FOUGÈRES
Les Fougères (Filices) sont des Cryptogames acrogènes, pourvues d'organes analogues à des feuilles distinctes cl qui ont reçu le nom de Frondes. Simples ou, plus ordinairement, divisées, ces frondes portent les organes de la reproduction asexuée, qui sont des Sporanges presque toujours groupés sur leur face inférieure ou leurs bords. Ces sporanges, abrilés ou non par un Indusiutn, ne sont pas renfermés dans un Sporocarpe (comme il arrive dans les Rhizocarpées); et les spores donnent ordinairement naissance à un prolhalle bien développé, portanl ou les Anthéridies, ou les Oosporanges, ou à la fois les unes cl les autres.
Polypodes
Le Polypodium vulgare L. (fig. 1-3) est une de nos Fougères les plus répandues et les plus employées en médecine. C'est le Polypode de chêne, P. commun, Fougerolle, Arglisse sauvage, Réglisse des bois, Fougère- Réglisse. Vivace et baulc de 2 à 5 décimètres, cette plante a un rhizome mince, traçant, charnu et chargé d'écaillés brunes et scarieuscs. Il porte inférieurement des racines adventives, et supérieurement des frondes aériennes, alternes, pétiolées, dont le limbe, enroulé primitivement en crosse, a, dans son enseinble,la forme ovale-lancéolée et est pinnatipartite ; les segments alternes, un peu confluents à leur base, le long de la nervure
FOUGERES. 3 médiane, oblongs-lancéolés, obtus ou aigus, entiers ou dentés. Les infé-
i TRAITÉ DE BOTANiyliK mKdicalk c.iw PiocAMiyt i.
n'est qu'une variété do cette espèce. Do la nervure principale miltoof. dans les segments, des nervures secondaires, 1 • ï — ou triiurauees, dont le»
divisions sont épaissies et translucides au sommet et n'atteignent pas le.s bords de la fronde. C'est sur la plus courte decOS division- que s'insèrent, à la l'ace inférieure de la fronde, les amas de corps reproducteur- ou Soirs (fig, 1, 3), arrondis, disposés par suite sur deux rangées parallèles à la nervure moyenne du segment, et formés de sporanges tous semblables entre eux.
Chaque sporange (fig, 2. 3) est un sac pyriforme, supporté par un pied
rétréci, et dont la paroi membraneuse et fragile, formée de phytocjstes inégaux et irréguliers, s'épaissit sur un de ses bords, dans les deux tiers environ de son étendue, en une sorte de rachi> arqué, désigné sous le nom A' Anneau, et formé de pbytocystes superposés eu une longue série, dont les parois ont subi une modification particulière.
F.c. 2. - Pol„podium vulgare. Sorc. Sur U» bord> CC,lc Paroi
est demeurée mince et
fragile; mais au coté interne de l'anneau, la paroi opposée s'est épaissie, s'incruslanl d'une matière brune et dure dans toute sa bailleur. La même incrustation s'est produite dans les cloisons qui séparent l'un de l'autre deux pbytocystes successifs de l'anneau ; cl la couche incrustée y est d'autant plus épaisse qu'elle se rapproche davantage de la face profonde. 11 en résulte une sorte d'U, à branches atténuées à leur sommet, qui demeurent à peu près parallèles tant que les phylocystes de l'anneau sont gorgés de liquide. Mais celui-ci diminuant lors de la complète maturité du sporange, les portions membraneuses des pbytocystes s'affaissent et permettent aux branches de l'U de se rapprocher. La conséquence est le redressement du rachis que représente l'anneau; ce qui amène la déchirure des parois membraneuses latérales du sporange, surtout vers un point plus faible que tous les autres et qu'on a nommé Stomium.
La déhiscence du sporange nue fois produite de la sorte, les Sporrs (fig. 7) qu'il contenait s'échappent (fig. S, 11, 25, 33), projetées parfois assez loin, élasliqiie.mcnt et comme par saccades. Elles sont ovoïdes, de couleur brune, au nombre d'une soixantaine dans chaque sporange. Leur paroi est double : un Esospore ferme, coloré, cassant, et un Endos pore membraneux, incolore, doué d'une certaine extensibilité.
