‹ Traité de médecine ... [electronic resource] (volume 4)Chapitre 6 sur 73 · COURBES N- I. '2 ET · texte numérisé non relu

COURBES N- I. '2 ET

I nappe souterraine, la hauteur de la pluie et le ehiflVe de la morbidité lyphiquc larine de Lorient.

FIÈVRE TYPHOÏDE

dans la genèse de la fièvre typhoïde, font valoir rargument de la non-présence du bacille typhique dans l'eau suspectée. Ce raisonnement est moins valable qu'il ne paraît, parce que le fait de n'avoir pas trouvé de bacilles typhiques dans une eau n'implique pas l'absence absolue du microbe dans ce liquide. En pareille matière, une découverte positive a de la valeur ; une constatation négative en a beaucoup moins. J'en ai dit assez sur l'imperfection des méthodes de recherches communément usitées pour ne pas insister davantage.

Pour terminer je citerai les diverses épidémies qui ont ravagé, il y a quelques années, la caserne d'artillerie de la marine à Lorient('). La ville de LorienI et la caserne d'artillerie avaient des sources différentes et elles subissaient indépendamment l'une de l'autre les épidémies typhiques ou cholériques. Deux fois par an les fumiers et déjections de la ville étaient versés à la surface de prairies au-dessovis desquelles se trouve la nappe souterraine qui donne les sources alimentant la caserne. Cette nappe souterraine est très rapprochée de la surface du sol. Aussi l'épandage terminé, la première pluie abondante qui survenait se traduisait un mois après par une recrudescence ou une apparition de la fièvre typhoïde à la caserne de l'artillerie. Cette caserne renfermait des causes multiples de contamination typhique, cela est certain; mais il suffit de jeter les yeux sur le graphique, qui a été construit sur mes indications par M. le D'' Marchoux('^), pour constater les relations de la fièvre typhoïde avec les oscillations de la nappe souterraine et la chute des pluies; les trois courbes ayant été enregistrées pendant une période de 26 ans. Que la nappe d'eau s'abaisse ou s'élève, la fièvre typhoïde suit, à un mois de distance, la chute des pluies. L'épidémie ne s'étend pas d'une manière diffuse à toute la ville et à toutes les casernes, comme il devrait être si elle était liée aux oscillations de la nappe ; elle se circonscrit dans une caserne qui seule reçoit l'eau captée sous les prairies consacrées à l'épandage.

L'eau intervient encore dans la genèse de la fièvre typhoïde par d'autres procédés. Le lait additionné d'eau contaminée a été une cause fréquemment invoquée (cas de Ballard, HarringLon, G. de Mussy) ('). Le bacille typhique introduit dans le lait s'y développe très bien, sans amener aucune modification apparente. L'addition de vin à une eau contaminée n'amène pas la mort du l)acille d'Eberth, celui-ci ne disparaît d'un mélange à parties égales d'eau et de vin ordinaire qu'au bout de 24 heures (Pick) (*).

Remlinger vient de démontrer expérimentalement l'action nocive de certains légumes non cuits et arrosés avec une eau impure. Les huîtres cultivées dans des eaux contenant du bacille typhique peuvent provoquer de petites épidémies de dothiénentérie (Chantemesse) (^).

Hesse(^) a cultivé le bacille typhique sur toutes les substances qui entrent dans l'alimentation ordinaire de l'homme. Il a vu que la plupart d'entre elles constituaient un milieu de culture excellent. Les expériences ont été faites avec des substances alimentaires préalablement stérilisées.

(') BnouARDEL et Chantemesse, Enquête sur les épidémies de fièvre typhoïde de Lorient; Annales d'hygiène, 1887.

H Marchoux, Tlièse de Paris, 1887.

N. GuÉNEAU DE MussY, Clinicjue médicale, t. III. p. 10. ('') Pick, Cenlmlblall f. Bakt., 1892.

f') Chantemesse, Acad. de méd., 2 mai 1898.

(") Unsere Nahrunesmiltel als Nahrljoden fiir Typhus und Choiera, Zeitschr. f. Hygiène. Bd V, p. 527.

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