‹ Traité de médecine ... [electronic resource] (volume 4)Chapitre 17 sur 73 · MARCHE. DUREE. TERMINAISONS. RECHUTES. RÉCIDIVES. IMMUNITÉ · texte numérisé non relu

MARCHE. DUREE. TERMINAISONS. RECHUTES. RÉCIDIVES. IMMUNITÉ

dentelles, interviennent pour modifier rallure normale de la dothiénentérie. Sans revenir sur les faits précédemment exposés, il me suffira de rappeler combien le tableau de la dothiénentérie de l'enfant (') diffère de celui qu'on observe chez le vieillard.

Les transitions entre les périodes de la fièvre typhoïde ne sont pas soudaines et la durée de la maladie oscille entre quelques jours et quelques mois: ce sont là, il est vrai, des limites extrêmes qui ne sont point observées dans les formes communes. La durée moyenne de celles-ci est comprise entre 5 ou 4 semaines; elles se prolongent fréquemment dans le cas de résolution tardive jusqu'à la sixième, septième et huitième semaine (^). — Il y a une relation étroite entre la durée de la maladie et sa gravité; les formes graves sont le plus souvent longues ou moyennes; les formes légères sont moyennes ou courtes; toutefois les morts rapides ne sont pas exceptionnelles au début des épidémies les plus violentes.

La termination se fait par une guérison complète, incomplète, ou par la mort.

La guérison complète suit les formes légères, moyennes et même graves. Parfois le patient sorti de la fièvre typhoïde se retrouve gratifié d'une santé plus robuste qu'avant sa maladie; le tempérament est modifié au point que certains états morbides constitutionnels disparaissent; les migraineux peuvent être débarrassés de leur mal pendant un certain temps. Les changements profonds survenus dans tous les tissus, la rénovation cellulaire qui en a été la conséquence, rendent compte de l'activité nouvelle de la nutrition. Cependant, même en pleine convalescence confirmée, il se produit souvent des a'ises fébriles brusques, de courte durée (Bouveret) ('•), n'entachant en rien l'état général, et bien différentes, par tous ces caractères, de l'ascension thermique de la rechute. J'ai vu cependant quelques-unes de ces crises durer plusieurs jours et simuler une rechute, bien qu'il n'y eût ni diarrhée, ni taches rosées, ni réaction diazoïque. Ces crises doivent être comparées aux accès de tachycardie, si fréquentes au décours de la fièvre typhoïde, et traduisent un état d'irritabilité considérable du système nerveux (Da Costa). La moindre complication, telle qu'un furoncle, un léger trouble digestif, ou bien une simple émotion en sont parfois l'unique point de départ.

Mais les altérations cellulaires peuvent avoir dépassé le degré compatible avec la restitution de l'intégrité première; il s'est créé des lésions de divers organes, des modifications de la substance nerveuse centrale ou périphérique, des endartérites, etc., qui expliquent les séquelles précoces ou éloignées de la dothiénentérie, les troubles de l'intelligence, de la mémoire, les paralysies, les maladies chroniques du système nerveux, les néphrites, les cardiopathies à échéance lointaine, etc.

Parfois la fièvre typhoïde guérie laisse comme reliquat une infection typhique localisée, qui persiste pendant des mois ou des années sous la forme chronique.

Depuis quelques années, les chiffres de la mortalité paraissent avoir subi une diminution; les raisons de cet heureux changement sont multiples; une part revient certainement aux progrès de la thérapeutique.

(') Voyez sur ce sujet la remarquable étude de M. Cadet de Gassicourt, Traité des maladies de Venfance.

("^) Bernheim, Évolution de la f. typhoïde, Congrès de Méd. Int., Nancy, 1896. (') Bouveret, Lyon Médical, 1892.

[A. CHANTEMESSE.'i

La statistique de Murchison, qui porte sur 27 051 cas, donne 17,45 pour 100 de mortalité.

Celle du professeur Jaccoud, qui mentionne 80149 cas, fournit 19,23 pour 100 de mortalité.

La statistique des hôpitaux de Paris, relevée par M. Merklen, indique les résultats suivants :

1883 4945 cas. 775 morts. 15,6 pour 100.

D'après MM. Brouardel et Thoinot, la période de 1889 à 1894 inclus donne, pour les hôpitaux, les résultats suivants :

1889 1663 cas. 355 morts. 21,4 pour 100.

Ce qui donne une moyenne de 21,6 pour six années consécutives.

Ma statistique personnelle porte sur 196 cas de fièvre typhoïde qui en bloc ont fourni 21 morts soit 10,70 pour 100. Mais cette statistique mérite d'être divisée en deux parties suivant le traitement employé. La première série composée de 126 cas comprend les malades qui ont été traités par la méthode de Brand plus ou moins pure. Elle a fourni 17 morts qui se répartissent ainsi :

Péritonite par perforation intestinale 5

Péritonite par rupture de salpingite suppurée 1

Hémorragie intestinale 4

Broncho-pneumonie 2

Collapsus cardiaque 1

Mort subite 2

Méningite 1

Cause indéterminée 1

Le pourcentage de cette première série est de 13,48 pour 100. La seconde série comprend 70 malades qui ont été traités par des inoculations de sérum antityplîique avec ou sans addition de bains froids. Quatre malades ont succombé, soit un pourcentage de 5,70 pour 100.

Les causes de mort dans cette seconde série ont été :

Thrombose cérébrale 1

Perforation intestinale 1

Collapsus cardiaque 1

Phlegmon diffus consécutif à une injection d'eau salée

après hémorragie intestinale 1

L'époque où survient la mort est variable; elle se montre assez rarement avant le quatorzième jour et elle peut apparaître même pendant la période de convalescence confirmée. Muixhison a cité des exemples où la mort est sur-

Page 1