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PROPHYLAXIE ET TRAITEMENT

// existe un traitement prophylactique de la bronchopneumonie susceptible de diminuer dans une large mesure la fréquence de cette redoutable complication.

La bronchopneumonie est d'origine parasitaire, et ces parasites sont, suivant les cas, fournis par le malade lui-même ou empruntés au dehors. Comme la pneumonie, la bronchopneumonie est due tantôt à une auto-infection, tantôt à une hétéro-infection. Dans ce dernier cas, il y a contagion.

Si nous considérons l'auto-infection, l'action des micro-organismes présents de longue date dans la cavité bucco-pharyngée, comme l'origine du plus grand nombre des bronchopneumonies, nous sommes loin de rejeter l'influence de la

BUONCIIOPNEUMONIE.

contagion et nous pensons que le devoir du médecin est de prévenir celle-ci par tous les moyens.

On évitera donc autant que possible de laisser les sujets prédisposés à la bronchopneumonie au contact de hronchopneumoniques ou de i^neumoniques . — Nous parlons ici surtout des sujets atteints de rougeole, de coqueluche. L'isolement collectif des morbilleux n'est pas pour cela le meilleur moyen. Il faut s'efforcer autant que possible de perfectionner cet isolement, de séparer, comme l'a fait aux Enfants assistés M. Sevestre, les rougeoles simples et les rougeoles compliquées. M. Richard a conseillé l'isolement individuel ('). Cette méthode évidemment logique se heurte dans nos hôpitaux à une impossibilité matérielle. M. Grancher ("2), pensant avec raison que la transmission se fait souvent par contact (sujet malade, objet inerte, sujet sain ayant approché un malade), entoure les lits des sujets susceptibles de transmettre une affection contagieuse de grillages qui isolent relativement les malades et entravent jusqu'à un certain point les relations.

Il faudra dans tous les cas éviter l' encombrement et ne pas laisser séjourner les malades dans des salles basses et peu aérées.

La prophylaxie doit s'attaquer encore- à celte autre cause plus importante encore à noire avis, V auto-infection, l'action des microbes pathogènes que peut, antérieurement à la maladie, recéler la cavité buccale. C'est à Vantisep)sie buccale, soins de propreté, lavages de la bouche, gargarismes avec des solutions antiseptiques, qu'il conviendra de s'adresser.

Une autre source d'indications prophylactiques résulte de cette notion que la faiblesse des mouvements respiratoires, le décubitus prolongé, jouent un rôle manifeste dans l'extension de la bronchite, dans l'envahissement des brdïichioles, ce facteur capital des bronchopneumonies. On s'efforcera donc d'éviter les conséquences d'un décubitus trop pj'olongé. On forcera les malades à s'asseoir, à changer fréquemment de position. On pourra leur faire prendre, comme le conseillait Valleix, le décubitus abdominal, et s'il s'agit d'enfants en bas âge, on les promènera souvent dans la chambre.

Toutes ces mesures diminueront sans aucun doute dans une large mesure la fréquence des bronchopneumonies.

Mais dans le cas où cependant la maladie est installée, quel traitement convient-il d'instituer?

La conduite à tenir n'est certainement pas la même que dans la pneumonie franche.

Celle-ci, de durée habituellement mesurée et contenue dans les limites assez précises, est ordinairement primitiv^e et frappe des sujets dont la résistance organique est assez bien conservée. Les lésions du poumon y sont moins importantes, mais bien localisées. La plus grande partie de l'appareil pulmonaire est indemne et suffit largement à l'hématose. Il en résulte que la dyspnée est encore relativement assez faible. La tâche du médecin est assez simple. Il devra combattre les symptômes inquiétants, soutenir les forces, et la lutte sera de courte durée.

(') Richard, De l'isolement individuel dans la rougeole; Société médicale des hôpilaii.r, 16 mars 1889.

Grancher, Isolement et antisepsie à l'hôpital des Enfants malades; Bévue d'hygiène, 1889. — Essai d'antisepsie médicale; Revue d'hygiène, 1890.

[NETTER'\

MALADIES AIGUËS DU POUMON

Dans la bronchopneumonie, les conditions sont toutes différentes. Il n'y î> rien de l'allure cyclique de la pneumonie et rien ne fait pressentir la durée du mal. Les lésions locales relativement peu profondes sont répandues dans tous les lobes et portent une grande entrave à l'hématose. On est sans cesse sous la menace de l'extension de ces lésions, préoccupation relativement peu notable dans la pneumonie. Il s'agit de sujets débilités physiologiquement et pathologiquement. Nous pourrions insister sur ce parallèle.

La première indication dans la bronchopneumonie est de soutenir les forces du malade. L'usage des préparations alcooliques s'impose et l'on ajoutera souvent à l'alcool l'action des préparations ammoniacales.

On s'efforcera de favoriser r expectoration, et c'est sans doute de cette façon qu'agit l'ipéca, si fréquemment employé avec fruit dans les cas de ce genre. Nous ne croyons pas pouvoir recommander l'apomorphine, conseillée par Jiirgensen.

Les bains tièdes à 25 ou 30 degrés suivis de lotions fraîches, et même les bains froids, sont conseillés par de nombreux auteurs, et nous en avons obtenu personnellement d'excellents résultats.

L'influence de cette pratique est complexe et ne consiste pas seulement à combattre la fièvre. Elle exerce sans aucun doute une influence favorable sur l'activité du cœur et [des mouvements respiratoires.

Depuis les communications de M. Renaut, nous faisons usage des bains chauds, dont nous sommes très satisfaits. On sait que la pratique de cet auteur consiste à donner des bains à 38" toutes les trois heures jusqu'à disparition de la fièvre. On obtient ainsi un soulagement très l'apide de la dyspnée et des symptômes nerveux. La balnéation chaude ne paraît pas suffisante pour arrêter le développement des lésions pneumoniques, mais elle agit merveilleusement contre la bronchite diffuse qui est le plus ordinairement le point de départ de la bronchopneumonie et dont le rôle est des plus essentiels dans l'évolution du mal.

La balnéation chaude a été employée avec le même succès chez l'adulte que chez l'enfant.

Nous ne pensons pas, malgré l'autorité de Rilliet et Barthez, que la révulsion sous forme de vésicatoires soit très utile, et nous lui reconnaissons plus d'inconvénients que d'avantages.

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