très fibreuse, d'un jaune pale. Surface interne jaune foncé, lisse. Odeur de savon commun. Saveur àcre et brûlante, persistante. (P. 083).

120. Laque en écailles {Gomme-laque). — Matière résineuse, produite à la surface d'un grand nombre d'arbres divers (Légumineuses, Euphorbiacées, Artocarpées, Rhamnacées) par le Coccus Lacca Kkiir, insecte hémiplère-coccidé. Lames minces, d'un jaune rougcâlro ou brun, lisses, parfois piquetées de trous fins, de bulles d'air; fragiles, se pulvérisant sous la dent, sans se ramollir, sans saveur ni odeur. (P. 998).

127. Laque en bâtons. — Même substance, formant un manchon autour d'un rameau de Ficus sur lequel elle a été produite. La surlace est mamelonnée, et l'épaisseur renferme un certain nombre de cadavres des Coccus producteurs. (P. 998).

128. Cônes de Houblon. — Fruits composés de VHumulus Lupulus, Ulmacée-Cannabinée, indigène et cultivée chez nous; ovoïdes, longs de 2 à 3 centimètres, avec bractées imbriquées, foliacées, portent des masses jaunes punctilbrmes de Lupulin, glandes particulières. Odeur forte, spéciale; saveur amère. (P. 1001).

129. Lupulin. — Glandes des cônes du Houblon {Humulus Lupulus), formant une poussière jaune, amère, aromatique, dont les grains sont autant de glandes, en forme de cupule constituée par les phystocyslcs sécréteurs, et dont la cuticule supérieure a été relevée par le liquide excrété, accumulé au-dessous d'elle. (P. 1003).

130. Haschich. — Inflorescences femelles et feuilles du Cannabis saliva, var. indica, Ulmacée-Cannabinée, cultivée dans l'Asie tropicale. Feuilles palmalilobées, à 3-5 lobes ; rudes, poilues. Fleurs unisexuées, en cymes contractées; apétales, à un seul ovaire surmonté de deux branches sfylaires et uniovulé. Le fruit est le Chènevis. Odeur spéciale nauséeuse; saveur légèrement aromatique. (P. 998).

131. Glands de Chêne. — Fruits (achaines) du Quercus Robur, Castanéacée-Quercinéc indigène, arborescente; ovoïdes, lisses, d'un brun pâle, accompagnés ou non de leur cupule hémisphérique. Graine unique, à gros embryon non albuminé; les cotylédons charnus, plans-convexes; la radicule courte et supère. (P. 1005).

132. Ecorce de Chêne. — Ecorce du Quercus Robur, en lames épaisses de 2-5 millimètres, plates ou en gouttières ou en tubes enroulés; lisse et luisante, grise en dehors, avec lenticelles transversales; d'un brun jaunâtre en dedans, à cassure nette et fibreuse, blanchâtre, à odeur de tan, à saveur astringente, parfois un peu sucrée. (P. 1006).

133. Noix de galle noire. — Bourgeons du Quercus lusitanien, var. infecloria, Castanéacée-Quercinéc de la région méditerranéenne; hypertrophiés par suite de la piqûre et du dépôt de l'œuf du Diplolepis Gallœ tinctoriœ, insecte hyménoptère. Corps globuleux, souvent atténués brièvement à la base, d'un gris olivâtre plus ou moins foncé, avec saillie obtuse

des bractées déformées. Le parenchyme central, amylacé, renferme l'oeuf ou l'animal en état de développement, ne communiquant point avec l'extérieur. (P. 1009).

434. Noix de galle blanche. — Môme production que la précédente, mais perforée pour la sortie de l'insecte producteur. Plus riche relativement en tannin que la Galle noire. (P. 1010).

135. Clous de Girofle. — Boutons de VEugenia aromatica II. Bn (Caryophyllus aromaticus L.), Myrlacée-Myrlée des régions tropicales asiatiques, océaniennes et africaines. Pédicelle épais, un peu aplati, supportant en haut le calice à qualre sépales libres, courts, épais cl rigides, plus intérieurement les pétales qui se recouvrent, et un nombre indéfini d'étamines. Le haut du pédicelle est creusé de la cavité ovarienne. Odeur très aromatique, spéciale; saveur chaude, piquante, spéciale. (P. 1015).