FOUGÈRES. •r»
Une l'ois mises en liberté, les spores du Polypodo, comme celles des Fougères en général, si elles sont placées dans des conditions favorables dfl température et d'humidité, absorbent de l'eau, et leur endospore aug-
Fig. 3- — Polypodium vulgare. Sore, coupe longitudinale.
mente de ^volume. Il presse contre l'exospore qui se brise, et par la solution de continuité, l'exospore fait hernie et s'allonge graduellement en un tube qui bientôt se cloisonne, et en travers et en long. Peu à peu,
Kir., i. Prothallc de Fougère, en voie Fie. 5. — Prothallo de Fougère, de développement (Luersscn). adulte et vu par la face inférieure.
et par des multiplications successives de phytocystes, il se constitue un Prothalle (lig. 4, 5), en forme de lame verte, à peu près cordiforme, échancréc en avant et parfois aussi en arriére, épaissie au centre et membraneuse vers les bords. Cette lame présente une échancrure anté-
G TltAlTF. llK IIOTANlyiîE Mf.DICAI.K <ll\ ITOOAMIQUE,
rieure qui répond à son point vé^rtatiT : c'est là qu'on voit ses plivtocvstes constituants plus nombreux, plus (u tils et en voie île division. Appliqué sur le sol par une de ses laces que nous nommerons l'inférieure, le prothalle produit là des poils, ou phyloeysles-tuhulcs, qui jouent le rôle de racines (Illiizines, lihizoïdes), et puisent dans le suhstratum deliquides et des aliments. Bientôt, sur cette même face, pourvu qu'elle soit soustraite à l'action de la lumière, se forment des organes reproducteurs, les uns mâles et les autres femelles. On a pu, en exposant la face supérieure du prothallc à l'obscurité et en éclairant sa face inférieure, faire développer au-dessus et non en dessous ces mêmes organes reproducteurs.
Les organes femelles sont situés vers l'échancrnrfl antérieure du protballc. et en petit nombre. Ce sont, à leur étal adulte, comme de petitpuits renversés (lig. 6), dont le fond est enchâssé dans le prothalle et dont la portion libre proémine en dessous de lui. Celte dernière portion esl
Fie. 6. — Oosporangcs de Fougère, contenant, an fond de leur canal, l'oosphère à deux états différents.
Fie. 7. — Série des développements des spores d'une Fougère. États successif-, a, b, c, d (Sachs).
formée par quatre séries superposées de quatre phytocystes arqués, limitant un canal dont le sommet finit par s'ouvrir en bas, par écarlement des phytocystes de la série apicale. Sa cavité est occupée par trois autres phytocystes inégaux et superposés. Les deux plus voisins de l'orifice sonl destinés à se résoudre en un mucilage dont le gonflement détermine l'ouverture du puits; ce mucilage servira d'ailleurs ultérieurement de support aux agents fécondateurs, lorsqu'ils se dirigeront vers l'organe à féconder. Celui-ci occupe le fond du puits; c'est un gros phvloblaste auquel on donne, le nom d'Oosphhr. L'oosphère doit devenir VOospore: de sorte que le réservoir dans lequel elle esl enfermée esl, pour nous, I Ooxjiorange, comme le sporange est la cavité qui contient les spores. On le nomme aussi généralement Archêgonc.
