‹ Traité de médecine ... [electronic resource] (volume 4)Chapitre 57 sur 73 · RHUMATISME PLEURO PULMONAIRE · texte numérisé non relu

RHUMATISME PLEURO PULMONAIRE

Les manifestations rhumatismales des voies respiratoires ne sont pas exceplionnelles; elles viennent immédiatement après les complications cardiaques par leur fréquence.

On observe assez fréquemment du coryza, de la tracliéo-bronc/iite, pendant toute la période assez vague qui précède l'apparition des douleurs articulaii-es. La lari/ngite est beaucoup plus rare; le plus souvent il s'agit de manifestations catarrhales superficielles, car presque tous les cas d'arthrites laryngiennes qui ont été publiés appartiennent aux rliumatismes secondaires ; cependant un cas d'arthrite crico-aryténoïdienne d'origine rhumatismale a été rapporté par Ramou de la Sota y Lastra.

(') F. Widal et Sicap.d, Congrès de méd. interne, Nnncy, I8!16.

(^) ACJIARD, Ibid.

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m RHUMATISME ARTICULAIRE AIGU.

Dans quelques cas on a signalé, au cours du rhumatisme articulaire aigu, des accidents laryngés graves; telle est, par exemple, l'observation de Raymond (') : il s'agit d'une femme de trente et un ans qui, au cours d'un rhumatisme articulaire aigu, fut prise de gène et de douleurs dans la déglutition et d'enrouement. Le lendemain, la dyspnée était si intense qu'on fut obligé de pratiquer la trachéotomie. Les douleurs articulaires qui avaient disparu au moment de la dyspnée réapparurent, une fois celle-ci calmée.

Les manifestations pleuro-pulmonaires proprement dites sont beaucoup moins exceptionnelles,

A. Manifestations pulmonaires. — Elles prennent des allures cliniques variables; suivants les dilï'érents cas, qui permettent d'en décrire deux types principaux : 1° la iorme œdémateuse; 2° la forme pneumoniqiie.

I. — L'œdème pulmonaire a été décrit au cours du ihumatisme articulaire aigu par Houdé, par Bail et par Bernheim.

Subitement, souvent pendant la nuit, le malade est pris de suffocation; l'anxiété, la dyspnée sont intenses: la toux est fréquente et s'accompagne d'une expectoration abondante de crachats aérés, spumeux, contenant quelques stries sanguinolentes.

L'auscultation révèle dans la poitrine l'exislence de râles nombreux de bronchite généralisée, au niveau des deux poumons, mais prédominant fréquemment d'un seul côté.

En quelques heures, la situation du malade devient extrêmement grave; la face est pâle, couverte de sueurs, les lèvres sont violacées et le malade peut succomber rapidement. Aran, puis surtout Bernheim (') ont rapporté plusieurs exemples de cas d'œdènie suraigu.

L'œdème pulmonaire rhumatismal n'a que rarement cette extrême gravité; tout se borne parfois à une dyspnée modérée et à la constatation d'un foyer peu étendu de râles fins dans un seul ou dans les deux poumons.

Ces accidents, favorisés, semble-t-il, par l'existence de complications cardiaques, peuvent s'observer cependant en dehors d'elles.

Survenant habituellement au cours d'une attaque de rhumatisme ils peuvent, dit Lel>reton ("j qui en a fait une très bonne étude, survenir en dehors de toute arthrite et exister en tant que manifestation isolée.

IL ■ — La pneumonie survenant au cours du l'humalisme est un fait relativement rare; Lebreton donne la proportion de 1 pneumonie sur 10 ihumatisants. D'après lui, cette forme de rhumatisme pulmonaire peut survenir au cours d'une attaque de rhumatisme articulaire aigu, mais elle peut aussi exister à l'état isolé et dans ce cas alors, le traitement salicylé vient, par l'amendement rapide qu'il détermine dans les symptômes, démontrer la vraie nature de l'affection pulmonaire.

Dans le premier cas, le début est souvent insidieux, il se confond avec tout l'ensemble morbide présenté par le malade, et ce n'est pas d'emblée que l'attention est attirée du côté du poumon. Dans le second cas, très exceptionnel du reste, le début ne saurait passer inaperçu,

('} Raymond, Gnz. méd. de Parirt. 17 jiiillol IHXG. (*) Behnheim, Clinique mcdiealc, 1877.