136. Feuilles d'Eucalyptus. — Feuilles de Y Eucalyptus Globulus, Myrtacéc-Leplospermée arborescente d'Australie ; dimorphes, ou régulières, ou, sur d'autres branches, insymétriques, plus oumoins falciformes ; coriaces, entières, d'un vert pâle, cassantes, parsemées de réservoirs pellucides d'essence et recouvertes d'un enduit blanchâtre ou un peu bleuâtre, pruineux. Odeur aromatique très forte, se développant beaucoup quand on froisse ou brise les feuilles. Saveur chaude et camphrée. (P. 1019).

137. Piment de la Jamaïque (Toute-êpice). — Fruits (baies) desséches du Pimenta officinalis (Myrtus PimentaL.),N}Tla.céc-U)rlée de l'Amérique tropicale; globuleux, larges de 5-8 millimètres, couronnés d'une cicatrice ou des restes du calice et du style, â 2 loges ordinairement monospermes; d'un brun terne; un peu bosselé, à odeur aromatique faible, à saveur chaude et piquante, analogue à celle du girofle. (P. 1012).

138. Ecorce de racine de Grenadier — Écorce de la racine du Punica Granalum, Myrlacée-Punicée d'Orient et de la région méditerranéenne; en plaques ou tubes enroulés, à surface extérieure plus ou moins rugueuse; le suber épais et brunâtre, souvent corrodé; la surface intérieure d'un jaune fauve, finement strié. Cassure courte et granuleuse. Odeur presque nulle. Saveur astringente. La salive et le papier mouillé sont colorés en jaune par celte écorce que le sulfate de fer colore en bleu violacé. (P. 1023).

139. Millepertuis. — Sommités fieuries de VHypericumperforatumL., Hypéricacée indigène, vivace, à feuilles opposées, ovales-lancéolées, ponctuées de réservoirs pellucides d'huile essentielle; à fleurs jaunes, penlamères, polypétalcs, polyandres; l'ovaire supère, à 3 placentas pariétaux. (P. 1027).

140. Feuilles de Saponaire. — Feuilles du Saponaria officinalis, Caryophyllacée-Lychnidée vivace, indigène; ovales-lancéolées, atténuées aux deux extrémités, longues de 5-8 centimètres, entières, glabres, â 3 grandes nervures longitudinales. Les feuilles sont opposées sur des branches glabres, noueuses et marquées de 4-6 côtes longitudinales, d'un

DROf.UlEH DE LA VÂBUUM. 388

jaune bru» ou un peu rougeâtre; le lout d'une odeur faible, «l'une saveur un peu aniérc, et développant au contact de la salive un peu de mucilage visqueux. (P. 1175).

141. Racine de Saponaire — Racines et branches souterraines de la plante précédente, en cylindres longs en général d'un décimètre au plus et de la grosseur au plus du petit doigt ; brunes, tuberculeuses ou lisses, ridées longitudinalemenl, à cassure courte, avec un parenchyme cortical blanchâtre1, séparé du bois par une zone brune. Saveur mucilagineusc, puis nauséeuse, acre. (P. 1176).

142. Racine de Saponaire d'Egypte. — Racine attribuée avec doute au Gypsopliila Strulhium, Caryophyllacée-Lychnidée d'Orient; longue d'un demi-mètre et plus, blanchâtre, avec la surface d'un gris jaunâtre, riclie en saponine et formant avec l'eau bouillante des infusions âcres qui, comme celles de la Saponaire officinale, font fortement mousser le liquide. (P.117G).

143. Fruits et feuilles de Ciguë. — Diacbaines et feuilles du Conium maculâtum (Grande-Ciguë), Ombellifère-Carée indigène, bisannuelle. Les fruits sont ovoïdes, courts, comprimés perpendiculairement à la cloison, avec 2 méricarpes obtusémenl 5-gonaux; les côtes primaires obtuses ou filiformes, à bandelettes nombreuses, très minces, irrégulières ou nulles; le carpophore simple ou un peu bifide; le slylopode formé de 2 masses presque entières et comprimées de haut en bas. Les feuilles alternes, glabres, ont un limbe décomposé-imparipenné, à 5-11 divisions; leurs segmcnlsnombreux ovales-oblongs, aigus, inégalementincisés-dentés. Ces feuilles peuvent être fixées à un fragment d'axe, vert et portant des taches vineuses inégales. Odeur forte, vireusc, accentuée quand on chauffe avec un alcali. Saveur souvent faible, nauséeuse. (P. 1058).