Les organes màlcs se trouvent en arrière des oosporanges, vers le point du prothalle où naissent les rhizincs. Ce sont des sacs ovoïdes ou
FOUGfcHKS. 7 arrondis, à paroi formée d'une seule couche de phylocysles et à contenu constitué par d'autres phylocysles, plus nombreux et plus délicats; chacun d'entre eux renfermant un corps fécondateur mobile, nommé Anthérozoïde. De la le nom d'Anthéridics donné à ces sacs. A leur état parfait, ils se déchirent à leur sommet en étoile; les petits phylocysles contenus sortent en tournoyant dans un liquide; puis ils s'ouvrent et laissent échapper leur anthérozoïde, qui nage sous forme d'un ruban spirale, à extrémité postérieure atténuée en pointe, à portion antérieure munie de longs et nomhreux cils vibratilcs (fig. 21). Chaque anthérozoïde traîne avec lui un globule hyalin dont l'origine et les fonctions ne sont pas encore bien connus. Un certain nombre de ces anthérozoïdes progressant entre la face inférieure du prothalle et la surface humide du sol, parviennent jusqu'à l'orifice béant de l'oosporange. A ce moment, le canal de ce dernier est tout rempli du mucilage dont nous connaissons l'origine et dont une portion fait même saillie, sous forme d'une grosse goutte, au dehors de l'orifice qui s'est porté plus ou moins de côté. Les anthérozoïdes pénètrent dans le canal, arrivent à l'oosphère et se mêlent à sa substance; ce qui assure sa fécondation. L'oosphère se recouvre alors d'un phylocyste cellulosique et devient l'oospore qui est apte à germer.
Par son développement, l'oospore devient une petite plante, un petit pied de Fougère, qui n'a plus qu'à grandir pour constituer un Polypode tel que celui que nous avons examiné au début. Avant même que le prothalle qui la renfermait se soit entièrement détruit, celte Plantule possédait une courte tige, une ou plusieurs racines advenlives et une ou quelques frondes. Celles-ci prennent peu à peu les caractères de l'état adulte, jusqu'au jour où leur face inférieure sera en mesure de produire des sorcs.
Le prothalle possédant à la fois des organes mâles et femelles, appartient donc à un mode de reproduction sexuée du Polypode ou des autres Fougères. Les frondes ne produisant que des spores, sans agent fécondateur mâle immédiat, représentent un mode de génération asexué. Il y a donc dans le Polypode, comme dans les Fougères en général, alternance des générations.
Le Polypodinm vulgare est très commun dans la plus grande partie de l'Europe, principalement dans les bois, sur les roches, les murs, les toits de chaume. On emploie, sous le nom de racine, son rhizome qui, entier et récent, est couvert d'écaillés jaunâtres; mais elles sont tombées pour la plupart du rhizome sec, qui est de la grosscurd'un tuyau de plume, comprimé, cassant, tuberculeux sur celui des bords qui répond à l'insertion des frondes, uni sur l'autre bord qui porle cependant quelquefois des restes de racines. Sa surface extérieure est brune ou jaunâtre, et il est vcrdàlre d'abord à l'intérieur, avec une odeur légèrement désagréable cl une saveur d'abord douce et sucrée, puis àerc et nauséeuse. Il contient
X TIUITf. I»K ItOTANIUUF. Mf.llICAI.K Cil YITOGAMIQUE.
une matière surir.', cl abandonne, par l'action prolongée de l'eau bouillante, un extrait mucUagtoeux, gélatiueui el amer. s,.n UOaOoa eleooliqueest beaucoup plus sucrée que l'infusion aqneue; elle renferme de
WO. 8-11. — Celerach nfficinarum. Port. Somment de fronde, vu on dessous. Sorc. SpoMii^'c dchiscent.
la glyryrrhizine, des sels alcalins, de l'oxyde «le fer. On peut extraire <le « elle plante de la mannile, une huile grasse, une substance résineuse et une sorte de glu. Le rhizome entre dans la composition de l'Llerluairc lénitif (K. de séné composé) cl de l'E. calholicum (E. de rhubarbe composé). Il est astringent à faible dose, évacuant à dose plus élevée.
l'OliGÈRKS. '■'
C'est un purgatif doux, utile surtout pour les enfants. On l'a recommandé comme ascaricide, anticatarrheux, antiasthmatique; on l'emploie communémeat dans les campagnes contre les bronchites invétérées,
Le Polypodium Calaguala R. el Pàv., 'lu Pérou, produit la véritable Souche de Calaguala, jadis usitée en médecine, vantée comme sudoriflque, antisyphilitique, anthelmintique, cl à laquelle on substituait les rhizomes du P. cratsifolium l. et de YAcrostichwn Iluacsaro R. et I'av., puis le P. adianti forme Fohst. et YAspidium coriaceum S\v., ou même une phanérogame de la famille des Balanophoracées, Le Cynotnorium coccineum ou Fungus melitensis (Champignon de Malle).
