CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
L'ataxie, dite cérébrale, caractérisée par la maladresse et, Tincoordination des mouvements intentionnels s'observe souvent. D'après Moeli et Marinesco cette ataxie serait subordonnée aux troubles de la sensibilité; pour d'autres auteurs, elle serait la conséquence du retentissement indirect de la lésion de la calotte sur le faisceau pyramidal. Quand le noyau rouge (Starr, Kolisch, Muratow) ou les pédoncules cérébelleux supérieurs (Eisenlohr) sont lésés, on peut constater de l'ataxie cérébelleuse caractérisée par des désordres de l'équilibration au repos et pendant la marche.
Des mouvements choréiformes, du tremblement des extrémités paralysées ne sont pas très rares. La paralysie de la troisième paire accompagnée d'hémiplégie croisée avec tremblement constitue le syndrome de Benedikt.
Syndrome de Benedikt. — Benedikt (de Vienne), étudiant dans une leçon publiée en 1889 le mécanisme du tremblement en général, rapportait trois faits d'un syndrome qu'il proposait d'appeler « une hémiparésie avec pai'alysie croisée du moteur oculaire commun avec un tremblement des parties paralysées ». Interprétant ce syndrome, Benedikt ajoutait : « Dans ces cas la lésion me paraît siéger bien évidemment dans le pédoncule cérébral au niveau du noyau de l'oculo-moteur, au point d'émergence de ce nerf ». Charcot, en 1895, fit une leçon à la Salpêtrière dans laquelle, rappelant les observations du médecin de Vienné, il décrivait sous le nom de « syndrome de Benedikt » la paralysie de la troisième paire accompagnée d'hémiplégie croisée avec tremblement. Gilles de la Tourette et Jean Charcot (') ont publié une étude d'ensemble de ce syndrome. Des observations nouvelles ont été rapportées par Raviart et Ausset, Touche, Vigouroux et Laignel-Lavastine, d'Astros et Hawthorn, Flesch. Il faut mentionner enfin un important mémoire de Halban et Infeld (^) qui ont réuni tous les cas connus.
Le tremblement qui coexiste avec l'hémiplégie et caractérise le syndrome de Benedikt n'est pas toujours son contemporain immédiat. Il apparaît le plus souvent avec elle, mais parfois ne se montre que un an ou deux ans après. Ce tremblement semble, dans la majorité des cas, être intermédiaire entre celui de l'hémichorée et de l'hémiathétose. Il peut ressembler aussi au tremblement de la paralysie agitante ou de la sclérose en plaques; il paraît toujours s'exagérer dans les mouvements intentionnels II existe dans les membres supérieur et inférieur, parfois aussi dans le cou et le tronc, produisant une sorte de balancement du corps dans le sens latéral. Il est chez certains malades assez actif et suffisamment fort pour déterminer des excoriations bientôt converties en cicatrices sur les membres atteints, les mains en particulier, par suite du frottement de ces parties contre les surfaces environnantes (Gilles de la Tourette et Jean Charcot). Dans certains cas, on a constaté un double syndrome de Benedikt.
Le syndrome de Benedikt, autant qu'on en peut juger par le petit nombre d'autopsies publiées, semble être sous la dépendance d'une lésion de la calotte du pédoncule.
(') Gilles de la Tourette et Jean Charcot. Le syndrome de Benedikt. Semaine méd., 1900, p. 127.
{■-) Halban et Infeld. Zur Pathologie der Hirnschenkelliaube mit besonderer Beriicksichtigung der postliemiplegischen Bewegungsei-scheinungen, /Ir^ej/e» mis dein Neur. InslUule an jjier Wiener Universiliit. Herausgegeben von prof. D'^ H. Obersteiner, Heft 9, lilO^.
IGEOBGES GUILLAIN.2
PATHOLOGIE DES PÉDONCULES CÉRÉBRAUX