‹ Traité de médecine ... [electronic resource] (volume 3)Chapitre 151 sur 153 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Les complicalions nerveuses de la vérole exigent entre toutes un traitement inlemif e[ précoce. Les chances de succès sont d'autant plus grandes que l'on intervient plus tôt. C'est ainsi que les accidents prémonitoires, les céphalées, les phénomènes méningitiques cèdent au traitement dans la grande majorité des cas, tandis que les symptômes ultérieurs, en relation avec la désorganisation plus ou moins profonde du tissu nerveux, sont beaucoup plus rebelles et parfois même ne sont nullement influencés.

En ce qui concerne la sy})hilis cérébrale confirmée, l'action de la thérapeutique se montre plus favorable, toutes choses égales d'ailleurs, dans l'épilepsie symptomatique, les paralysies isolées des nerfs crâniens; tandis qu'elle est beaucoup moins certaine dans les formes mentales, dans les hémiplégies d'origine vasculaire.

Au cas de lésion gommeuse corticale bien délimitée, si la thérapeutique médicale a complètement échoué, la question de l'intervention chirurgicale pourra se poser. Chez un malade observé par Friedlander et Schlesinger ('), elle l'ut suivie de succès dans ces conditions. Dans un cas de Gajkie\vicz(-) l'amélioration ne fut pas immédiate, mais la guérison put être achevée ensuite par le traitement spécifique. Il va de soi qu'avant de décider la trépanation, on devra préciser le diagnostic par tous les moyens possibles, sans excepter la radiographie, puisqu'elle paraît pouvoir donner des renseignements précieux dans les tumeurs cérébrales.

D'une façon générale, les lésions médullaires paraissent beaucoup moins accessibles au traitement antisyphilitique que celles qui atteignent le cerveau. En particulier, les paraplégies à développement rapide, accompagnées d'escarres de décubitus, résistent souvent à la médication la plus énergique. Le pronostic des méningites spinales est beaucoup plus favorable à cet égard.

On doit avoir recours au traitement mixte. Fournier donne la préférence au mode d'administi'ation suivant : l'iodure de potassium à l'intérieur, à la dose moyenne de 5 grammes; le mercure en frictions de 5 à 10 grammes par jour, en augmentant progressivement. Ce traitement doit être continué longtemps; il ne doit même pas être abandonné définitivement lorsque la guérison a été obtenue. On aura soin de ménager des intervalles de repos et d'alterner les deux médications antisyphilitiques.

Depuis quelques années, on tend à donner la préférence aux injections souscutanées de préparations mercurielles, qui permettent de doser rigoureusement la quantité de mercure introduite dans l'organisme : huile grise, calomel en suspension dans l'huile, préparations solubles. Abadie a vanté les injections intra-veineuses de cyanure de mercure. Nous n'avons pas ici à insister sur la technique de ces méthodes et sur la discussion de leurs avantages respectifs. La syphilis des centres nerveux réclame le traitement des syphilis malignes les plus sévères; mais elle ne comporte à cet égard aucune indication spéciale; et c'est pour mémoire seulement que nous signalerons ici les tentatives d'intro-

(M Friedlandeh et Schlesinger. Société des médecins de Vienne, 21 janvier 1898. (^) Gajkie\vii;z. llaz. Lekaratm. n"' '2 et Ti, 1895 — in Rev. Neurologique, 1896, p. 460.

[ff. LAMY.'i

SYPHILIS DES CENTRES NERVEUX

duction directe des préparations mercurielles so'lubles au contact des centres nerveux par injection intra-arachnoïdienne. Cette méthode paraît avoir donné des résultats trop peu encourageants, et comporter trop de dangers pour pouvoir encore être conseillée.

Il est rigoureusement indiqué de placer les malades dans les meilleures conditions d'hygiène possible, de les soustraire à toute espèce de préoccupation morale, à tout travail physique ou intellectuel : autant de préceptes qui doivent être observés comme mesures préventives contre les accidents nerveux, par les syphilitiques qui y seraient prédisposés.

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