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PATHOLOGIE DU BULBE
artères oblitérées. Il est fréquent de voir des ramollissements l)ulbo-protuhérantiels ou bulbo-cérébelleux.
Quand la mort a été rapide, on ne constate pas de ramollissement du territoire ischémié.
Maleïev('), ayant eu Foccasion de faire l'autopsie d'un individu mort dix jours après l'oblitération de la partie inférieure du tronc basilaire, n'a pas observé de foyer de ramollissement bulbaire; mais, à l'examen microscopique, les noyaux d'origine des 9% 10'' et 12"= paires étaient dégénérés, ainsi que les racines de ces nerfs; les noyaux d'origine des autres nerfs étaient également atteints, mais leurs racines étaient intactes.
Symptômes. — Duret, en se basant sur la distribution des artères médianes du bulbe, avait conçu a priori la théorie suivante : l" lorsqu'un caillot siège dans l'une des artères vertébrales, il interrompt la circulation dans l'artère spinale antérieure et, par conséquent, dans les artères médianes qui en partent, c'est-à-dire dans les artères nourricières des noyaux du spinal, de l'hypoglosse et du facial inférieur. Il donnera lieu à tous les symptômes d'une paralysie labio-glosso-laryngée à début brusque; 2° lorsque le caillot occupe la partie inférieure du tronc basilaire, il anémie les artères sous-protubérantielles, les artères des noyaux du pneumo-gastrique, il s'ensuivra une mort sulfite ou au moins rapide. Cette conception estexacte, ellea été vérifiée par les faits cliniques.
Les symptômes créés par l'oblitération des artères nourricières du bulbe peuvent être suraigus, aigus, subaigus.
Dans un premier groupe de faits, il s'agit le plus souvent d'embolie de la vertébrale, plus rarement de thrombose à marche rapide, l'évolution des symptômes est suraiguë; le syndrome bulbaire se crée et la mort survient avec des troubles respiratoires et cardiaques.
Dans d'autres cas, on peut observer des prodromes : douleurs de tète, somnolence, tendance à la syncope, vertiges, nausées, scotome scintillant. Ces prodromes existent principalement chez les artérioscléreux. Souvent les signes bulbaires apparaissent sans' ictus avec perte de connaissance. Bien que le ramollissement bulbaire soit fréquemment unilatéral, on observe au début des troubles très marqués de la déglutition, de la phonation. On a, somme toute, le tableau d'une paralysie glosso-labio-laryngée à début brusque, et il est facile de constater les troubles de la motilité de la langue, du voile du palais, des cordes vocales. A ces signes bulbaires, sur lesquels nous croyons inutile d'insister, s'ajoutent souvent des paralysies des membres, soit une hémiplégie simple, soit une hémiplégie double. Reinhold, Revilliod, Goukowsky ont observé une variété de paralysie alterne caractérisée par la paralysie de l'hypoglosse d'un côté et l'hémiplégie dès membres du côté opposé. Les troubles de la sensibilité sous forme de paresthésies, l'hémianesthésie complète ou dissociée se voient dans certains cas. Parfois on constate de Vataxie, de Yasynergie dans les membres du côté de la lésion. Dans le cas publié par Leclerc {-), le ramollissement du bulbe avait donné lieu à un syndrome cérébelleux; de tels faits sont rares.
(') Maleïev. CoiilribuLion à ranaloniie )>aLliologi(]uc des paralysies bulbaires d'origine vasculaire. Neurologhilchcski Veslnik. 1000, VIII, f. 5, p. 16.
{-) Leclerc. Ramollissement bulbaire avec syndrome cérébelleux. Soc. nat. de méd. de Lyon, séance de juillet 1901. .