144; Racine à"Ache. — Sous ce nom, on vend généralement, non la racine de YApium graveolens (Ache des marais), mais celle de la Livèche ou Ache de montagne (Angelica Levisticum All. — Ligusticum Levisticum L.), Ombellifère-Pcucédanée-Angélicée indigène, vivace; racine épaisse, noirâtre en dehors, blanche en dedans, d'une odeur aromatique pénétrante et d'une saveur âerc, un peu sucrée; de la grosseur du pouce quand elle est desséchée,, ridée en long et en travers, souvent pourvue en haut de quelques renflements superposés. (P. 1049).

I 15. Racine de Persil. — Racine du Carum Petroselinum H. Bn (Petroselinum sativum HûFFM.), Ombellifère-Carée de l'Europe méridionale, cultivée; subcylindrique, de la grosseur du petit doigt ou moins, droite ou arquée, renflée au sommet, grise, â plis longitudinaux droits ou obliques; l'écorce épaisse; le centre jaune, non ligneux; â odeur aromatique assez agréable, chaude; â saveur légèrement àcre. (P. 1053).

146. Fruits de Carvi. — Fruits (diacbaines) du Carum Carvi, Ombellifère-Carée herbacée, cultivée; longs d'un 1/2 centimètre, ovoïdesoblongs, assez fortement comprimés perpendiculairement â lacommissure,

légère ni rétrécis au niveau de celle-ci; les méricarpes à section transversale à peu près circulaire, avec 5 côtes primaires mousses, pâles; une seule bandelette dans chaque valléciilc.Columellc ténue et 2-parlite. Saveur chaude. Odeur très aromatique. (P. 1050).

147. Anis vert. - - Fruits (diachaines) du Canun Anisum H. Bu (Pimpinella Anisum L.), Ombeiiifère-Carée annuelle, cultivée; ovoïdes, couronnés des styles réfléchis, resserrés latéralement; les méricarpes â 5 côtes filiformes, subégales, avec plusieurs bandelettes dans les vallécules. Couleur d'un gris verdàtre; duvet lomenteux ; saveur spéciale, anisée, agréable; odeur aromatique. (P. 1053).

^ 148. Fruits de Fenouil. — Diachaines du Fœniculum capillaceum Gil. (F. vulgare G.ertn.), Ombellifère-Peucédanée vivace, indigène; elliptiques, légèrement arqués, longs de 10-15 millimètres, à pédicelle souvent un peu incliné; cylindroïdes, cannelés, à 8 côtes dont 2 doubles, carénés ausommel et élargis à la base. Couleur d'un vert pâle et blanchâtre ; odeur aromatique; saveur agréable et finalement un peu acre. (P. 1049).

149. Racine de Fenouil. — Racine de la plante précédente; ordinairement divisée en cylindres de 4-5 centimètres de long, à écorce mince, d'un gris terne, avec enduit pulvérulent et des stries sinueuses. Surface interne de l'écorce d'un brun clair. Moelle blanche, nacrée et compacte. Saveur et odeur aromatiques, faibles. (P. 1050).

150. Fruits de Phellandrie. — Diachaines de ÏŒnanthe Phellandrium, Ombellifère-Peucédanée indigène; ovoïdes, oblongs, atténués au sommet, longs de 3-4 millimètres, avec côtes obluscs. épaisses, blanchâtres intérieurement. Graine à section souvent noirâtre sur le sec. Saveur faible, un peu nauséeuse; odeur légèrement vineuse. (P. 1062).

151. Fruits d'Angélique. — Diachaines de YAngelica Archangelicah. (Archangelica officinalis Hofkm.), Ombellifère-Peucédanée bisannuelle, cultivée. Méricarpes séparés, elliptiques-ovales, plans-convexes, longs de 5-10 millimètres, d'un jaune pâle, à cinq côtes primaires; les bandelettes des vallécules nombreuses et très minces. Saveur aromatique, agréable, nn peu âcre; odeur légèrement aromatique. (P. 1048).

152. Racine d'Angélique. — Portion souterraine de la plante précédente, avec souvent la base de la lige épaisse et, au-dessous d'elle, le pivot conique, rapidement atténué, de la racine, brun, plissé, ridé, avec stries annulaires, portant de longues racines secondaires, de la grosseur d'une plume, cylindriques et souvent comme tordues les unes sur les autres. Odeur musquée, analogue à celle des fruits. Saveur aromatique, chaude, piquante, puis âcre et pénible. (P. 1048).

