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PARALYSIES DES MOUVEMENTS ASSOCIÉS DES YEUX

state dans les lésions du cerveau et du mésocéphale. Tantôt la paralysie existe sans déviation permanente : dans le regard au loin la situation des yeux est normale, les mouvements d'élévation et d'abaissement sont conservés, seul est aboli le mouvement de latéralité associé.

Le muscle, droit interne, qui semble paralysé quand on sollicite un mouvement de latéralité, agit d'une façon normale quand on sollicite un mouvement de convergence. De plus il est facile de constater que la paralysie cesse durant l'épreuve monoculaire. Si, par exemple, on suppose une paralysie des mouvements de latéralité à droite, l'occlusion de l'œil droit permet au muscle droit interne de l'œil gauche d'agir comme normalement. Dans ces paralysies il n'y a généralement pas de diplopie. De nombreux exemples de paralysies associées des mouvements de latéralité existent dans la littérature médicale.

Les paralysies associées de rélévation sont relativement rares. Parinaud, Nieden, Henoch, Raymond en ont publié des observatio:iS.

On peut observer des paralysies combinées portant à la fois sur les moiivemenls associés de Vélévaiion et de l'abaissement comme dans les cas de Wernicke, Parinaud, Sauvineau, Teillais.

Les paralysies des mouvements associés d'abaissement sont exceptionnelles. Poulard('), dans un intéressant travail que j'ai mis à contribution, en a rapporté un exemple très net. Un malade présenté à la Société de Neurologie de Paris successivement par Crouzon, Babinski, Pierre Marie a été le sujet d'une importante discussion sur le diagnostic différentiel entre la paralysie des abaisseurs du globe oculaire et le spasme des élévateurs.

La paralysie des mouvements associés des yeux peut coexister avec une hémiplégie. Je rappelle (voir p. 479) que Grasset a attiré l'attention sur une variété de paralysie alterne motrice, la paralysie alterne du type Foville. Il s'agit de la paralysie des membres d'un côté, du facial total et de l'hémi-oculomoteur rotateur des yeux de l'autre.

Pathogénie. — Ce ne sont pas les lésions périphériques des muscles et des nerfs qui produisent les paralysies des mouvements associés. Il semljle difficile aussi d'assigner à la paralysie une origine nucléaire, car l'anatomie montre que les noyaux, surtout ceux du moteur oculaire commun, se touchent, et par suite on comprendrait mal qu'une lésion puisse atteindre certains groupements cellulaires sans toucher ceux qui sont adjacents. Aussi est-il probable que la lésion siège en dehors des noyaux, dans des centres coordinateurs des mouvements oculaires ou sur les fibres qui réunissent ces centres coordinateurs aux noyaux d'origine des nerfs moteurs de l'œil. Cette thèse a été soutenue par Parinaud, Sauvineau, Teillais, Raymond, Poulard, etc.... La situation de ces centres coordinateurs n'est pas encore nettement fixée.

L'expérimentation a démontré chez les animaux (singe, chien) l'existence de zones corticales dont l'irritation produit des mouvements associés des globes oculaires. Prévost, Vulpian, Landouzy, Grasset ont vu que des lésions du cerveau, de la protubérance annulaii-e, amènent chez l'homme une déviation conjuguée des yeux. Il semble donc logique d'admettre des centres corticaux d'association des mouvements oculaires en connexion avec d'autres centres protubérantiels.

(') Poulard. Paralysie, des mouvements associés des yeux. Arcli. d'ophtalmologie . mai 1001.

[GEORGES GUILLAIN

PATHOLOGIE DES PÉDONCULES CÉRÉBRAUX

D'après des recherches récentes de Piltz, de Gerwer. il y aurait dans l'écorce cérébrale des animaux, comme le chien, trois centres oculomoteurs : un centre frontal, un centre pariétal, un centre occipital. Des fibres nerveuses émanant de ces divers centres et suivant les unes et les autres des trajets différents dans l'encéphale, viendraient se mettre en connexion avec le tubercule quadrijumeau antérieur. Dans des expériences anciennes Adamûck et Beaunis avaient localisé dans les tubercules quadrijumeaux antérieurs les centres de coordination des mouvements associés des yeux, Prus a vu que l'excitation électrique des tubercules quadrijumeaux amène des mouvements associés des yeux. 11 convient de remarquer, toutefois, que, d'après des expériences de Topelanski et de Bernheimer, les tubercules quadrijumeaux antérieurs ne seraient pas le siège des mouvements associés des yeux. Bernheimer dit même avoir constaté que, après l'extirpation de l'un des tubercules quadrijumeaux antérieurs chez le singe, l'excitation de l'écorce du pli courbe amène encore des mouvements associés des yeux.

Les examens faits, chez l'homme, par la méthode anatomo-clinique semblent prouver que des centres extra-nucléaires présidant aux mouvements associés des yeux se trouvent dans la région des tubercules quadrijumeaux. En effet les lésions siégeant dans la région des tubercules quadrijumeaux ou au niveau des fibres mal connues qui unissent les centres extranucléaires aux noyaux plus inférieurs peuvent créer une paralysie des mouvements associés. Raymond a eu l'occasion de faire l'autopsie d'un malade qui avait été atteint d'une hémiplégie sensitivo-motrice gauche, sans ictus préalable, associée à une paralysie des mouvements de latéralité des yeux, à une certaine exagération des réflexes tendineux, à un certain degré d'ataxie et à une agitation athétosique des doigts du côté paralysé. En outre, dans les derniers temps de sa vie, ce malade avait présenté une diminution de l'acuité auditive à gauche, une gène de la déglutition, des douleurs très vives dans la main paralysée et une accentuation de la paralysie au niveau de cette main. A l'autopsie, on trouva dans la moitié droite de la protubérance un gros tubercule solitaire situé entre les noyaux des troisième et sixième paires, mais absolument extra-nucléaire ('). Dans un autre cas de paralysie des mouvements associés des yeux, Raymond et Cestan ont constaté une plaque de sclérose de la région pédonculo-protubérantielle. Parinaud a insisté d'ailleurs sur la fréquence des paralysies associées des yeux dans la sclérose en plaques.

Bruce (') a observé une double paralysie de mouvements conjugués latéraux des yeux. A l'autopsie il trouva un tubercule occupant l'emplacement des noyaux des sixième et septième paires des deux côtés et des bandelettes longitudinales postérieures.

Le cervelet, d'après des expériences physiologiques et des faits cliniques, semble agir aussi sur les mouvements des globes oculaires.

Les études des anatomistes ont encore fourni quelques documents intéressants. Duval, Laborde, Graux, Huguenin ont montré qu'il existe entre le noyau du moteur oculaire externe et celui du moteur oculaire commun du côté opposé, une anastomose qui serait destinée à assurer la collaboration fonction-

(') Raymond et Cestan (Gaz. des hôp., 1905, p. 829) ont rapporté de nouveaux cas de paralysie des mouvements associés de latéralité par lésion tuberculeuse située dans la calotte de la protubérance entre les noyaux de la sixième et de la troisième paire.

(2) Bruce. Review of Neurologij aud Psijchlalry, 1905, n° 5.

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