Le P. percussum Gav., <lu Brésil, passe pour tamicide ; le P. morbillosum PùESL, de Java, pour tonique; le P. lycopodioides L., du Mexique, pour astringent el diaphorélique. Les P. qucrcifolium L., Rhedii Kost., suspeiisum L. sont indiqués dans les traités classiques comme vermifuges ; le P. taxifolium L., comme emménagogue, etc.
Ceterach
Les Ceterach sonl des fougères à frondes garnies de poils et d'écaillés scarieuses, protégeant en partie les sorcs. Ceux-ci sont oblongs ou linéaires, disséminés sur la face inférieure de la fronde, avec ou sans ordre. On n'emploie chez nous en médecine que le C. officinarum W. (Asplenium Ceterach L. — Grammitis Ceterach Sw. — Gymnogramma Ceterach Spreng.), vulgairement nommé Daurade, Doradille d'Espagne, Herbe dorée (lig. 8-11). C'est une herbe peu élevée (5-20 cent.), à rhizome peu développé, à frondes disposées en cuvette, puis étalées, pinnaliparliles, avec des segments alternes, obtus, épais, confluents, verts en dessous, chargés sur celle face d'écaillés grisâtres, finalement rpussàtres, plus ou moins dorées, scarieuses el brillantes. Ces écailles sont ovalesaiguës et insérées par un point étroit, situé à une certaine dislance de leur base arrondie, de façon à être comme feutrées. Les sores sont étroits, atténués aux deux extrémités, cl les sporanges sont lisses cl d'un brun noirâtre. Celle plànte est assez commune dans presque toute la France, sur les vieilles murailles el les rochers ombragés. Elle est béchique, astringente, diurétique, et on l'a vantée contre la gravelle et un grand nombre de maladies des voies urinaircs. On la préconise, en décoction dans l'eau de forgeron, contre les engorgements de la rate el l'œdème qui accompagne ou suit les lièvres inlcrmillenlcs (Cazin).
Pteris
Les Pteris sont des fougères à frondes plus ou moins divisées cl dont
traité Dl B0TAHIQU1 KtDICALl CBYPTOCA10QDB.
Im sporanges naissent disposés en bandelettes longitndlnalea »»ftfmw.
tout prés des hortls brusquement amincis des divisions de la fronde. Kn dehors de leur ligne d'insertion, le bord atténué de la fronde se réflé.-hii sur les bandelettes de sporanges el leur runslitne une indusie continu.-, libre par son bord interne.
Le P. aquilina L. (Fougère à l'aigle, F. impériale, Feuchière) (fig. 1-2. 13) est la plus commune, ches rions, des espèces de ce genre et c'est le type
d'une section à laquelle on a donné le nom de PotUt, caractérisée par un indusiuin pln8 ou moins dédoublé. C'est une grande plante vivace (haute île 5-18 décimètres), à rhizome traçant, à peu près horizontal; à frondes annuelles très grandes, pétiolées. Certaines coupes obliques du pétiole
laissent voir la ligure des faisceaux ligneux bruns, rappelant par leur disposition l'image d'un aigle à double tète. Le limbe, dont l'ensemble est ovale-triangulaire, coriace, d'un beau vert, est bi-tripinnatiséqué, avec les segments opposés, pétiolulés, ovales-lancéolés ou triangulaires; les lobules entiers, très rapprochés, pubesrenls, surtout en dessous et sur leur ligne médiane, à bord réfléchi constituant l'indusic mince cl grisâtre, à cordons épais de spores brunes très nombreuses cl plurisériées. Cette belle espèce est très abondante dans toute la France, dans les bois, les champs sablonneux, surtout dans les terrains siliceux des landes, dunes, clc. Elle doil son nom spécifique à cette figure d'aigle héraldique qu'on obtient en coupant son rhizome et même ses pétioles. Ces coupes nous montrent un épidémie, nu sous-épidenne. un parenchyme fondamental à phylocystes
FIS. 12. — Pleris aquilina. Schéma du développement de la génération asexuée sur le prothallcp; f, pied; b, sommet de la tige; w, racine; V, feuille (llofmcistcr).