153. Asa fœtida. — Gomme-résine du Peucedanum Asa-fœtida H. Bn (Ferula Asa fœtida L.), Ombellifère-Peucédanée de la Perse, et de quelques autres Peucedanum voisins, en larmes brunes el plus souvent en masses dures el ternes, d'un jaune plus ou moins brun ou noirâtre, avec taches amygdaloïdes, opalines, blanchâtres, visibles surtout sur la

coupe. Odeur alliacée, repoussante. Saveur acre et désagréable. (P. 1038).

154. Gomme-Ammoniaque. — Gomme-résine des l'eucedanum Ammoniacum et Aucheri II. Un (sect. Dorema), Ombellifères-Peucédanées de la Perse et des pays voisins ; en larmes isolées, opaques, blanches ou brunes, ou en masses irrégulicres. jaunâtres, ternes ou presque cristallines, avec les larmes empotées dans la gangue. Odeur caractéristique faible; saveur àcre et finalement brûlante. (P. 1042).

155. Opoponax. — Substance gomnio-résineuse, due à un Peucedanum (?), ou au Lierre (?) dont elle a l'odeur ; en masses légères, friables, d'un brun terreux, nuancées de jaune pale, à cassure granuleuse, à odeur forte d'Acbe, à saveur àcre. (P. 1044).

150. Fruits d'Anetk. — Diachaines du Peucedanum Anethum H. B.\ {Anelhum graveolens L.), Ombcllifèrc-Peucédanée annuelle, cultivée; unis en un fruit largement ovoïde, long de 4-7 millimètres, couronné des stylopodes, à méricarpes fortement comprimés sur le dos, avec trois côtes primaires saillantes; les latérales dilatées en aile mince. Bandelettes larges et solitaires. Odeur forte, aromatique, musquée; saveur de menthe et d'anis. (P. 1045).

157. Fruits de Coriandre. — Diachaines du Coriandrum sativum L., Ombellifère-Carée annuelle, cultivée; à peu près globuleux, longs de 4-5 millimètres, d'un jaune brun, formés de deux méricarpes concaves en dedans, dé même que les graines à contour orbiculaire; à cinq côtes primaires flexueuses, peu saillanles, et quatre côtes secondaires bien plus proéminentes, droites. Saveur aromatique peu agréable. Odeur infecte de punaise, se modifiant un peu dans le fruit sec. (P. 1066).

158. Fruits de Cumin. — Diachaines du Curninum Cyminum, Omlnllifère-Daucée annuelle, cultivée. Méricarpes unis en un fruit oblong, atténué aux deux extrémités, comprimé latéralement; subarrondis, un peu comprimés sur le dos et rétrécis vers la commissure, à cinq côtes primaires égales, peu saillantes, et cinq côtes secondaires plus proéminentes, hérissées de papilles plus prononcées. Odeur et saveur spéciales, très fortes, aromatiques. (P. 1065).

159. Racine de Thapsia. — Ecorce de la racine du Thapsia garganica L., Ombellifère-Daucée de la région méditerranéenne; en rouleaux gros comme le doigt ou davantage, souvent surmontés du collet garni de plusieurs séries de longs poils gris jaunâtre; épaisse, d'un gris jaunâtre pâle et terne, avec lignes circulaires, à cassure compacte, granuleuse, blanchâtre et comme farineuse, à odeur nulle et à saveur légèrement àcre. Le contact prolongé irrite la peau et les muqueuses. (P. 1063).

160. Sagapenum. — Suc gommo-résineux d'origine inconnue, attribué à une Ombellifère (Ferula persica ?); en fragments irréguliero, d'un brun rougcàlre, translucides, lisses, pâteux, à odeur assez analogue à celle de l'Asa fœtida. (P. 1044).

[61. Gaîbanum. — Gomme-résine extraite du Peucedanum galbanifluum H. Bn (Ferula galbaniflua Boiss.), Ombellifère-Peucédanée du Turkestan cl de la Perse; en larmes formanl par leur rapprochement des houles peu volumineuses, irrégulières, jaunâtres, translucides; se ramollissanl au contact de la main, devenant gluante dans la houche, aromatique, camphrée-lérébenthinée; à odeur spéciale aromatique et un peu vireuse

162. Fleurs de Sureau. — Fleurs du Sambucus nigra, Rubiacée-Sambucée ligneuse, indigène; petites, d'un blanc jaunâtre, à ovaire infère, 3-loculaire; les loges uniovulées; à corolle gamopétale supère, 5-mère; à androcée isostémoné. Saveur un peu amère et mucilagineuse : odeur aromatique assez intense. (P. 1109).

