RAMOLLISSEMENT DU BULBE
he syndrome oculaire sijmpalhique a été observé dans «les paralysies bulbaires apoplectiformes par HoiTmann, Babiiiski et Nageotte, Breuer et Ollo Marburg. Je rappelle que Babinski et Nageotte ont vu, dans des ramollissements unilatéraux du bulbe, une association de syndromes dont les traits essentiels sont des vertiges, une hémiplégie et une hémianesthésie du- côté opposé de la lésion, une hémiasynergie, de la laiéropulsion et du myosis du côté de la lésion.
Les différents syndromes bulbaires que nous avons décrits peuvent, on le comprend facilement, s'observer dans des cas de ramollissement. Parfois, dans les lésions vastes, aux symptômes bulbaires s'adjoignent des symptômes protubérantiels. Quand la mort ne survient pas après quelques jours ou après quelques semaines, soit par troubles cardiaques ou pulmonaires, soit par troubles de la déglutition et pneumonies infectieuses consécutives, il est habituel de voiries symptômes bulbaires s'améliorer.
Oppenheim a observé un cas de paralysie bulbaire aiguë où la guérison fut presque complète. Si le malade survit et que les noyaux ou les racines de certains nerfs moteurs du bulbe aient été atteints, on pourra observer des atrophies musculaires avec réaction de dégénérescence, mais les troubles n'auront jamais la symétrie et l'évolution que l'on constate dans la paralysie bulbaire progressive chronique.
Diagnostic. — La paralysie bulbaire apoplectiforme, par son mode de début, son évolution, se différencie facilement des autres variétés de paralysies bulbaires {paralysie bulbaire chronique progresiiive ^ pai'alysie bulbaire aslhénique , liiiiieur>i du bulbe, etc.). Parfois il peut y avoir certaines difficultés pour diagnostiquer entre elles la paralysie bulbaire apoplectiforme et la paralysie pseudo-bulbaire. Dans la paralysie pseudo-bulbaire, le début se fait en général par plusieurs ictus apoplectiques; on constate des troubles psychiques, du rire et du pleurer spasmodiques; il y a une disproportion entre l'intensité des désordres des mouvements associés et l'intégrité relative des mouvements simples ; on n'observe pas d'atrophies muscvdaires.
Dans les cas de paralysie bulbaire suraiguë avec mort rapide, il est impossible de dire s'il s'agit d'une Iiérnorragie ou d'un ramollissement. En règle générale, les ramollissements ont une évolution moins rapide que les hémorragies. La constatation d'une cardiopathie chez le malade fera songer à une thrombose par embolie, tandis que des signes de syphilis ou de sclérose vasculaire, l'existence de prodromes, orienteront le diagnostic vers la thrombose par artérite. Il ne faut pas oublier d'ailleurs que, dans l'artério sclérose de la vertébrale ou du tronc basilaire, on peut observer des meiopragies bulbaires sans qu'il existe de ramollissement.
Le diagnostic du siège des lésions est très délicat, mais l'anatomie permet de dissocier les symptômes bulbaires créés par l'oblitération des différentes artères. L'oblitération d'une artère vertébrale amène des troubles des nerfs glosso-pharyngien, pneumo-gastrique, spinal, grand hypoglosse. Quand l'artère spinale antérieure, ce qui n'est pas rare, naît d'une seule artère vertébrale, l'oblitération de cette dernière peut produire des signes bulbaires bilatéraux et une hémiplégie double. Une hémiplégie double peut aussi se montrer dans des ramollissements unilatéraux étendus du bulbe, alors qu'un faisceau pyramidal avant la décussation est lésé et l'autre après la décussation. Dans
\GEORGES GVlLLAin
PATHOLOGIE DU BULBE
les cas où la voie motrice est vascularisée par une artère spinale antérieure issue des deux verléljrales, la thrombose de Tune de celles-ci pourra ne causer aucune paralysie des extrémités.
L'artère cérébelleuse inférieure peut être le siège d'embolie ou de thrombose, ainsi qu'il résulte des observations de V. Oordt, de Wallenberg ('). Le foveide ramollissement siège dans la partie latérale du bulbe et atteint le corps restiforme, le noyau du vague et du glosso-pharyngien, la racine spinale du trijumeau et une partie de la formation réliculaire ; l'olive peut être lésée, le cervelet est souvent ramolli. Dans ce cas, on observe un syndrome bulbaire unilatéral, une hémianesthésie du côté opposé et parfois de l'anesthésie dans le domaine du trijumeau. L'hémiplégie ne se constate que dans les cas où est atteint le faisceau pyramidal, mais on observe relativement fréqueiïimeni de l'ataxie du côté de la lésion (Reinhold, Anton). On peut constater également du nystagmus, des vertiges, une tendance à la chute du côté de la lésion.
Traitement. — Il est nécessaire de donner un traitement spécifique dans tous les cas où Ton croit à la possibilité de la syphilis ; on obtient ainsi parfois des résultats très favorables. Chez les polyscléreux. la thérapeutique sera surtout hygiénique, on conseillera aussi les iodures.
Au début, il faut surveiller avec un grand soin l'alimentation, nourrir les malades avec la sonde œsophagienne pour éviter les accidents de suffocation el les infections pulmonaires.
Quand surviennent des atrophies musculaires on usera de Télectrothérapie comme dans la paralysie bulbaire chronique progressive.