Fie. 13. — Pleris aquilina. Coupe longitudinale du prolnallc,cn voie de développement, montrant ses diverspoints végétatifs. Mûmes lettres que dans la ligure 12 (llofmcistcr).
FOUGF.IIKS. 1 1
gorgés de fécule et dans lequel se développent les faisceaux fibrovasculaires et ce qu'on a nommé les Cordons sombres. Ceux-ci sont au nombre de deux, en forme de croissants qui se regardent par leur concavité. Ils sont formés de phytocystes devenus scléreux et chargés de ponctuations croisées, qui donnent au rhizome une grande solidité. Les faisceaux fibro-vasculaires se joignent à eux pour compléter la ligure d'oiseau à laquelle nous faisions allusion : les plus petits se groupant en une sorte de couronne autour des faisceaux sombres, et les deux plus gros, en dedans et presque accolés l'un à l'autre. Ce rhizome n'a pas, quoiqu'on l'ait dit, les propriétés laenicides de la Fougère mâle; il n'est qu'astringent et sert, comme tant d'autres, au tannage des cuirs. La poudre du rhizome, sans doute à cause de la fécule qu'il contient, a pu servir à faire un mauvais pain dans les temps de disette. C'est une plante riche en sels de potasse et dont la cendre a été utilisée en verrerie. Les feuilles s'emploient à fumer et à écobuer les terres, à faire des litières, à emballer les fruits et le poisson.
Il y a en Amérique un P. caudata L., et en Polynésie un P. esculenta Forst., dont les indigènes mangent les souches grillées et en préparent un pain grossier, d'ailleurs fort peu nutritif. Le P. indica Sw., le Bali d'Amboine, a des jeunes pousses comestibles. Au Brésil, les P. pedata Sw. et leptophyllaRkDD.; aux Antilles, le P. arachnoides Kaulf. sont employés, dit-on, comme pectoraux.
Adiantum
Les Adiantum sont des fougères dont les frondes sont complètement partagées en segments irrégulièrement quadrilatéraux ou presque triangulaires, à bords libres prolongés çà et là en lobes membraneux, arrondis ou oblongs, qui portent les sores sur une de leurs faces, laquelle se replie suivant sa base, de façon à venir s'appliquer par sa face sorifère sur la face inférieure de la foliole.
VA. Capillus Vcneris L. est le Capillaire de Montpellier (fig. 14-16). C'est une fougère à rhizome mince et à frondes délicates, molles, bipinnaliséquécs, hautes de 1 à 3 décimètres, à pétioles et péliolules grêles, capillaires, noirâtres, avec les folioles à peu près aussi larges que longues, ^symétriquement quadrilatérales, cunéiformes et entières à la base, arrondies vers le sommet, lobulées dans 1rs frondes sorifères, tandis que dans les frondes stériles, elles sont en haut dentées en scie, avec des veinules ténues, bifurquées et dont les divisions atteignent les bords. Le pétiole est grêle, très long, lisse, luisant, noirâtre et nu dans sa moitié inférieure ou davantage. Les sporanges sont petits, nombreux, courlcmcnt stipités, arrondis au sommet. Cette plante a une odeur douce et faible,
n TRAITÉ DE IIOTAMUl'K .V|F.I>I.;AI.F. Cil YI'H.CA M l.jl |
agréable. Elle orotl dans les poilions chaudes «le |„ F rame SIJr ,, rochers .... les murs humides el Ombragé», dam les grOttM, ImpoUi ,m Lord des fontaines. On la trouve dans un.- grande partie de ITnropc ' U CapUlaire du Canada est généralement préféré au précédé pou,
FIS. U. — .W/ianlum Capillu* Vcnerit. l'urt Kir,. Ifi. — Atliantum CapUlm IVdu sommet d'un rhizome feuille (rvduil en- neri-t. Foliole ; deux lobules sori-
virou île moiliéj (Marchand). leres étalé* el renversé*.