163. Racine de Garance. — Rhizome et racines adventives du Rubia tinctorum, Rubiacée-Rubiée cultivée; minces, flexibles, rougissant au contact de Pair, à cassure courte et serrée. Les portions de tige et de branches ont au centre un canal médullaire. Saveur légèrement amère; odeur nulle. (P. 1076).

164. Ipecacuanha ondulé (mineur). — Racine du Richardia scabra L. (Richardsonia brasiliemis Gosi.), Ruhiacée-Spermacocée de l'Amérique tropicale; en cylindres grêles (3-8 millimètres), sinueux, ondulés, flexibles, d'un gris terreux pâle, à cassure compacte, farineuse et blanche; à odeur terreuse; à saveur très faiblement nauséeuse. (P. 1088).

165. Ipecacuanha annelé (mineur). — Racine de l'Uragoga Ipecacuanha L. (Cephœiis Ipecacuanha Rien.), Rubiacée-Uragogée de l'Amérique méridionale; en cylindres tortueux, annelés, à écorce farineuse épaisse, d'un gris-brun en dehors, à médilttllium central cylindrique, résistant. Cassure courte, compacte et farineuse; saveur faible, puis acre et nauséeuse; odeur nauséeuse, légèrement irritante. (P. 1085).

166. Ipecacuanha strié (majeur). — Racine de YUragoga emetica H. Bn (Psychotria emetica Mut.), Rubiacée-Uragogée de la Colombie; à cylindres épais de 4-9 millimètres, étranglés ça et. là, d'un gris brun, striés longitudinalemeht, à saveur un peu àcre et nauséeuse. (P. 1087).

167. Racine de Caïnça. — Racines des Chiococca raceinosa, anguifuga et densifolia, Bubiacées-Chiococcées de l'Amérique tropicale; épaisses, à ramifications nombreuses, avec une écorce épaisse de 2-6 millimètres, rugueuse et d'un gris brun, à stries transversales et à petites verrucosités nombreuses; la surface interne brune, tachetée souvent de jaune; le bois léger, fibreux et d'un blanc grisâtre. Saveur de P'écorce un peu âcre; odeur presque nulle. (P. 1089).

168. Café. — Graines, avec ou sans l'endocarpe parcheminé, du Cojfea arabica, Rubiacée-Cofféée, arbuste africain (?), cultivé dans tous les pays tropicaux; elliptiques, longues de 8-14 millimètres, à face dorsale convexe, à face ventrale plane ou concave, avec un sillon longitudinal médian à bords incurvés; l'albumen dur et corné; l'embryon dorsal et

DROGUIER Dii LA FACULTE. -M

excentri(iuc vers l'extrémité inférieure de la graine. Odeur faible; saveur un peu àprc ou presque nulle dans la graine non torréfiée. (P. 1078).

169. Gambir. — Sue concrète des Ourouparia Gambir II. Hn et acida II. BNj Rubiacées-Cinchonées grimpantes de Malacca cl de la Malaisie; en cubes compacts, rugueux, de 3-4 centimètres de côté, d'un brun foncé terne; la masse finement poreuse ou crevassée. Saveur amère, très astringente, un peu douceâtre. (P. 1105).

170. Quinquina Ctdisaya (Q. jaune type). — Ecorce jaune du Cinchona Calisaya Wedd., Rubiacée-Cinchonée de la Bolivie; plate ou roulée, sans ou presque sans suber, d'un orangé sombre, fibreuse, à cassure transversale irrégulière. Odeur spéciale; saveur astringente-amère. (P. 1097). Beaucoup d'autres Cinchona américains donnent des quinquinas jaunes de qualité inférieure.

