PARALYSIES DES MOUVEMENTS ASSOCIÉS DES YEUX
nelle de ces deux centres dans les mouvements de latéralité. Daval a décrit une anastomose entre le noyau de la troisième paire d'un côté et celui du pathétique du côté opposé. On a vu des fibres commissurales révmissant les noyaux des nerfs de l'œil de chaque côté. Le faisceau longitudinal postérieur est très vraisemblablement une voie d'union importante entre les différents noyaux des nerfs de l'œil.
Sans doute certaines paralysies associées sont en rapport avec des lésions des noyaux qui présentent entre eux une union qui les rend fonctionnellement dépendants les uns des autres; on a vu, par exemple, des cas de lésions nucléaires de la sixième paire ayant déterminé une paralysie associée du droit interne du côté opposé dans les mouvements de latéralité : mais ces paralysies associées paraissent dues, bien plus souvent, à une lésion extranucléaire de la région des tubercules quadrijumeaux ou à une lésion de la calotte protubérantielle détruisant les fibres d'union entre la sixième et la troisième paire.
L'étude des paralysies associées montre qu'il existe, en dehors des noyaux d'origine des nerfs moteurs de l'œil, des centres coordinateurs régulateurs des mouvements associés des globes oculaires, centres extranucléaires siégeant au voisinage des tubercules quadrijumeaux et paraissant préposés à la coordination des mouvements réflexes binoculaires, centres corticaux qui semblent jouer un rôle dans l'association des mouvements volontaires binoculaires. Peut-être existe-t-il des centres cérébelleux qui auraient une action pour maintenir les rapports et assurer l'équilibre des axes visuels (Foulard).
IGEORGES GVILLAIN '\
Il — PATHOLOGIE DE LA RÉGION DES TUBERCULES QUADRIJUMEAUX
La symptomalologie des affections des tubercules quadi-ijumeaux n'est pas encore absolument précise. Ce fait, d'ailleurs, s'explique. Il est, en effet, relativement rare d'observer des lésions exactement limitées aux tubercules quadrijumeaux; l'anatomie pathologique humaine nous montre des tumeurs, des hémorragies, des ramollissements qui s'étendent vers les régions adjacentes du pédoncule cérébral, de la protubérance ou de la région sous-optique et l'on comprend qu'il soit bien souvent difficile d'interpréter les symptômes observés. De plus, l'anatomie normale de celte partie du névraxe n'est pas encore parfaitement connue et les recherches physiologiques et expérimentales ont donné fréquemment des résultats contradictoires.
Il existe cependant dans la littérature médicale des documents analomocliniques qui peuvent être utilisés pour schématiser la symptomatologie des lésions de la région des tubercules quadrijumeaux.
Historique. — Nothnagel (') écrivait en 1885 : « Nous nous heurtons, à propos des tubercules quadrijumeaux, à une pénurie d'observations sensible à ce point que nous ne possédons presque aucun fait utilisable en matière d'alTections de déficit revêtant la forme de foyers d'hémorragie ou de ramollissement limités à ces organes. Nous n'en avons ni observé ni pu trouver dans la bibliographie un seul cas qui fût capable de nous servir. »
Nothnagel (^) plus tard, en 1889, a écrit un important travail sur la séméiologie des tumeurs des tubercules quadrijumeaux.
Des mémoires documentés ont été publiés par Eisenlohr (^), Ruel('), Bruns Weinland ("). Von Monakow^ Ç) a largement étudié ce sujet dans sa pathologie cérébrale. Raymond (*) a consacré aux lésions des tubercules quadrijumeaux plusieurs leçons cliniques. Plus récemment Nissen(^) étudiait le diagnostic diffé-
(*) Nothnagel. Traité clin, du diagnostic des mal. de l'encéphale, 1885.
{^) Nothnagel- The diagnosis of disease of tlie corpora quadrigeniina. Brain, 1889.
(') EisENLOiiR. Zur Diagnose der Vierhugelerkrankungcn. Jahrhiicher der Hamburger Staatskrankenanslalten, 1889.
RuEL. Physiologie el pathologie des tubercules quadrijumeaux. Thèse de Genève, 1890.
(■') Bruns. Zur differentiellen Diagnose zwischen den Tunioren der Vierhùgel und des Kleinhirns. Archiv fiir Psychiatrie und .Xervenkranh-lieitrn. I8'.li. B. '26, IL 2.
('') Weinland. Ueber einen Tumor der Vierhugelgcgeiid und iiber die Beziehungen der hinleren Vierhiigel zu Gehorstorungcn. Archiv /'. Psycinalric. B. 26, H. 2.
(') Von Monakow. GeliirnpaLhologie, Vienne, 1897.
(**) Raymond. Clin, des maladies du si/st. nerveux, .j' séi'ie, leçon VII: série, leçons XIV et XV.
^^) NissEN, Zur KliniU der Tunioren von Vierhiigelgegend, neljst Bemerlvungen zu ihrer Difl'erenlialdiagnose mit Kleinhirngesclnviilsten. Jalirb. f. Kinderheilk., LI\', 5 el 6.