(^) Lebreton. Manil'eslations pulmonaires chez les i-luimalisanls elles ai'Huiliqucs ; Thè^e Paris, mi.

Le rhumatisme pulmonaire à forme pneumonique, qu'il soit essentiel ou secondaire, se caractérise par un certain nombre de symptômes importants. La face n'est pas vultueuse, ni congestionnée comme dans la pneumonie franche; elle est pâle, au contraire, le corps est baigné de sueurs abondantes, sueurs ayant cette odeur empyreumatique si caractéristique du rhumatisme.

Les signes fournis par l'auscultation ont, comme toutes les manifestations rhumatismales, un caractère de fugacité et de mobilité très particulier : un souffle constaté la veille, dans une région localisée d un des poumons, a disparu le lendemain, tandis qu'on trouve des signes nouveaux dans un point jusque-là indemne.

Le souffle est généralement large, sans rudesse, et s'entend sur une grande étendue du poumon. Ces signes étaient des plus caractérisés chez un malade (|ue nous avons observé, il y a peu d'années, et qui présenta succesivement des lésions des deux poumons. Râles peu nombreux, souffle très étendu, très mobile, crachats peu abondants ou nuls, disparition rapide des symptômes malgré leur gravité apparente, tels nous semblent être les principaux symptômes de cette forme de rhumatisme pulmonaire.

Le plus souvent ces accidents surviennent au cours d'un rhumatisme articulaire, mais ils peuvent aussi précéder les déterminations du côté des jointures ; tel était le cas dans les observations de J. Besnier, Herzog et de Hirsch (').

Uanatomie pathologique de la pneumonie rhumatismale est encore à étudier; on peut supposer qu'elle est constituée plus par des lésions d'hyperémie et de congestion que par une véritable hépatisation.

B. Manifestations pleurales. — La pleurésie est incontestablement plus fré- ({uente que la pneumonie au cours du rhumatisme et comme celle-ci elle s'observe plus souvent lorsque le cœur, l'endocarde ou le péricarde sont pris, (fue lorsqu'ils restent indemnes. La statistique montre en effet que la prédisposition à la pleurésie est surtout grande lorsque le péricarde est touché; elle montre encore que, en pareil cas, la pleurésie est surtout fréquente à gauche et cela s'explique aisément par les rapports anatomiques du péricarde beaucoup plus étendus avec la plèvre du côté gauche qu'avec celle du côté droit.

Lange a constaté que sur 128 cas de pleurésie, 49 fois la plèvre gauche était [)rise, 19 fois la droite; 60 fois les deux plèvres étaient touchées,

La pleurésie débute habituellement au cours du rhumatisme, mais elle peut être tardive ou précéder au contraire les manifestations articulaires; c'est la p leurésie préarthropa tli îqiie.

Elle est souvent insidieuse et on ne la constate que par l'existence de signes physiques; de là la règle qui s'impose d'ausculter fréquemment le rhumatisant au cours d'une attaque.

• L'épanchement est généralement peu abondant: il se produit avec une très grande rapidité ; limité au fur et à mesure de sa production par des fausses membranes, il ne suit pas les lois de l'hydrostatique et se collecte en arrière du poumon; Lasègue qui a merveilleusement décrit la pleurésie rhumatismale l'appelait la pleurésie en « galette ».

Dans aucune pleurésie le souffle voilé, lointain, l'égophonie ne s'entendent avec plus de netteté.

(') Hinsnr, Berl. klin. Wurhena.. ir .V2.

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RHUMATISME ARTICULAIRE AIGU

Son évolution est rapide et après 3 à 8 jours l'épanchement a disparu à moins que le côté opposé ne soit pris à son tour, ce qui est pour ainsi dire la règle.

Peut-on admettre, en dehors de toute poussée articulaire, une pleurésie rhumatismale, autrement dit une pleurésie manifestation exclusive du rhumatisme, ainsi que le veulent Lasègue, Seux? La chose est possible, mais elle n'est pas encore absolument démontrée.

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