171. Quinquina rouge (type). — Ecorce du Cinchona succirubra Pav., de l'Equateur; en lames plates ou en gouttières, d'un rouge vif ou brique; épaisse (jusqu'à 1 cent. 1/2), à surface externe subéreuse, dure, à surface interne lisse, égale, finement et régulièrement fibreuse, à cassure transversale compacte, avec une zone fibreuse et, sous le suber, une zone épaisse, dite résineuse, d'un brun plus ou moins noirâtre ou violacé. Odeur faible; saveur astringente assez prononcée. (P. 1095). Beaucoup d'autres Cinchona américains donnent des quinquinas rouges de qualité inférieure.

172. Quinquina gris de Lima. — Écorce des Cinchona micrantha R. et Pav., nilida R. et Pav., ovata R. et Pav., et de quelques autres, souvent dits Huanuco, usités sous la vague dénomination de Q. gris ; roulées en tube, souvent recouvertes d'un suber d'un blanc sale, pulvérulent, ou de Lichens, à fissures longitudinales et parfois transversales. Surface intérieure brune, lisse, finement fibreuse. Odeur un peu aromatique ; saveur astringente et légèrement amère. (P. 1099).

173. Quinquina Loxa (type). — Écorce du Cinchona officinalis et de ses variétés, du Pérou et de PÉquateur; en tubes roulés, simples ou doubles, de la grosseur des doigts ; à surface extérieure brune, un peu lisse, mais tachée de Lichens grisâtres, avec fentes transversales nombreuses, assez régulièrement espacées, et plis fins longitudinaux. Surface intérieure lisse, finement striée, d'un brun orangé. Odeur assez aromatique; saveur astringente, légèrement amère. (P. 1091).

174. Noix vomique. — Graines du Strychnos Nuxvomica, Solanacée- Slrychnée de l'Asie et l'Océanie tropicales; nummuliformes, larges d'environ 2 centimètres, grises, à surface satinée ou un peuiriséc,à albumen corné, gris, translucide, avec petit embryon excentrique. Saveur très amère; odeur nulle. (P. 1212).

175. Fèves de Saint-Ignace. — Graines du Strychnos lgnàtii, des Philippines; très irrégulières, longues de 2 1/2-3 centimètres, ovoïdes-

oblongues, à facettes inégales; la surface d'un gris brunâtre, chargée

338 mtOGUŒR DE LA FACULTÉ.

de poils courts el jaunâtres souvent enlevés. Albumen corné d'un gris brunâtre. Embryon à cotylédons ovales-lancéolés. Saveur très amèreodeur nulle. (P. 1214).

176. Ecorce de Fausse- Angusture. — Écorce du Slrychos Nux vumica (n° 174), analogue à celle de l'Anguslure vraie, mais plus épaisse, pesante compacte, à cassure droite et nette. Surface intérieure blancbe, grise ou brune. Surlace extérieure couleur de rouille claire ou d'un jaune plus ou moins orangé, souvent marquée de taches blanches irrégulières, saillantes et verruqueuses. Saveur extrêmement amere, perçue au moment même où l'écorce touche la langue humide. (P. 1214).

177. Feuilles de Morelle. — Feuilles du Solanum nigrum, Solanacée-Solanée indigène, annuelle; ovoïdes-aiguës ou acuminées, à base arrondie ou subcordée, à limbe descendant légèrement sur les côtés du pétiole; le bord sinuéou découpé de quelques dénis peu saillantes. Face supérieure finement pubescente. Face inférieure glabre ou moins pubescenle, avec 5-8 nervures secondaires saillantes, anastomosées. Saveur faible; odeur vireuse. (P. 1191).

178. Tiges de Douce-amère. — Branches du Solanum Dulcammn. Solanacéc-Solanée indigène, vivace et grimpante; en tronçons de la grosseur d'une plume, longs de 2-5 cent., à surface d'un jaune brun ou verdàlre, verruqueuse ou exfoliée, avec coussinets alternes, saillants, gem ni itères; flexibles, à moelle centrale rétractée. Saveur légèrement amère et douceâtre; odeur légèrement vireuse. (P. 1290).

179. Fécule de Pomme de terre. — Fécule extraite des tubercules du Solanum tuberosum, Solanacéc-Solanée américaine, cultivée; pulvérulente, blanche, avec points scintillants, formée de grains très inégaux, irrégulièrement ovoïdes, à bile excentrique, avec zones inégalement concentriques, parfois à plusieurs biles. (P. 1192).

