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TUMEURS DES PÉDONCULES

remarquer que 22 fois sur 58 faits de tubercule bien observés, un syndrome a llerne a été décrit. Celui-ci, dans la majorité des cas, se constitue lentement. Pendant un laps de temps variable, les troubles croisés, moteurs ou sensitifs, existent seuls. Les phénomènes oculaires ne font leur apparition que plus ou moins longtemps dans la suite. Dans certaines circonstances ce sont au contraire les troubles oculaires (ptosis, strabisme, etc.) qui apparaissent les premiers, la paralysie du côté opposé se montrant après. Parfois la paralysie alterne a été constatée à la suite d'un ictus, alors souvent les troubles directs et croisés se produisent simultanément.

La paralysie du moteur oculaire commun peut être complète comme dans les cas d'Archambault, Krafft-Ebing, Bouveretet Chapotot. L'ophtalmoplégie interne peut exister seule (cas de Fleischmann), l'ophtalmoplégie externe a été observée à l'état isolé par Gallois. Diins la plupart des cas on se trouve en présence d'ophtalmoplégie interne et externe incomplètes ou combinées (ptosis, dilatation de la pupille, strabisme externe, etc.).

U hémiplégie pédonculaire peut être totale portant alors sur la face, l'hypoglosse, les membres ; elle peut, au contraire, n'afl'ecter que séparément chacune de ces régions. L'exagération des réflexes, la trépidation épileptoïde sont fréquentes. L'hémichorée accompagnant l'hémiplégie a été observée dans plusieurs cas. Le tremblement a été noté dans diverses observations. Dans celle de Mendel et celle de Audry, le tremblement revêtait un caractère intentionnel. Chez le malade de Blocq et Marinesco il affectait une grande ressemblance avec le tremblement parkinsonien, si bien que le diagnostic de paralysie agitante hémilatérale fut porté par ces auteurs. Gowers, Henoch, Grawitz ont aussi noté l'hémitremblement.

On peut rapprocher de ces faits l'hémiataxie que l'on trouve signalée dans quelques observations.

Les troubles de la sensibilité s'observent parfois : liémianesthésie, hémihyperalgésie, fourmillements, sensations douloureuses. Des symptômes douloureux ont été signalés dans le domaine du trijumeau et sont sans doute en relation avec l'altération de la racine descendante de la cinquième paire. Dans un grand nombre de cas de tumeurs du pédoncule,yrl n'y avait pas de troubles sensitifs malgré la destruction du ruban, de Reil. Il n'est pas prouvé, me semblc-t-il, que; la sensibilité soit conduite exclusivement par le ruban de Reil et nous savons d'ailleurs que les suppléances sont extrêmement faciles aux conducteurs détruits.

Dans un cas de Haenel(') une tumeur très étendue avait déterminé la paralysie du trijumeau, du facial, de l'acoustique.

On a noté parfois des troubles vaso-moteurs et iher iniques du côté de la paralysie,

Marche. Formes cliniques. — Il existe des tumeurs tuberculeuses du pédoncule dont la marche est foudroyante. Un enfant, par exemple, tombe dans le coma et meurt en quelques jours sans avoir repris connaissance.

Les tumeurs de la calotte et les tumeurs du pied du pédoncule donnent lieu à une symptomatologie un peu dissemblable.

(') Hans Haenel. Klinischer Bcilrag zur Kenntniss dcr Erkraiikune;en des IIirnschenl<ols. Deulscltc Zeita. f Nenwiih., 1900, XVII.

[GEOBGES GUILLAIN ]

AU

PATHOLOGIE DES PÉDONCULES CÉRÉBRAUX

La lésion dans certains cas peut envahir les deux pédoncules. Bonnefin, Bouveret et Chapotot, Krafft-Ebing ont observé un syndrome allerne bilatéral. Parfois on voit un syndrome de Wcber se compliquer simplement d'une paralysie de Toculo-moteur commun du côté opposé, cette dernière pouvant d ailleurs rester incomplète.

Les tumeurs du pédoncule évoluent toujours avec une assez grande rapidilé. Dans les tumeurs tuberculeuses l'état général s'aggrave, des convulsions et du délire se montrent, les sphincters se paralysent et la mort survient. La durée apparente (car on ignore la durée de la phase latente) varie dans ces cas de quelques jours à quelques mois. Des complications peuvent d'ailleurs survenir parmi lesquelles la méningite tuberculeuse est une des plus graves.

Diagnostic. — Les éléments du diagnostic d'une tumeur du pédoncule seront fournis, d'une part, par les signes généraux de compression indiquant l'existence d'une tumeur et, d'autre part, par les signes de lésions en foyer permettant de localiser cette tumeur intracrànienne dans le pédoncule. L'existence du syndrome de "Weber est un des meilleurs symptômes de la localisation pédonculaire.

Les tumeurs de la base du crâne peuvent, en comprimant le faisceau pyramidal, être la cause d'une paralysie alterne, mais ces tumeurs sont généralement accompagnées de la paralysie de plusieurs nerfs crâniens, parfois existe de l'exophtalmie. De plus les deux pédoncules sont souvent intéressés. Uliystérle peut simuler le syndrome de "Weber, j'ai indiqué ailleurs les signes permettant de reconnaître la névrose (page 480).

La tumeur du pédoncule étant diagnostiquée, il faudra essayer de la localiser en recherchant avec soin les signes traduisant la lésion des fibres de la calotte, ou la lésion des fibres du pied. Nous avons vu que, dans les lésions de la calotte, la paralysie du moteur oculaire commun est souvent partielle, car les filets radiculaires du nerf sont écartés les uns des autres; au contraire les tumeurs de l'étage inférieur du pédoncule causent plus fréquemment la paralysie totale de la troisième paire. Dans les tumeurs de la calotte, les troubles moteurs ne se présentent pas sous la forme de grosse paralysie, mais on observe spécialement de l'incoordination motrice, du tremblement intentionnel, de la démarche cérébelleuse, de l'asynergie, de la dysarthrie rappelant celle de la sclérose en plaques.

Il faut enfin déterminer la nature de la tumeur. On recherchera toujours les antécédents syphilitiques et les stigmates de cette affection. Dans le cas de .syphilis cérébrale l'examen chimique etcytologique du hquide céphalo-rachidien pourra peut-être fournir des indications en montrant une quantité anormale d'albumine et l'existence de lymphocytes. Chez un sujet jeune on songera à une tumeur tuberculeuse, diagnostic qui sera rendu plus vraisemblable si le malade a des signes 'de tuberculose osseuse, articulaire, ganglionnaire ou pulmonaire, s'il est un héréditaire tuberculeux. II faut bien savoir cependant que le diagnostic clinique de la nature d'une tumeur est extrêmement difficile. Dans un cas de Sutton, par exemple, une tuberculose pulmonaire avait fait croire à la nature tuberculeuse d'une tumeur du pédoncule, l'autopsie montra un gliome. C'est en effet seulement sur la table d'autopsie ou au laboratoire que Ton détermine avec exactitude la structure histologique de la tumeur.

Traitement. — Quand on soupçonnera une tumeur syphilitique, on pratiquera

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