l'emploi médical ; c'est VAdiantum pedalnm L. (fig. 17-18). Ses fronde* peuvent atteindre un demi-mètre de hauteur. Elles mil de lon^s péliolo lisses, d'un roufie brun, el des divisions pédalées, c'esl-à-dirc dirhnlomes avec des ramifications du côté interne seuleinenl. Celles-ci portent dan-
POOGfcRBS. 13
l'ordre distique les folioles qui sonl oblongues, en forme de parallélogramme irrégulier ou de triangle sealène; les deux bonis inférieurs entiers, et le supérieur lobé, incisé en quelques plaques semi-circulaires ou oblongues, qui portent les Bporanges et sonl rabattues avec eux sur la foliole. Ces folioles sont glabres, douces au loui lier, d'un vert gai, à odeur faible mais assez agréable et à saveur douceâtre ou légèrement styp tique.
L'A. tenerum L., du Mexique, a été substitué au précédent alors qu'il faisait défaut dans le commerce de la droguerie. 11 a des pétioles solides, longs (50 cent, à 1 m.), très ramifiés cl noirs. Ses folioles sont alternes, rhomboïdales mu trapéziformes, d'un vert foncé et sombre, fermes et se détachant facilement par leur base. Les deux bords les plus éloignés du péliolule sonl peu inégaux, souvent continus l'un avec l'autre, incisés et pourvus de sores sur leurs divisionsrcpliées. Celle espèce est d'ailleurs à peu près aussi aromatique que la précédente.
Au Cap, on emploie aux mêmes usages l'Adiantum œthiopicum L.; aux Antilles, les A. fragile Sw., trapezi forme L., macrophyllum Sw., cristalum L., falcatum S\v., validation L tum L.; dans l'Inde, l'A. melanocaulon Vf. L'A. fragile Sw. a été vanté contre la consomption el les ulcérations pulmonaires. Les A. pentadactylon Langsd.
et cuneatum Langsd., du Brésil, se substituent, sous le nom il' A vençaû, à l'A . pcdatum. Tous ces Capillaires sonl pectoraux, diaphorétiques, aromatiques, parfois un peu amers ou slyptiques, probablement fort peu actifs, mais cependant encore très fréquemment prescrits, à l'étal d'infusion, de décoction, de sirop, principalement dans les affections inflammatoires des bronches, alors qu'on désire modifier la nature de leurs produits sécrétés. Le C. du Canada fait partie
un Sirop des chantres ou à'Erytinium composé du Code*.
Fie. 17. — Adianlum pedalum. Portion de fronde.
villosum L. et radia-
FtG.18. —Adiantum pedntum. Foliole; deux lobules sorilères élalés cl renversés.
TltAITF. l>K riOTAMyLt MtlIlCAI.K r.UYIToiiAMuH F..
Fougère mâle
Adanson a attribué en 1 763 la Fougèce mâle (flg. 19-28), le Polypodium Filùo-nuu L, i an genre Dryopteris qui a été appelé depuiz [lso:j] Xephrottium. Cesl donc le D. Filia-mcu Schott (Nsphrodium Filial
Fie. 19. — Dryopterit FilLr.-mas. Kir.. 21. — Dnjopieris Filir-ma*.
Jeune plante. Anthérozoïdes.
HUM Rien. — Aspidium Filix-mas S\\. — Polyslichum Filix-mas Rom. — Laslnra Filix-mas I'hf.sl). C'est une herhe vivace, don! le rhizome, à peu prés horizontal el plus ou moins relevé vers son sommel, parait épais île 0-8 centimètres environ, parce qu'il est tout entouré îles bases des frondes qui persistent avec plus ou moins d'obliquité à s i surface. Il est, en outre, tout chargé de Hamenta, c'est-à-dire d'écaillés allongées, aplaties, scaricuses, translucides, d'un brun doré, qui se dé lac lient graduellement du rhizome, à partir de sa base. De très nombreuses racines advenlives, cylindriques, filiformes, légèrement ramifiées, d'un brun foncé, naissent du rhizome el descendent en passant entre les bases des frondes.