180. Fruits de Piment (P. de jardin). — Fruits (baies) du Capsicum annuum, Solanacéc-Solanée de l'Amérique méridionale, annuelle, cultivée; variables de forme, souvent coniques ou subovoïdes, etc., légers, souvent d'un rouge vif, à couche extérieure coriace, lisse, ridée par la dessiccation, avec graines nombreuses, réniformes, logées dans la pulpe intérieure. Saveur chaude, piquante el acre. (P. 1199).

181. Piment de Cayenne. — Fruits (baies) du Capsicum fastigiatum Bl., Solanacée-Solanée, crue américaine, cultivée dans l'Asie et l'Océanie tropicales; petits (1-3 cent.), étroitement ovoïdes-oblongs, à sommet aigu ou un peu mousse, d'un jaune orangé brillant; à saveur très chaude, très piquante et très àçre. (P. 1199).

182. Feuilles de Belladone. — Feuilles de YAtropa Belladona, Solanacée-Alropée indigène, vivace ; à limbe ovale-aigu ou acuminé, atténué des deux côtés sur le pétiole; entières, glabres, à nervures secondaires pennées, alternes, finement réticulées; à saveur légèrement acre, à odeur faiblement vireuse. (P. 1193).

DltOCUIlilt DE LA FACULTÉ. 889

183. Fruits de Belladone. — Haies de VAtropa Belladona, sphériques, déprimées, presque noires, lisses, à suc vineux, avec apicule 1res court et une trace de sillon vertical, répondant à la cloison de séparation des deux loges polyspermes. Calice persistant à la base du fruit; vert, foliacé, étalé, 5-mère. (P. H 94).

184. Racine de Belladone. — Rhizome (creux) cl racines (pleines) de VAtropa Belladona; à écorce d'un gris un peu jaunâtre ou brunâtre, à sillons longitudinaux; blanchâtres intérieurement et plus ou moins marbrés de blanc, à cassure courte, assez nette. Saveur douceâtre, un peu mucilagineuse; odeur nulle ou très faiblement vireuse. (P. 1195).

185. Racine de Mandragore. — Racine des Mandrarjora officinarum, vemalis, microcarpa, Solanacées-Alropées de l'Europe méridionale; à pivot simple ou bifurqué, un peu torlucux,avec dépressions assez profondes; î'écorce jaunâtre, compacte, avec un axe ligneux, dur, à cassure courte, compacte, à odeur légèrement vireuse, presque sans saveur à l'état sec.

(P. \my

186. Feuilles de Nicotiane. — Feuilles du Nicotiana Tabacum, Solanacée-Nicotianée cultivée, d'origine américaine; sessiles, les inférieures courtement pétiolées, ovales-oblongues ou obovales, entières, molles, couvertes de poils visqueux et de petites glandes sessiles, à nervures secondaires alternes, réticulées. Odeur caractéristique, très légère sur des feuilles non fermentées; saveur faible. (P. 1200).

187. Feuilles de Stramoine. — Feuilles du Datura Stramonium, Solanacée-Dalurée indigène, annuelle; pétiolées, à limbe glabre, ovale-ai^u, inégalement arrondi ou subaigu à sa base insymétrique, dont une moitié est parfois plus ou moins saillante-auriculée, avec un sommet aigu ou courtement acuminé, de même que les lobes inégalement incisés-dentés. Xervures secondaires pennées, alternes, concaves en dessus. Odeur et saveur spéciales, vireuses, disparaissant souvent par la dessiccation. (P. 1203).

188. Fruits de Stramoine (Pomme-épineuse). — Capsules du Datura Stramonium ; ovoïdes, obtuses, accompagnées de la base réfléchie du calice en forme de manchette, chargées d'aiguillons coniques et présentant les sillons verticaux équidistants, suivant lesquels s'opère la déhiscence. Graines nombreuses, réniformes, aplaties, noires, séparées en groupes par quatre cloisons dont deux fausses. (P. 1204).

189. Feuilles de Jusquiame. — Feuilles de Yllyoscyamus niger, Solanacée-IIyoscyamée herbacée, indigène; pétiolées : les supérieures sessiles, ovales-triangulaires, à grandes divisions triangulaires, inégales; molles, plus ou moins ondulées; lanervure médiane dilatée à sa base, blanchâtre comme les nervures secondaires peu nombreuses, inégalement espacées et irrégulièrement ramifiées. Duvet visqueux sur les deux faces d'un vert pâle. Odeur vireuse; saveur faiblement vireuse. (P. 1206).

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